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EAN : 9782080703675
445 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Il y a quelques semaines (avril 1840), j'avais laissé tomber négligement cette phrase: "J'irais volontiers en Espagne!" Au bout de cinq ou six jours, mes amis avaient ôté le prudent conditionnel dont j'avais mitigé mon désir et répétaient à qui voulait l'entendre que j'allais faire un voyage en Espagne. À cette formule positive succéda l'interrogation " Quand partez-vous?" Je répondis, sans savoir à quoi je m'engageais: " Dans huit jours." Les huit jours passés, les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nathalie_MarketMarcel
  09 février 2014
Ce qui est frappant, c'est que Gautier confronte l'idée qu'il se fait de l'Espagne (qu'il connaît par le théâtre, les nouvelles, les chansons) avec ce qu'il a sous les yeux. Il reproche ainsi fréquemment aux Espagnols de n'être pas assez typiques ou pittoresques (oui, c'est le début du tourisme) et d'avoir succombé à la « civilisation » c'est-à-dire à la modernité. On ne sait pas très bien s'il craint ou espère les fameux brigands des routes espagnoles et aimerait un peu plus de fougue et d'aventure !
Gautier se préoccupe d'abord de l'atmosphère du pays, des paysages et des arts. Il aime le pays, les jardins, les lauriers roses, la montagne. Il donne de longues et belles descriptions des paysages, fasciné par le soleil et ses couleurs, la terre, la ligne des montagnes. Il montre ici sa grande sensibilité aux couleurs et c'est ce que j'ai sans doute préféré.
En matière d'art, sa préférence va à l'architecture musulmane, regrettant vivement la Reconquista. L'Espagne, c'est le début d'un Orient fantasmé, d'une Afrique mystérieuse et elle lui permet de plonger dans des rêves éveillés.
Enfin (nul n'est parfait), Gautier est un passionné de corridas, qu'il décrit en connaisseur, avec force détails. le récit de la mort d'une cheval perdant ses boyaux est ainsi particulièrement frappant. La mort, le spectacle, la passion, tout le ravit.
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Taraxacum
  28 novembre 2017
Je l'avoue, j'avais oublié à quel point Théophile Gauthier pouvait être drôle. Je me souvenais qu'il avait une superbe plume, je me doutais que ce récit me donnerait envie de faire mes bagages pour la péninsule ibérique, mais je n'aurais pas pensé qu'il manierait le sarcasme et l'anecdote avec un tel talent que je rirais ou glousserais autant en dévorant ses péripéties espagnoles.
Après avoir déclaré qu'il visiterait bien l'Espagne, notre écrivain-narrateur n'en peut plus de croiser des connaissances qui lui demandent 'Mais vous êtes déjà revenu?' et se trouve bien obligé de faire ses bagages!
C'est le début d'un voyage aux quatre coins de l'Espagne bien avant les développements du tourisme moderne, pas toujours confortable mais toujours pittoresques, où il s'extasie sur l'art, dort dans l'Alhambra, le veinard, et espère très fort rencontrer des brigands!
A découvrir en toute hâte, mais vous êtes prévenus: cela vous donnera envie de voyager!
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Gabrielle_Dubois
  11 juin 2016
Découvrez l'Espagne comme vous ne l'avez jamais vue, à travers les yeux et la plume extraordinaire de Théophile Gautier. J'ai mis 5 étoiles aux livres de Théo, mais seulement parce qu'il n'y en a pas plus.
Extrait:
« ... Un des grands malheurs de la vie moderne, c'est le manque d'imprévu, l'absence d'aventures. Tout est si bien réglé, si bien engrené, si bien étiqueté, que le hasard n'est plus possible ; encore un siècle de perfectionnement, et chacun pourra prévoir, à partir du jour de sa naissance, ce qui lui arrivera jusqu'au jour de sa mort. La volonté humaine sera complètement annihilée. Plus de crimes, plus de vertus, plus de physionomies, plus d'originalités. Il deviendra impossible de distinguer un Russe d'un Espagnol, un Anglais d'un Chinois, un Français d'un Américain. L'on ne pourra plus même se reconnaître entre soi, car tout le monde sera pareil. Alors un immense ennui s'emparera de l'univers, et le suicide décimera la population du globe, car le principal mobile de la vie sera éteint : la curiosité... »
Lien : http://www.roman-amour.fr/le..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   31 décembre 2012
J'ai dans mon coeur, dont tout voile s'écarte,
Deux bancs d'ivoire, une table en cristal,
Où sont assis, tenant chacun leur carte,
Ton faux amour et mon amour loyal.

J'ai dans mon coeur, dans mon coeur diaphane,
Ton nom chéri qu'enferme un coffret d'or ;
Prends-en la clef, car nulle main profane
Ne doit l'ouvrir ni ne l'ouvrit encor.

Fouille mon coeur, ce coeur que tu dédaignes
Et qui pourtant n'est peuplé que de toi,
Et tu verras, mon amour, que tu règnes
Sur un pays dont nul homme n'est roi !
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MalauraMalaura   13 décembre 2011
On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes
D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L’homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu’aux dépens de ceux qu’il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde;
Lorsqu’il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d’or !
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JcequejelisJcequejelis   24 octobre 2012
Le pauvre animal (cheval), abandonné à lui-même, se mit à traverser l’arène en chancelant, comme s’il était ivre, s’embarrassant les pieds dans ses entrailles ; des flots de sang noir jaillissaient impétueusement de sa plaie, et zébraient le sable de zigzags intermittents qui trahissaient l’inégalité de sa démarche ; enfin il vint s’abattre près des tablas. Il releva deux ou trois fois la tête, roulant un œil bleu déjà vitré, retirant en arrière ses lèvres blanches d’écume, qui laissaient voir ses dents décharnées ; sa queue battit faiblement la terre, ses pieds de derrière s’agitèrent convulsivement et lancèrent une ruade suprême, comme s’il eût voulu briser de son dur sabot le crâne épais de la mort. Son agonie était à peine terminée que les muchachos de service, voyant le taureau occupé d’un autre côté, accoururent pour lui ôter la selle et la bride. Il resta déshabillé, couché sur le flanc, et dessinant sur le sable sa brune silhouette. Il était si mince, si aplati, qu’on l’eût pris pour une découpure de papier noir. J’avais déjà remarqué à Montfaucon quelles formes étrangement fantastiques la mort fait prendre aux chevaux : c’est assurément l’animal dont le cadavre est le plus triste à voir. Sa tête, si noblement et si purement charpentée, modelée et frappée de méplats par le doigt terrible du néant, semble avoir été habitée par une pensée humaine ; la crinière qui s’échevèle, la queue qui s’éparpille, ont quelque chose de pittoresque et de poétique. Un cheval mort est un cadavre ; tout autre animal dont la vie s’est envolée n’est qu’une charogne.

J’insiste sur la mort de ce cheval, parce que c’est la sensation la plus pénible que j’aie éprouvée au combat de taureaux. Ce ne fut pas, du reste, la seule victime : quatorze chevaux restèrent sur l’arène ce jour-là : un seul taureau en tua cinq.

602 - [Folio n° 1295, p. 117-118]
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marina53marina53   06 janvier 2013
J'ai laissé de mon sein de neige
Tomber un oeillet rouge à l'eau.
Hélas ! comment le reprendrai-je
Mouillé par l'onde du ruisseau ?
Voilà le courant qui l'entraîne !
Bel oeillet aux vives couleurs,
Pourquoi tomber dans la fontaine ?
Pour t'arroser j'avais mes pleurs !
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JcequejelisJcequejelis   13 juillet 2014
La bibliothèque de l'Escurial présente cette particularité que les livres sont rangés sur le rayon le dos contre le mur et la tranche du côté du spectateur ; j'ignore la raison de cette bizarrerie. Elle est riche surtout en manuscrits arabes et doit renfermer des trésors inestimables et complètement inconnus. Aujourd'hui que la conquête d'Afrique a fait de l'arabe une langue à la mode et courante, il faut espérer que cette riche mine sera fouillée dans tous les sens par nos jeunes orientalistes ; les autres livres m'ont paru être en général des livres de théologie et de philosophie scolastique. On nous fit voir quelques manuscrits sur vélin avec marges historiées et miniaturisées ; mais, comme c'était le dimanche et que le bibliothécaire était absent, nous ne pûmes en obtenir davantage, et il fallut nous en aller sans avoir vu une seule édition incunable, désagrément beaucoup plus sensible pour mon compagnon que pour moi, qui malheureusement n'ai pas la passion de la bibliographie ni aucune autre.

1877 - [Folio n° 1295, p. 173]
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Videos de Théophile Gautier (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Théophile Gautier
Théophile GAUTIER – Portait de l’homme en « poète impeccable » (France Culture, 1972) Une compilation des émissions « Tels qu’eux-mêmes », par Philippe Soupault et Jacques Fayet, diffusées les 4 et 11 mars 1972.
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