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EAN : 9791028110345
Bragelonne (10/04/2019)
3.67/5   53 notes
Résumé :
Au cœur de la capitale d'un empire millénaire, la prêtresse Nisaba est la principale servante de l'héritier royal, Akurgal. La jeune femme a de quoi haïr la famille régnante, même si elle est forcée de servir son maître sans protester. Or celui-ci est réputé pour sa décadence, utilisant sans mesure ses oblats, des esclaves sacrés dont il s'est approprié les sens grâce à ses pouvoirs mystiques – ces derniers sont contraints de partager ses sensations, douleur, plai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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boudicca
  20 décembre 2021
Parmi les périodes historiques et les civilisations ayant inspiré des romans de fantasy, la Mésopotamie antique ne figure clairement pas parmi les plus populaires. Si le sujet vous intéresse, peut-être êtes-vous tombés à l'occasion sur « Les immortels » de Michel Pagel, « Car je suis légion » de Xavier Mauméjean ou encore « Gilgamesh, roi d'Ourouk » de Robert Silverberg (si vous avez d'autres exemples en tête je suis preneuse…) mais il faut bien avouer que les Sumériens n'ont pas vraiment la cote en imaginaire. En tout cas jusqu'à récemment, puisqu'on doit désormais à Victor Fleury une nouvelle série fortement inspirée de ce contexte, même si le roman n'a rien d'historique et se contente de réutiliser quelques éléments mythologiques ou civilisationnels. Premier tome chargé de lancer la trilogie de « La croisade éternelle », « La prêtresse esclave » met en scène une jeune femme, Nisaba, dont la particularité réside dans la relation qu'elle entretient avec l'héritier au trône d'Ubuk, l'infant Akurgal. Considérés comme les représentants du dieu Enlê sur terre, les membres de la dynastie au pouvoir possèdent en effet tous ce que l'on appelle des « oblats », des serviteurs d'un genre un peu particulier puisqu'ils sont magiquement liés à eux et leur transmettent leur savoir, force ou sensations, en fonction du type de lien qui a été créé. Nisaba, elle, est l'oblate de toucher de l'héritier : tout ce qu'il ressent physiquement, elle le ressent et, si le prince a le pouvoir de restreindre sa connexion lorsqu'il le souhaite, ce n'est pas le cas de la jeune femme, contrainte à endurer tout ce que son maître fait subir à son corps. Obligée de se réfugier dans la drogue pour supporter les orgies sans fin auxquelles participe le jeune homme, privée de son fils par la dynastie régnante, la prêtresse possède certes une position sociale élevée, mais ne retire aucun bénéfice ni aucune joie de son statut. Sa situation ne tarde d'ailleurs pas à se dégrader davantage puisque son maître n'a rien trouvé de mieux que d'entreprendre une croisade aux frontières de l'empire afin de faire ses preuves et ainsi damner le pion à sa mère qui souhaiterait le mettre à l'écart de la succession en raison de son caractère volage et irresponsable. Voilà Nisaba obligée de quitter la capitale, loin de son fils qu'elle espère par dessus tout récupérer, et entraînée dans des complots qui dépassent de loin la simple intrigue de cour mais pourrait bien au contraire ébranler l'empire dans son ensemble.
Ce premier tome est une vraie réussite est cumule plusieurs atouts qui ne manqueront pas de ravir les amateurs de fantasy. le cadre, d'abord, est dépaysant puisque, loin de l'Europe médiévale qui sert souvent de cadre aux romans se revendiquant de ce genre, l'auteur s'inspire ici de la Mésopotamie antique (la proximité entre les noms « Ubuk » et « Uruk » n'est évidemment pas fortuite). On a donc affaire à un empire assez ancien qui repose sur une dynastie régnante considérée comme d'origine divine et seule à même de repousser les forces infernales qui voudraient faire sombrer le monde dans le chaos. le panthéon exposé ici est dans un premier temps assez limité puisqu'il repose essentiellement sur le conflit opposant deux frères, l'un lumineux et pur, l'autre contrefait et méprisable, mais l'auteur va peu à peu tenter d'étoffer la mythologique de son univers. Outre la qualité du cadre, on peut également saluer celle du système de magie évoqué ici, même si ce n'est pas la première fois que ce type de transfert de pouvoir entre individus est mis en scène en imaginaire (pour ma part j'ai tout de suite pensé aux « Seigneurs des runes » de Dave Wolverton et à ses dédiés, des personnes ayant cédé, volontairement ou non, certaines de leurs habilités à un autre individu). Si l'auteur reste avare d'informations concernant la manière dont se déroule le transfert, la façon dont le lien fonctionne est en revanche longuement évoqué, et les possibilités qu'un tel procédé ouvre aux membres de la dynastie royale sont intéressantes. D'autres oblats gravitent en effet dans l'entourage de Nisaba, chacun prêtant au prince ou à la princesse auxquels ils sont liés qui sa voix, son visage, sa force, sa mémoire, ou même son sommeil. Notre héroïne dispose également de pouvoirs qui lui sont propres et qui ne semblent être réservés qu'à une poignée d'individus, ce qui en font une femme particulièrement dangereuse. Victor Fleury se montre ici un peu plus disert concernant la manière dont fonctionne l'Irradiance, cette fameuse force que parvient à dompter Nisaba, en revanche la seconde forme de magie évoquée ici demeure encore très mystérieuse. A la curiosité que l'on éprouve concernant ce système de magie vient s'ajouter celle que ne manque pas de susciter l'intrigue elle-même. Menée tambour battant, celle-ci s'avère bien construite et pleine de rebondissements qui viennent sans cesse relancer l'intérêt du lecteur. Certaines situations sont parfois résolues un peu trop rapidement à mon goût, mais il faut bien admettre qu'on se laisse rapidement prendre par la frénésie de cette croisade au cours de laquelle rien ne se passe comme prévu.
Au nombre des points forts figure également le soin avec lequel l'auteur a travaillé ses personnages, à commencer par le duo constitué de Nisaba et d'Akurgal. La jeune femme campe une héroïne convaincante, ni victime passive ni sur-femme bad-ass, et les zones d'ombre qui entourent son passé, et sur lesquelles l'auteur lèvera le voile au fil du roman, ne font que renforcer l'intérêt que l'on éprouve pour son parcours. La relation complexe qu'elle entretient avec l'héritier, mélange de haine et d'amour mêlé de rancoeur, n'est également pas étrangère à l'avidité avec laquelle le lecteur dévore les pages. Car Victor Fleury distille au compte goutte les flashbacks qui permettent d'éclairer les choix ou comportements des personnages dans le présent. Ainsi, quand bien même certains d'entre eux pourraient paraître insupportables ou injustes dans un premier temps (le prince héritier en tête), les éclairages fournis sur le passé commun des protagonistes permet de les voir sous un autre jour et de nuancer un peu la personnalité qu'on pouvait jusqu'à présent jugée caricaturale de certains. L'affection qu'on en vient à éprouver pour l'héroïne vient d'ailleurs en partie de cette volonté de nuance de la part de l'auteur puisqu'on est loin d'avoir affaire à une oie blanche simplement victime d'un tyran. le parcours de Nisaba est complexe, et l'auteur n'hésite pas à lui faire prendre des choix controversés qui la feraient parfois plutôt basculer dans la catégorie des antihéros. Les personnages secondaires sont moins développés et passent souvent trop rapidement pour qu'on s'y attarde vraiment, mais ceux qui gravitent dans l'entourage de la prêtresse sont convaincants et parviennent à susciter, chacun à leur manière, la tendresse du lecteur. Un mot, pour terminer, sur l'écriture qui se révèle relativement passe-partout : pas de grandes envolées lyriques ni d'effets de style particuliers donc, mais une plume fluide qui sait s'effacer pour donner libre cours au récit.
Victor Fleury signe avec ce premier tome de « La croisade éternelle » un bon premier tome qui repose sur de solides atouts parmi lesquels on peut notamment citer l'originalité de son cadre (la Mésopotamie antique) ainsi que la personnalité de son héroïne, personnage complexe au passé tumultueux qu'on prend autant de plaisir à découvrir qu'à suivre l'évolution de cette croisade un peu désespérée menée aux confins d'un empire déclinant. Espérons que la suite sera du même acabit (le deuxième tome est déjà disponible en grand format tandis que le dernier devrait paraître en octobre de cette année).
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Espai
  04 mai 2019
Je suis assez mitigée. L'intrigue prenante et bien construite de La Prêtresse esclave fut une bonne surprise, cependant gâchée en partie par un style que j'ai trouvé faible et pas toujours agréable à mon goût.
L'univers de la prêtresse esclave est un premier canevas séduisant : dans un monde inspiré des civilisations antiques (mésopotamiennes apparemment, même si j'ai plutôt pensé à l'Égypte ancienne en lisant), la famille dirigeante de l'empire que nous suivons s'attache des "oblats", esclaves dont l'un des sens est partagé avec leur maître (la vue, la force, le toucher...). Cette étrange relation magique a tout de suite captivé mon imagination, avec son potentiel narratif. Tout cela créé un dépaysement agréable, sans forcément couper le souffle.
Mais surtout, j'ai trouvé que Victor Fleury a su créer une intrigue adroite, qui a gardé mon attention du début à la fin. Pas de temps morts, mais de nouvelles questions narratives soulevées régulièrement, aux réponses globalement satisfaisantes et aux promesses tenues. On se questionne sur les motivations des personnages, on s'intéresse aux évènements qui s'enchaînent... Ce qui est souvent une faiblesse en fantasy francophone à mon avis est ici réussi.
Par contre... j'ai vraiment eu un problème avec l'écriture. Je vais détailler ce qui n'allait pas pour moi, pour que vous puissiez juger si c'est juste moi qui suis difficile, ou si c'est un problème qui vous gênerait aussi.
Pour moi, il y a deux types de styles qui fonctionnent bien en fantasy (et même, en général), que j'appellerais le style poétique, ou le style invisible. Le style poétique repose sur une écriture travaillée, imagée et jouant sur les mots et les sons, qui peut frapper au coeur (Naomi Naovik réussi bien cet exercice à mon goût, ou Alain Damasio en francophone) sans forcément tomber dans l'excès de la "masturbation intellectuelle" qui rend un livre illisible pour moi (comme Pierre-Fendre de Brice Tarvel le fut). Quant au style invisible, c'est le contraire : il s'efforce de s'effacer, en n'utilisant ni grandiloquence, ni figures de styles, et laisse ainsi entièrement place à l'intrigue. C'est le genre d'écriture qu'on oublie complètement en lisant, qui passe à l'arrière plan, comme Brandon Sanderson.
Le problème ici, c'est que Victor Fleury ne nous offre ni style poétique, ni style invisible.
On a clairement pas une écriture poétique : le style de Victor Fleury est purement descriptif (il se passe ceci, tel personnage fait cela), avec quasiment aucune métaphore, comparaison, euphémises, etc. le vocabulaire est présent et maîtrisé, mais les mots ne servent qu'à décrire, et ne laissent la place à aucun sous-entendus. En soi, pourquoi pas.
Par contre, on est pas non plus dans un style invisible : je m'arrêtais régulièrement pour lever les yeux au ciel en lisant. En fait, pour moi, Victor Fleury fait beaucoup de répétitions. Pas des répétitions de mots (on remarque aisément que toute la palette des synonymes est utilisée pour les éviter) mais des répétitions d'idées. C'est à dire qu'on va montrer quelque chose dans la narration, et on va le matraquer de nouveau dans les descriptions. En conséquence, on répète ce qui a déjà été sous-entendus. Deux exemples tirés vers les 30% du bouquin.
"Damiq recula, les traits ravagés par l'épouvante.
— le dieu des eaux nourrissantes est contre nous ! s'affola-t-il. Nous devrions tout de suite lui faire des sacrifices afin de regagner ses faveurs !
Nisaba fronça les sourcils, guère convaincue. L'oblat de puissance [Damiq] se laissait submerger par son zèle religieux."
Outre le fait qu'on a à la fois la description de l'épouvante de Damiq, puis le tag "s'affola" qui répète un peu la même chose, on a surtout la phrase prononcée qui montre que la religion est importante pour le personnage. Et ensuite, juste après, l'auteur explique que le personnage se laisse "submerger par son zèle religieux", ce qui a déjà été subtilement montré dans le dialogue. Donc on ressasse les mêmes informations. Surtout que c'est une idée qui est à ce stade apparue déjà de nombreuse fois dans le livre...
Autre exemple :
"— Pourquoi les habitants des marécages se fatigueraient-ils à faire du bel ouvrage ? commenta le scribe. Les crues emportent tout quand les affluents changent de lit au gré des saisons. Les locaux construisent et reconstruisent leur villages depuis des générations.
L'histoire des peuples du Pays-Des-Deux-Fleuves n'avait pas de secret pour l'érudit."
Idem, on montre via le dialogue que le scribe connait bien le sujet dont il parle, et on répète encore une fois la même idée, juste après la démonstration de celle-ci. Alors que, encore une fois, c'est un personnage qui a déjà été présenté de nombreuses fois comme érudit depuis le début du bouquin.
Au mieux, l'écriture paraît maladroite, au pire j'avais parfois l'impression d'être prise pour une enfant par l'auteur. A tout cela, il faut ajouter quelques maladresses de type personnages qui s'expliquent des choses qu'ils sont censés connaître. Ce qui a rendu ma lecture parfois désagréable, et m'a fait sortir du texte régulièrement.
L'intrigue était suffisamment bien construite pour me garder dans l'histoire, mais la gêne fut suffisante pour me faire réfléchir à deux fois avant d'acheter le second tome. A vous de voir si vous êtes aussi chiants que moi sur le style, ou si ces petites détails ne vous dérangent pas !
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Apophis
  10 mai 2019
Avec ce roman, le premier d'un cycle, Victor Fleury, jusqu'ici auteur de Steampunk branché sur 220 volts, s'aventure cette fois sur les terres de la Fantasy, et pas n'importe laquelle : son monde rappelle certes l'âge du bronze mésopotamien, mais il est imaginaire et fortement imprégné de la magie des dieux. Il nous raconte l'histoire de Nisaba, prêtresse est esclave, qui partage grâce à un lien mystique toutes les sensations tactiles de son maître, l'héritier du trône… y compris quand il couche avec une autre femme, ce qu'il fait tous les soirs. Elle va se retrouver entraînée à sa suite dans la croisade que mène son peuple contre la corruption propagée par le dieu du mal, qui se double (comme c'est pratique) d'une bonne vieille conquête bien terrestre celle-là. Défiant le stéréotype de l'héroïne courageuse, Nisaba est un personnage complexe et fascinant.
Style impeccable, univers de Fantasy, certes, mais sortant des sentiers battus (d'inspiration antique et mésopotamienne), système de magie élaboré et intéressant, intrigue passionnante, protagoniste convaincant, rythme totalement maîtrisé, ce coup d'essai a tout du coup de maître. Reste à voir si la suite du cycle maintiendra le niveau, même si j'ai peu de doutes sur la chose.
Ce qui précède n'est qu'un résumé : retrouvez l'analyse complète sur mon blog.
Lien : https://lecultedapophis.com/..
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mauriceandre
  29 mars 2021
Salut les Babelionautes
de Victor Fleury j'ai déjà lu L'Empire Électrique et L'Homme électrique, deux très bon roman de Steampunk, bien que le premier soit plutôt un recueil de Nouvelles.
Mais avec La croisade éternelle et ce premier tome La prêtresse esclave il s'aventure dans la Fantasy épique, et il le fait bien.
Donc nous assistons a l'arrivé de deux personnages en fuites de leur iles natales, on ne sait ni pourquoi ni comment.
Puis l'on se retrouve sans préambule quelques années plus tard ou on fait connaissance avec Nisaba, esclave et oblat de Akurgal l'héritier royal.
Hors celui-ci est un dépravé, on apprendra au fil du récit ce qui l'a conduit à cette situation et quelle est la véritable relation entre Nisaba et lui.
La suite de l'histoire va nous permettre d'en apprendre plus sur cet Univers créé par Victor Fleury, inspiré par l'Empire Babylonien et leur religion polythéiste, ou les dieux interviennent directement.
Je ne sais pas si il y aura un tome trois mais là je continu avec La prêtresse guerrière.
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JessieL
  20 mars 2021
Après s'être fait remarquer par L'Empire électrique, une uchronie steampunk, Victor Fleury s'est lancé dans l'écriture d'une saga de fantasy, La Croisade Éternelle. Or, le premier volet, La Prêtresse Esclave vient d'être réédité en petit format chez le Livre de Poche Imaginaire. Une bonne nouvelle qui donne l'occasion à de nouveaux lecteurs de se pencher sur cette très belle plume de l'Imaginaire.
Dans La Prêtresse Esclave, on fait la rencontre de Nisaba, une jeune femme liée à l'héritier de l'empire d'Ubuk. En effet, elle est une oblate, reliée magiquement à ce représentant du dieu Enlê. Esclave sacrée, son destin est irrémédiablement lié à cet homme qu'elle déteste. Mais pour le salut de son fils, elle n'a pas d'autre choix que de le suivre partout, y compris dans cette folle croisade qu'il a décidée d'aller mener aux confins de l'empire. Alors que les ennemis semblent surgir de partout, Nisaba sera-t-elle capable de déjouer toutes ces attaques et de garder la vie sauve ?
Dans La Croisade Éternelle, Victor Fleury s'est largement inspiré de la Mésopotamie antique pour donner un cadre cohérent à son récit. Pour un amateur d'uchronie, rien d'étonnant à ce qu'il ait été puisé dans l'histoire d'une illustre civilisation. Un choix qui donne à sa fantasy une vraie touche d'originalité car personnellement, à part Car Je Suis Légion de Xavier Mauméjean, je ne connais aucun autre auteur du genre qui ait proposé un univers influencé par l'empire babylonien. Outre le patrimoine architectural, à l'image des fameux Ziggourats (temples en forme de pyramide à étages), Victor Fleury a également emprunté au modèle des cultes pratiqués. La religion est un élément prédominant dans son récit comme elle l'était dans la vie des Mésopotamiens. On parle ici de religion polythéiste très hiérarchisée où chaque divinité a un rôle et des responsabilités propres. Dans l'oeuvre de Victor Fleury, Enlê est le dieu principal de l'empire d'Ubuk. Partout des lieux de culte sont érigés en son nom et les membres de la royauté en sont les représentants. Mais il existe d'autres divinités comme Aloq, le Dieu Enseveli ou Anka, le Dieu des eaux nourrissantes.
Au fil des pages, on prend conscience de la richesse et de la complexité de l'univers que l'auteur a construit ici. Il a finalement donné naissance à une société ordonnée et très crédible.
En outre, Victor Fleury a nourri son récit de nombreuses conspirations visant à assassiner l'Infant Akurgal. Tout le long de ce premier roman, on a l'esprit focalisé sur ces dernières, afin de comprendre, en même temps que Nisaba, qui se cache derrière toutes ces tentatives d'assassinat. de même, que les secrets et les non-dits ne manquent pas que ce soit du côté de la famille régnante que de celui de Nisaba elle-même, ainsi que de tous les personnages qui ont pris part à cette quête.
La force de ce cycle repose pour beaucoup sur sa communauté de personnages sacrément tourmentés. A commencer par Nisaba dont on découvre le passé par petits morceaux, glissés ici ou là par l'auteur, au gré des souvenirs de celle-ci. Sous une fausse identité, aveuglée par sa vengeance, elle est la première victime de ses machinations. Or, pour expier ce passé douloureux et fuir son présent, elle succombe régulièrement au charme des drogues dont elle aura beaucoup de mal à se sevrer. Akurgal est un homme de prime abord pompeux qui tyrannise volontiers son entourage. Pourtant sous le vernis, on découvre très vite un être maladroit et fragile. Rongé par son héritage trop encombrant, il n'est pas forcément le plus sombre des héros de Victor Fleury. Sans tous vous les passer en revue, je dirais tout de même un mot sur Yaggid, le dernier arrivé parmi les oblats d'Akurgal. Voilà un personnage solaire qui cache au fond de lui une part d'ombre insoupçonnée se révélant au fil du temps. Avec lui, l'auteur explore les méandres tortueux de l'âme humaine.
Derrière La Croisade Éternelle, on trouve des héros aux personnalités fouillées qui entretiennent entre eux des relations parfois très conflictuelles. Or, toute à notre attention de leurs états d'âmes, on se laisse complètement surprendre par cette plume qui nous entraîne dans une succession de rebondissements que l'on ne voit pas venir... Fantasy à la Carte.
Lien : https://fantasyalacarte.blog..
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critiques presse (1)
Syfantasy   15 juillet 2021
Avec un univers qui sort des codes médiévaux de la fantasy et des personnages intéressants, si ce n’est attachants, Victor Fleury nous procure un sentiment agréable de lecture avec une fluidité d’écriture incontestée. Avec un cliffhanger étonnant, on ne peut attendre la suite qu’avec impatience !
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
MahaultMotsMahaultMots   13 juillet 2019
La loge surplombait une grande salle sur les côtés de laquelle couraient des rangées de gradins en pierre. Sur les sièges, une trentaine de conseillers aux atours resplendissants arboraient l'écharpe de soie rouge des Ukkins. Lorsque l'Infant fit son entrée, ils s'agenouillèrent, mais certains se rassirent avant que l'Enlêide ne soit monté à la tribune. Le message était clair : en ces lieux, Akurgal aurait du mal à imposer sa domination. Il fit mine de n'avoir pas remarqué ces entorses à l'étiquette et adressa un sourire chaleureux à l'assemblée. Nisaba se réjouit de voir que son maître apprenait à faire preuve de pragmatisme.
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MahaultMotsMahaultMots   13 juillet 2019
Ils traversèrent le fleuve Purat à l'aube, laissant Ubuk derrière eux, et parvinrent en vue d'Êrid au soir. À l'horizon, une brèche gigantesque s'ouvrait dans la terre craquelée de la plaine aride. En son sain, la nécropole des Enlêides renfermait les tombeaux de tous les anciens Rois-Prêtres que cette dynastie avait donnés au Pays-Des-Deux-Fleuves.
La colonne allait cahin-caha, guidée par une poignée de cavaliers : Akurgal flanqué de ses oblats. Derrière eux, un contingent de la Garde Blanche, puis un groupe de prêtres d'Enlê transportés par des esclaves dans des palanquins. À l'arrière, enfin, venaient un chariot de matériel militaire et un étrange fourgon cuirassé de bronze, dont nul en dehors d'Ibbi et de l'Infant lui-même n'avait le droit d'approcher.
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Vidéo de Victor Fleury
Interview de Victor Fleury autour de sa trilogie La Croisade Eternelle.
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