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Anna Gibson (Traducteur)
ISBN : 2290310530
Éditeur : J'ai Lu (01/05/2001)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Anna, journaliste, au chevet de sa mère Johanna, égrène leurs souvenirs communs. Ainsi, prend corps la vie de trois générations de femmes, depuis la grand-mère Hanna, et, avec elles, toute l'histoire des terribles contrées nordiques.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
mumuboc
  31 mars 2018
Quand j'ai aperçu ce livre sur les étagères dEmmaüs,  déjà le titre, tout simple, m'attirait, ensuite ces trois femmes côte à côte, regardant la rivière, si proches, en pleine confidences ..... Une auteure nordique ? en principe j'aime bien ..... Alors je prends et je le lis assez rapidement après l'achat (vu la quantité de livres dans ma PAL être lu sous 3 mois est tout à fait remarquable)....
Et je n'ai pas été déçue : c'est une histoire de femmes enfin une histoire je devrais plutôt dire 3 histoires de femmes, sur 3 générations. La  narratrice, Anna, cherche à  découvrir qui est cette mère, enfermée dans son silence, dans sa non-mémoire, dans cette maison médicalisée où elle s'éteint tout doucement, loin des siens, de son mari qui lui rend visite mais lui aussi arrive au bout du chemin. Et pour cela il lui faut remonter à sa grand-mère Hannah, si mystérieuse mais le mystère est souvent révélateur de secrets, de non-dits.
J'ai peur de lui, je ne le supporte pas, je le déteste. Ce qui complique les choses c'est que je l'aime.(p26)
A la recherche de ses origines on découvre leurs vies à Hannah, Johanna et Anna : l'évolution de leurs conditions de vie, de maternité, de croyance, d'émancipation. Il y a les douleurs, les morts, les joies dans cette région au climat rude, à la limite de la Norvège. La vie y est dure, pas toujours confortable mais on ne se pose pas de questions..... Les bonheurs sont simples et durables, dans des objets, des rencontres. On découvre au fur et à mesure les règles transmises de l'un à l'autre, parfois sèchement, sans explication, on accepte, on se résigne. On n'est pas forcément heureuse mais pas non plus malheureuse. Il y a aussi le rapport aux hommes, les amitiés, les maisons, la nature. Il y a tout ce qui fait une vie.
Heureuse ? (...) Jamais plus le bonheur, pensa-t-elle, non sans irritation. Jamais plus cette chose exquise, fragile et inquiète. Qui se brise toujours en mille morceaux. On se blesse, on pose un sparadrap, on se dit qu'on guérira. (p304)
Le récit est découpé en 2 parties : une par intervenante : Hannah, puis Johanna et Anna se glisse entre ces parties pour nous relater sa propre condition, sa propre vie et l'écriture du roman.
Il y avait un bonheur muet dans le fait d'être seule.(p303)
J'ai particulièrement été touchée par la dernière partie, Anna Epilogue, qui fait la synthèse du récit et sur son impact sur l'état d'esprit d'Anna. Si juste, si vrai, si simple....
Nous ne comprendrons jamais, pensa-t-elle. Mais les détails, les petites choses nous font signe. (p305)
Une écriture limpide, directe mais pudique sur un siècle de vie de femmes, en Suède, où les sentiments ne sont pas dits mais plus ressentis, où l'on comprendre qu'il est souvent intéressant de savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va ou pour comprendre qui l'on est. L'importance de la transmission entre générations pour pouvoir se construire et comprendre.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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sabine59
  04 décembre 2015
Ce roman suédois m'a beaucoup plu.A travers trois générations de femmes: Hanna, la grand-mère , violée à douze ans, vivant de superstitions paysannes, Johanna, la mère et ses mystères et Anna, la fille, qui recherche ses racines au seuil de la mort de Johanna.On a une vision à la fois réaliste et poétique des différentes époques de la Suède, et surtout un cheminement féminin intérieur très intéressant, chacune cherchant sa vérité.
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Justine-Coffin
  29 novembre 2017
A travers trois générations de femmes, Fredriksson dresse le champ gravitationnel de ce qui se noue dans le silence et pourtant le partage entre une mère et sa fille, et les échos qui peuvent se prolonger encore et encore d'une grand-mère à une petite-fille, arrière-petite-fille, etc. En lisant ce livre, je repensais à cette phrase du film Mémoires d'une geisha: « C'était comme ça, dans ce petit monde de femmes ».
Car il s'agit bien là d'un petit monde de femmes à travers trois générations (du milieu du XXème à nos jours quasiment), à travers les dissonances et résonances, et surtout de frappantes ressemblances, des échos précisément parce que ce sont des femmes, et pas forcément parce que ce sont des femmes de la même famille. Se teinte en toile de fond toute en douceur le portrait également d'une société et d'une histoire: la place de la femme bien sûr, par rapport à l'homme, mais surtout par rapport aux autres femmes, celles qui jugent et qui croient être en droit d'imposer des codes qu'elles n'ont elles-mêmes jamais questionné ou réfléchis.
Car « C'était comme ça, dans ce petit monde de femmes », un monde finalement plus brutal et dur que celui des hommes, parce qu'il est nimbé de silence. C'est surtout ce qui m'a frappé au fur et à mesure de ce récit, cette vérité vérifiable dans notre vie quotidienne: ce silence qui entoure les femmes, parce qu'il faut finalement être plus endurcie qu'un homme, parce que c'est souvent à la femme qu'il revient d'être forte pour toute la famille dans ces époques-là.
Elle arriva donc, par un jour de mars tout bleu, et jamais je n'aurais cru que ce serait si difficile. Comme de parcourir un long chemin à travers une douleur insupportable pour accéder enfin à la mort miséricordieuse lorsque l'anesthésiste effaça tout.
Le travail avait duré plus de vingt-quatre heures.
Bien des années plus tard, je regardais encore toutes les mamans avec surprise en pensant : « Toi ! Et toi aussi, et toi plusieurs fois ! ».
C'est incroyable, ce que les femmes endurent. Et à quel point on en parle peu, à quel point la plupart d'entre elles préfèrent se taire, comme s'il s'agissait d'un secret. Mais ensuite, il en alla pour moi comme pour les autres, ce fut une joie sans limites. Qui valait n'importe quelle souffrance. (p. 235-236)
Fredriksson étale donc sur plus d'un siècle, tout en nuance, les multiples problématiques qui peuplent la vie des femmes de toute génération. Pas seulement le silence, pas seulement l'enfantement, pas seulement les pertes et les absences, mais un peu de tout cela aussi, sans vraiment l'expliciter mais simplement en représentant la vie de trois femmes dans leur plus grande trivialité tout autant que dans leur plus profonde intimité. Disparité des voix également et des modes, passant du « il » au « je » ou l'écriture d'une lettre permet d'accéder à l'intériorité du personnage, la technique stylistique est elle aussi d'une grande maîtrise.
« Car les souvenirs sont des fragments que le cerveau assemble en mosaïques. Qu'il adapte en fonction d'une image cristallisée très tôt, qui n'est pas nécessairement en rapport avec des évènements qui se seraient réellement produits. Il y a tant de choses que le petit enfant comprend mal, qu'il entrepose sous forme d'images, et celles-ci en attirent d'autres, qui les confirment et les renforcent.
Puis elle songea que ce qui n'avait pas eu lieu pouvait très bien être plus « vrai » que ce qui avait eu lieu effectivement. Plus parlant, plus riche.
Elle avait renoncé à ordonner ses fragments. Tels quels éparpillés, en vrac, ils lui offraient le seul accès qu'elle pût jamais avoir à son passé. Par instants seulement, certes, par éclats brefs. » (p. 162)
Bien au-delà de toute considérations sociales et/ou féministes, il s'agit aussi et avant tout de mémoire, de temps, et de vieillesse. Hannah et ses filles se parsèment d'un grand nombre d'éclat de vérité comme celui-ci, de réfléxions sur ce qui nous animent tous de plus en plus au fur et à mesure des années: le passage du temps, si rapidement, et l'oubli, tout aussi rapide.
En tout cas, une belle découverte faite par hasard sur les étagères de mon libraire. Entre Fredriksson et Hustvedt, la littérature suédoise n'a rien à envier, elle mériterait d'ailleurs qu'on s'y arrête un peu plus souvent…
Références: Fredriksson, Marianne. Hannah et ses filles. Paris : J'ai lu, DL 2002. 316 p. Traduit Anna, Hannah och Johanna du suédois par Anna Gibson.
Lien : https://justine-coffin.me/20..
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majolo
  03 février 2016
"Hannah et ses filles", c'est en fait l'histoire de Hannah, de sa fille, de sa petite fille, et de ses arrières-petites filles, une histoire sur un peu plus de cent ans, de la fin du 19ème jusqu'à la fin du 20ème siècle. Elle nous raconte la vie de ces femmes, leurs amours, leurs blessures et leurs déceptions, leurs enfants, leurs espoirs.
Ce livre ressemble beaucoup au "Cent ans" de Herbjorg Wassmo: son sujet mais aussi son décor, cette Europe du Nord (Suède et Norvège), où la vie est dure, comme son climat et ses habitants. Le souffle est un peu moins puissant que dans les romans de Wassmo, mais c'est un beau récit, et j'aime beaucoup cette littérature nordique. Car sous l'apparente froideur, les passions couvent, les personnages sont flamboyants, forts et terriblement attachants.
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eugenieleroy
  14 avril 2019
J'ai lu ce livre en un éclair, tout est juste, l'écriture, le récit de ces trois vies de femmes,de mères, de grands-mères.
Un vrai bijou de littérature suédoise.
Un bonheur rare.


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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   11 mars 2019
Elle s'attarda devant l'étagère des poètes, en compagnie d'Ekelöf, Stagnelius, Martinson, Boye… Elle comprit tout à coup qu'elle cherchait une tonalité. Celle de maman. Elle songea que chaque personne possède une tonalité unique, qui n'appartient qu'à elle. Bien entendu, elle ne la trouvera pas tout de suite, pas de cette manière. Et elle n'a pas la prétention de croire qu'elle parviendra à la faire résonner comme autrefois.
Mais si elle prend patience, si elle attend, elle finira peut-être par la découvrir.
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mumubocmumuboc   31 mars 2018
Nous ne comprendrons jamais, pensa-t-elle. Mais les détails, les petites choses nous font signe. (p305)
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GineGine   26 juin 2011
A présent, dans son bureau de Stockholm, alors qu'elle se souvient de la scène et prend des notes, elle sent monter la colère. Tu aurais dû m'ordonner de fuir loin de cet homme. Puis elle éclate de rire, malgré elle. L'instant d'après, il n'y a qu'un grand vide - d'étonnement ! Car elle vient d'avoir la pensée qu'aurait eue Hanna : c'était le destin.
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sibullesibulle   15 septembre 2012
Pourquoi les hommes font-ils en sorte qu'il soit si difficile de les aimer ?
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mumubocmumuboc   31 mars 2018
Heureuse ? (...) Jamais plus le bonheur, pensa-t-elle, non sans irritation. Jamais plus cette chose exquise, fragile et inquiète. Qui se brise toujours en mille morceaux. On se blesse, on pose un sparadrap, on se dit qu'on guérira. (p304)
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