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ISBN : 2070131580
Éditeur : Gallimard (09/11/2010)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 42 notes)
Résumé :

En France, tout ce qui pèse et qui compte se veut et se dit " sans frontières ". Et si le sans-frontiérisme était un leurre, une fuite, une lâcheté ? Partout sur la mappemonde. et contre toute attente. se creusent ou renaissent de nouvelles et d'antiques frontières. Telle est la réalité. En bon Européen, je choisis de célébrer ce que d'autres déplorent : la frontière comme vaccin contre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Guilherme
  22 juillet 2012
Frontières...
Oui, depuis la nuit des temps elles existent c'est vrai, Debray nous le montre très bien, en contant le mythe de la création de Rome par Romulus, ou l'épisode de la Création, qui constitue les premières pages de la Genèse. Pour créer l'ordre dans le désordre, il faut tracer des lignes. Il faut se faire un architecte organisé qui délimite ce qui sera de ce qui ne sera pas.
Sur ce principe je suis totalement d'accord.
Mais dans cet ouvrage, j'ai senti que Debray estimait la frontière comme une sorte de muraille. Cocon protecteur de nos coutumes, de notre identité, de notre histoire... Une muraille qui s'érigerait contre "l'autre", qui vient de son "ailleurs", et qui nuirait à notre "chez nous", avec ses coutumes, son identité, son histoire à lui. Je n'en suis pas certain, mais il me semble que cela se nomme intolérance.
L'homme n'est appelé à n'être que ce qu'il est, un humain. Et jamais, jamais il ne devra se sentir plus autre chose qu'humain. On ne peut être français, à en oublier d'être humain. On ne peut être catholique à en oublier d'être humain.
Et pour, comme l'a fait Debray, m'appuyer sur des évènements historiques, je dirai que le brassage de cultures, de civilisations, est la chose la plus fructueuse qui soit. En effet, au Moyen-Âge, la culture musulmane était forte avancée dans des domaines tels que l'arithmétique, l'astronomie, la médecine... Aurions-nous oublié que nos chiffres viennent de là ? Comment sont-ils donc, parvenus jusqu'à nous, sinon par le brassage de civilisations ? La médecine, ses fondements viennent de la Grèce antique, avec Hypocrate, et son approfondissements de la civilisation musulmane du Moyen-Âge. Nous l'utilisons aujourd'hui dans le monde entier. Comment serait-ce une mauvaise chose ? Et qu'est-ce qui a permis cela ? L'échange. L'échange de savoir, de cultures.
La frontière donc, elle doit différencier. Elle doit marquer de son essence, les êtres qui y habitent. Mais jamais elle ne sera cette ligne infranchissable, mère d'une caste fermée. Elle doit être une frontière ouverte, ouverte sur " l'ailleurs" et "l'autre", afin de s'instruire, d'évoluer.
Voilà mon opinion quant au sujet.
Merci.
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la_chevre_grise
  17 novembre 2014
Voici une lecture assez loin de mes habitudes ! C'est ce qui arrive lorsque, après avoir terminé mon roman sur le chemin aller vers le boulot, je dis à mon chef « C'est trop bête, je n'ai plus rien à lire pour le retour ». Pas de problème, ni une ni deux, il retourne dans son bureau et en revient avec ce petit livre qui serait parfait juste pour le retour.
Il s'agit du texte d'une conférence donnée à Tokyo le 23 mars 2010 par Régis Debray. On comprend vite le propos. Effacer les différences, c'est produire de l'indifférence. Tracer une frontière, explique l'auteur, est la condition sine qua non pour disposer d'un espace à organiser, donc pour rendre possible une organisation, quelle qu'elle soit. La frontière est perméable et évolutive ; elle a existé de tout temps et sous différentes formes. Il n'y a pas d'intérieur sans l'existence même de la notion inverse d'extérieur.
Cette réflexion est intéressante, et on n'en attendrait pas moins d'un tel auteur. Après, j'ai quelques inquiétudes sur l'accueil que certains pourraient faire à ce livre, vu le contexte actuel assez chargé en France aujourd'hui, où les questions sur l'immigration divisent, où l'Europe qui essaie de se construire est mise à mal ; où les droits essentiels de chacun sont discutés à coup de manif géante dans les rues…
Debray dénonce un peu trop facilement encore la mondialisation et l'anglicisation. Ou comment enfoncer des portes ouvertes… Certaines allégations sont également discutables. Par exemple, il existe des peuples qui sont identifiés (au sens qu'ils ont une identité) au-delà d'un concept de territoire bien délimité. le tout est saupoudré parfois de psychologie à deux balles :
« Quand on ne sait plus qui l'on est, on est mal avec tout le monde – et d'abord avec soi-même » p°58
« L'Europe a manqué prendre forme : ne s'incarnant en rien elle a fini par rendre l'âme » p°64
Et se tourner en permanence vers le passé est une réflexion assez limitée à mon goût. Pourquoi ne pas oser des modèles encore jamais imaginés ?
Lien : http://nourrituresentoutgenr..
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Tom_Otium
  09 novembre 2016
J'aime bien les éloges, celui-ci est un pamphlet court (une centaine de pages) et surtout hyper stylisé. Régis Debray maîtrise tellement la langue (pas seulement française) qu'il joue avec les mots : leurs étymologies, leurs sonorités, leurs sens. L'auteur a énormément de culture mais au lieu de l'étaler, il la concentre. le texte est donc dense mais dans le bon sens du terme. C'est comme un plat de grand chef : peu de quantité mais beaucoup de créativité. Alors souvent on est un peu paumé et on a du mal à suivre. Régis n'est pas un con, bien au contraire. On dit des gens qui parlent vite qu'ils sont intelligents. On pourrait dire de Régis Debray qu'il écrit vite, et avec quelle maestria ! Son essai est cependant peu structuré et surtout inégal. Je n'ai pas compris grand chose au 4e chapitre, le 5e et dernier est par contre est excellent. Il résume bien la pensée de l'auteur. Celle-ci suit souvent un rythme binaire fait de couples d'opposition interdépendants tels le yin/yang. Séparés à l'écrit par un slash, une frontière, mais qui en fait permet des échanges car il y a évidemment du yin dans le yang et inversement.
Ce livre est donc un éloge des frontières mais aussi du sacré, des protections et limites. Ca peut paraître un peu réac et ça l'est ! C'est une réaction saine, épidermique (il est beaucoup question de la peau) contre une injonction à l'ouverture qui ne semble pas connaître de restrictions. Il s'agit également d'une critique érudite du sans-frontiérisme, du libre-échangisme, du mondialisme, de l'accélération du temps et de l'uniformisation de la culture. Vraiment un livre à lire donc pour comprendre cette réaction au libéralisme dont beaucoup souhaitent aujourd'hui se libérer. Grâce aux fondements biologiques et psychologiques, qui auraientt gagnés à être plus développés, on saisit ainsi mieux la retour du nationalisme et la demande de protectionnisme. Reste à trouver le juste milieu entre ouverture et fermeture. C'est à ça que servent les frontières.
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Colchik
  08 juillet 2018
Il y a des personnes qui s'écoutent parler et des écrivains qui s'écoutent écrire. Régis Debray est de ceux-là. On pourrait ajouter : Qui trop embrasse mal étreint. C'est ce qui arrive à l'auteur de ce discours sur les frontières. Entre deux boutades, citations, clins d'oeil, il fait l'étalage d'une culture maquillée comme une femme de petite vertu. C'est clinquant, superficiel et à peu près dépourvu de signification.
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Acerola13
  14 août 2013
Très court essai sur le thème des frontières, Eloge des frontières prend le contre-pied de la mondialisation sur le sujet de l'ouverture des frontières.
Loin de tenir des propos que l'on pourrait qualifier de polémiques, Régis Debray prône la mise en place de frontières stables et définies, qui sont le signe que les deux entités ainsi séparées se reconnaissent l'une l'autre ; que l'identité de chacune est protégée, mais non imperméable. Car c'est bien cela que soutient l'auteur : des frontières solides mais que l'on peut aisément traverser.
On entrevoit derrière le texte la touche de poésie et de philosophie d'un homme à la vie passionnante (rappelons que Régis Debray rejoignit le Che en Bolivie, y fut condamné à mort avant de participer au gouvernement de François Mitterand), et grand voyageur. L'absence de frontières, c'est également l'absence de plaisir de les franchir pour découvrir de nouvelles contrées et identités.
Un court ouvrage néanmoins dense, et qui, par des idées intelligentes et justes, rappelle l'importance d'un mot que l'on a peu à peu diabolisé ces dernières années.
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critiques presse (1)
LeSpectacleduMonde   14 juin 2011
Audacieuse idée que d’offrir aux lecteurs une réflexion sur le thème de la frontière, à l’heure où le « sans-frontiérisme » est devenu le dernier avatar de l’idéologie occidentale et de son corollaire, le droit d’ingérence.
Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
GabyHGabyH   29 octobre 2012
C’est au jointif, aux interfaces, que l’on trouve les plus débrouillards. Les villes frontières font lever la lourde pâte : Tanger, Trieste, Salonique, Alexandrie, Istanbul. Accueillantes aux créateurs et aux entreprenants. Aux passeurs de drogues et d’idées. Aux accélérateurs de flux. Profil du frontalier : loustic, tire-au-flanc inventif, plus éveillé que les engourdis de l’hinterland. Nous avons tous, nous autres les poussifs, une dette à leur égard.
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GabyHGabyH   29 octobre 2012
Renoncer à soi-même est un effort assez vain : pour se dépasser, mieux vaut commencer par s’assumer.
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GabyHGabyH   29 octobre 2012
Le mur interdit le passage ; la frontière le régule. Dire d’une frontière qu’elle est une passoire, c’est lui rendre son dû : elle est là pour filtrer.
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GabyHGabyH   29 octobre 2012
Toute frontière, comme le médicament, est remède et poison. Et donc affaire de dosage.
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Tom_OtiumTom_Otium   09 novembre 2016
C’est en se dotant d’une couche isolante, dont le rôle n’est pas d’interdire, mais de réguler l’échange entre un dedans et un dehors, qu’un être vivant peut se former et croître.
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Videos de Régis Debray (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Régis Debray
Un été avec Paul Valéry Régis Debray Éd. des Équateurs, France-Inter, collection Equateurs parallèles, avril 2019
Adapté d'une série d'émissions diffusées sur France Inter durant l'été 2018, l'ouvrage présente un portrait de P. Valéry, son oeuvre poétique, sa réflexion puissante sur l'Europe. L'homme sensuel, amoureux de la peinture, des femmes et de la musique, est également évoqué. ©Electre 2019
9782849906125 https://www.laprocure.com/ete-avec-paul-valery-regis-debray/9782849906125.html
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