AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean Varloot (Éditeur scientifique)Nicole Evrard (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070367610
434 pages
Éditeur : Gallimard (03/02/2000)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Ce dialogue, qui est presque un roman, Diderot l'écrit au sommet de son art, à près de soixante ans, et le revoit encore dix ans plus tard. Il met aux prises deux personnages seulement, «Moi», et le Neveu. Ce personnage se dédouble sans cesse : qu'est-ce qu'un homme qui prétend ne pas avoir de conscience, ne pas avoir d'unité, mais qui a en même temps une sensibilité esthétique, celle d'un musicien averti ? Diderot mêle la grosse plaisanterie, les motifs et les suje... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
peloignon
  26 mars 2013
Cet excellent ouvrage de Diderot a été connu du public d'une très étrange manière. Ce n'est, en effet, qu'en 1805, par le biais d'une traduction allemande (faite par nul autre que Goethe) qu'il sera publié pour la première fois. Pour ce qui est de la version originale, elle attendra encore plus de quinze ans avant de paraître.
On y trouve le récit « biographique » d'une rencontre entre l'auteur et Jean-François Rameau. Bien que les deux hommes soient tous deux fatalistes, qu'ils ont tous deux réussi à vivre en prodiguant, avec succès, un enseignement, sans connaître leurs sujets, l'interlocuteur de Diderot, resté à l'ombre de son oncle (aussi bien dans l'histoire que dans le titre du livre), manifeste de manière éclatante une opposition dialectique complète au moralisme de philosophe propre à Diderot. Pour l'un, il vaut mieux « se renfermer dans son grenier, boire de l'eau, manger du pain sec, et se chercher soi-même » (171), pour l'autre, la rage de ne pas être son oncle tout en portant son nom l'entraîne à mépriser la grandeur qu'il sait ne pas avoir pour faire le fou, se perdre dans l'instant présent et pratiquer une sorte de culte de l'argent. Comme il dit : « Que le diable m'emporte si je sais au fond ce que je suis. » (109)
Bref, Foucault a eu beau jeu d'y trouver un symbole du rejet de la déraison dans la folie par la raison morale au XVIIIe siècle dans son Histoire de la folie à l'âge classique.
L'ensemble est très élégamment écrit, avec beaucoup de jolies formules très fortes, comme on en trouve si souvent chez Diderot et se termine … d'une manière dont je ne vais pas vous gâcher la surprise … jusqu'à un certain point puisque je vous en donne tout de même la dernière phrase : « Rira bien qui rira le dernier » (187).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
celinefabre27
  24 décembre 2014
Lu pour le bac français ! J'avais eu beaucoup de mal. Pas de chance je suis tombée sur un extrait à l'oral ! J'ai fait rire le correcteur ! C'était gagné ... Mais Ca ne m'a pas pour autant réconciliée avec l'oeuvre !
Commenter  J’apprécie          10
Lismonde
  28 février 2014
une merveille d'humour !
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   22 mai 2020
On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère.
Commenter  J’apprécie          91
SZRAMOWOSZRAMOWO   26 novembre 2014
LUI. Mais je crois que vous vous moquez de moi ; monsieur le philosophe, vous ne savez pas à qui vous vous jouez ; vous ne vous doutez pas que dans ce moment je représente la partie la plus importante de la ville et de la cour. Nos opulents dans tous les états ou se sont dit à eux-mêmes ou ne sont pas dit les mêmes choses que je vous ai confiées ; mais le fait est que la vie que je mènerais à leur place est exactement la leur. Voilà où vous en êtes, vous autres. Vous croyez que le même bonheur est fait pour tous. Quelle étrange vision ! Le vôtre suppose un certain tour d'esprit romanesque que nous n'avons pas ; une âme singulière, un goût particulier. Vous décorez cette bizarrerie du nom de vertu ; vous l'appelez philosophie. Mais la vertu, la philosophie sont-elles faites pour tout le monde. En a qui peut. En conserve qui peut. Imaginez l'univers sage et philosophe ; convenez qu'il serait diablement triste. Tenez, vive la philosophie ; vive la sagesse de Salomon : boire de bon vin, se gorger de mets délicats, se rouler sur de jolies femmes, se reposer dans des lits bien mollets. Excepté cela, le reste n'est que vanité.
MOI. Quoi, défendre sa patrie ?
LUI. Vanité. Il n'y a plus de patrie. Je ne vois d'un pôle à l'autre que des tyrans et des esclaves.
MOI. Servir ses amis ?
LUI. Vanité. Est-ce qu'on a des amis ? Quand on en aurait, faudrait-il en faire des ingrats ? Regardez-y bien, et vous verrez que c'est presque toujours là ce qu'on recueille des services rendus. La reconnaissance est un fardeau ; et tout fardeau est fait pour être secoué.
MOI. Avoir un état dans la société et en remplir les devoirs ?
LUI. Vanité. Qu'importe qu'on ait un état, ou non ; pourvu qu'on soit riche ; puisqu'on ne prend un état que pour le devenir. Remplir ses devoirs, à quoi cela mène-t-il ? A la jalousie, au trouble, à la persécution. Est-ce ainsi qu'on s'avance ? Faire sa cour, morbleu ; faire sa cour ; voir les grands ; étudier leurs goûts ; se prêter à leurs fantaisies ; servir leurs vices ; approuver leurs injustices. Voilà le secret.
MOI. Veiller à l'éducation de ses enfants ?
LUI. Vanité. C'est l'affaire d'un précepteur.
MOI. Mais si ce précepteur, pénétré de vos principes, néglige ses devoirs ; qui est-ce qui en sera châtié ?
LUI. Ma foi, ce ne sera pas moi ; mais peut-être un jour, le mari de ma fille, ou la femme de mon fils.
MOI. Mais si l'un et l'autre se précipitent dans la débauche et les vices.
LUI. Cela est de leur état.
MOI. S'ils se déshonorent.
LUI. Quoi qu'on fasse, on ne peut se déshonorer, quand on est riche.
MOI. S'ils se ruinent.
LUI. Tant pis pour eux.
MOI. Je vois que, si vous vous dispensez de veiller à la conduite de votre femme, de vos enfants, de vos domestiques, vous pourriez aisément négliger vos affaires.
LUI. Pardonnez-moi ; il est quelquefois difficile de trouver de l'argent ; et il est prudent de s'y prendre de loin.
MOI. Vous donnerez peu de soins à votre femme.
LUI. Aucun, s'il vous plaît. Le meilleur procédé, je crois, qu'on puisse avoir avec sa chère moitié, c'est de faire ce qui lui convient. A votre avis, la société ne serait-elle pas fort amusante, si chacun y était à sa chose ?
MOI. Pourquoi pas ? La soirée n'est jamais plus belle pour moi que quand je suis content de ma matinée.
LUI. Et pour moi aussi.
MOI. Ce qui rend les gens du monde si délicats sur leurs amusements, c'est leur profonde oisiveté.
LUI. Ne croyez pas cela. Ils s'agitent beaucoup.
MOI. Comme ils ne se lassent jamais, ils ne se délassent jamais.
LUI. Ne croyez pas cela. Ils sont sans cesse excédés.
MOI. Le plaisir est toujours une affaire pour eux, et jamais un besoin.
LUI. Tant mieux, le besoin est toujours une peine
MOI. Ils usent tout. Leur âme s'hébète. L'ennui s'en empare. Celui qui leur ôterait la vie, au milieu de leur abondance accablante, les servirait. C'est qu'ils ne connaissent du bonheur que la partie qui s'émousse le plus vite. Je ne méprise pas les plaisirs des sens ; j'ai un palais aussi, et il est flatté d'un mets délicat, ou d'un vin délicieux ; j'ai un cœur et des yeux ; et j'aime à voir une jolie femme. J'aime à sentir sous ma main la fermeté et là rondeur de sa gorge ; à presser ses lèvres des miennes ; à puiser la volupté dans ses regards, et à en expirer entre ses bras. Quelquefois avec mes amis, une partie de débauche, même un peu tumultueuse, ne me déplaît pas. Mais je ne vous dissimulerai pas, il m'est infiniment plus doux encore d'avoir secouru le malheureux, d'avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable ; une promenade avec un homme ou une femme chère à mon cœur ; passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état ; dit à celle que j'aime quelques choses tendres et douces qui amènent ses bras autour de mon col. Je connais telle action que je voudrais avoir faite pour tout ce que je possède. C'est un sublime ouvrage que Mahomet ; j'aimerais mieux avoir réhabilité la mémoire des Calas. Un homme de ma connaissance s'était réfugié à Carthagène. C'était un cadet de famille, dans un pays où la coutume transfère tout le bien aux aînés. Là il apprend que son aîné, enfant gâté, après avoir dépouillé son père et sa mère, trop faciles, de tout ce qu'ils possédaient, les avait expulsés de leur château, et que les bons vieillards languissaient indigents, dans une petite ville de la province. Que fait alors ce cadet qui, traité durement par ses parents, était allé tenter la fortune au loin, il leur envoie des secours ; il se hâte d'arranger ses affaires. Il revient opulent. Il ramène son père et sa mère dans leur domicile. Il marie ses sœurs. Ah, mon cher Rameau ; cet homme regardait cet intervalle, comme le plus heureux de sa vie. C'est les larmes aux yeux qu'il m'en parlait : et moi, je sens en vous faisant ce récit, mon cœur se troubler de joie, et le plaisir me couper la parole.
LUI. Vous êtes des êtres bien singuliers !
MOI. Vous êtes des êtres bien à plaindre, si vous n'imaginez pas qu'on s'est élevé au- dessus du sort, et qu'il est impossible d'être malheureux, à l'abri de deux belles actions, telles que celle-ci.
LUI. Voilà une espèce de félicité avec laquelle j'aurai de la peine à me familiariser, car on la rencontre rarement. Mais à votre compte, il faudrait donc être d'honnêtes gens ?
MOI. Pour être heureux ? Assurément.
LUI. Cependant, je vois une infinité d'honnêtes gens qui ne sont pas heureux ; et une infinité de gens qui sont heureux sans être honnêtes.
MOI. Il vous semble.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
peloignonpeloignon   03 novembre 2012
On est dédommagé de la perte de son innocence, par celle de ses préjugés.
Commenter  J’apprécie          130
Videos de Denis Diderot (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Diderot
Emmanuel Couly reçoit Roger-Pol Droit au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency d'après son roman, "Monsieur, Je ne vous aime point" (Editions Albin-Michel):
C'est l'histoire d'une amitié impossible. Entre Voltaire et Rousseau, les deux géants des Lumières. Dans un XVIIIe siècle en effervescence, ils se lisent, s'écrivent, s'admirent. Avant le temps des déceptions, du mépris, des insultes, où finalement ils se haïssent à mort. Sans jamais se rencontrer... Ce qui les oppose ? Tout ! Dans ce face à face, loin de leurs statues, on découvre Voltaire adulé et mondain, affairiste et généreux, candide et manipulateur, Rousseau exalté et dépressif, ambitieux et sauvage, passionné et libre. On les accompagne dans la farandole de l'époque, de Paris à Genève, de Potsdam à Londres, de châteaux en auberges, de salons en théâtres, philosophant avec Diderot, D Alembert, Grimm, leurs amis communs, batifolant avec des femmes souverainement libres comme Madame de Warens, Madame du Châtelet, ou avec l'humble lingère Thérèse Levasseur… Sans le savoir, ils dessinent la confrontation, plus que jamais actuelle, de deux mondes : Voltaire, « en-haut », choisit progrès, opulence et scepticisme, Rousseau, « en bas », défend nature, frugalité et vertu. Comédie des sentiments, ce premier roman du philosophe Roger-Pol Droit est une fête de grand style. On y apprend que, pour engendrer des idées, les icônes de la philosophie jouissent, souffrent et rêvent.
+ Lire la suite
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
318 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre