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ISBN : 2070312844
Éditeur : Gallimard (01/01/2004)

Note moyenne : 2.18/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Quoi de plus difficile que d'arrêter de fumer ? Pour y arriver, le fumeur de tabac décide de noter au quotidien, dans un cahier consacré à ce sevrage, ses envies, ses rêves et ses succès, mais aussi ses doutes, ses angoisses et ses rechutes.Des pages pleines de poésie, de fantaisie, d'humour et de dérision, librement inspirées des célèbres Confessions d'un mangeur d'opium anglais de Thomas de Quincey (1821)
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
jovidalens
  15 décembre 2013
Consumer, consommer (au sens de se nourrir), se consumer...
Une centaine de délicieuses pages pour nous parler des amours addictifs, de la séduction, du délicat problème d'y céder ou d'y résister...
Le tabac, dont l'usage et l' « abusage » positionne tout un chacun au sein de nos sociétés en deux camps clairement définis et de la difficulté de rejoindre le plus vertueux (ou du moins, celui désigné comme tel).
Le tabac, qui n'est pas une simple habitude mais éveille ou procure un temps de récréation, de cogitation ; le tabac, autant marqueur et exhausteur du goût, de l'appétence pour la vie, pour toutes les « nourritures terrestres ».
Petit ouvrage par la taille mais qui évoque des temps qui n'ont peut-être plus cours, quand les élégantes ornaient leurs doigts de bijoux et d'une fine cigarette odorante, dont la fragance se mêlait avec distinction à leur parfum, dont la première bouffée de fumée drapait leurs visage comme les voilettes des années 40 ; les gestes de séduction féminine jouaient avec le briquet, petit parallélépipède doré, comme leurs mères avaient joué du poudrier et de la houpette.
Quelques pages pour parler de cet attachement envoûté à ce produit dont la façon d'en jouir est une signature de la personnalité de chacun, produit de « consummation » ennoblit par tous ceux qui l'ont chanté depuis plus d'un siècle. Il me revient en mémoire, une radio qui avait diffusé sur ses ondes, toute la journée précédant l'interdiction de fumer dans les lieux publics, les chansons, morceaux de musique, extraits de dialogues de film consacrés à ce poison. Et quelle richesse !
Roland Dubillard, je le connaissais comme auteur de théâtre et voici un texte si beau, que j'aurai bien noté une ou deux phrases par page, pour leur poésie, leur humour mais aussi la profondeur du propos.
Par certain côté, il me fait penser à M'sieur Desproges…
Un petit chef-d'oeuvre, découvert grâce à cette collection à 2€ de folio : excellente idée cette collection, qui m'a mis l'eau à la bouche, ou plutôt l'envie de suivre le …fumet (le mot s'impose !) délicat, d'un excellent auteur que j'ai trop longtemps ignoré.
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Corboland78
  01 novembre 2012
Roland Dubillard (1923-2011) est un écrivain, dramaturge et comédien français. En 1987 il est victime d'un accident vasculaire cérébral, à la suite duquel il devient hémiplégique. Son oeuvre littéraire couvre un large domaine, des pièces de théâtre dont les fameux Diablogues, des nouvelles, des recueils de poésies, quelques essais et un journal intime. Son essai Confessions d'un fumeur de tabac français, date de 1974.
Evitons tout malentendu, ce court ouvrage d'une centaine de pages, n'est pas un manuel prophylactique pour lutter contre le tabagisme ! Pourtant l'idée de départ, consiste pour l'écrivain à écrire un journal quotidien dans lequel il inscrira les phases par lesquelles il va passer durant sa période de sevrage. Noter ses angoisses, ses doutes, ses succès et ses rechutes.
La première moitié du livre se présente effectivement comme un journal intime se déroulant sur quatorze journées, suivie par une seconde partie qui est un texte d'une seule traite. Entre quelques réflexions classiques sur les habitudes, gestes et mentalité, du fumeur type, Roland Dubillard se laisse aller à des divagations intellectuelles où il se joue des mots et des idées.
Le désir de la cigarette se trouve comparé au désir pour la femme, ce qui amène l'écrivain à faire intervenir une certaine Béatrice dans les pensées du fumeur en cours de repentir, « Une cigarette aussi belle que Béatrice, personne n'aurait osé l'allumer. » Pour autant ce désir n'est qu'intellectuel, une vue de l'esprit, un jeu avec les mots, « j'ai cru pouvoir en prendre possession par les mots », une possession illusoire comme l'avoue le narrateur.
Le texte court de l'une à l'autre, de la femme à la cigarette et l'inverse. Intimité certaine avec l'une (la cigarette), évoquée ou éventuelle avec l'autre (la femme) mais dont le lecteur et même l'auteur ne sait pas trop ce qu'il en ferait si devait arriver ce qui doit arriver dans une vraie vie, puisqu'il déclare benoîtement « Béatrice fut cette chose dont l'usage aurait pu avantageusement remplacer pour moi l'usage du tabac ». Les lectrices apprécieront.
Dubillard joue avec l'absurde et le sens du paradoxe, c'est sa marque de fabrique et c'est en cela qu'il réjouit nos petites cellules grises. Ses Diablogues sont une réussite absolue sur scène, mais ici dans ces Confessions, j'avoue m'être clairement ennuyé. Un texte sans queue - ça c'est certain - ni tête – à moins qu'il n'y en ait trop au contraire. Peut-être que l'écrit rend mal l'effet recherché par l'écrivain et qu'à l'oral la petite musique de la voix récitative de Roland Dubillard rendrait justice à son travail ?
Par ailleurs, le texte trop daté (1974) ne peut plus être lu aujourd'hui comme hier. Les mesures anti-fumeurs et les changements de comportement ou de mentalité des gens, rendent certaines affirmations ou passages du texte, complètement archaïques et obsolètes. Les lecteurs cultivés n'auront pas manqué de voir le parallèle entre le titre du livre de Dubillard et Les Confessions d'un opiomane anglais de Thomas de Quincey écrit en 1821.
Pour conclure je dirais qu'il s'agit d'un bouquin nébuleux pour ne pas dire fumeux !
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Zazette97
  11 janvier 2011
Rédigé en 1974, "Confessions d'un fumeur de tabac français" est le journal tenu par l'écrivain français Roland Dubillard alors qu'il tentait de se débarrasser de son addiction à la cigarette.
Contrairement à Fabrice Valantine, héros du désormais célèbre "Fume et tue", le narrateur ne tue ici rien d'autre que le temps, notion qui, comme chaque fumeur repenti ou non le sait, s'avère des plus cruelles en période de sevrage.
Le narrateur n'en est pas à son premier coup d'essai mais cette fois-ci c'est certain, dresser la chronique de son combat quotidien le fera parvenir à ses fins !
En une petite centaine de pages, il nous dispense dès lors ses pensées présentées en vrac au fil de 14 journées qui verront se succéder la peur de faillir, la difficulté à changer ses habitudes et à se concentrer sur autre chose que sur l'abstinence, le caractère irremplaçable de cet objet pourtant si futile qu'est la cigarette, la mauvaise foi et la solitude dans laquelle le plonge cette démarche d'autant plus pénible qu'elle se doit d'être définitive pour être considérée comme réussie.
Continuer à arrêter, jour après jour, est devenu son obsession et une source d'angoisse permanente. Fumeur, il ne se posait pas de questions sur sa condition.
Mais voilà qu'il porte un regard neuf sur le monde maintenant qu'il se trouve de l'autre côté de la barrière. de nouvelles sensations olfactives apparaissent. A moins qu'il ne s'agisse en fait d'odeurs oubliées par des années de tabagisme?
Il ne faut pas voir en ce petit opus une méthode miraculeuse pour arrêter de fumer mais le récit d'une expérience singulière.
Le narrateur s'intéresse ici au rapport étroit, intime même, qui unit le fumeur à la cigarette, objet qu'il met volontiers en parallèle avec Béatrice, cette femme tentatrice qu'il observe avec convoitise et qui représente pour lui une seconde source de frustration.
Sur base de principes philosophiques - que je n'arrivais pas toujours à suivre je l'avoue - déclinés dans une forme avant tout poétique, le propos se veut dénué de tout jugement critique et illustre parfaitement la contradiction rejet/désir qui opère en chacun de nous lorsqu'il est question de plaisir et d'addiction.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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VivianeB
  09 décembre 2012
Une écriture particulière qui montre la difficulté de l'arrêt tabac mais la deuxième partie du livre part en conjonctures fantasmagoriques étranges. Pas mal.
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vdujardin
  27 avril 2012
L'histoire : le narrateur essaye d'arrêter de fumer dans la première partie, rêve dans la seconde. Au fil du récit, telle la Béatrice de Dante, apparaît une femme du même prénom...
Mon avis : je n'ai pas du tout aimé ce petit livre, je ne vous le recommande pas. Je pense que même un fumeur (catégorie à laquelle je n'appartiens pas) ne goûtera guère ce livre dont la quatrième de couverture dit qu'il est " librement inspiré des célèbres Confessions d'un mangeur d'opium anglais de Thomas de Quincey "... Vraiment librement et mal inspiré.
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   15 décembre 2013
J’ai noyé le poisson. Cela demande beaucoup d’eau.
On croit parler de quelque chose, et c’est toujours d’autre chose qu’on parle.
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jovidalensjovidalens   02 décembre 2013
C'est toujours par imitation que l'on commence à fumer ; qui veut renoncer à fumer doit renoncer d'abord à son besoin d'imiter.
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Zazette97Zazette97   11 janvier 2011
Ce n'est pas d'un vêtement qu'on manque quand on est tout nu; c'est d'un regard; qu'on le craigne ou qu'on le souhaite; qu'il soit seulement possible ou qu'il soit réel, incarné dans un oeil; ou qu'il soit rêvé.
Ainsi, ce que j'appelle ma faim cessait de se promener décemment, presque invisible, dans sa robe de fumée. Elle était nue. p.106
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Zazette97Zazette97   11 janvier 2011
La cigarette creuse, avec son bout allumé, un terrier dans lequel il est possible d'oublier l'urgence du monde.
Il y a de la magie dans cette petite chose dont on ne parle pas. Ce soir, dans le métro, à la pensée que je n'allais pas fumer, il m'a soudain paru qu'il fallait un grand courage pour accepter le monde comme ça tout de suite. Tant qu'on accomplit cet acte futile, on se sent dispensé de vivre sérieusement, c'est-à-dire comme si on existait, comme si on était né.
Non par ses effets, mais par sa combustion même, le tabac est l'oubli, comme l'alcool. p.36
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Zazette97Zazette97   11 janvier 2011
La pipe est un objet. C'est l'adjectif possessif du tabac. Elle demeure, alors que du tabac rien ne séjourne. Elle vieillit.
Cette cigarette, l'essentiel est qu'elle soit fumée, peu importe par qui. Mais ma pipe, je la garde dans un tiroir. On prête une femme, on ne prête pas le désir qu'on a pu avoir d'elle, ni l'organe de ce désir. p.91
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Videos de Roland Dubillard (11) Voir plusAjouter une vidéo
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La grande librairie 20/12/2012 sur France 5 de François Busnel, émission spéciale lecture à l'opéra comique
Jérôme Deschamps et Laurent Stocker lisent Pour le Goncourt de Roland Dubillard
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