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Fernand Delmas (Autre)
ISBN : 2253000043
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1975)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 758 notes)
Résumé :

Rien ne peut arrêter l'errance de Goldmund, aucune femme, pas même la misère, la peste ou la mort qu'il côtoie en chemin.

Assoiffé de plaisir, avide de beauté féminine, inlassablement, il reprend cette route où chaque rencontre est l'épreuve du plus beau et du plus noir de l'humanité. Dans cet esprit candide et généreux perce une révolte née de l'injustice, de la cruauté des hommes, où seuls l'art et la création allègent le poids de cette hum... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
andman
  20 décembre 2013
A l'époque moyenâgeuse du Saint-Empire romain germanique, le péché mignon des pensionnaires du monastère de Mariabronn se limite à un peu de vin chaud bien sucré, parfumé à la cannelle et à l'oeillet.
Parmi les membres de cette communauté religieuse, haut-lieu de la connaissance et de la prière, deux jeunes gens s'apprécient et se recherchent : Narcisse et Goldmund sont sous l'influence d'une force d'attraction hors des pulsions inverties.
Professeur de grec, encore novice, Narcisse est un être d'élite respecté de tous. Jeune homme de grande écoute, il prend sous son aile Goldmund un élève studieux âgé de quinze ans, rêveur à ses heures.
En recherche de spiritualité, ils sont l'un comme l'autre au stade du serment non exprimé. Chacun se sent engagé au fond de lui-même par cette promesse de voeux non écrite mais sacrée.
En fin psychologue, Narcisse découvre chez son ami un traumatisme enfoui depuis l'enfance, une blessure cachée liée au souvenir ténu d'une mère qui a fui le domicile familial alors qu'il était en bas âge. Il ne pense pas que la vie ascétique corresponde à la personnalité de Goldmund mais qu'une recherche de soi orientée vers l'art siérait mieux à son tempérament passionné.
Alors que Narcisse se prépare à recevoir l'ordination, Goldmund abandonne au bout de trois ans la vie austère de Mariabronn au profit de celle aventureuse du monde extérieur.
Ces quelques lignes introductives survolent seulement les tout premiers chapitres, la majeure partie de « Narcisse et Goldmund » se déroule au grand air, en dehors de l'enceinte confinée du monastère.
Les paysages rhénans, la faune, la flore sont décrits dans un style imagé et poétique.
Alternent avec bonheur les scènes contemplatives et mouvementées, la condition de vagant n'est pas de tout repos.
Les regards complices, les paroles douces, les ébats amoureux entre le séduisant Goldmund aux boucles blondes et les femmes rencontrées ici et là, agrémentent de surcroît le récit.
Les prédispositions artistiques qui au fil des années s'affirment chez Goldmund sont également évoquées avec intelligence.
Mais l'attrait principal de cette oeuvre romanesque, écrite par Hermann Hesse en 1930, réside dans l'amitié indéfectible entre Narcisse le spirituel et Goldmund le sensuel, deux êtres fondamentalement différents mais pourtant en symbiose.
En cette période de Noël censée être de concorde et de paix, « Narcisse et Goldmund » est un formidable message de tolérance, de réconfort.
Le lecteur, aux anges, gardera longtemps à l'esprit les prénoms indissociables du penseur et de l'artiste !
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rabanne
  08 juin 2017
Un classique qui a longtemps échappé à mes lectures.
Je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai tant tardé à découvrir ce chef-d'oeuvre, dont beaucoup de proches me parlaient...
Or, ce n'est pas faute de connaître Hermann Hesse depuis ma jeunesse, ni d'avoir apprécié Siddharta, Le loup des steppes ou L'ornière.
Les mots me manquent. Je suis passée par de telles émotions, de telles fulgurances, de telles évidences !
Ce roman d'apprentissage est d'une extraordinaire profondeur psychologique, au-delà de sa portée spirituelle et philosophique.
C'est le récit d'une magnifique amitié entre deux êtres aux caractères et aux aspirations très différents : Narcisse incarne la sagesse, la foi et la bienveillance ; Goldmund, c'est l'inconstant en perpétuelle recherche d'identité et d'amour (maternel).
Bien que le destin les séparera par deux fois, ils conserveront intacte l'alchimie de leur relation, faite d'un amour pur et sincère, de confiance, d'admiration et d'immense respect mutuels...
J'ai beaucoup aimé dans ce roman le juste équilibre entre la réflexion introspective et le récit aventureux (celui de Goldmund n'est pas piqué des vers...), mais aussi tout ce qui tourne autour de l'affect, de l'éducation, de l'art, du profane et du sacré.
L'on peut tellement s'identifier aux sentiments des personnages, par leur force et leur intemporalité. La plume de H. Hesse est d'une rare puissance, et d'une irrésistible sensualité...
Bref, la magie des GRANDS auteurs !!!
(niveau 1ere-terminale)
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Nuageuse
  07 octobre 2015
J'ai essayé de lire le jeu des perles de verre du même auteur et au bout de quelques pages, ce livre me tombait des mains...
Alors que là non! J'ai adoré suivre le parcours de Narcisse, professeur de grec et futur moine, et de Golmund qui a été amené là par son père. Goldmund est persuadé de rentrer dans les ordres et connaîtra par conséquent l'attirance du pêché charnel... jusqu'au moment où Narcisse lui ouvrira les yeux sur sa voie. Narcisse est à la fois son guide et à la fois son ami. Il réussira à faire comprendre à Goldmund que son désir était entièrement dicté par son père et qu'il nie son enfance.
Petit à petit, ce dernier s'épanouira, il quittera de lui-même le monastère pour rejoindre une femme. Ce sera le début de sa vie errante.
Hermann Hesse nous livre un bijou philosophique sur la quête de trouver sa voie, chose plus aisée si l'on trouve un ami qui saura nous guider tout en nous poussant dans nos retranchements, comme un certain Socrate.

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Ellane92
  15 novembre 2013
Il y a des livres qui vous parlent, celui-ci dialogue avec moi. Il y a des livres qui vous "remuent", celui-ci me bouleverse. Hermann Hesse évoque avec poésie, élégance, réalisme, la difficulté d'être humain, de vivre les aspirations contraires qui sont rattachées à notre essence.
L'auteur a choisi de dissocier dans ce roman les deux inclinaisons majeures de l'homme, d'un côté l'aspiration vers l'intellect et le religieux, l'ordre et le scientifique, la méditation et la prière, et de l'autre, la jouissance de la vie dans toute son animalité, en un hymne à la mort et à la vie, à l'amour et à la tristesse, à la beauté et à l'ignominie, en les personnifiant en deux personnalités antithétiques mais complémentaires. Goldmund transcendera sa nature sensuelle en l'investissant dans l'art, qu'il revêt alors d'un caractère sacré.
Mais « Narcisse et Goldmund » est aussi une fable sur la dualité de l'être humain, dans laquelle les deux personnages représentent les forces contraires d'une même psyché. Tiraillé entre ses appétits, ses aspirations, ses nécessités, les exigences du monde extérieur, l'être humain est amené à faire des choix, et ce faisant, de renoncer, de s'amputer d'une partie de ce qu'il est. Mais Hesse nous apporte une solution à ce dilemme sans fin : on ne peut, au mieux, que devenir que ce que l'on est, et c'est en transcendant l'expérience des sens qu'on accède à la spiritualité. En ce sens, il rejoint la conceptualisation du sacré de Carl Gustav Jung, dont Hesse fut l'ami et le patient (d'ailleurs « Narcisse et Goldmund » présente tout au long de l'ouvrage la plus magnifique évocation de l'Anima qu'il m'ait été donné de lire).
A mon sens, « Narcisse et Goldmund » est un chef d'oeuvre, plus abouti que par exemple « Siddharta » (qui m'a paru plus convenu, moins surprenant, dans son traitement), ou le « Jeu des perles de verre » dont le Maitre me parait trop intellectuel, pas assez humain… Il y a dans ce livre une idée de réconciliation, et de paix, que je n'ai jamais trouvé par ailleurs chez cet auteur.
C'est pour moi une oeuvre à la fois majeure et magistrale, que je place sans hésitation tout en haut du panthéon des livres qui m'ont le plus marquée.
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cmpf
  21 janvier 2015
Narcisse est un jeune novice dont les qualités intellectuelles lui valent d'être déjà professeur. Entièrement tourné vers la science, capable de lire dans les âmes il est assez solitaire. Arrive un adolescent, Goldmund, amené là par son père qui désire en faire un moine afin d'expier la « mauvaise conduite » de sa mère, femme de la nature qui n'a pu se résoudre à vivre une vie réglée. Une amitié se noue entre les deux jeunes gens et au fil du temps, Narcisse permet à son ami de comprendre que sa vocation n'est pas l'étude et la prière. Lui ayant rendu la mémoire de sa mère, et donc une partie de sa personnalité tuée par le père, il l'encourage à suivre sa vraie nature.
Pour Goldmund la vie consiste à connaître le plus d'expériences, au jour le jour, à vivre une vie presque animale au sein de la nature, acceptant la faim, la soif, le froid. A contenter ses désirs, ce qu'il fait avec toutes les femmes qu'il rencontre, sans les forcer. Celles-ci séduites par son joli visage mais aussi sentant sans doute son caractère vagabond lui accordent un moment de leur vie, puisqu'il n'est qu'un passage dans leur vie. Cette vie errante très sensible à toutes les beautés, celles de la nature comme celle des femmes exacerbe sa sensibilité et le prédispose à l'art.
Si la sensualité est très présente à travers les nombreuses conquêtes de Goldmund, la nature est également omniprésente (la coquille d'escargot, le pivert…).
Roman sur l'opposition entre l'intellect (Narcisse) et les sens (Goldmund). Comme si Narcisse et Goldmund étaient les deux faces d'une seule personne. Hesse a toujours cherché à intégrer la spiritualité à la vie.
A noter qu'il s'est lui même enfui d'un séminaire protestant où ses parents l'avaient placé.
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Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   15 février 2016
Souvent il rêvait d’un jardin, un jardin enchanté, planté d’arbres comme ceux des contes, avec des fleurs immenses, des grottes bleuâtres et profondes ; parmi les herbes brillaient les yeux étincelants de bêtes inconnues, aux branches glissaient des serpents lisses et nerveux, aux vignes et aux buissons pendaient des baies énormes, humides et brillantes, elles s’enflaient dans sa main qui les cueillaient et versaient un jus pareil à du sang, ou bien prenaient des yeux et se déplaçaient avec des mouvements langoureux et perfides ; sa main cherchait-elle une branche pour s’appuyer à un arbre, il voyait et sentait entre le tronc et la branche une touffe épaisse de cheveux emmêlés comme les poils au creux des aisselles. Une fois, il rêva de lui-même ou de son saint patron, de Goldmund-Crysostome ; il avait une bouche d’or, et de sa bouche d’or sortaient des mots et ces mots étaient une foule de petits oiseaux qui s’en allaient en voltigeant.
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OlafOlaf   12 juin 2011
Indépendants à l'égard des hommes, soumis seulement aux intempéries, aux saisons, sans but devant les yeux, sans toit au-dessus de la tête, ne possédant rien, livrés sans défense à tous les hasards, les vagabonds mènent leur existence puérile et vaillante, misérable et forte. Ils sont fils d'Adam chassé du paradis, frères des animaux innocents. D'heure en heure ils acceptent de la main de Dieu ce qu'il leur octroie : soleil, pluie, brouillard, neige, chaleur et froid, bien-être et détresse. Il n'est pour eux ni temps, ni histoire, ni visées ambitieuses, ni ces curieuses idoles de la prospérité et du progrès auxquels on croit désespèrement quand on possède une maison. Un vagabond peut être tendre ou brutal, industrieux ou balourd, courageux ou poltron, toujours il est, dans son coeur, un enfant, toujours il vit dans le monde naissant, avant l'aube de l'histoire universelle, toujours sa vie est menée par quelques instincts et quelques besoins primitifs. Qu'il soit intellingent ou sot, qu'il ait profondément conscience de la fragilité ou de l'instabilité de toute vie et sache que tous les êtres vivants traînent leurs quelques gouttes de sang chaud à travers la glace des espaces infinis, ou qu'il obéisse simplement, puéril et vorace, aux ordres de son ventre, toujours il est l'adversaire et l'ennemi mortel du possédant et du sédentaire qui le hait, le méprise et le redoute, car il est tant de choses qu'il ne veut pas qu'on lui rappelle : l'instabilité de toute existence, l'incessante décomposition de toute vie, la mort glacée et inexorable dans laquelle baigne l'univers.
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le_Bisonle_Bison   26 décembre 2015
Je crois, dit-il, qu’un pétale de fleur ou un vermisseau sur le chemin contient et révèle beaucoup plus de choses que tous les livres de la bibliothèque entière. Avec des lettres et des mots on ne peut rien dire. Parfois j’écris une lettre grecque quelconque, un thêta ou un oméga, et je n’ai qu’à tourner un tout petit peu la plume ; voilà que la lettre prend une queue et devient un poisson et évoque en une seconde tous les ruisseaux et tous les fleuves de la terre, toute sa fraîcheur et son humidité, l’océan d’Homère et les eaux sur lesquelles marcha saint Pierre, ou bien la lettre devient un tout petit oiseau, dresse la queue, hérisse ses plumes, se gonfle, rit et s’envole. Eh bien, Narcisse, tu ne fais sans doute pas grand cas de ces lettres-là ? Mais je te le dis, c’est avec elles que Dieu a écrit le monde.
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le_Bisonle_Bison   07 décembre 2015
Bien sûr, Narcisse ; ce n'est pas toi que j'accuse et je ne veux pas dire que tu ne sois pas un bon abbé. Mais je songe à Rébecca, aux juifs que l'on brûle, aux fosses communes, à tous ces morts qui trépassent en masse, aux rues et aux maisons pleines et puantes de cadavres de pestiférés, à toute cette immense et horrible désolation, aux enfants restés seuls à l'abandon, aux chiens morts à la chaîne - et quand je pense à tout cela, quand j'évoque toutes ces images, mon cœur me fait mal et il me semble que nos mères nous ont enfantés dans un univers désespérément cruel et diabolique et qu'il vaudrait mieux qu'elles ne l'eussent pas fait, que Dieu n'ait pas créé ce monde d'épouvante et que le Sauveur ne se fût pas laissé cloué pour lui sur la croix.
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JunieJunie   27 décembre 2012
Vois, dit-il, il n'y a qu'un point où j'aie sur toi l'avantage. J'ai les yeux ouverts, tandis que tu n'es qu'à demi éveillé ou que parfois tu dors tout à fait. J'appelle un homme en éveil celui qui, de toute sa conscience, de toute sa raison, se connait lui-même, avec ses forces et ses faiblesses intimes qui échappent à la raison et sait compter avec elles.Apprendre cela, voilà le sens que peut avoir pour toi notre rencontre. Chez toi, Goldmund, la nature et la pensée, le monde conscient et le monde des rêves sont séparés par un abîme. Tu as oublié ton enfance. Des profondeurs de ton âme elle cherche à reprendre possession de toi. Elle te fera souffrir jusqu'à ce que tu entendes son appel.
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"le Jeu des Perles de Verre", de Hermann Hesse (Alchimie d'un roman n°51)
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