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Brigitte Hébert (Traducteur)Jean-Claude Colbus (Traducteur)
ISBN : 2742785469
Éditeur : Actes Sud (30/11/-1)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Le paysan Wurrach n’a pas de fils, “seulement” quatre filles. Klara, la plus jeune, hérite d’un bois incultivable situé au bord du lac. Mélancolique, elle erre sur son terrain en fantasmant l’arrivée d’un pêcheur qui la sauverait de sa tristesse. Son père finit par la déclarer folle, et décide de diviser le bois en trois parcelles puis de les vendre. Dans les années 1920, trois riches familles berlinoises achètent donc chacune une parcelle du bois de Klara. On y con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
isanne
  30 octobre 2017

Voilà une lecture originale, un peu déroutante, parfois, qui va me rester longtemps en mémoire en la personne de Doris, une enfant de douze dont il est question parmi d'autres personnages dans ce roman. Mais c'est elle qui symbolisera pour moi, ce livre.
Jamais livre n'a mieux décrit l'immuabilité des saisons ,du cycle de la nature, de la vie parallèle des insectes, d'un lieu et d'une demeure face à la folie cruelle des hommes. L'Histoire est racontée par bribes, et c'est la barbarie et l'anéantissement de l'homme par son semblable qui est la trame des pages.
Seul, un homme semble traverser toutes ces années, sans avoir à "choisir", sans paraître influencé par ce qui ses passe dans ce bois, c'est le jardinier : mais n'est-il pas le messager entre la nature, les arbres, les saisons et les simples mortels ?
Il y a une musique lancinante dans ces pages comme les redites de paragraphes.
Je ne sais pas trop bien décrire ce livre, je m'en rends compte mais sa lecture vous bouleversera certainement.
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Commenter  J’apprécie          110
topocl
  28 février 2017
Dans cette maison proche de Berlin, l'auteur a passé, enfant, de merveilleux étés. Elle y revient un temps clandestinement, une fois qu'elle est vendue, et explore les archives pour retracer son histoire au fil du siècle.
Au départ il y avait le bois de Klara, la fille « bredine » du maire, qui a été vendu en 3 lots. C'était un lieu idyllique, au bord d'un lac, dans une nature enchanteresse, et les propriétaires successifs y ont installé leur demeure. Ils ont adoré ce lieu-refuge, lieu-privilège aussi, qui accompagnait leurs bonheurs et leurs malheurs intimes. Et si leurs vies étaient ballottées voire détruites par l'histoire du pays et ses remous dramatiques, le constant jardinier continuait à tondre, tailler, aménager, couper le bois…
Il y a donc un côté intime du quotidien bienheureux , les promenades, les baignades dans le lac, le bateau accroché au ponton… Les merveilleuses descriptions de Jenny Erpendeck n'ont pas manqué de faire remonter en moi le souvenir ancien de baignades féeriques dans des lacs allemands sauvages… (mais dan s le livre, c'est beaucoup plus subtil que ça). La nature sublime, indifférente aux tragédies, l'homme l'aménage au fil du siècle pour son confort, et son plaisir.
Mais l'Histoire est là qui s'approprie les lieux, et décide des destins. Chaque époque est l'occasion de le rappeler , de façon souvent allusive et habilement contournée : l'architecte nazi, le juif, la femme terrorisée par l'arrivée de l'Armée Rouge, le communiste récompensé de sa fidélité à l'idée dominante,... Tout ce que l'Allemagne a connu de tragédies au fil des ans, avec en fil rouge, les exils successifs et ce qu'ils impliquent d'abandon et de spoliation, où l'on laisse derrière soit des trésors cachés au pied des arbres, mais emmène ce qui ne pèse pas : la musique.
C'est donc une leçon d'histoire très particulière, par petites touches, à la mélancolie poétique, avec des leitmotivs. Si l'on croit longtemps que la maison et la nature vont résister à l'offense de l'Histoire, on apprendra au fil des pages que comme les hommes, les maisons ont leur vie, leur apogée, leur décrépitude et leur mort.
J'ai vraiment été très touchée par ce livre atypique, subtil et audacieux récit du destin du peuple allemand.
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ivredelivres
  04 août 2010
an-Claude Colbus- Editions Actes Sud
bois de klara.gifUn bois, un lac, un lieu, une propriété, au fil du temps ce bois, ce terrain, la maison construite dessus vont voir se succéder des propriétaires légitimes ou non. Au début du siècle un bois est dévolu à la fille d'un riche paysan, mais Klara n'a pas toute sa tête et le bois à sa mort sera morcelé, découpé, revendu en trois parcelles.
Douze personnages vont se succéder au fil du temps sur cette propriété, tous marqués par les péripéties de l'histoire : exil, déportation, invasion.
Parfois résidence cossue, havre de paix et de bonheur, on ajoute un ponton de baignade sur le lac, un hangar à bateaux, les enfants jouent, se baignent.

Parfois la maison, le lac, deviennent cachettes pour les objets de valeur on "enterre les pichets en étain entre les racines du grand chêne et la porcelaine sous le bosquet de pins" pendant que les chevaux de l'armée Russe s'approprient le jardin. le bois de Klara change même parfois de nationalité.
Le terrain, la maison sont objet de tractation entre celui qui fuit (famille juive) et celui qui à un moment détient le pouvoir. l'arrivée du communisme apporte de nouveaux changements.
Témoin muet le jardinier, personnage fantomatique et anonyme Il ne fait pas partie de la maison " Lui ne possède ni terre ni bois, il vit tout seul dans une cabane de chasse abandonnée à la lisière de la forêt "
J'ai aimé l'originalité de ce récit, la trame historique à travers un lieu, l'art de Jenny Erpenbeck pour mêler vie quotidienne et grande histoire.
La lecture est parfois freinée par des sauts dans le temps que l'on ne comprend pas toujours, la chronologie n'est pas respectée et cela exige un peu d'attention. L'écriture est belle et j'ai aimé les titres donnés aux chapitres qui désigne le personnage par son métier : l'architecte, le soldat, l'écrivain. L'épilogue est d'une froideur technique qui fait frissonner.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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xgalaup
  10 juillet 2011
Sur les bords du lac Tragique
Dans un joli bois une maison posée au bord d'un lac devient le point névralgique de plusieurs destinées tragiques. Des années 1920 à l'après chute du mur de Berlin, J. Erpenbeck évoque l'histoire allemande à l'aide des destins des différents occupants de cette maison. le jardinier du bois et de la maison constitue le point d'ancrage de cette valse dramatique: de la fuite du nazisme au médecin est-allemand en passant par l'armée rouge...
L'écriture glisse habillement d'une voix intérieure à l'autre. J. Erpenbeck joue aussi avec la répétition poétique et hypnotique pour faire ressentir à la fois la permanence et l'évolution des lieux et des personnages. Une construction déroutante mais efficace au regard du sujet.
Lien : http://xg-melanges.tumblr.co..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
isanneisanne   30 octobre 2017
¨Pour deux minutes encore, la voûte d'un ciel laiteux, traversé de quelques nuages, s'arrondit au dessus d'elle, comme au bord du lac dans les instants qui précèdent la pluie; pour deux minutes encore, elle respire l'odeur si familière des pins, mais les pins eux-mêmes restent invisibles derrière la haute palissade (...) Pour deux minutes encore, elle sent le sable sous ses chaussures, quelques petits silex et des graviers de quartz ou de granite, puis elle ôte ses chaussures pour toujours et monte sur la planche pour être tuée d'un balle dans la tête.
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art-bsurdeart-bsurde   13 janvier 2015
Ici, il y a des pins et des chênes à l'ombre desquels poussent lentement des buissons, ici un jardinier arrose le gazon, les fleurs sont vivaces et la petite va cueillir l'aneth pour les pommes de terre chez la voisine au début du chemin de sable. Ici, les gens ne s'attardent dans le jardin que pour être dans le jardin. Sans doute est-elle arrivée au bon moment au bon endroit, car elle aussi ne fait plus que s'attarder dans sa vie pour être en vie.
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ivredelivresivredelivres   04 août 2010
Au printemps, il aide les paysans à greffer leurs arbres fruitiers ; aux environs de la Saint-Jean, il écussonne les sauvageons à œil poussant ou, lors de la deuxième montée de sève, à œil dormant ; pratique la greffe en fente ou en oblique selon l’épaisseur du porte-greffe, confectionne le mélange indispensable de goudron de pin, de cire et de térébenthine, puis panse la plaie avec du papier ou du raphia
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Vidéo de Jenny Erpenbeck
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