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ISBN : 2823608451
Éditeur : Editions de l'Olivier (17/09/2015)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Nous sommes en 2012. Frank Bascombe, le héros récurrent de Richard Ford, en a fini avec sa vie d’ancien journaliste sportif et agent immobilier. À 68 ans, il coule une retraite paisible dans une ville tranquille du New Jersey. Paisible… jusqu’à ce que l’ouragan Sandy vienne frapper la côte est des États-Unis.
Frank rend visite à son ex-femme, laquelle vit désormais dans une résidence médicalisée ; recueille les confessions d’un vieil ami ; et se trouve confro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  21 octobre 2015
Voilà un récit mature à plus d'un titre!
Sur le thème bien sûr, puisque le personnage fétiche de Richard Ford aborde les rives de la retraite, pour se confronter aux aléas de cette période de la vie : maladie, décès, certes mais aussi naissance d'une certaine sagesse, plus lucide que désabusée.
Sur la construction : il faut avoir déjà conquis un lectorat pour se permettre un tel écrit : pas tout à fait un roman, pas vraiment des nouvelles, plutôt des tranches de vie, quatre, avec pour fil rouge bien entendu le personnage emblématique de Franck Bascombe.
Est-ce une erreur de commencer par celui-ci? Oui sans doute, s'il est une sorte de chant du cygne du personnage, il est sans doute capital d'avoir connu le cygne dans la force de l'âge pour en apprécier l'évolution psychologique. J'ai néanmoins commis cette erreur, que je vais réparer en les épisodes précédents de la vie de Bascombe. A la manière de ces polars dont on connaît d'emblée la fin, tout le suspens consiste à savoir comment on peut en arriver là.
C'est à travers les anecdotes que nous propose l'auteur que se dresse un portrait de l'Amérique d'Obama, celle de la classe moyenne, à travers ces détails triviaux de la vie quotidienne, dont le caractère dérisoire est exalté par un ouragan destructeur. A l'instar du personnage, c'est une Amérique des bilans, moins glorieuse, moins sûre d'elle, avec un passé encore douloureux.
Pour revenir à Franck Bascombe, c'est un serial-reading-séducteur si je peux me permettre ce néologisme approximatif. On ne peut que succomber au charme de cet homme que la vie ordinaire n'a pas épargné, plein d'esprit, cultivant avec brio l'auto-dérision, ironique sans méchanceté, drôle et sombre tout à tour. Il faut un sacré talent, pour mettre en lumière de façon aussi subtile les méandres de la nature humaine. Bravo aussi au traducteur, qui jongle très adroitement avec les expressions originales.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Bazart
  22 octobre 2015
Quatre petites histoires, quatre rencontres, Franck Bascombe ne le sait pas encore mais ces quatre personnes vont peut-être donner un nouveau sens à sa vie. Il est pourtant un retraité occupé, il lit des romans à la radio locale pour les non-voyants et il se rend une fois par semaine à l'aéroport de Newark liberty avec des anciens combattants pour accueillir des soldats déboussolés après leurs missions.
Un ancien client qui vient de voir sa maison détruite par l'ouragan Sandy, une femme noire qui retourne dans la maison de son enfance, son ex-femme et mère de ses enfants revient s'installer à Haddam, et une connaissance oubliée l'appelle sur son lit d'agonie. Juste après la réélection d'Obama, deux semaines avant Noël, Bascombe va passer de l'un à l'autre et faire le bilan de toutes ses vie et de la sienne, il va surtout apprendre que ce dont l'homme a le plus besoin, c'est d'écoute. Alors Franck Bascombe prête l'oreille et sortira grandi de l'écoute de ces tranches de vies minuscules.
Franck Bascombe, le double littéraire de Richard Ford, est une vieille connaissance pour tous les amateurs de ce formidable écrivain. En 1986 dans « Un week-end dans le Michigan » il est un journaliste sportif de la côte est, divorcé, en crise, qui renonce à l'écriture. Dix ans plus tard dans « Indépendance » toujours dans la petite ville d' Haddam, New Jersey, agent immobilier, ex journaliste, ex écrivain, ex-mari, à plus de cinquante ans, Franck semble avoir renoncé à tout. 2005 Franck Bascombe fait : « L'état des lieux » de son pays, de sa vie, de son corps.
Souvent de gros pavés ces romans analysent, décortiquent de manière hyperréaliste la vie américaine. Les sentiments à vif chaque personnage, toujours lier les uns aux autres, se cherchent, se blessent, se réchauffent, s'aiment ou se détruisent. Dans « En toute franchise » on retrouve cette écriture dense, ses descriptions méticuleuses des comportements humains, mais Richard Ford, cette fois, va à l'essentiel. Franck Bascombe à la fin de son périple se sera délesté de fardeaux dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Franck Bascombe un homme neuf à soixante-huit ans.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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littlecat
  08 octobre 2015
Richard Ford nous propose de retrouver son héros Franck Bascombe dans un quatrième volet.
Le hic c’est que je n’ai pas lu les trois premiers volets. Bon, peu importe, j’ai apprécié l’auteur à travers « canada », ce livre devrait aussi me plaire.
Franck Bascombe, ancien agent immobilier, ex journaliste sportif, ex écrivain, divorcé, remarié, survivant d’un cancer, est maintenant sexagénaire et vit sa retraite dans le New jersey.
Nous sommes en 2012, l’ouragan Sandy vient de sévir sur l’Est des USA et Franck s’interroge sur sa vie.
Un brin grinçant, un peu résigné, il se livre sur ses joies, ses peines, sa relation avec son ex-femme, la crise économique, Obama, le temps qui passe et ne revient pas.
Franck est un dur à cuire, il regarde le monde avec lucidité. Il plie mais ne rompt pas.
Ce roman construit en quatre parties, quatre nouvelles, est un peu mélancolique et nostalgique mais pas déprimant.
Richard Ford parle d’amitié, de vieillesse mais sans pathos. Il y a de la tendresse, de la vie et de l’humour.
Les quatre tranches de vie n’ont pas toutes le même intérêt mais l’ensemble est agréable à suivre.
Le personnage est attachant avec ses failles et ses fêlures.
Il est préférable de lire les précédentes « aventures » du héros pour mieux s’en imprégner et entrer dans son monde.
Un bon cru sans être un chef d’œuvre.
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Ambages
  17 mars 2018
« On gagne beaucoup à vivre des événements marquants pour lesquels on n'a pas de mots tout prêts ou de gestes évidents. »
En toute franchise j'ai adoré ! C'est tout ce qu'on pense sans oser le dire (parfois), c'est cruel et sensible et c'est aussi des moments désarmants par tant de sincérité et d'humanité. C'est aussi le fil conducteur de notre vie, de nos sensibilités différentes qui s'expriment au travers des mots ou des pensées de Franck Bascombe, personnage qui me plait parce qu'il est honnête avec lui-même, et c'est énorme. Ce retraité de l'immobilier dresse son portrait et celui de son entourage au moment où justement les maisons s'écroulent après le passage de l'ouragan Sandy.
« Qu'est-ce que l'amour, sinon une infinie série de gestes isolés ? »
Lui qui en a vendu tant regarde le passé de son ancienne maison vendue et échouée aujourd'hui sur la plage, partage des émotions avec une ancienne propriétaire de sa maison actuelle et au travers de ses songes, revoit son premier mariage, son divorce, ses enfants, son second mariage et ce qui reste lorsqu'on est à la retraite. Une envie d'aider les autres selon ses moyens, une maladie, des disparus et un espoir de partage qui sauve une journée.
« Il serre ma main dans la sienne, vaste et incroyablement douce. »
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MarianneL
  29 octobre 2015
Quatre nouvelles du héros vieillissant de Richard Ford, confronté aux conséquences de l'ouragan Sandy, pour dire une Amérique déclinante et désenchantée.
Agent immobilier à la retraite, ayant survécu à un cancer de la prostate, le héros vieillissant de Richard Ford, Franck Bascombe, émarge maintenant à soixante-huit ans à la rubrique «agenda vierge». Même s'il consacre une partie de son temps libre à accueillir les soldats américains de retour d'Afghanistan, et à rédiger des articles pour une feuille de chou qui est destinée à faciliter leur retour problématique à la vie civile, tandis que sa deuxième femme Sally dédie ses journées aux «naufragés» de l'ouragan Sandy qui vient de dévaster la région (la côte Est des États-Unis, dans l'état du New Jersey), Franck Bascombe apparaît dans ces quatre récits comme essentiellement passif, témoin des dégâts de l'ouragan, du délabrement des maisons et des êtres humains, et du temps qui passe.
«À l'arrière-plan, l'étendue du carnage me saute aux yeux. Dans Central Avenue, vers mes anciens bureaux, et aussi loin que porte mon regard côté plage, la vie de la cité a pris une raclée mémorable – toits arrachés, façades mises à nu qui révèlent des pièces encore meublées, avec des photos sur les tables de chevet, des penderies bourrées de vêtements, des cuisinières et des frigos au blanc éclatant. D'autres maisons ont disparu corps et biens. À tous les coins de rues s'élèvent de véritables pièces montées, dont l'une est coiffée d'un sapin de Noël, faites de gravats, de crasse, de sable, de décorations de Halloween en piteux état, de capots de voitures, de buffets, de toilettes et boîtes à lettres – toutes choses pulvérisables et compactables. En attente de quoi, ce n'est pas clair.»
À deux semaines de Noël, six semaines après le passage dévastateur de cet ouragan, Franck Bascombe est appelé par un certain Arnie Urquhart, propriétaire désemparé de son ancienne maison sur la côte, maintenant détruite, qui cherche à savoir s'il doit céder ce qui reste aux spéculateurs insistants. Dans un autre récit, dans le quartier «chargé d'histoire» qu'il habite désormais, devenu inaccessible pour les Afro-Américains qui l'habitaient autrefois, il reçoit la visite d'une des anciennes occupantes de sa maison, Mme Pines, qui a habité là dans son enfance et qui lui révèle les événements horribles qui se sont déroulés dans cette maison de bois à l'allure coquette. Plus tard, il rend visite à sa première femme, atteinte de la maladie de Parkinson et à l'un de ses anciens amis, malade et agonisant. Passant beaucoup de temps à s'observer lui-même, morose et plutôt lâche, gagné par la peur d'une mort qui se rapproche, Franck Bascombe préférerait ne pas agir, ne pas donner de conseils, et d'ailleurs il prend très peu la parole dans les quatre nouvelles qui, se chevauchant, constituent ce roman.
«Ces dernières semaines, j'ai entamé un inventaire personnel des mots qui, selon moi, ne devraient plus faire partie de la langue, orale ou autre. […]
Du reste, l'individu vieillissant, moi par exemple, n'a que trop tendance à s'engluer dans les sédiments de la vie. Vu qu'il ne se passe plus grand-chose, sauf sur le front de la sante, autant s'alléger. Et par où commencer sinon par les mots qui nous servent à exprimer des idées se faisant chez nous de plus en plus rares, de plus en plus errantes.»
La côte défigurée par l'ouragan semble former le reflet du délabrement des États-Unis, et de Franck Bascombe lui-même, tous deux également désabusés, repliés sur eux-mêmes, détachés d'un passé triomphant évanoui. Les ombres fantomatiques de cette Amérique abîmée par les dérèglements du climat, mais aussi par les dégâts de la spéculation immobilière, par une ségrégation raciale devenue sociale, et par une idéologie figée et vieillissante surplombent ces nouvelles profondément tristes, même si elles se teintent par endroits d'un humour décapant.
«Bittick est un ingénieur, un ancien Navy SEAL dont l'emploi a été détruit par une société de Jamesburg qui fabrique des équipements pour les pipelines. Il a une montagne de factures en retard et la saisie immobilière lui pend au nez. Il fait flotter la bannière étoilée jour et nuit. Il est de la vieille école, brusque et robuste – ardent partisan d'enseigner ses enfants à domicile, il stocke ses conserves, ne donne jamais un pourboire, ne croit qu'au libéralisme absolu -, il fait partie des types qui refusent de payer des commissions sur quoi que ce soit («C'est du racket, on a un droit naturel a ces prestations») et ne voit pas les immigrés d'un bon oeil. Il compte aussi parmi les maniaques des droits de la personne qui voudraient que les enfants à naître aient le droit de vote, le permis de conduire et des armes à feu pour le protéger le jour où la révolution éclatera.»
Évoquant en écho le superbe roman de Rafael Chirbes, «Sur le rivage», et le carnet de voyage de Frank Smith, «Katrina – Isle de Jean Charles, Louisiane», «En toute franchise» laissera sans doute une impression moins profonde que le précédent roman de l'auteur, «Canada», mais marquera par cette ombre portée tout au long du livre, dans les dégâts de l'ouragan, d'une fin inévitable.
Retrouvez cette note de lecture sur mon blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/10/28/note-de-lecture-en-toute-franchise-richard-ford/
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critiques presse (3)
Lexpress   16 octobre 2015
Richard Ford plante une sonde dans le coeur de l'Amérique dans une suite d'histoires, décousues et passionnantes, qui mettent en scène le personnage culte de Frank Bascombe.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   02 octobre 2015
Les quatre nouvelles de Richard Ford brossent le ­portrait d'un pays et d'un homme en ­berne.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   09 septembre 2015
Un admirable questionnement sur le lien à l'autre et le don de soi.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
littlecatlittlecat   05 octobre 2015
Il n'est pas vrai qu'à mesure qu'on vieillit les choses se mettent à glisser comme un pet sur une toile cirée.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est que certaines me sortent de la tête pour la bonne raison qu'elles m'importent peu.
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isabrootisabroot   31 janvier 2017
Fike exerce un saint ministère sans portefeuille, c'est une sorte de scout toujours prêt qui a étudié à l'Alabama Princetonian and Theological Institute. Il a le don de surgir quand on en a le moins envie, et aucun individu dans son bon sens n'irait lui confier ne serait-ce qu'une congrégation de chèvres... Je suis bien convaincu qu'il n'a pas davantage été donné à Fike de croiser le divin qu'à un canard de conduire le bus scolaire.
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patatarte2001patatarte2001   07 octobre 2016
Ces dernières semaines, j'ai entamé un inventaire personnel de mots qui, selon moi, ne devraient plus faire partie de la langue, orale ou autre. Cela avec la conviction que la vie consiste à se délester progressivement pour atteindre à une essence plus solide, plus proche de la perfection, objectif de toute activité mentale....Une réserve de mots plus restreinte et mieux adaptée nous aiderait, me semble-t-il, en offrant l'exemple d'une pensée plus claire. Au fond, ce serait un peu comme de s'installer à Prague sans apprendre le tchèque : pour se faire comprendre, on finirait par parler un anglais qui réponde à des critères de clarté, de simplicité et de substance. Du reste, l'individu vieillissant, moi par exemple, n'a que trop tendance à s'engluer dans les sédiments de la vie. Vu qu'il ne se passe plus grand chose, sauf sur le front de la santé, autant s'alléger. Et par où commencer sinon par les mots qui nous servent à exprimer des idées se faisant de plus en plus rares, de plus en plus errantes.
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isabrootisabroot   28 janvier 2017
Buck évoque une grosse bûche de chauffage qui ne connaîtrait pas l'étincelle ; il a passé les soixante dix ans, porte des pantalons vagues à ceinture permanente, avec des sweat-shirts beiges comme on en vend chez Kmart, de grosses galoches en imitation daim et des mi-bas diaphanes couleur pastel. Je ne sais qui, je ne sais où, l'a convaincu qu'une coupe de cheveux à la Jules César et des lunettes à monture noire de chez Dave Garroway ennobliraient sa physionomie de pain de viande polonais et qu'alors les gens le prendraient plus facilement au sérieux.
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patatarte2001patatarte2001   08 octobre 2016
Ces vieilles connaissances, voisins, anciens profs, camarade de régiment aperçus à l'improviste, combien en avons-nous esquivé en plongeant dans la première ruelle pour éviter de leur faire face une seconde ? Tout ça parce que : 1) On n'en a pas envie; 2) Trop de non-dits entre nous qui ne méritent pas spécialement d'être dits- une muraille de Chine verbale nous dégringolerait dessus et nous écraserait; 3) Nous savons que d'autres éprouvent la même chose à notre endroit. Nous sommes, pour la plupart, les dernières personnes à qui un individu sensé aurait envie d'adresser la parole quel que soit le jour de l'année, Noël compris.
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Bande annonce du film Wildlife, adaptation du roman de Richard Ford paru en français sous le titre Une saison ardente
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