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ISBN : 2330130805
Éditeur : Littérature (05/02/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Suite à son licenciement, Hasna se doit d'accepter les opérations de chirurgie esthétique préconisées par sa conseillère de réinsertion dans l'emploi. Elle vit très mal ces interventions et sombre peu à peu dans une étrange résistance.
Novella noire inspirée de la littérature d'anticipation, ce récit à la deuxième personne est l'histoire d'une insurrection silencieuse, d'une insurrection sans visage, à l'endroit d'une société normée par les technologies du r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Parisi
  22 février 2020
Le pathétique, la violence, la poésie, la beauté : tout se mélange dans le dernier roman d'Espedite. le chaos domine le monde. le désordre social, l'incohérence et la confusion deviennent la norme de vie des êtres humains. Pour décrire cet univers qui s'enfonce dans la cruauté, Espedite tord les mots, les enchevêtre. Ils éclatent dans de véritables feux d'artifice qui, tout à la fois, nous éblouissent et nous effraient. La dictature du paraître tue notre intelligence et la pauvre Hasna dans ce beau livre.
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kimsev
  15 mars 2020
Récit intense et suffoquant, où l'on ressent l'état de suffocation du personnage. On suffoque à travers l'usage et la combinaison des mots complexes mais également par l'imbrication des événements qui surviennent tout au long du récit pour arriver à la conclusion que l'apparence est un poids trop pesant imposé par une société étouffante.
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maud31
  14 mars 2020
Une parabole des temps actuels, sur l'apparence, autrement dit se respecter, terme clé qui revient souvent, le traitement réservé par notre société aux "perdants".
Ecriture sophistiquée, peut-être trop pour faire passer le message.
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Charybde2
  11 février 2020
Ultra-moderne solitude des injonctions socio-économiques poussées à l'extrême, ou poétique cruelle et belle de la chirurgie esthétique obligatoire.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/02/11/note-de-lecture-cosmetique-du-chaos-espedite/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   11 février 2020
Après un temps intervalle, tu es appelée à te rendre au bureau 17, bâtiment 2. À l’orée d’un box exigu matérialisé par trois panneaux en plastique, tu devines une voix qui te fait signe. Tu tâches de t’asseoir sur une des deux chaises. Elles sont pratiquement collées l’une à l’autre. Tu dois faire un effort pour te frayer un passage. Enfin installée, tu regardes ta conseillère, et c’est comme si tu lui dévorais le visage. Tu t’englues dans ses rides sans pouvoir la reconnaître. Tu détournes aussitôt les yeux pour ne pas céder à la panique et te concentres sur la raison de ta présence ici : l’opération chirurgicale que tu viens de subir et que Pôle emploi prend en charge. La probité se révèle si on présente bien, il faut savoir afficher sa personne, se mettre en valeur par un sourire éclatant débarrassé de ses impuretés et des marques de son vieillissement, magnifié dans son essence par la chirurgie et le maquillage, c’est fondamental, on ne marche qu’à visage découvert, sinon, c’est la suspicion de terrorisme, d’obscurantisme prosélyte, de trahison. Même les pires délinquants renoncent à se tatouer la face. Le visage est la clé de ton existence et tu le sais. Il faut que tu saches t’en servir, que tu assumes et puisses te regarder dans un miroir sans sourciller. C’est ainsi que tu trouveras ta place dans la société, et aussi, un job.
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Charybde2Charybde2   11 février 2020
La caméra de reconnaissance faciale de l’entrée de ton immeuble est momentanément désactivée. Tu dois composer ton code personnel pour y pénétrer. Tandis que tu ouvres la porte, tu te souviens avec effroi que le hall est tapissé d’une immense glace murale, t’interdisant ainsi le confort de l’invisibilité. Tu le franchis en déroute, comme s’il s’agissait d’un champ de bataille pilonné aveuglément par l’artillerie lourde du siècle dernier. Tu entends le bruit de la mitraille crépitant alentour, postillonnée sur les tronches des simples soldats dépassant des tranchées, casque limité à la surface du crâne mais visages nus, ces visages tout juste fièrement arborés sur les papiers d’état-civil grâce à l’invention conjointe de la photographie et de la Carte nationale d’identité, ces visages magnifiés en peinture dans les bonnes familles comme symboles de leur prestance bourgeoise et devenus populaires dans son grain noir et blanc bon marché, ces visages qu’on a livrés en pâture aux projectiles arasants de l’ennemi quand les maréchaux sifflent l’assaut, maréchaux qui se sont fait tirer le portrait après la victoire, avec monuments à leur propre gloire et gros plan sur leur regard, cinéma, c’est moi la star, en oubliant tous ceux qui n’étaient même pas morts, tous ces défigurés, bêtes de foire abandonnées dans le civil, avec obligation d’afficher leur tête monstrueuse sur leur carte d’invalidité. Tu te cloîtres dans l’ascenseur puis déboules dans l’appartement. Ton chat est là. Avec un air bovin, il chaloupe entre les lignes de ses trajectoires régulières sans faire attention à toi. Tu le trouves épais, beaucoup plus gros que d’habitude, des poils par millions, certains voletant autour de lui en une énorme crinière. Il te fait un peu peur. Tu le chasses d’une pichenette. Il déguerpit sur-le-champ. Ce geste ne t’apaise qu’à moitié. Tu réfléchis un instant, perdue au milieu de l’espace perclus de sifflements métalliques et de poussières en suspens, puis vises les miroirs disposés çà et là dans le salon. Tu les décroches un à un en évitant de les regarder. Ne pouvant ôter celui de la salle d’eau – car il est fixé sur le mur -, tu le recouvres d’un tissu. Le silence et la pesanteur reprennent peu à peu leurs droits.
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Charybde2Charybde2   11 février 2020
Tu caches ta gêne à l’infirmière. Elle t’explique que quelques jours seront nécessaires pour que les modifications souhaitées soient définitives. De profil, le nez peut encore remonter, il descendra peu après, le temps que l’œdème se résorbe. Ils est possible également qu’un petit érythème disgracieux apparaisse. Il ne faut pas que tu t’inquiètes. Il pourra facilement être retouché au laser. Dans deux semaines tout au plus, ton visage se conformera parfaitement à ce qui était prévu. Elle conclut son propos en te félicitant de ta splendeur. Son éloquence ne te convainc guère. Tu demeures embourbée dans la vision de ta face saccagée hantant le verre réfléchissant. Dans un geste de commisération convenu, l’infirmière te prend par la main et te guide vers la sortie. Son contact augmente ton trouble mais tu ne dis rien. Tu quittes, hagarde, la clinique Cesari et ses allures de palais royal, embarques dans un taxi. Alors que tu t’installes, tu aperçois ton reflet dans la vitre ; tu l’évites aussitôt, tentes de te concentrer sur le paysage extérieur pour atténuer ton angoisse. Au milieu du lent défilé des buildings, dressés au garde-à-vous comme autant de généraux, tu ressasses la conviction que ta tête s’est étrangement alourdie, qu’on lui a ajouté de la matière au lieu d’en avoir ôté, apposition d’une greffe vivante, un animal, un chat, ou une tumeur, quelque chose qui enfle, se ramifie, chiendent aux radicules jaillissant de toutes parts, étamines en jouvence se pétrifiant peu à peu en densités morbides. Tu règles ta course d’un billet de vingt sans attendre la monnaie.
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Charybde2Charybde2   11 février 2020
Sur la surface du miroir, ton visage se trouble en risées capricieuses. Aucune blessure n’a dévasté ta face, aucun mal n’a corrompu tes chairs, tu es simplement là, à peine remise d’une opération de chirurgie esthétique tout à fait anodine, à contempler quelque chose d’aberrant, quelque chose de mouvant et d’instable dans laquelle tu ne te reconnais absolument pas. Telle une antique photographie papier marinant dans une solution de bromure mal dosée, tes traits restent irrémédiablement flous et tremblotants. Ils dessinent avec peine une gueule cassée de la Grande Guerre, amas de boursouflures cicatrisant gastéropode autour d’un trou noirâtre impossible à cautériser. Ton cerveau est encore brouillé te rassures-tu, par les effluves de ton anesthésie, ton foie s’est un peu détraqué sous l’effet des substances chimiques : ça passera, oui, ça passera.
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kimsevkimsev   15 mars 2020
Ainsi ta vue fouille-t-elle son visage. Celui-ci t’apparaît salmigondis, en majesté tempétueuse, tournoyant carrousel. L’abîme de ses césures lumineuses rédime ton regard, tu vertiges dans sa peau vaseuse, te pores dans ses lignes inchoatives. De joie, tes mains trouvent les siennes. Ils n’osait l’espérer. Vous vous agrippez l’un à l’autre, tu as l’impression de danser la valse.
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Video de Camille Espedite (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Camille Espedite
Vendredi 8 septembre 2017, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) recevait Camille Espedite à l'occasion de la publication de son troisième texte, "Se trahir", aux éditions Le Passage.
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