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ISBN : 2847423699
Éditeur : PASSAGE (07/09/2017)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
(LIVRE RÉSERVÉ À UN PUBLIC AVERTI)

Un soir, sur le parking de la gare, le jeune Vallad poignarde un passant à la faveur d’une embrouille contre les étrangers du quartier, dont lui et ses comparses sont coutumiers. Incarcéré, il se retrouve dans la même cellule que son frère jumeau, Domingo, lui-même accusé d’agression sexuelle. Tous deux sont suivis par Hermiane, une psychologue prise en étau entre la bienveillance avec laquelle elle tente de les acco... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  26 septembre 2017
« L'absence de boutique de luxe et de panneaux publicitaires rend moins supportable l'accumulation tatillonne des procédures de sécurité. »
Avant tout, je tiens à remercier Babelio et les éditions Le Passage pour ce beau cadeau. Désolé d'avoir tardé pour la critique mais je finis toujours mes livres en cours par principe. Cela dit, merci pour le cachet « Service presse » sur le bouquin, cela « inflationne » l'ego à un univers de lecteur. Peace dirait le dealer du coin de la rue ;o) .
« Sans effraction, et avec son consentement, je dérobe ainsi sous yeux quelques morceaux choisis de son intimité que j'utilise pour évaluer la capacité du délinquant à revenir sur son acte et à prendre du recul sur celui-ci » (Une psychologue carcérale qui se la joue Arsène Lupin du vice )
« Il a la consistance d'une poignée de pétales chahutés par le vent, fragile filet de semoule desséchée avant qu'elle ne soit saisie par l'eau bouillonnante. »
« Son sexe, énorme, est le totem de ces orgies commercialisées. Il se voit en obélisque de la place de la Concorde, en diamant pur léchant les microsillons d'un vinyle de gangsta rap, il est le roi du beat, DJ select d'une porn-party d'un club d'anti-hipsters désoeuvrés. »
C'est un livre au style incisif, rempli de phrases courtes, quasi cliniques (parfois cachées sous des séries de virgules), auquel on a affaire. L'auteur plante sa plume sur le corps du texte avec précision, justesse sur des problématiques complexes, on sent quasi le vécu derrière ou du moins une certaine expérience de vie (en particulier la vie dans les cités). On lit et on devine un grand travail de réécriture, le style Espedite n'est pas naturel en soi, il se travaille. C'est la lecture du roman qui m'a permis de comprendre non seulement la pertinence du titre mais surtout cette couverture en Picasso raté version tag pointilliste.
Dans ces pages, Hermione l'intello de l'école des sorciers devient Hermiane la psy de l'école du vice.
Dans ces pages, on découvre le champs de bataille ordinaire de l'identité face au vandale inconnu, ce camp de réfugiés de la vie, ce chaos où tout peut s'échanger qui s'usine en se bouchant de gravité panoramique dans ses murs. L'auteur nous rappelle que c'est le langage qui crée la cohésion tandis que le cerveau demeure un éternel transgressif.
Rien à voir avec La ligne verte, n'importe quel lecteur de ce livre ne peut que penser qu'à Orange Mécanique, c'est inévitable sans pour autant que l'auteur perde sa touche personnelle. Contrairement à mon livre précédent (Toutes les fois où je ne suis pas morte), il n'y a pas de clichés au sens strict, plus des symboles collectifs bien menés, bref le travail de tout écrivain.
Le texte parle de différents sujets mélangés qui se voudraient subversifs mais que je n'ai jamais perçus comme tels, presque plus comme des bouffées d'air frais, d'espace dans un monde vide (d'ailleurs, avec ma femme et alors qu'on vient juste d'avoir une petite fille, on a décidé de lire la Tanche prochainement). On vous parle vandalisme, voyous, délinquance sexuelle, alors que le propos principal est celui de la corruption (voir par exemple l'évolution de cette femme, mère de famille qui dit « La dignité se mérite, il ne faudrait pas qu'il y en ait un qui devienne délinquant » ) qui nous cerne tous, des addictions qui cernent notre identité.
« Mais voilà les tympans du délinquant se sont fermés à la manière des branchies d'un poisson mort. Il garde la bouche ouverte comme si on venait de lui retirer un hameçon au fond de la gorge et qu'il continuait de pérorer dans des hoquets inintelligibles. Il me regarde avec des yeux de noyé, je suis à la surface, lui, gît au fond de l'eau.  »
« Piqué au vif par l'intensité de ces paroles chuchotées délation, devenant flux elle aussi, Kenza ressort de là avec la charge calorique d'un électron à la recherche de l'atome sur lequel s'agglomérer pour lui transmettre sa négativité. »
« Il pourrait l'envelopper dans un drapeau révolutionnaire, sa queue, capote rouge sang, percée au bout pour gicler sur les couleurs lavasses du pays. »
Si le livre est divisé en chapitres un peu ésotériques, le chapitre zéro pourrait être le début du livre, on se demande même si ce n'est pas par là que l'auteur a commencé le travail d'écriture, cette prison en boîte de conserve périmée mais de première nécessité. La prison déborde son cadre, ses murs et pas que par le bracelet GPS, elle est un moule pour mieux poser son séant.
Quasi tous les personnages du roman sont perdus dans cet entre-deux catatonique, à la fois insensible et éponge hypersensible à leurs conditionnements, identité brisée entre deux pans. C'est plus que la limite d'une zone de liberté qui se confronte aux autres qu'on vit tous, c'est un tangage plus chevillé au corps, à la fonction, proche du naufrage. Les comportements sont chiffrés comme un matricule sur un uniforme imperméable à toute humidité humaine.
« Il n'y a que de là où je suis, à la fois dedans et dehors, que l'on peut faire tomber les masques. »
« La rumeur requiert, pour qui abhorre la vulgarité et se définit par sa capacité de s'en dépendre, un raffinement supérieur dans l'art de sous-entendre: elle s'utilise de biais, avec une alchimie de signes érudits et de faux semblants qui démultiplie l'impact tout en sauvant les apparences. »
Ce n'est pas vraiment un coup de coeur (est-ce dû à la brièveté, au coté racoleur du sujet des prisons comme pour un JT facile, je ne sais pas mais je le ressens ainsi ) mais c'est un livre que je pourrais relire une soirée à m'ennuyer par la force de son langage et de ses évocations ambigües. Le livre m'a fait penser à un article que je viens de lire : « La prison à mi-temps, une fausse bonne idée qui ne fonctionne pas. » Pour ce livre aussi, il n'y a pas de mi-temps, on le finit avec le regard effaré du grand singe pris dans l'asphyxie provoquée par des feux de brousse hors contrôle.
« À chaque fois qu'il se raconte, il joint le geste à la parole et conclut son one man show par un mime de sodomie en plaçant ses mains au devant de lui comme empoignant une croupe imaginaire et l'enfourne d'un coup sec.
Crac.
L'onomatopée achève son beau discours. »
« Tel un acteur se plaçant à la lisière de la poursuite, Vallad cajole les ombres, ménage ses effets ; il émince les rais de lumière à travers la grisaille transformant son visage en flash stroboscopique, affriolante épiphanie s'imprimant sur la rétine des mauvais garçons à la faveur d'un instant volé. »
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LettresItBe
  29 novembre 2017
Deux frères qui se retrouvent en cellule pour le pire et pour le pire, deux psychologues face à face pour tenter de mettre en pratique des méthodes opposées sur ces cobayes faux volontaires … Encore un énième livre sur le milieu carcéral allez-vous dire, encore un livre empreint d'un sentimentalisme abscond ? Oh, on vous entend déjà râler au sujet de Se trahir, le deuxième livre de Camille Espedite qui, oui c'est vrai, prend place dans les cellules d'une prison aux méthodes semble-t-il novatrices. Et pourtant, les quelques pages de ce roman ont beaucoup à vous surprendre … Lettres it be vous convie à ce voyage derrière les barreaux.
# La bande-annonce
Un soir, sur le parking de la gare, le jeune Vallad poignarde un passant à la faveur d'une embrouille contre les étrangers du quartier, dont lui et ses comparses sont coutumiers. Incarcéré, il se retrouve dans la même cellule que son frère jumeau, Domingo, lui-même accusé d'agression sexuelle. Tous deux sont suivis par Hermiane, une psychologue prise en étau entre la bienveillance avec laquelle elle tente de les accompagner et la répulsion que lui inspire la violence de leurs comportements.
Mais ce difficile équilibre est un jour remis en cause par l'arrivée de Carise, une éducatrice spécialement missionnée par l'administration pénitentiaire pour imposer des méthodes radicales de rééducation, techniques 3.0 qui ne font, pour la psychologue, qu'amplifier les déviances de ceux qu'elle entend réinsérer.
Face à Carise, Hermiane tente de défendre son honneur et la dignité de ses patients pour ne pas se trahir. C'est pourtant dans la trahison à ce qu'ils pensaient être que chacun des personnages trouvera la possibilité de fuir ce huis-clos infernal.
# L'avis de Lettres it be
Se trahir, publié aux Editions Passage(s) (un merci en passant) est le troisième livre de Camille Espedite, après Palabres co-écrit avec Bérengère Cournut et publié en 2011, et Les aliénés publié en 2015 chez Christophe Lucquin éditeur. L'occasion de retrouver un style sur le fil du rasoir, une plume taillée à la serpe et affûtée comme jaja, et qui revient montrer toute sa justesse dans l'ombre. Et franchement, belle claque bien autoritaire derrière la nuque offerte par ce livre aux quelques 128 pages.
Ce roman est définitivement dual. Deux frères enfermés ensemble, deux psychologues confrontées ensemble, deux mondes qui tentent de se pénétrer, deux sociétés qui peinent à fusionner. Camille Espedite fait le pari de la dualité pour poser les fondations de son dernier roman. Chaque personnage est un petit monde en ébullition qui retient l'attention du lecteur, une voix qui résonne dans notre cathédrale interne. Vallad, Domingo, Hermiane, Carise … Des prénoms méconnus, autant de nouvelles planètes dans un système solaire parfaitement aligné et qui né sous la plume d'Espedite. Bien que l'histoire soit finalement simple avec cette immersion derrière les barreaux et cette critique acerbe de la psychologisation des « déviants », Camille Espedite transforme toute cette matière brute pour en livrer un résultat saisissant.
La suite de la chronique sur le blog de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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LeslivresdeNancy
  13 octobre 2017
Je remercie tout d'abord Babelio et les éditions Lepassage pour ce service presse.
Personnellement, quand j'ai sélectionné ce roman lors de la masse critique de septembre, je m'attendais à un thriller psychologique se passant dans le milieu carcéral avec une atmosphère assez lourde et angoissante.
Mais ce livre n'a pas répondu à mes attentes et dès les premiers chapitres, j'ai eu énormément de mal à avancer dans ma lecture tant je n'accrochais pas du tout au style de l'autrice.
Camille Espedite a une plume incisive, très crue qui manque de fluidité et donne la sensation d'avoir une histoire totalement déstructurée.
Au bout de plusieurs jours sans grand avancement dans ma lecture, ni de plaisir à continuer à découvrir cette histoire, j'ai préféré l'abandonner.
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Low90
  30 septembre 2017
Ce livre est est une légère déception pour moi, en lisant le résumé sur la quatrième de couverture je m'attendais à mieux, une atmosphère peut-être un peu plus étouffante, sous pression.
On va suivre l'histoire de deux frères jumeaux que tout oppose dans l'apparence mais qui se ressemblent dans leurs fragilités.
Après j'ai tout de même apprécié ma lecture, le fait que le livre soit court donne un plus à l'histoire car on va direct sur l'essentiel. J'ai également apprécié le style de l'auteur que je trouve assez original. Ca donne un récit un peu "déstructurer" mais qui correspond parfaitement à l'univers de ce livre.
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Charybde2
  28 août 2017
Un condensé d'univers carcéral et para-carcéral soufflant le chaud et le froid narquois sur ses maux.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/08/28/note-de-lecture-se-trahir-camille-espedite/
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   28 août 2017
Je vous le dis : on se voile la face. Depuis des décennies, loin des villes et de leurs flux incessants, à l’orée des dernières résidences pavillonnaires, la société a créé un trou noir dans l’espace-temps urbanistique en plaçant quelques-uns dans une situation maximale d’immobilité pour une durée déterminée. On se plaît à imaginer qu’ici, en rase campagne, s’agglutinent les détenus comme des rats au fond d’un trou, que bientôt ils perdront l’usage de leurs incisives à force de paralysie, sidérés par la peur et l’obscurité. On a du mal à se figurer que la prison fonctionne à l’inverse, que c’est dans le chaos perpétuel qu’elle enferme les gens : trocs, deals, changements de cellules, visites, hospitalisations, transferts, entrées, sorties, tout est négociable ici, tout peut s’échanger, à l’instar des produits illicites, qui vont et viennent, se vendent et s’achètent, drogue dans le cul, du parloir aux détenus, des détenus aux surveillants, des surveillants aux dealers, des dealers aux détenus, ou alors, sont envoyés directement de la rue au-dessus des grillages de la cour, passent dans la poche d’un agent, puis transitent par les cuisines, sur les chariots, ou carrément par les fenêtres, sous la forme de sachets pendouillant au bout d’un fil qu’on appelle « yoyo » car on les fait valser, le long des murs, au vu et au su des miradors. Bien sûr, la répression règne, elle bloque des accès, en autorise d’autres, contrôle les entrées, surveille les sorties, réglemente les passages, ralentit la cadence, un par un, deux par deux, attendez votre tour, en file indienne, finalement non, revenez demain. Mais au fond, elle épouse la vie des cellules : délinquants, pédophiles, trafiquants, criminels, chauffards, arnaqueurs, récidivistes s’agglomèrent et prolifèrent. La répression n’y fera rien, enlevez une tumeur, elle revient aussitôt. L’administration le sait. Aussi se plie-t-elle à leurs manières, en mégotant sur les peines, en rabotant les séjours, en fermant les yeux sur la haine, en négociant les retours. L’objectif est que ça usine là-dedans : violences, transactions, délits, produits, rapports, signalements ; peu importe si la colère y résonne, si la folie contagionne, et que le business prospère, il faut que cela vive, partout, tout le temps, comme si vivre et faire vivre pouvaient conjurer le pire, le suicide et la mort.
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Charybde2Charybde2   28 août 2017
Faciès entre parenthèses, un peu à l’étroit, les pommettes hautes et les joues droites, un menton qui file vers le bas, légèrement prognathe, et des cheveux bruns très courts ramenés sur le front. Un portrait accessoire, comme quelque chose que l’on utiliserait machinalement tous les jours. J’en prends soin, certes, mais passe vite dessus : khôl sur chaque paupière et puis basta. J’aime penser qu’en eux-mêmes mes traits sont neutres, que je suis capable d’en gommer le sens, a contrario de ceux des autres, que j’ai appris à déchiffrer sous l’épaisseur des discours. Mon visage ne doit rien laisser deviner, mes paroles ne doivent pouvoir y être arrimées d’une quelconque manière, seule compte l’attitude du patient dont le moindre geste trahit, pour qui sait le lire, le signe d’une pathologie cachée.
Ainsi invisible, je gère mes entretiens en respectant le protocole obséquieux du dépistage des risques psychosociaux en milieu fermé : toujours commencer par inviter poliment le mineur à décrire rapidement sa structure familiale, y déceler de petits traumas à peine refoulés, comme en rapportent souvent les enfants, afin de glisser subrepticement vers la confession d’éventuelles périodes prolongées d’angoisse ou de tristesse, voire d’épisodes délirants ou de conduites à risque (consommation excessive et régulière de psychotropes, fatigue, déprimes passagères, tentatives de suicide, etc.). Sans effraction, et avec son consentement, je dérobe ainsi sous ses yeux quelques morceaux choisis de son intimité que j’utilise pour évaluer la capacité du délinquant à revenir sur son acte et à prendre du recul sur celui-ci.
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Charybde2Charybde2   28 août 2017
Je reste impassible, tente de masquer mon ennui. Ce jeune homme prétendument psychopathe s’avère absolument commun, un peu pervers et mégalo certes, mais ni plus ni moins que le multirécidiviste lambda.
Le délinquant parti, je m’accorde quelques soupirs râleurs. Les surveillants m’y invitent : ce sont les premiers à se moquer dans les couloirs, l’insulte à peine voilée, la maltraitance aux aguets. Je m’en méfie, évite de me prêter à ce jeu malsain, préfère jouer les timides, en taisant tout jugement à l’emporte-pièce. Ma réserve m’éloigne de leurs sarcasmes, elle me place du côté de la science, je suis Hermiane la psychologue, je me dois de rester invisible.
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