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EAN : 9782081227545
500 pages
Flammarion (31/08/2011)
3.92/5   140 notes
Résumé :
Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme.
Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l'autre, intime, à Paris, se construit dans le cabinet d'un psy. Pour la première fois une psychanalyse nous est dépeinte, séance par séance, comme un tableau impressionniste. Le rapport au père, à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
3,92

sur 140 notes
Voici un "vrai faux roman" oú l'auteur déroule sous nos yeux incrédules, deux histoires entrelacées, l'une turbulente, hargneuse, colorée, violente, dure, le combat d'une jeune iranienne au début des années 90, contre l'oppression dans son pays-(-partir coûte que coûte -désirs d'aventures, volonté , rêves et illusions se fracassent sur le réel -- )


L' autre, celui de la même personne, exilée en France, en 2004, qui se débat contre elle- même, lors d'une psychanalyse, à Paris.
Si les lecteurs attendent quelque chose de clair et d'abouti à propos de la psychanalyse, ils seront bien déçus .

La description des séances est longue, ennuyeuse et souffre de longueurs !
Par contre l'alternance entre ces vies différentes dans des villes différentes donne de la fluidité au récit.

Cet ouvrage dévoile , à travers la vie de Dounya, jeune fille cultivée , universitaire, la tragédie des migrants, (les problèmes liés à la langue), qui n'ont pas d'autre choix que de quitter leur ville natale pour survivre .

Nous découvrons avec horreur et beaucoup d'émotion, la condition de la femme sous la dictature islamique, son avilissement, " cette chose voilée "" Elle s'en voulait d'être femme, elle avait toujours vécu dans le déni de sa féminité , cette féminité qui la condamnait au voile ".
Tous les moyens sont bons pour échapper à cet enfer fait de viols, de prostitution , brutalités physiques et psychologiques, prison , torture , entre Téhéran, Dubaï, Bandas Abbar et Istanbul .
Restent la folie, le repli sur soi, la solitude.
C'est un requiem féroce contre l'islam déviant , les mollahs et leur logorrhée, les mouchards , l'espionnage ....
Le rapport au Père, à la mère, aux hommes sont évoqués avec fougue, flamboyance comme un cri !
Un roman fort , intense, tragiquement gai et drôlement triste , sans fard ni voile, hargneux et plein de vie autour du portrait d'une personnalité chaotique qui tente de se rassembler puissamment , aux multiples facettes, une leçon sur l'engagement civique et politique .
Impressionnant !
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Tout au long des pages, on suit le destin de Donya, jeune fille instruite, universitaire en Iran. Celle-ci ne rêve que d'une chose, parvenir à joindre Londres où elle pourra vivre une vie d'occidentale libre. Son parcours sera dur et violent.
Parallèlement, on retrouve la même jeune femme à 27 ans dans le cadre de séances de psychanalyses.
J'attendais du livre das éclaircissements au sujet d'une psychanalyse. J'ai été bien déçue.
Le psy joue un rôle bien fade dans ce livre.
J'attendais que la jeune femme se porte mieux grâce à la psychanalyse ou trouve une solution.
Résultat, on rame dans le malaise perpétuel.
C'est beaucoup trop long, ennuyeux de se complaire dans le malheur, dans une vie glauque aussi bien pour la jeune femme que pour le psy.
Dommage. Ma lecture avait bien commencé.
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Chahdortt Djavann est une iranienne, née en 1967, dont le père, grand féodal, fut emprisonné et vit ses biens confisqués lors de l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeini en 1979. Elle arrive à Paris en 1993, elle y apprendra le français et deviendra écrivain, de langue française. Ces brefs repères biographiques ne sont pas inutiles pour se plonger dans la lecture de ce livre, publié en 2011, le neuvième de l'auteure et qui n'est qualifié ni de roman, ni de récit mais qui porte la mention "Psychanalyse I". La narratrice, dont le parcours est très similaire à celui de l'auteure, nous parle de sa vie à Paris, un an après son arrivée en France, après avoir fui l'Iran, son pays natal, étouffé par le régime des mollahs. Bien que ne parlant encore le français qu'avec difficulté, la jeune femme, en proie à des sentiments de dédoublement de personnalité, décide de consulter un psychanalyste. Les récits de ses séances avec son psychanalyste constituent la moitié environ des chapitres du livre, l'autre moitié racontant, en alternance, la vie de la narratrice quand elle était étudiante en Iran, avec quelques flashbacks dans son enfance.

Chahdortt Djavann a pris le pari de combiner dans ce livre deux types de narrations bien différents : une narration de type "historique", sur le modèle de "mémoires", avec un récit personnel qui a des accents sociologiques et parfois polémiste (à l'encontre du régime islamiste) et une narration sur le mode du verbatim pour ses séances de psychanalyse où on la voit chercher à tâtons, non sans périodes de découragement, une porte de sortie aux troubles psychiques dont elle souffre et qui l'amènent à revisiter son enfance. Dans les deux cas, l'auteure fait preuve d'une grande liberté de ton et de jugement, allant parfois jusqu'à l'insolence et la provocation (à l'égard de son psy comme à l'égard du régime iranien, même si elle ne les met pas du tout sur le même plan).

Le style de Chahdortt Djavann est très vivant, très libre et pourtant très précis et très évocateur. Dans les chapitres consacrés à l'Iran, j'ai eu le sentiment de vivre ce que vivaient les jeunes iraniens à cette époque (mais les choses n'ont guère évolué depuis), à travers le regard caustique et désabusé porté par l'auteure. Les séances avec le psy, quant à elles, oscillent entre le burlesque et la détresse. La narratrice se bat contre ses démons et si elle rudoie parfois son analyste, elle s'attache néanmoins à ce travail analytique qui lui permet d'avancer et - peut-être - de ne plus subir l'emprise de ses voix intérieures ou bien d'en comprendre enfin le message.

Très riche par son fond, très enlevé et agréable à lire dans sa forme, cherchant un "parler vrai" quand bien même la parole est empêchée ou confisquée (par une théocratie ou par un Surmoi, tous les deux impitoyables) c'est un livre qui m'a profondément touché, accompagné d'une rencontre marquante avec une écrivaine dont j'espère lire bientôt d'autres ouvrages. Que me conseillez-vous ? Y a-t-il une suite déjà publiée à ce "Psychanalyse I" et si oui, quel est ce livre ?
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Etre immigrée , être une immigrée Iranienne , être une jeune femme qui fuit sa famille , être une immigrée qui dénonce le port du voile , être à la recherche d'une nouvelle identité , c'est être Donya et sans aucun doute Chahdortt Djavann écrivaine qui ne parlait que le Farsi en arrivant à Paris .
Cette écrivaine de langue française “je serai écrivain en français ; apprends déjà à parler ! pour les livres on verra après“ , nous raconte pas à pas sa longue reconquête d'elle même , “je commence à douter de ce que j'ai vraiment sous les yeux “ , il faut du temps , de la patience , se raconter encore et encore pour que sorte l'innomable , pour “ne pas sombrer dans la folie “ .
Le récit à la troisième personne donne du recul à ses souvenirs , mais très vite le je est là , sous jacent, à la lumière du vous “vous devez vous plier “ , car cette jeune iranienne rêve de bonheur , de liberté , malgré l'emprise des mollahs car la vie s'organise aussi pour déjouer les comités de surveillance , allant même s'habiller en homme !
Des incompréhensions , des frustrations qui s'accumulent , va naitre un sentiment de vengeance puis une révolte contre la condition faite aux femmes “vous devez tout voiler “ c'est à dire tout cacher , et renoncer à tout .
Une société se dévoile ne laissant pas les hommes indemnes , une société qui crée des frustations ,une société de misères sexuelles , pour laquelle elle prononcera des mots crus ...visant directement les mollahs , pourvoyeur et organisateur de la prostitution .
La révolte , les enfermements , la prison , les humiliations dessinent le long parcours de Donya vers sa liberté .
Son exil en France n'était pas gagné , les mots viendront l'aider à franchir les derniers pas “ il y a une jouissance gaie quand un mot est apprivoisé” et hier soir dans mon rêve mon père me parlait en français !!!
Il faut franchir nous aussi lecteur ces mots pour goûter à un peu de sa liberté .
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En 1994, une jeune femme d'origine iranienne, Donya, prend rendez-vous avec un psychanalyste après une tentative de suicide. Elle vit à Paris depuis quelques années, commence à maîtriser le français et ne sait que faire de cette vie qu'elle a choisie et où elle se sent si mal. En 1990, en Iran, dans la ville étudiante de Bandar Abbas, deux jeunes gens se rencontrent dans le plus grand secret : Armand et une jeune fille dont on comprend qu'il s'agit aussi de Donya. L'auteur alterne ces deux facettes de la même jeune femme, et chacun des chapitres passés sur le divan, ou dans le fauteuil du psy, éclaire un chapitre relatant son passé en Iran, et vice versa.
Le thème principal est celui de la condition des femmes en Iran, qu'elles soient enfants, jeunes filles ou jeunes femmes, et on ne peut y rester insensible. Donya a une personnalité qui n'est pas du genre à s'effacer et elle rencontre encore plus de difficultés que d'autres à se conformer aux dictats du régime, et elle en subira des conséquences très dures. Partir, quitter l'Iran devient pour elle le seul but à atteindre, même si elle songe à un moment à attaquer de l'intérieur ce régime des ayatollahs qui restreint la vie des femmes à moins que rien. Mais son enfance marquée de scènes tragiques, sa jeunesse aventureuse la poursuivent jusqu'à Paris et elle cherche un apaisement à ses cauchemars au travers de la psychanalyse.
Je retrouve Chahdortt Djavann découverte et appréciée il y a quelques années avec Comment peut-on être français ?, dans un registre un peu moins léger, beaucoup plus intime, mais avec un personnage toujours touchant et qu'on a envie de suivre davantage. D'ailleurs ce roman est intitulé Psychanalyse I et sera donc suivi d'au moins un autre. Malgré ses plus de cinq cent pages, je n'ai pas trouvé de longueurs, mis à part quelques pages à peine un peu didactiques sur la psychanalyse ou la condition des femmes en Iran. Les pages qui se passent dans le cabinet ne sont pas longues, tant les personnalités de Donya s'y succèdent, car cette jeune femme souffre entre autres de se sentir partagée entre différentes individualités. Quant à la vie privée du psy, elle constitue quelques petites pauses rafraîchissantes et teintées d'humour qui sont les bienvenues.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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critiques presse (2)
Bibliobs
14 septembre 2011
Dans son nouveau roman-psychanalyse, «Je ne suis pas celle que je suis», elle raconte l’histoire de Donya, jeune Iranienne, qui étouffe dans l’Iran des mollahs, puis réussit à partir et à s’installer en France.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress
13 septembre 2011
Avec Je ne suis pas celle que je suis, vrai faux roman, c'est en effet sa vie qu'elle déroule sous les yeux effarés de ses lecteurs après avoir, des années durant, essayé les confidences sur le divan.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
Toute une nation triche. C'est lamentable. Par notre soumission, nous sommes devenus, tous, des êtres méprisables et chacun en impute la faute aux autres. Si le matin, à l'université, tous ensemble, on se disait bonjours entre filles et garçons, si on se serrait la main, qu'Est-ce qu'ils pourraient faire, expulser tout le monde, fouetter tout le monde ? Emprisonner tout le monde ? Le problème, c'est que nous nous sommes résignés sans la moindre résistance à être traités pire que du bétail. Nous sommes des clandestins dans notre propre pays. (p.56)
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C'est peut-être insensé de dire ça, mais en français, je veux dire dans la langue elle-même, j'ai trouvé un refuge...
- Oui
- ... Chaque mot que j'ai arraché au dictionnaire m'a arrachée à son tour aux blessures que j'avais vécues en persan. (p. 198)
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Il existe des moments dans une vie qui s'éternisent, gravent la mémoire à jamais, emplissent les yeux où qu'ils se portent, écrasent le réel de leur présence et constituent le temps impérissable, architectural, qui bâtit la charpente d'un être humain. Des moments dans une vie qui nous font devenir, malgré nous, ce que nous serons une fois adultes. Des moments qui nous créent à notre insu. (Livre de poche, 2015, p.28)
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Le voile pour les mineures doit être considéré comme un acte de maltraitance physique, psychique, social et sexuel.
Le voile c’est l’étoile jaune de la condition féminine
Sans le voile, le système islamiste ne peut exister car le voile à lui seul, résume et diffuse la vie du monde islamique. Et fait appel à la nécessité des lois des Mollahs qui doivent régenter la vie chaque instant de tous les musulmans.
C’est une idéologie fasciste islamiste qui tente de pénétrer les infrastructures républicaines. Elle essaye de convertir les ressentiments, les frustrations de la population d’origine musulmane en une énergie religieuse, une religiosité exacerbée.
Le voile prime sur le drapeau et l’Islam sur la nation.

Où sont ces intellectuels de salon complices de la barbarie islamique quand, en France, on force des fillettes à se murer dans une prison portative ?

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"Depuis l'âge de treize ans, c'était la première fois qu'elle se promenait sans la tenue islamique, sans craindre l'intrusion des gardiens de la Morale, ce quelle vivait ressemblait à la première promenade d'une détenue libérée après plusieurs années d'emprisonnement, et cette expérience - là ne pouvait être partagée."
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