AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean-Luc Defromont (Traducteur)
ISBN : 286746479X
Éditeur : Liana Lévi (02/05/2008)

Note moyenne : 4.51/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Un faux nom, un petit tube dans lequel sont roulés quelques dollars, de la colle pour masquer ses empreintes digitales, un gilet de sauvetage, trois boîtes de sardines, une grande bouteille d eau, cela suffit à Fabrizio Gatti pour se glisser dans la peau d un immigré clandestin, Bilal. Parti de Dakar pour rejoindre l'Europe, comme le font chaque jour des centaines de migrants, il traverse le Sahara sur des camions, rencontre des passeurs sans scrupules, des esclavag... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
mireille.lefustec
  15 août 2011
C'est le livre que le monde entier devrait lire sur l'inhumaine traversée de l'Afrique par des hommes qui espèrent une vie meilleure en Europe.
Ils sont maltraités,humiliés et rançonnés a chaque étape.
Ceux qui ont réussi à parvenir en Lybie sont emprisonnés,tabassés.
L'auteur,journaliste,a voulu vivre avec eux et a vu mourir des amis,invités officiellement pour une conférence.
Ceux qui parviennent'épuisés à Lampédusa,ne sont pas du tout au terme de leur souffrances.
J'ai été tellement révoltée par ce témoignage que j'ai du mal à bien l'exprimer.
Commenter  J’apprécie          150
Puszi
  12 avril 2016
Je me replonge dans mes souvenirs de lecture de ce livre parce que je vais le présenter à la séance sur l'exil de mon groupe de lecture.
Même après 7 ans, je reste profondément marquée par ce livre qui m'a donné à voir la réalité de vie des candidats à l'exil. Tout d'abord j'ai beaucoup admiré le courage du journaliste qui fait le choix de se transformer en clandestin afin de raconter au mieux ce qui pousse des personnes à quitter leur pays, la manière dont ils voient l'Europe, leurs difficultés à traverser tous les pays qui les séparent de ce qu'ils imaginent être l'Eldorado, la terre promise. C'est tellement d'actualité en ce moment.
Même si le thème est éminemment dramatique, je n'ai pas trouvé ma lecture difficile. J'ai pourtant suivi le périple de Bilal comme si je m'étais glissée dans sa peau. J'ai eu l'impression que Fabrizio Gatti ressentait beaucoup d'amour, de compassion, d'empathie pour ses compagnons d'infortune. ça rend le récit touchant, vivant. Il me semble me souvenir que le journaliste passe beaucoup de temps à expliquer les conditions de vie des personnes dans leur pays d'origine. Cela m'a donné des clés de compréhension et peut-être par là-même des clés d'acceptation.
J'ai trouvé que c'était un livre profondément humain. J'espère donner envie de le lire à des membres de mon groupe de lecture et pourquoi pas à vous aussi lecteurs de Babelio.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
mediatheque-de-valence
  22 avril 2009
Poser trois questions et s'en aller, le journaliste Fabrizio Gatti ne sait pas faire… Pour comprendre les humiliés, il se glisse dans leur peau. Ainsi s'est-il mué en exilé africain pour vivre leur impitoyable aventure de l'intérieur, subissant chasse à l'homme, famine et brimades. Avec un faux nom et quelques dollars en poche, il devient Bilal, immigré clandestin. Depuis Dakar, il remonte en Tunisie, infiltré sur la route de la clandestinité, afin de gagner l'Europe par la porte de Lampedusa. Il relate la traversée du Sahara, la rencontre avec des membres d'al-Qaida et le quotidien des demandeurs d'asile.
Livre indispensable pour comprendre le drame qui se joue entre l'Afrique et l'Europe.
Commenter  J’apprécie          30
Etoilesonore
  15 novembre 2013
Bouleversant, je ne vois pas d'autre mot pour mieux qualifier cet ouvrage. D'une actualité brûlante, ce journaliste va payer de sa personne et vivre ce que des milliers d'Africains vivent, jetés sur les route de l'immigration pour se retrouver bloqués à Lampedusa. Encore faut-il que pour cela ils aient pu survivre, oui, je dis bien survivre à toutes les embûches trouvées sur le chemin.
Ce livre se lit d'une traite... lorsqu'on le referme, on en reste bouche bée. L'homme, un loup pour l'homme?...
Commenter  J’apprécie          20
jlp
  23 février 2013
Ce livre décrit avec précision et empathie la terrible aventure des jeunes africains qui partent à la conquête de l'Eldorado européen en traversant le sahara. La chaleur, la soif, les soldats détrousseurs, les passeurs inhumains, c'est un terrible chemin de croix, enduré par tous ces jeunes, et partiellement vécu par l'auteur, journaliste italien et amoureux de l'Afrique.
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
psycheinhellpsycheinhell   05 septembre 2010
"L'un après l'autre, ils racontent qu'ils sont bloqués à Agadez depuis deux semaines. Leur esprit regorge encore de projets, de rêves, d'envies de liberté. Sauf qu'ils ne parviennent pas à quitter la ville de boue rouge, parce que la vie quotidienne a emprisonné leur corps. Le manque d'argent. La faim. La poussière. Le coût du billet de plus en plus inabordable. Voilà d'où proviennent les esclaves du XXIe siècle. (...) L'esprit veut s'en aller. Le corps reste stranded. Et lentement, jour après jour, la poussière s'empare de la vie d'une personne, elle encroûte ses cils et sourcils, elle lui sèche la gorge, avec son goût amer. Voilà leurs visages vus de près. La tragédie, c'est que jamais personne ne leur dira qu'ils sont en train d'accomplir un acte héroïque. Jamais personne ne reconnaîtra que leur geste est un geste définitif qui n'a d'égal que l'effort pour naître. S'ils parviennent vivants en Europe, on les qualifiera carrément de désespérés. Alors qu'ils font partie des rares personnes au monde qui, chargées d'espoir, ont encore le courage de mettre leur vie en jeu."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
michelekastnermichelekastner   03 mars 2018
La longue histoire commence en 1998. Jusque-là, dans l'Europe libre, nul ne pouvait être emprisonné sans procès en présence d'un juge. Fût-il étranger. Et pour passer devant un juge, il fallait avoir commis un délit. Mais en 1998, la nouvelle Europe s'apprête à éliminer les frontières intérieures. C'est le premier pas concret vers la chute des barrières nationales. L'Union demande une garantie aux Etats-membres souhaitant faire partie du grand club : les immigrés clandestins doivent vraiment être expulsés. En Italie, et pas seulement, la police soutient que si l'on ne garde pas assez longtemps la personne à identifier, l'identification est incertaine. Et sans identité certaine, aucun pays n'accepterait le rapatriement. A Rome, la question est confiée à deux ministres du gouvernement progressiste en charge. Deux anciens communistes. Peut-être que c'est la raison pour laquelle les centres de détention qu'ils ont approuvés ressemblent beaucoup plus aux goulags de l'Union soviétique qu'aux bureaux administratifs d'un pays démocratique. Les trois premiers centres sont inaugurés en 1999. Le premier à Milan : une cage à ciel ouvert, cent dix pas de long sur quatre-vingt-dix de large, avec deux rangées de conteneurs pour dormir. Le second à Rome et le troisième à Trapani en Sicile. Ce dernier est si attentif aux principes de dignité entérinés par la Constitution, par la Convention européenne des droits de l'homme et par les normes de sécurité qu'il prend feu au bout de quelques mois. Le gouvernement, les ministres, les autorités ne cessent de répéter que les étrangers enfermés dans les centres demeurent des citoyens libres. Ce sont des hôtes et non des détenus. Parce que ce n'est pas un délit que ne pas posséder de papiers, ce n'est qu'une violation administrative.
Ce jour-là, les citoyens libres hôtes du centre de Trapani trouvent les grilles de leurs cages fermées à clef. L'incendie progresse. Les gardiens n'ouvrent pas. Six personnes meurent. Brûlées ou asphyxiées. On les qualifie de centres de séjour temporaire pour ne pas les confondre avec les prisons. Et à juste titre, car les détenus d'une prison ont plus de garanties de défense. Les immigrés morts à Trapani n'avaient pas d'avocats de confiance. Tel est le constat à la fin de l'enquête. Aucun coupable. L'affaire est portée à Bruxelles. Mais l'Union aussi s'en lave les mains. Les lois sur l'immigration relèvent des compétences nationales. Elles ne concernent pas l'Europe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
michelekastnermichelekastner   02 mars 2018
L'un après l'autre, ils racontent qu'ils sont bloqués à Agadez depuis deux semaines. Leur esprit regorge encore de projets, de rêves, d'envie de liberté. Sauf qu'ils ne parviennent pas à quitter la ville de boue rouge, parce que la vie quotidienne a emprisonné leur corps. Le manque d'argent. La faim. La poussière. Le coût du billet de plus en plus inabordable. Voilà d'où proviennent les esclaves du XXIe siècle. Voilà comment Ousmane, Djimba et Safira voyagent, si jamais leur âme se réveille et leur donne le courage de partir. Mais il ne suffit pas de se mettre en route. Tout à coup, un jour quelconque, l'esprit et le corps se scindent. Comme Billy et ses quatre amis en ont fait l'expérience. L'esprit veut s'en aller. Le corps reste stranded. Et lentement, jour après jour, la poussière s'empare de la vie d'une personne, elle encroûte ses cils et sourcils, elle lui sèche la gorge, avec son goût amer. Voilà leurs visages vus de près. La tragédie, c'est que jamais personne ne leur dira qu'ils sont en train d'accomplir un acte héroïque. Jamais personne ne reconnaîtra que leur geste est un geste définitif que n'a d'égal que l'effort de naître. S'ils parviennent vivants en Europe, on les qualifiera carrément de désespérés. Alors qu'ils font partie des rares personnes au monde qui, chargées d'espoir, ont encore le courage de mettre leur vie en jeu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
michelekastnermichelekastner   01 mars 2018
D'après la carte, le premier village après le Falémé est Diboli. Mais sur cette rive, il n'y a pas d'argent pour imprimer les pancartes, ni pour construire les maisons ou asphalter les routes. Un essaim de baraques en bois et en boue entoure la place. Des commerçants dont les rayons sont vides tentent de vendre le peu qu'ils ont à des passants dont les poches sont vides. Les longs marchandages ne sont pas seulement le fruit d'une tradition des affaires., ils représentent aussi une façon inconsciente de préserver sa dignité. Le prix de départ, exorbitant, fait que les marchands se sentent plus riches et les clients moins pauvres. Du moins le temps de quelques échanges, car tant que dure la transaction, tous sont égaux. Riches ou pauvres. Peu importe que les pourparlers concernent un pied de salade ou un camion. La différence, c'est l'accord final qui le fait : l'achat ou bien le renoncement. Il faut s'armer d'une patience infinie pour acheter un paquet de biscuits ou une miche de pain, un melon ou deux poissons, ou toute autre chose, si grande ou petite fût-elle. Le temps ici n'est pas de l'argent. C'est une dimension qui appartient encore à l'humanité, et non aux montres. Ainsi, même pour sortir de Diboli, il faut attendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
psycheinhellpsycheinhell   05 septembre 2010
"Bilal se réveille en sueur. Il se redresse sur son lit. Il a vu le vrai fond de l'abîme. Cette lente spirale qu'il a commencé à descendre quand il a atterri à Dakar. Bilal découvre pour la première fois qu'il est terrorisé à l'idée de devenir cynique. De s'être accoutumé à la violence. De ne plus avoir les anti-corps nécessaires pour distinguer le paradis de l'enfer. Et si un jour je considérais tout ça comme normal ?"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Dans la catégorie : Autres groupesVoir plus
>Sciences sociales : généralités>Groupes sociaux>Autres groupes (42)
autres livres classés : afriqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

L'Afrique dans la littérature

Dans quel pays d'Afrique se passe une aventure de Tintin ?

Le Congo
Le Mozambique
Le Kenya
La Mauritanie

10 questions
255 lecteurs ont répondu
Thèmes : afriqueCréer un quiz sur ce livre