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Pierre Chartier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253149977
Éditeur : Le Livre de Poche (22/08/2001)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 316 notes)
Résumé :
Maîtriser les connaissances et les outils nécessaires à l'étude d'une œuvre intégrale, voilà l'objectif de cette collection. L'élève doit avoir une vision synthétique de l'œuvre : connaître sa genèse et sa structure, appréhender les personnages à travers leur portrait, leur rôle et leur dimension symbolique, retenir les différents thèmes évoqués. Par ailleurs, l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  02 avril 2017
Avant même de lire le Neveu, je l'ai rencontré...au théâtre , sa forme dialoguée se prêtant merveilleusement à la mise en scène, et au ballet virevoltant et paradoxal des idées de Diderot, à leur dialectique étourdissante! J'étais très jeune, et ce spectacle, très réussi, donné à Bruxelles par la comédie Claude Volter, dans un vieil hôtel particulier où Diderot et son compagnon devisaient à 10 mètres de nous, devant un feu de bois, a cristallisé ma passion pour ce texte et pour son auteur!
J'ai, depuis , souvent relu cet exercice de voltige brillant où Denis Diderot le philosophe , sérieux et légèrement embourgeoisé par l'âge et la notoriété, rencontre avec une méfiance non dénuée d'intérêt ni de malin plaisir, le jeune neveu du musicien Rameau, sorte de trublion pique-assiette, esprit brouillon et provocateur de génie , adepte des théories les plus fumeuses sur à peu près n'importe quoi- et prêt à les renier pour en professer d'autres tout aussi saugrenues le lendemain, selon qu'on lui a donné ou refusé à manger ou à boire!
Chacun sait que ce face-à-face est aussi - et avant tout- un face-à-face de Diderot avec lui-même , sa moitié contestataire en apparence réincarnée dans le neveu - sorte de second lui-même mais plus jeune, et soudain libéré de toute bien-pensance, délivré de cette sagesse qui devait lui peser parfois...
Le neveu de Rameau est un prête-nom à la fois reconnaissable- c'était une "figure" célèbre des cafés philosophiques et des parties d'échec- et commode: elle permet à notre philosophe de retrouver une impertinence, une liberté de ton, un non-conformisme qui secoue un peu le vieux monsieur trop sérieux qui a besoin qu'on le titille un peu pour réfléchir et argumenter.
Et cette extraordinaire vitalité fait aussi le bonheur de notre alacrité de lecteur: si vous cherchez un prêt-à-penser, passez votre chemin! Point de leçon, pas de morale toute tirée à découper selon le pointillé...
D'autant que très subtilement les choses s'inversent: celui qui semblait professer les idées les plus révolutionnaires s'avère mû par le désir de provoquer ou de trouver sa subsistance plus que par une vraie vision sociale, alors que le philosophe un peu plan-plan du début s'avère être un grand visionnaire politique et moral...
Un dialogue plein de surprises, de faux-semblants, de faux-frères ou de faux jumeaux: un vrai plaisir à lire et à relire, dont on ressort chaque fois un peu moins bête!
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Luniver
  07 novembre 2013
Lors d'un dîner, Diderot engage la conversation avec Rameau. Ce dernier, pique-assiette cynique, est obligé de voyager de maison en maison, invité pour le parfum de scandale qu'il dégage et qui attire tant les convives, avant de les lasser et d'être mis à la porte après un éclat de trop. Cette discussion est prétexte à Diderot pour critiquer la société de son temps : éducation, vertu et manière de vivre dans le monde, …
Au contraire des premiers textes de Diderot que j'ai lus, et que j'avais trouvé simples et percutants, celui-ci m'a donné des impressions tout à fait opposées : le philosophe développe longuement des idées qui pourraient être exprimées en quelques phrases, et rend le texte ennuyeux. le choix du dialogue contribue à alourdir le texte, en ajoutant questions et répliques qui n'apportent rien au propos. Petit déception avec ce livre qui n'a jamais réussi à retenir mon attention plus de quelques pages.
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cicou45
  23 août 2011
Magnifique ouvrage de Diderot qui se présente sous forme de dialogue entre le Moi à savoir le narrateur et Lui, Jean-François Rameau et neveu du compositeur Jean-Philippe Rameau. Alors que ce dernier se veut être à la fois artiste et philosophe, le lecteur aura tôt fait de comprendre qui est le véritable philopsophe entre les deux, à savoir le Moi qui parle et non pas celui qui prétend l'être.
Ce dialogue apparaîtra plus tard aux yeux du lecteur comme une discussion entre Diderot et son inconscient. Aussi, dans cet ouvrage, l'auteur ne mâche pas ses mots et n'hésite pas à émettre une virulante critique de la société de l'époque en évoquant entre autres des sujets tels que l'éducation ou celui de la place de l'homme dans le monde - critique qui, à mon humble avis est toujours valable aujourd'hui - puisque c'est en lisant un tel ouvrage que le lecteur réalise que le monde n'a pas tellement évolué au cours des deux derniers siècles...sur certains oints du moins.
Livre agréable à lire qui nous rappelle un peu lres vieux disours de philosophie de l'Antiquité entre Socrate et Platon. Livre assez simple d'accès et très agréable à lire. A découvrir !
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saphoo
  01 janvier 2017
Lu pour le multidéfis 2017, classique du XVIII, voilà ça s'est fait, et ouf, car franchement si c'est parfait pour les étudiants, pour une lecture plaisante, on a du mal à savoir où se trouve le plaisir. Par contre pour réfléchir, approfondir les réflexions, ok tout y est ! le langage prête parfois à sourire, mais j'apprécie parfois cette langue d'un autre temps et je prends même plaisir à découvrir ou redécouvrir des mots désuets qui reviennent pourtant à la surface par la magie du cinéma comme "MARAUD" c'est rigolo, et j'aime ce côté théâtral de l'histoire.
C'est certain, je ne lirai point du Diderot à toutes les sauces mais de temps en temps, ça permet de se dire que notre langue a certes évolué, quant à la pensée, alors je ne réponds de rien.
Allez bon vent, mon neveu, au plaisir au temps mauvais je m'octroyais un petit détour dans vos pénates.
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raton-liseur
  13 juin 2015
J'avais présenté le Neveu de Rameau au bac de français et il m'avait apporté une bonne note, mais la lecture de l'oeuvre m'avait plutôt laissée dubitative. Partagée entre mon sentiment de lectrice mitigé et ma gratitude de bonne élève, j'étais curieuse de redécouvrir ce texte à vingt ans de distance. Eh bien c'est le même sentiment mitigé qui s'est réveillé en moi.
Moi et Lui, le philosophe et le pique-assiette. Mais plutôt le philosophe vertueux et moral face à un autre philosophe, cynique et sans morale sinon lui-même. Mais de quel côté est finalement Diderot, quelle est la philosophie de laquelle lui se réclame ? Je n'arrive pas à trancher. Certes, la critique de la société dans laquelle vit Diderot et les apparences et la fatuité des gens du monde est facile à sentir, tant dans les paroles de l'un que dans celles de l'autre. La verve de Lui, Jean-François Rameau, neveu bien réel mais romancé de son oncle plus célèbre Jean-Philippe Rameau, rend le texte amusant, distrayant même, il fait sourire par son cynisme sans borne.
Mais finalement, je me demande de quel côté se situe Diderot. Est-il plutôt le Moi très bien pensant et finalement conformiste dans son approche très lisse de la philosophie et de la morale (je fais peut-être un anachronisme dans mon interprétation, je le reconnais) ou un Lui plus subversif et à la philosophie pragmatique qui peut choquer la bonne bourgeoisie mais qui a le mérite d'appeler un chat un chat.
Je suis donc un peu hésitante à la fin de cette lecture, ne sachant pas bien sur quel pied danser ni comment comprendre ce que Diderot veut dire à son lecteur. J'ai l'impression d'avoir survolé plusieurs sujets chers à notre encyclopédiste, sans en avoir creusé aucun. Oui, c'est cela, indubitablement, je reste sur ma faim.
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Citations & extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
VetoYvesVetoYves   20 octobre 2017
Un sot sera plus souvent un méchant qu'un homme d'esprit

[Dédié à une certaine Laurence ]
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hema6hema6   10 février 2011
C'est qu'ils ne connaissent du bonheur que la partie qui s'émousse le plus vite. Je ne méprise pas les plaisirs des sens. J'ai un palais aussi, et il est flatté d'un met délicat, ou d'un vin délicieux. J'ai un coeur et des yeux ; et j'aime à voir une jolie femme. J'aime à sentir sous ma main la fermeté et la rondeur de sa gorge ; à presser ses lèvres des miennes , à puiser la volupté dans ses regards et à en expirer entre ses bras. Quelques fois avec mes amis, une partie de débauche, même un peu tumultueuse, ne me déplaît pas. Mais je ne vous dissimulerait pas, il m'est infiniment plus doux encore d'avoir secouru le malheureux, d'avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable ; une promenade avec un homme ou une femme chère à mon coeur ; passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état, dit à celle que j'aime quelques choses tendres et douces qui amènent ses bras autour de mon col.
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TristhenyaTristhenya   28 août 2012
Il faut que Rameau soit ce qu’il est : un brigand heureux avec des brigands opulents ; et non un fanfaron de vertu, ou même un homme vertueux, rongeant sa croûte de pain, seul, ou à côté des gueux. Et pour le trancher net, je ne m’accommode point de votre félicité, ni du bonheur de quelques visionnaires, comme vous.
Moi. ― Je vois, mon cher, que vous ignorez ce que c’est, et que vous n’êtes pas même fait pour l’apprendre.
Lui. ― Tant mieux, mordieu ! tant mieux. Cela me ferait crever de faim, d’ennui, et de remords peut-être.
Moi. ― D’après cela, le seul conseil que j’ai à vous donner, c’est de rentrer bien vite dans la maison d’où vous vous êtes imprudemment fait chasser.
Lui. ― Et de faire ce que vous ne désapprouvez pas au simple, et ce qui me répugne un peu au figuré ?
Moi. ― C’est mon avis.
Lui. ― Indépendamment de cette métaphore qui me déplaît dans ce moment, et qui ne me déplaira pas dans un autre.
Moi. ― Quelle singularité !
Lui. ― Il n’y a rien de singulier à cela. Je veux bien être abject, mais je veux que ce soit sans contrainte. Je veux bien descendre de ma dignité… Vous riez ?
Moi. ― Oui, votre dignité me fait rire.
Lui. ― Chacun a la sienne ; je veux bien oublier la mienne, mais à ma discrétion, et non à l’ordre d’autrui. Faut-il qu’on puisse me dire : rampe, et que je sois obligé de ramper ? C’est l’allure du ver ; c’est mon allure ; nous la suivons l’un et l’autre, quand on nous laisse aller ; mais nous nous redressons, quand on nous marche sur la queue. On m’a marché sur la queue, et je me redresserai…
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LuniverLuniver   05 novembre 2013
Vous croyez que le même bonheur est fait pour tous. Quelle étrange vision ! Le vôtre suppose un certain tour d'esprit romanesque que nous n'avons pas, une âme singulière, un goût particulier. Vous décorez cette bizarrerie du nom de vertu, vous l'appelez philosophie. Mais la vertu, la philosophie sont-elles faites pour tout le monde ? En a qui peut, en conserve qui peut. Imaginez l'univers sage et philosophe ; convenez qu'il serait diablement triste. Tenez, vive la philosophie, vive la sagesse de Salomon ; boire de bon vin, se gorger de mets délicats, se rouler sur de jolies femmes, se reposer dans des lits bien mollets. Excepté cela, le reste n'est que vanité.
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wellibus2wellibus2   23 février 2017
On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte ; et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère.
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Videos de Denis Diderot (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Diderot
Renaître de tes cendres, Dominique Lin, éd. Elan Sud pour tablettes et portables .Renaître de tes cendres, roman de Dominique Lin, collection Regards chez Elan Sud. Présentation rapide de ce titre à la librairie La Porte des Mots à Anduze : Au bord du chemin social et économique, Léon se sent responsable de la mort de sa femme. Un emploi de commercial lui fait réaliser la manipulation mentale exercée par les formateurs. Il tire un parallèle avec l?embrigadement des sectes qui ont gâché sa vie. Diderot va l?accompagner dans sa compréhension du monde. L?écriture va l?aider à faire son deuil. http://elansud.com/boutique/regards/35-renaitre-de-tes-cendres-9782911137228.html
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