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Michel Deutsch (Traducteur)Sean French (Préfacier, etc.)Nicci French (Préfacier, etc.)
ISBN : 2743618892
Éditeur : Payot et Rivages (05/11/2008)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Par une pluvieuse soirée de novembre, tous les passagers d'un autobus sont massacrés au fusil mitrailleur. Jamais la Suède n'avait connu pareille tuerie, et l'opinion publique s'affole. Parmi les neuf victimes, un flic que Beck connaissait. Que faisait-il dans ce bus, à cette heure ? D'après sa compagne, il était surchargé de travail, mais Beck sait bien, lui, qu'il était pratiquement en congé ...
L'identification des victimes, puis l'étude minutieuse de leur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  07 avril 2019
Cet ouvrage du couple fondateur des thrillers modernes scandinaves, je l'ai lu en 1973 en Néerlandais, comme les 9 autres de leurs livres à suspense autour de leur commissaire légendaire de Stockholm, Martin Beck. Après le décès de Per Wahlöö en 1975, Maj Sjöwall, née en 1935, a continué à écrire, mais hélas à un rythme plus lent et avec moins de succès.
En 2003, elle a publié avec l'auteur de livres à suspense néerlandais, Tomas Ross, un thriller qui m'a également bien plu "La femme qui ressemblait à Greta Garbo". C'était sûrement la raison de sa présence à la foire annuelle du livre à Anvers. le stand de son éditeur néerlandais se trouvait, malencontreusement, tout près de celui de notre gloire nationale, Pieter Aspe, aussi bien qu'à côté de la longue file qui attendait une dédicace de mon compatriote, elle avait l'air de se retrouver isolée sur une île abandonnée. J'étais scandalisé et gêné et je l'ai invité à aller boire un thé à la cafétéria. Elle est comme sur ses photos : une femme d'un certain âge à l'esprit vif et foncièrement aimable. Pas du tout la réserve et distance nordique. Grâce à Aspe, j'ai eu aussi ma dédicace : "For Jean-Pierre with kind regards, Maj Sjöwall - 1-11-2003" et un quart d'heure des plus mémorables souvenirs littéraires.
Personnellement, je suis absolument persuadé que ce soit grâce au duo Sjöwall et Wahlöö que la Scandinavie - Suède, Norvège, Danemark et Islande (car ce serait un péché d'oublier Arnaldur Indriđason) - est, à mon avis, au sommet de cette forme spécifique de littérature. Dans ma critique de "Deadline" de Liza Marklund, j'avais noté, pour rigoler, le 1er octobre 2017, que probablement dans ces pays au programme de l'enseignement secondaire figure, en exclusivité mondiale par ailleurs, des cours de "thrillerologie". Maintenant, je sais que ce monstrueux succès d'une rimbanbelle de jeunes talents est dû à l'académie Sjöwall-Wahlöö.
Tant qu'à faire, j'ai sélectionné le thriller de leur dizaine glorieuse qui m'a plu le plus et qui leur a valu également le prestigieux Prix Edgar-Allan-Poe américain en 1971. Pour l'équivalent russe, le Prix Lénine littéraire, il a fallu à notre Maj attendre un peu plus longtemps : 2013.
En 2011, une BD est sortie "Le policier qui rit" avec des dessins de Martin Viot chez l'éditeur Casterman. N'étant pas un inconditionnel de cette forme artistique, je dois dire que je ne l'ai pas (encore) lu.
Ce "Krimi" du couple est finalement le seul qui a été porté à l'écran. En l'occurrence par le réalisateur américain Stuart Rosenberg en 1973, avec un Walter Matthau qui est peu convaincant comme Martin Beck. le titre de la version cinématographique est : "Le flic ricanant".
Ce polar est le 4e de la série de Beck et son équipe à Stockholm et il n'a strictement rien perdu de l'actualité que nous connaissons. le duo, dans cette série, avait essayé de mettre en évidence tout ce qui n'allait pas dans leur pays, considéré partout cependant, notamment pour des motifs sociaux, comme un État exemplaire.
Cette collection a débuté avec "Roseanna" en 1965 et s'est terminée 10 ans après, avec " Les Terroristes ". En 1975, longtemps donc avant l'apparition de Daesh et d'autres groupes de fanatiques malades.
Dans ce récit, un bus à impériale est découvert en biais sur le trottoir d'une rue de la capitale suédoise avec à bord l'horreur : 9 morts, 7 hommes et 2 femmes flingués à la mitraillette, parmi lesquels le chauffeur de l'autobus, un citoyen algérien du nom de Mohammed Boussi et le jeune inspecteur de la brigade criminelle de Stockholm, Åke Stenström.
Neuf morts et comme indice exploitable : RIEN ! Strictement rien qui permette à Martin Beck et ses compagnons pourtant bien motivés, à cause de l'hécatombe épouvantable et la liquidation d'Åke, MM. Gunvald Larsson, Fredrik Melander, Einar Rönn et son fidèle coéquipier Lennart Kollberg, de commencer une enquête comme il faut. Chez les journalistes c'est pareil : rien, "ingenting, nothing, nada, niente, tipota, nichego, Nichts et niks", ce qui inquiète grandement le chef de police Hammar, qui craint la réaction d'une presse impatiente.
Notre Martin se demande ce que le timide inspecteur Stenström de même pas 30 ans d'âge faisait dans cette galère et si c'est lui qui a suscité les foudres du ciel ? La fiancée d'Åke, Åsa Torell, 24 ans et employée dans une agence de voyages, déclare que son amoureux était très occupé ce dernier temps... ce qui étonne nos inspecteurs puisqu'ils viennent de traverser une période exceptionnellement calme !
Bref, une histoire extraordinairement compliquée et au bout de 48 heures, le grand espoir disparaît lorsque la seule victime pas massacrée sur place, meurt à l'hôpital. le témoignage du survivant et unique témoin, Alfons Schwerin, est court et rajoute plutôt au mystère. En réponse aux questions de l'inspecteur Rönn avant de trépasser tout à coup la bouche pleine de sang, il a laissé sur le magnéto : "Qui a tiré ?" "Dnrk." "À quoi ressemblait-il ?" "Samalson." Des réponses qui n'offrent proprement aucun clou à Beck et compagnie.
Je n'en dirai pas plus. À vous de passer quelques excellentes heures avec ce thriller historique, que j'ai relu au bout de 46 ans avec le même enthousiasme. Eh non, l'oeuvre de Maj Sjöwall et Per Wahlöö n'a pas vieilli du tout et ce serait foncièrement injuste que leur nom vînt à disparaître.
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joedi
  08 mars 2017
Quatrième d'une série de dix thrillers policiers de M. Sjöwall & P. Wahlöö dont le commissaire Martin Beck est le personnage principal. Le policier qui rit bénéficie de deux préfaces, la première de Jonathan Franzen et la seconde du couple Sean et Nicci French. Je déconseille fortement de lire cette dernière avant le roman car elle dévoile trop de détails ; dès les premières phrases, j'ai décidé de lire cette préface quand j'aurais terminé le livre et je ne peux que m'en féliciter.
Par une soirée de novembre pluvieuse à Stockholm, Martin Beck peu soucieux de rentrer chez lui auprès d'une épouse avec laquelle les échanges sont devenus très froids, joue aux échecs chez son collègue et ami Kollberg. Cette même nuit, les passagers d'un autobus à impériale sont massacrés au fusil mitrailleur, parmi les victimes un jeune flic de la criminelle sous les ordres de Beck. Que faisait Åke Stenström dans ce
bus ? Qui était visé en particulier ? Aucun indice, l'enquête s'avère difficile mais rien d'impossible pour Martin Beck et ses équipiers.
Dans cette série qui couvre les années 1965 et 1975 M. Sjöwall & P. Wahlöö sont une source de renseignements sur la société suédoise de cette époque.
Challenge Atout prix 2016-2017 – Prix Edgar Allan Poe – Meilleur roman - 1971
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Mimeko
  06 novembre 2016
En cette fin d'année 67, Stockholm est secoué par des manifestations contre la guerre du Vietnam. C'est dans cette ambiance qu'un soir, un bus est pris d'assaut par un ou plusieurs tueurs qui éliminent les neuf passagers dont le chauffeur, au fusil mitrailleur. La consternation est grande, un massacre de masse d'une telle ampleur ne s'était jamais produit en Suède. L'enquête s'avère difficile, certains des passagers ne sont pas identifiables mais ce n'est pas le cas de Ake Senstrom, jeune flic, collègue de Martin Beck qui fait partie des victimes...Que faisait-il dans ce bus, au côté d'une jeune infirmière ?, était-elle sa maîtresse ?, enquêtait-il sur une affaire en sous marin ?
Une quatrième enquête difficile, en considération de l'horreur et de l'onde de choc que produit ce massacre dans la société suédoise et de l'absence d'indices. Peu de pistes, Martin Beck et son équipe s'orientent d'abord vers l'identification des victimes et fouillent dans le passé mais les progrès sont lents...
De nouveau une plongée dans la société suédoise, presque en temps réel où l'on progresse à petit pas et le passé de certains passagers - prétexte à présenter la diversité de cette société - va peut-être donner un coup de pouce à l'enquête, c'est de toute façon la seule alternative pour Beck.
Le policier qui rit est de nouveau un plaisir de lecture, une enquête où le paramètre temps est toujours important, de même que l'absence d'outils technologiques qui nous renvoient aux vieux téléphones à cadran, aux fiches papiers, au papier carbone et qui laisse une grande place à la réflexion dans une Suède apparemment tranquille mais qui est devenu le terreau d'un meurtre de masse.
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Rodin_Marcel
  21 octobre 2015
Sjöwall Maj et Wahlöö Per – "Le policier qui rit" – rééd. Rivages/noir, 2008 (ISBN 978-2-7436-1889-6) – original suédois publié en 1968
– Première édition française publiée en 1970 sous le titre « le massacre de l'autobus »
- le roman avait été traduit depuis la traduction anglaise ; pour la présente édition, la traduction depuis l'anglais a été revue à partir de l'original en suédois.
– Deux préfaces, l'une de Jonathan Franzen (cop. 2008), l'autre des époux Sean et Nicci French (cop. 2008).

Du point de vue de l'intrigue policière, ce roman imbrique deux récits, l'un contemporain de la date d'édition vise à élucider un massacre à la mitraillette commis en novembre dans un autobus, tandis que l'autre concerne le meurtre resté non élucidé d'une prostituée, Teresa, remontant à plusieurs décennies en arrière. Evidemment, les deux vont finir par se rejoindre (pp. 213-221) mais l'explication finale ne sera guère convaincante : il faut bien l'avouer, l'originalité de ce roman policier ne réside pas dans ses intrigues.

En effet, les deux auteurs accentuent ici délibérément leur projet, consistant à se servir du genre policier pour produire des romans sensés illustrer les réalités sociologiques et politiques de la Suède telle qu'ils la voyaient, depuis leur angle de vue marxiste-communiste.

Il n'est donc pas surprenant que le récit s'ouvre non pas sur une scène introduisant une énigme à élucider, mais sur une manifestation contre la guerre menée par les Etats-Unis au Viêt-Nam. Indéniablement, la narration illustre ici doublement son époque.
D'abord, parce que ces années-là sont caractérisées, dans les pays occidentaux, par ces incessantes manifestations contre les agissements des Etats-Unis en Indochine. Sans nuance et pour rester synthétique, j'y vois personnellement d'une part la manifestation de la profonde aversion que pouvait susciter dans nos générations la survenue d'une nouvelle guerre alors que nous sortions tout juste des horreurs de la Seconde Guerre Mondiale puis des guerres de décolonisation menées en Indochine et Algérie, d'autre part la malignité des partis communistes qui surent habilement manipuler les opinions publiques pour rejeter toute la responsabilité de ce conflit sur les seuls Etats-Unis, en dédouanant totalement l'empire soviétique qui entretenait de nombreuses guerres locales un peu partout sur la planète tout en se drapant dans une innocence virginale (à laquelle se laissèrent prendre non seulement les populations mais aussi les soi-disant avant-gardes intellectuelles «engagées» à la sartre-de-beauvoir).
Ensuite parce que la manière même de raconter cette manifestation est en soi un témoignage (involontaire) de ce que les intelligentsia dispensaient comme discours simpliste à l'époque : d'un côté les tout gentils manifestants et manifestantes, de l'autre les tout vilains policiers, horde sauvage d'imbéciles avides de brutalités (voir pages 18-20 numérisées).
«Devant l'ambassade américaine sur Strandrägen et dans les rues qui y conduisaient, quatre cent douze policiers affrontaient un nombre double de manifestants. Les premiers étaient équipés de grenades lacrymogènes, de pistolets, de fouets, de matraques, de voitures, de motos, d'émetteurs à ondes courtes, de mégaphones, de chiens policiers, de chevaux hystériques, et les seconds d'une lettre et de pancartes en train de se dissoudre sous la pluie battante.» [pp. 18-19]
Le tout illustré par l'anecdote fort peu crédible d'une gamine de treize ans brandissant un panneau au contenu ne correspondant pas de manière convaincante à cette tranche d'âge, et que personne n'aurait laissée descendre dans la rue à cette époque.
«Une petite jeune fille brandissait un écriteau portant cette mémorable objurgation : FAITES VOTRE DEVOIR ! BAISEZ ET FABRIQUEZ DE NOUVEAUX POLICIERS. Trois agents qui faisaient dans les quatre-vingt-cinq kilos se ruèrent sur elle, mirent sa pancarte en pièces et l'entraînèrent dans le panier à salade. Là, ils lui tordirent les bras et lui pelotèrent les seins. Elle avait eu treize ans le jour même et était encore plate comme une limande.»
Les lectrices et lecteurs ayant réellement vécu de tels évènements (en tout cas en France) ne peuvent que regretter l'affaiblissement de ce témoignage engendré par une narration aussi caricaturale, qui – en tant que telle justement – est toutefois caractéristique de la façon de s'exprimer à cette époque de la «guerre froide», du «rideau de fer» et du mur de Berlin. On ne faisait pas dans la dentelle !
L'ensemble du roman est ainsi persillé de remarques acerbes sur les forces de police caractérisées par leur idiotie (par exemple p. 38, de la part de Martin Beck lui-même). L'inspecteur Melander pense avoir trouvé la clé du mystère (pp. 166-167) :
« le noeud du problème réside dans le paradoxe que le métier de policier réclame de ceux qui le pratiquent les plus hautes capacités intellectuelles, des qualités physiques et morales exceptionnelles, mais qu'il n'a rien pour attirer les gens qui possèdent ces vertus. »

Autre caractéristique aisément repérable dans ce roman, l'avènement de ce qui deviendra un stéréotype hélas incontournable aujourd'hui, à savoir la peinture abondamment tartinée de la vie privée lamentable et des déboires conjugaux de l'enquêteur principal : le début du chapitre 5 (pp. 36-40) en fournit un exemple archétypal, et le chapitre 28 (sensé justifier le titre du roman) est carrément navrant.

Le début du chapitre 17 évoque un autre trait qui n'a cessé de s'aggraver depuis : l'intervention voyeuriste d'une certaine presse «avide de sensationnel» selon la formule consacrée. Aujourd'hui, Internet permet de surcroît à n'importe quel crétin de « dévoiler » tout et n'importe quoi pour bénéficier de son « quart d'heure de gloire », quitte à mettre en péril la vie d'autrui…

De même, le début du chapitre 19 (p. 165) traite d'un sujet qui était à l'époque une nouveauté et est devenu un trait de civilisation tellement commun que plus personne ou presque ne s'en émeut aujourd'hui, à savoir l'avènement de ce que l'on appelait alors «la société de consommation» (voir citation).

L'ambition sociologique des deux auteurs est bien illustrée à deux reprises – et avec un certain talent – par le procédé consistant à récapituler d'une part la vie des victimes du massacre dans le bus (pp. 176-183), d'autre part la liste des vingt-neuf personnes étant plus ou moins mêlées à l'ancienne affaire Teresa : à chaque fois, le lecteur voit littéralement défiler devant ses yeux un échantillon hétéroclite de la population suédoise.

Ce roman représente un tournant dans la série des enquêtes de Martin Beck, en ce sens que les auteurs donnent encore une certaine priorité à l'élaboration d'un récit à énigmes relativement complexe et bien agencé. On constate toutefois qu'ils insèrent de plus en plus de digressions socio-politiques plutôt caricaturales.

La préface de Franzen est relativement originale, elle éclaire ce roman policier sous un angle littéraire qui lui confère un intérêt pouvant encore persister aujourd'hui alors que celle des époux French s'avère platement politique.
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Sharon
  25 février 2012
Ce livre est mon premier gros coup de coeur du mois de février. N'étaient mes obligations professionnelles, je l'aurai lu d'une traite, tant il est passionnant. Sjöwall et Wahlöö réussissent le tour de force de construire un suspens haletant avec une enquête de longue haleine, quasiment racontée en temps réel.
Leurs romans commencent souvent de la même manière : un chapitre narre un événement, une enquête qui semblent ne rien avoir en commun avec le reste du livre. Illusion, car les auteurs ne laissent rien au hasard. La Suède n'est plus un pays tranquille car le premier tueur en série vient de faire irruption de manière incompréhensible. Ce crime n'ayant pas de précédent dans le pays (à moins de remontrer très loin en arrière), les policiers doivent chercher des précédents aux Etats-Unis. Ce n'est pas la première fois qu'une collaboration avec l'Amérique a lieu - voir Roseanna, évoqué par ailleurs dans le cours du récit - mais ce ne sera pas la collaboration la plus enrichissante.
Nous suivons pas à pas les enquêteurs - et je constate que la police suédoise ne comporte pas que des éléments d'élite, mais aussi des hippopotames diplômés. Nous les suivons y compris quand ils ne trouvent rien ou qu'ils se retrouvent dans une impasse. Nous découvrons tout, y compris les moments les plus délicats, comme l'identification du corps mutilé d'un collègue ou l'interrogation des proches d'une victime. Jamais de voyeurisme, jamais d'étalage de violence, l'aspect humain est toujours privilégié, au plus près du ressenti des personnages.
Bien sûr, nous rencontrons des gens ordinaires au cours de cette enquête. Nous découvrons aussi la prostitution ordinaire et les conditions de vie sordide des travailleurs immigrés. Je l'ai déjà dit dans mes précédents billets sur les romans de ces deux auteurs : rien ne semble avoir changé depuis cette époque. Nous découvrons aussi des policiers soucieux de résoudre leur enquête, d'autres avide de faire leur preuve, quitte à la jouer en solo. Ce n'est pas sans risque.
Je n'ai pas parlé de la vie privée des principaux protagonistes parce qu'elle porte bien son nom : ils en sont privés à cause de la densité de l'enquête.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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critiques presse (1)
BoDoi   21 décembre 2011
Un polar bien foutu et intéressant par ce qu’il révèle en creux, mais qui demeure trop bavard et un peu plat pour véritablement prendre son envol.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   05 mars 2017
Une petite jeune fille brandissait un écriteau portant cette mémorable objurgation : FAITES VOTRE DEVOIR : BAISEZ ET FABRIQUEZ DE NOUVEAUX POLICIERS. Trois agents qui faisaient dans les quatre-vingt-cinq kilos se ruèrent sur elle, mirent sa pancarte en pièces et l'entraînèrent dans le panier à salade. Là, ils lui tordirent les bras et lui pelotèrent les seins. Elle avait eu treize ans le jour même et était encore plate comme une limande.
+ Lire la suite
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MimekoMimeko   12 octobre 2016
Kollberg se balança sur sa chaise et dit :
- Que ressort-il de tout cela ? Qu'un soir tout à fait ordinaire, dans un autobus tout à fait ordinaire, neuf personnes tout à fait ordinaires se sont fait descendre à la mitraillette sans raison apparente. En dehors du bonhomme qui n'a pas été identifié, je ne vois rien d'anormal chez aucune de ces personnes.
- Si, rétorqua Martin Beck. Il y a quelque chose d'anormal en ce qui concerne l'une d'entre elles. Stenström. Qu'est-ce qu'il faisait dans ce bus?
Personne ne répondit.
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AproposdelivresAproposdelivres   03 octobre 2014
Martin Beck et Kollberg étaient policiers. Ils appartenaient à la brigade criminelle. Pour le moment, ils n'avaient rien de spécial à faire et pouvaient s'estimer libres de disposer de leur temps sans mauvaise conscience.
Il n'y avait pas un seul policier dans les rues. C'était en vain que, devant la gare centrale, une vieille dame attendait qu'un agent s'approche d'elle, la salue et, le sourire aux lèvres, la fasse traverser. L'individu qui venait de lancer une brique dans une vitrine n'avait pas à s'inquiéter : aucun hululement de sirène ne viendrait brusquement interrompre ses activités.
La police était occupée.
Une semaine auparavant, le chef de la police avait publiquement déclaré que cette dernière serait contrainte de négliger une grande partie de ses missions pour protéger l'ambassadeur des États-Unis des lettres et autres expressions du mécontentement des gens qui n'aimaient ni Lyndon Johnson ni la guerre du Vietnam.
L'inspecteur Lennart Kollberg n'aimait pas Lyndon Johnson, il n'aimait pas non plus la guerre du Vietnam mais il aimait marcher sous la pluie.
A 23 heures, il pleuvait toujours et on pouvait considérer que la manifestation était dispersée.
A la même heure, huit meurtres et une tentative d'assassinat eurent lieu à Stockholm.
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joedijoedi   07 mars 2017
– La 4 CV, murmura Kolberg. C'est Porsche qui l'a conçue quand il était détenu comme criminel de guerre. On l'avait enfermé dans la gardiennerie de l'usine. Là, il s'est mis à dessiner des plans. Je crois qu'il a fini par être acquitté. Les Français ont fait des millions avec cette bagnole.
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MimekoMimeko   11 octobre 2016
- Ils croient avoir identifié l'arme
- Ah, dit nonchalamment Kollberg.
- Une mitraillette, dit Gunvald Larsson. Il y en a des milliers pêle-mêle dans des dépôts militaires que personne ne surveille. Il vaudrait mieux les distribuer gratuitement aux malfaiteurs. Ça éviterait à l'armée la peine d'avoir à installer un cadenas neuf une fois par semaine. Dès que j'aurai une demi-heure à perdre, j'irai faire un tour en ville et j'en achèterai une demi-douzaine.
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