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EAN : 9782841162352
96 pages
Éditeur : Cheyne éditeur (08/02/2017)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Un carnet a été retrouvé, il contient un journal manuscrit daté de l’été 1870. Celui d’un jeune soldat, Vincent, exalté par le tumulte à venir des champs de bataille de Moselle et follement épris de son amour, une jeune femme restée à Paris. Ce soldat est celui-là même que chacun connaît, sous la plume d’Arthur Rimbaud, comme le fameux soldat aux deux trous rouges au côté droit : le Dormeur du val.

Ce nouveau récit de Loïc Demey renoue avec l’écriture... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  17 mars 2018
Le carnet retrouvé du Dormeur du Val, s'inscrit totalement dans la tradition républicaine des articles et des nouvelles qui ont fleuri au lendemain de la déroute de l'empire en 1870.
N'en déplaise à certains patriotes, la réalité dépasse la fiction. Bazaine ne sort pas grandi de cet opuscule retrouvé par Loïc Demey.

Le récit est conduit par le dormeur du Val, ce soldat français, engagé, pour avoir tiré le mauvais numéro, Il raconte sa guerre, à sa fiancée, avec candeur, et puise dans sa passion le courage de poursuivre.

J'aime cette lente dégradation, du moral des troupes françaises, les mots peu à peu se tordent de douleur, flanchent sous un soleil de plomb, les armes à la main, le chassepot est privé de ses plombs. Page 26 ; "il ajoute notre corps d'armée se démembre", propos qui succède, " ah! Comme tonneront bientôt nos canons sur la Prusse, page11."

Bientôt ce sera la bérézina, parfois imagée par une note d'humour grinçant ; "sans couverture, sans marmite, ni paquets de cartouches il est bien plus aisé de circuler." Page 29. Ou bien plus loin le 31 juillet, " j'ai tiré mon premier coup de guerre. Pan ! Et l'écorce d'un chêne s'est ouverte en crevasses, j'ignore tout du prénom des arbres."

Peu à peu, le texte se disloque, bafouille sur les horreurs de la guerre, " ils ont donné aux chiens ta guibole pourrie ! Il rit gras, il s'agite, puis bave et maintenant il dort. Page 42." On pressent la lente et inexorable démobilisation du jeune soldat. Ses mots d'amour se feront moins présents la mort s'insinue dans ses notes. Page 34, il écrit: J'avais effacé ce que nous sommes, comment tu m'aimes. Comme tu es mon amour. voudrais-tu encore quelques jours m'y attendre."

La fin est la rencontre improbable entre le soldat et le poète Rimbaud. C'est l'occasion pour Loïc Demey de saluer son maître, et de repeindre quelques scènes inoubliables comme la Bohème, et redessiner ce trou de verdure où chante une rivière.
D'un Coeur léger, est le titre paradoxal donné à ce un récit qui s'enfonce peu à peu dans le noir, l'auberge à la grande ourse, sera un cachot, et l'amour si fervent du soldat se noie dans le frais cresson bleu.
Le langage poétique de l'auteur, est au service de la mélancolie, c'est un homme seul qui semble avancer vers sa propre mort.
La qualité de l'écriture de ce poète devenu un jeune romancier est un régal, où "Metz frétille en plein soleil, grouille et scintille", et où l'amour trouve de belles élégances.
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germanaud
  31 août 2017
D'un coeur léger
14 juillet 1870. Vincent arrive à Metz. Prêt à en découdre avec le Prussien, il entreprend l'écriture au jour le jour d'un carnet à destination de sa bien-aimée, pages non envoyées, mais qu'ils liront ensemble la guerre achevée. Jours d'allégresse, Vincent et ses congénères ont hâte de se confronter et de défaire l'adversaire. « Mon amour, mon bel amour, les quais sifflotent un air de fête ». Loïc Demey saisit l'été, le temps qui s'étire, le désir du corps à corps avec l'aimée et l'ennemi. Avec la langue aussi, cette nécessité d'attention, le désir de noter au plus juste. le narrateur, tenant ce journal de bord pour un oeil extérieur, se place en position d'écrivain.
L'état de grâce s'achève rapidement, le temps des combats commence. le 19 juillet, la France déclare la guerre à la Prusse. Premières bombes et premiers mensonges. le carnet devient l'espace où se consigne, se cache ce que Vincent ne peut pas dire dans les lettres à son amante. La chaleur, « la nourriture qui faisande et nous vrille le ventre », « le spectacle de ceux qui se vident sur place ». La peur, les blessures, les morts. Vincent restitue la guerre au plus près, le nez dans la terre, les odeurs, les chairs, sensuel jusque dans l'horreur. « Mes joues se paillettent d'une giclée de sang qui n'est pas le mien ». « Et quand hier la chaleur nous rôtissait le front, aujourd'hui la rincée fait de nous des naufragés ». Il n'a fallu que quelques semaines pour que la conquête et la victoire attendue se transforment en naufrage. On devine que le carnet restera secret et inachevé.
« Mon amour, j'en ai déjà tué dix, quinze, trente et quand on ne peut plus compter il est temps de s'en aller ». Vincent déserte. Reprend à pied la route qui le mènera à Paris, à son amour. Sur le chemin du retour, il rencontre Arthur. Si Rimbaud a son rôle à jouer dans ce livre, c'est moins en tant que personnage littéraire, que dans une sorte de contagion du poème. le « Dormeur du val » poème solaire d'un Rimbaud âgé de 16 ans, laisse la part belle à la nature, la lumière, et glisse vers la guerre et la mort, en une habile dramaturgie, à la fin du sonnet. le 22 août, Vincent se rêve et réécrit en quelque sorte le poème de Rimbaud, corps allongé dans la campagne, le corps baignant dans les herbes et la lumière. Mort. On peut noter le nom de celui qui sauva ces poèmes de jeunesse, Paul Demeny, la curieuse proximité avec celui de l'écrivain Demey, comme une sorte de mise en abyme ou d'effet miroir : Demey recueille carnet de Vincent, Demeny les liasses d'Arthur.
Loïc Demey nous conte la guerre au travers du prisme de l'amour. Ni engagement politique, ni vision historique. Mais seulement la proximité ou l'éloignement de l'aimée, ce qui est partageable et ce qui ne l'est pas. Il l'écrit en poète. La guerre, comme l'amour, s'éprouvent, passent par le corps, la voix, l'émotion. Plus qu'un souci de vraisemblance, l'auteur saisit la tension entre ce qui se vit et ce qui peut en être restitué dans un carnet. C'est tout l'enjeu de l'écriture.

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Noemie67
  10 juillet 2018
Dernière de couverture : Récit d'une grande liberté poétique, D'un coeur léger emporté le lecteur dans la réalité violente et crue de la guerre contre la Prusse. Ce carnet retrouvé fait entendre une voix vive, il donne pensée à un esprit juste. Vincent, traversé par les événements, les satisfactions et les doutes, fera de cette guerre et de ses rencontres, son chant d'amour. On croira que ce carnet existe.
J'ai volontairement recopié la dernière de couverture, car je trouve qu'il n'est pas nécessaire de s'étendre plus sur le résumé...
Le lecteur ne découvrira pas dans ce livre seulement un récit d'en guerre, pour moi c'est vraiment une longue lettre d'amour, une ode à l'amour... Vincent, même perdu, plongé, noyé, dans la guerre, ne fera que penser à son aimée. Avec des hauts, avec des bas, mais toujours sa fiancée est la, non loin, dans sa tête, dans son coeur... c'est beau, c'est émouvant...
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la_chevre_grise
  08 février 2018
Encore un texte magnifique de Loïc Demey que je ne peux que vous encourager à découvrir ! Cette fois, il nous plonge dans l'horreur de la guerre par un petit exercice de style : donner un contexte au célèbre poème d'Arthur Rimbaud.
À la lecture de ce poème, on ne sait pas comment le soldat est mort : était-il déserteur ? A-t-il été abattu un peu à l'écart d'un champ de bataille ? Qui était cet homme ? D'où venait-il ? Loïc Demey le fait revivre sous nos yeux.
Pour cela, l'auteur nous retrace l'horreur de cette guerre de 1870, qu'on oublie bien souvent. C'est que la boucherie de la Grande guerre qui suivra efface tout. Pourtant tout commence bien ici, en Moselle, avec l'ordre d'attaquer les Prussiens que donne Napoléon III sur les conseils d'Eugénie. de toute la France des soldats arrivent, désireux d'en découdre, la fleur au fusil. Et comme Vincent, notre jeune soldat, ils ont d'autant plus hâte que les leurs les attendent à la maison. Pour Vincent, c'est Alice, la douce Alice, son amour.
Dans ce carnet retrouvé, les premiers mots sont tous pour dire cet amour, gigantesque, qui le constitue tout entier, avant que petit à petit l'horreur ne prenne la place. La marche, l'attente, la faim, les combats, la fatigue, la mort, la peur, la honte... Ce carnet devient carnet de déroute. Il faut reculer, il faut se sauver pour revoir Alice, la revoir à tout prix. Un fil qui se fait ténu mais persiste malgré l'horreur. C'est la seule idée qui permet de tenir dans cet enfer.
Vision d'horreur et amour fou se côtoient, le sang et la folie suintent, la mort est omniprésente et guère glorieuse. Un chant d'amour sur des champs de guerre, avec une belle recherche sur Rimbaud et sur la guerre de 1870. Les mots de Loïc Demey touchent, émeuvent, bouleversent. Une vraie perle, un auteur définitivement à suivre !
Lien : http://nourrituresentoutgenr..
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wagner67
  05 mars 2018
C'est à l'occasion d'un prix littéraire dont je suis une lectrice que j'ai découvert ce livre plein de poésie. C'est le journal d'un soldat qui part pour la guerre en 1870, il parle de sa bien-aimée restée à Paris, avec des mots tendres et doux et en parallèle , cette fameuse guerre mais dit avec poésie écorche moins.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FleitourFleitour   17 mars 2018
Pour un soldat, sans couverture, sans marmite, ni paquets de cartouches,
il est bien plus aisé de circuler.
p 29
Commenter  J’apprécie          70
la_chevre_grisela_chevre_grise   08 février 2018
Ainsi se nourrit la guerre, des milliers sont morts et à la fin on ignore qui est le vainqueur. Et peut-être, à bien y réfléchir, que jamais homme, aucun régiment et nul peuple, depuis les siècles des siècles, n'a jamais remporté une seule bataille.
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FleitourFleitour   17 mars 2018
J'ai tiré mon premier coup de guerre. Pan !
Et l'écorce d'un chêne s'est ouverte en crevasses, j'ignore tout du prénom des arbres.
p 34
Commenter  J’apprécie          10
FleitourFleitour   17 mars 2018
Ils ont donné aux chiens ta guibole pourrie !
Il rit gras, il s'agite, puis bave et maintenant il dort.
Page 42.
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Noemie67Noemie67   07 juillet 2018
J’ai appris que le temps fige les impatients, aussi que la vie, parfois, échappe même aux plus sages
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