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Claude Eterstein (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080709682
Éditeur : Flammarion (01/11/1998)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 577 notes)
Résumé :
Bien qu'il soit voué à la vengeance, bien qu'elle soit promise au duc Gomez, Hernani et dona Sol s'aiment. L'intensité de cette passion déchire le cœur du héros. Parce que le père du roi a tué le sien, il se doit d'exécuter son fils ; toutefois, son cœur lui souffle de vivre. Unis et désunis par une femme, les trois hommes doivent choisir entre l'honneur et l'amour. Leur grandeur causera leur chute. Avec ses personnages excessifs, ses multiples intrigues, son mélang... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
khalil-obk
  27 décembre 2014
I- La fatalité romantique dans Hernani de Victor Hugo :
1. Hernani et la fatalité, quelles influences externes sur le héros hugolien ?
La fatalité qui poursuit le héros ou l'héroïne d'une pièce de théâtre n'est pas le propre du drame romantique, et encore moins le propre du drame romantique français. L'art dramaturgique a depuis toujours accordé à ce thème une grande importance. D'ailleurs, la plupart de ces héros « maudits » sont aux prises avec le destin ; ils mènent contre lui un combat perdu d'avance.
Dans ses tragédies classiques, le destin vient le plus souvent d'une divinité supérieure, vengeresse, qui s'en prend à un personnage qui ne peut que céder sous son poids. Dans Hernani par contre la fatalité est un enchaînement logique de faits et d'événements que les personnages eux-mêmes, par leurs actions et leurs pensées, alimentent sans s'en rendre compte, inconsciemment. A l'inconscience du héros face à son destin s'oppose sa lucidité qui apparait dans le fait qu'il reconnaît et admet qu'une malédiction, bien que le terme soit trop fort quand il ne s'agit pas de fatalité d'origine divine, le poursuit et cherche, par tous les moyens à le conduire vers sa perte et entrainer avec lui tous ceux qui oseront l'aider à contourner son destin quel qu'il soit.
Un point, cependant, est à ne pas négliger. Il concerne à la fois la tragédie classique et le drame romantique, leur servant à tous deux de point en commun assurant une continuité dans l'écriture dramaturgique française. Ce point concerne le dénouement. En effet, quand la fatalité intervient dans le théâtre, le dénouement est toujours tragique. La fatalité, en somme, « gagne » toujours. Voilà pourquoi nous dîmes plus haut : « Un combat perdu d'avance ».
D'autres exposés suivants aborderont plus en détails ce point, ainsi, sur cette question, nous avons été brefs.
2. Etude comparée de versifications :
Pour illustrer et la divergence et la similitude entre drame romantique et la tragédie classique, nous avons pris trois vers en but de les analyser en terme de versification et en terme de lexique. Notre but, au-delà de sa visée comparative, est de démontrer les influences externes sur l'écriture et le héros hugoliens.
a. le vers d'Oreste dans Andromaque de Racine.
b. le vers 1990 de Hernani.
c. le vers 993 de Hernani.
a- « Je me livre en aveugle au destin qui m'entraîne. »
3 6 3 6
Je | me | li | vre en | av | eugle ||| au | des | tin | qui | m'en | traîne.
césure
- Rythme 3/3 // 3/3
- 1° l'accent principal : « aveugle » : le héros manque de lucidité et, paradoxalement, est lucide puisqu'il est conscient de sa fatalité.
- 1° l'accent secondaire : « livre » : le héros abandonne et cède.
- 2° l'accent principal : « m'entraîne » : le héros ne contrôle plus rien et se laisse faire.
- 2° l'accent secondaire : « destin » : Maitre-mot du vers, il le résume.
b- « Avec ce nom fatal je n'en ai pas fini. »
4 6 4 6
A | vec | ce | nom | fa | tal ||| je | n'en | ai | pas | fi | ni
césure
Rythme : 4/6 // 4/6
1° A.P : « Fatal » : Principal mot du vers ; il le résume.
1° A.S : « Nom » : Symbole de l'origine de la fatalité.
2° A.P : « Fini » : Appuyé par la négation, il signifie que le héros lutte, mais n'arrive pas à vaincre
2° A.S : « Pas » : adverbe de négation désignant la ténacité du destin. N'étant point appuyé par un adverbe de durée tel que ‘toujours' ou ‘encore', il peut avoir comme connotation l'abandon du héros face à son destin.
c- « Agent aveugle et sourd de mystères funèbres. » -ténèbres.
4 6 4 6
A | gent | a | veug | le et | sourd ||| de | mys | tères | fu | nèbres
césure
Rythme : 4/6 // 4/6
1° A.P : « Sourd » : l'accent principal, scindant le vers en deux et marquant une pause, tombe sur le mot sourd, indiquant que la fatalité par son déchaînement prive le héros d'un de ses sens : l'ouïe…
1° A.S : « Aveugle » : l'accent secondaire, marquant une courte pause au sein d'un hémistiche, tombe sur le mot aveugle, ce qui induit que le héros n'est plus lucide face au destin qui le mène vers la mort.
2° A.P : « Funèbres » : Ce terme rappelle la mort de laquelle s'approche Hernani de plus en plus. ‘1° A.S' indique qu'il n'est pas lucide, cependant le terme funèbres indique que le héros est tout de même conscient de l'issue de la « malédiction » qui le poursuit.
2° A.S : « Mystères » : ce mot semble résumer le vers, pour la simple raison qu'il entretient des liens étroits avec les trois adjectifs du vers. le mystère vient donc de la surdité et de la myopie du héros, du détraquement de ses sens, mais il vient aussi de la mort avec tout ce que le terme a de profond : noir, obscurité, abîme…
Synthèse et conclusion partielle :
Le vers de Racine se démarque rythmiquement des deux autres vers de Victor Hugo. Cependant, les trois vers partagent entre eux un vocabulaire plus ou moins similaires. En ce qui concerne la versification, comme nous avons pu le voir, ces vers ne sont pas si loin l'un de l'autre. le héros romantique, en l'occurrence Hernani, et le héros des tragédies classiques, ici Oreste, partagent une même vision par rapport à la fatalité. Mais, le héros romantique est quelqu'un de tiraillé et qui n'arrive pas à se forger une opinion fixe et définitive. Il n'en est pas moins divergent d'Oreste qui est au fond de lui-même quelqu'un de tiraillé, mais qui se refuse à laisser transparaitre ses sentiments profonds, par honneur et par bravoure.
Ces différences sont donc infimes, mais elles existent, et il est donc important de les souligner un tant soit peu.
En effet, au XVIIIe siècle on a rompu avec la fatalité en la confrontant à la raison. Mais l'art romantique français l'a réintroduite dans son paysage théâtral.
3. Entre l'origine et l'issue, vivre la fatalité au jour le jour :
Notre but, à travers ce point, n'est pas de retracer le déroulement de la pièce, mais de rester dans une visée quelque peu comparative entre drame romantique, tragédie classique et théâtre du XXe siècle. Notre point de vue se restreindra, comme nous le dicte le sujet de cet exposé, à l'étude de la fatalité. Dans ce point, troisième et dernier, nous nous pencherons sur la manière avec laquelle vit quotidiennement un personnage dramatique la fatalité qui le poursuit, en supposant évidemment qu'elle le poursuit.
• Dans Hernani : La fatalité apparait dans ce drame comme le fruit d'un hasard. Mais, en vérité, elle obéit à une logique implacable. Elle agit à travers les personnages, car chacun de leurs agissements les conduits inconsciemment à affronter une fatalité qu'ils alimentent eux même. En aimant Dona Sol, le duc, le roi et Hernani, savent obstinément qu'ils ne pourront éviter de s'affronter les uns les autres. le duc et le roi ne croit pas à une fatalité les traquant, et pour cause, ils ne l'ont pas connue dès leur naissance, comme c'est le cas de Hernani, mais ils l'ont contractée au cours de leur vie. Une chose est tout de même à remarquer, le roi Don Carlos est né également avec une sorte de malédiction puisqu'il porte sur ses mains, sans le vouloir, le sang du père de Hernani. Un sang qui doit être vengé.
Hernani se démarque de ces personnages, car contrairement à eux il reconnait son destin « funèbre ». Il se trouve tiraillé entre l'origine et l'issue de son fatum ; entre « le berceau sanglant » et « [son] chemin fatal » (v. 1003)
• Il est également conscient que la fatalité qui le mène vers la mort est contagieuse. En rajoutant ce détail, Victor Hugo complique l'existence de son héros. Hernani est ‘entiché' de Dona Sol et, en même, sûr que son destin la ‘contaminera' irrémédiablement. Il est donc face à un dilemme qui le tiraille et rend plus aigüe son instabilité intellectuelle et sentimentale.
• Vivre son destin, sa fatalité, s'exprime dans les tragédies classiques par une difficulté suprême. Car, si le héros romantique affronte une force obscure et naturelle, le héros des tragédies, lui, est confronté à la force vengeresse des dieux qu'il sait inextricable et labyrinthique.
• Faisons désormais un saut dans le temps et partons vers des pièces de théâtre plus récentes, en particulier celle de Beckett, intitulée Fin de partie. Dans cette pièce justement, l'absence du destin et de la fatalité, ou de ce qu'on pourrait appeler ‘la fin', marque toute une rupture avec le théâtre classique et romantique. Puisque dans l'univers beckettien la fatalité n'existe plus, le personnage doit l'inventer. Et de cette invention surgissent d'autres subdivisions de la fatalité, tels que le suicide, le handicap, le reniement de Dieu…
Conclusion partielle et conclusion finale :
La fatalité a donc toujours été au centre du théâtre dramatique et tragique. Et comme le prouve l'exemple susmentionné, on ne peut s'en passer. Ce thème est donc, permettez-nous de rappeler notre introduction, celui qui a donné au théâtre ses lettres de noblesse. Hernani n'est pas vraiment représentatif de la surpuissance de la fatalité. L'absurde est, me semble-t-il, le sommet de l'usage de la fatalité dans le théâtre. Car ce courant l'a effacée, a essayé de la marginaliser, mais sa tentative resta veine.
Cette fatalité, que ce soit au théâtre ou dans l'art romanesque, semble s'être érigée en grande matière à profusion littéraire. On peut dire qu'elle convoite, depuis sa reprise par le romantisme, les grands thèmes intemporels : l'amour, la guerre, l'aventure, le crime, le suicide…
Conclusion définitive :
Nous espérons avoir éclairé plusieurs de vos interrogations et avoir répondu à vos doutes par des explications que nous souhaitons claires et exhaustives. Ce modeste travail rejoint les travaux de nos camarades sur plusieurs sujets aussi divers et intéressants les uns que les autres. Cet exposé constitue donc l'avant dernière pièce de tous les exposés qui ont été et qui seront présentés en classe.
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Jackiedream
  11 avril 2015
Dona Sol est promise à Don Ruy Gomez mais son coeur va en réalité à un brigand nommé Hernani. Pour compliquer encore les choses, le roi Don Carlos la courtise également. La passion amoureuse qui unit Hernani et Dona Sol est donc sans cesse contrariée.
Bon... Je n'ai pas trop aimé cette pièce, malheureusement (eh oui, ce sont des choses qui arrivent).
Je vais m'empresser de vous dire pourquoi. J'ai eu beaucoup de mal à lire cette pièce, je devais me forcer pour lire une scène de plus, j'avais même hâte de la finir et vous en conviendrez, c'est un signe qui ne trompe pas ! Je n'ai pas eu l'impression de m'attacher aux personnages, je ne me suis pas réellement intéressée à la relation entre Hernani et Dona Sol. J'ai eu du mal à me concentrer sur l'essence de la pièce, sur cet amour terriblement contrarié. Trop de péripéties, d'interventions rocambolesques, de lamentations, de changement de lieux... Je sais, je suis une effroyable conformiste qui aurait tout à fait eu sa place parmi les ardents défenseurs du classicisme lors de la fameuse bataille d'Hernani. Quoi qu'il en soit, lorsqu'il y a trop d'éléments mon attention se perd, mon esprit divague et je m'éloigne inexorablement de l'intrigue, c'est comme ça.
Je ne ris pas, je ne m'émeus pas : la pièce me laisse sur ma faim. Indubitablement le genre théâtral n'est pas là où je préfère ce cher Hugo, loin s'en faut ! Je ne parviens pas vraiment à entrer dans ce drame romantique. Malgré les nombreux rebondissements, je me suis même un peu ennuyée... J'ai eu tendance à me perdre lors des tirades.
Néanmoins, ne voyons pas tout en noir : je suis quand même contente d'avoir enfin lu Hernani pour pouvoir en parler. En un sens j'apprécie l'audace de ce drame romantique, je la salue même : c'est coloré, vivant, les décors changent, il y a de l'action, c'est indiscutable. L'histoire d'amour reste belle et l'idée d'avoir trois hommes aussi différents est sympathique. J'apprécie toujours ce cadre espagnol, ambiance "toison d'or et grands d'Espagne", la lutte de pouvoir. Par ailleurs, la force de l'amour de la demoiselle pour son brigand d'amant, alors qu'elle est courtisée par le roi d'Espagne et futur empereur (excusez du peu !) est belle, touchante. La fin reste émouvante bien qu'un peu caricaturale. Par ailleurs j'ai beaucoup aimé le panache du personnage d'Hernani et la grandeur d'âme du roi, au contraire de Gomez... Il y a des passages vraiment drôles, comiques également (le moment où le roi est enfermé dans l'armoire...)
Pour conclure, cette pièce est une mixture audacieuse de choses intéressantes voire émouvantes/drôles, mais je n'ai pas vraiment su comment l'aborder ni quoi en retirer. La lecture fut un poil pénible, pas assez distrayante à mou goût et je doute que la pièce me laisse un souvenir impérissable.
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cmpf
  13 octobre 2014
Je pense que pour goûter tout à fait cette pièce et sans doute bien d'autres de cette époque, il est préférable d'avoir lu les oeuvres dont elle prend le contrepied. D'abord pour bien réaliser en quoi elle est révolutionnaire, puis pour pouvoir comparer le traitement de certaines situations, l'amour contrarié, le devoir envers la mémoire du père, le pouvoir… avec celui fait par les prédécesseurs. A tout le moins la lire dans une édition critique. Voire deux.
Mais si l'on veut juste avoir le plaisir de lire, pas besoin de notes en bas de page ou de dossier en fin d'ouvrage. Parce qu'elle est, à ma grande surprise (béotienne que je suis) fort plaisante.
D'abord c'est enlevé, que de coups de théâtre, d'entrées en scène opportunes (pour l'action, pour les protagonistes pas toujours), les personnages ont du caractère, et ils ne sont pas toujours ou tout blanc ou tout noir, voir en particulier Don Ruiz Gomez de Silva et Don Carlos. Et enfin l'humour n'est pas absent, parfois des situations mais surtout des dialogues.
Vous l'avez compris, j'ai aimé. Allez, si vous avez peur de ne pas apprécier, empruntez-le. A la bibliothèque, à votre enfant, à la voisine… Mettez le nez dedans, que risquez-vous, de passer un moment agréable, ou de perdre une demi-heure avant de vous dire que décidément ce n'est pas pour vous. Vous avez le droit de ne pas aimer mais vous saurez pourquoi. Et si vous ne vous souvenez pas de ce que la (le) prof avait dit de la bataille d'Hernani et de Théophile Gautier, de ce que pensait Victor Hugo de l'unité de temps et de l'unité d'action, si même vous avez oublié ce que c'est, ce n'est pas grave, si finalement vous aimez l'Hernani de ce brave père Hugo. Enfin père, quand il l'a fait jouer, il n'avait que 28 ans. Pas mal pour un presque débutant.
Victor, je vous admire comme homme, je lis volontiers vos poèmes, je sens qu'un jour peut-être je dirais « comment peut-on ne pas lire Victor Hugo ». Mais cela est une autre histoire.
Critique faite dans le cadre du Challenge ABC 2014-2015
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michfred
  01 avril 2015
Un drame romantique: Hernani...une bataille du même nom..
En 1830, les jeunes Romantiques, mènent grand tapage pour défendre leur héros/héraut- Hugo, qui dès les premiers vers de la pièce se fait huer par un public hystérique et révulsé d'horreur devant ces alexandrins malmenés -Hugo, toujours gaillard dit "déniaisés"-
Les jeunes loups et les belles lionnes sont dans l'arène: Théophile Gautier, pour la circonstance, arbore un gilet rouge, on ne peut pas le rater...on s'empoigne, on hurle...la pièce est inaudible...Après cette "Bataille d'Hernani" dont on a peine à comprendre aujourd'hui la virulence, le drame romantique a passé le baptême du feu...
Novateur, encore une fois, Hugo lance un genre théâtral, le drame, dont rêvait Diderot: hybride, cocasse et héroïque, sans unités aucunes, plein de bruit et de fureur, avec des héros étrangers à eux-mêmes , mus par des forces obscures, qu'ils ne comprennent, ni ne contrôlent..-"je suis une force qui va"...
Le drame historique aura la préférence. Mais qu'on me pardonne: je donne dix drames de Hugo -qui n'en pas écrit autant- contre une seule pièce de Shakespeare...où le mélange des tons, la folie des héros, la vision de l'Histoire ont une autre gueule...
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Laura94
  24 mai 2013
Pour réagir aux critiques que j'ai pu voir, il me semble inopportun de comparer cette oeuvre au chef-d'oeuvre de Shakespeare, Roméo et Juliette. Certes, les thèmes sont comparable: une histoire d'amour rendue impossible. Mais il est clair que réduire ces deux oeuvres à ce simple aspect ne serait que les vulgariser et réduire leur grandeur.
D'une part, comme chacun le sait, Roméo et Juliette n'est pas qu'une simple histoire d'amour rendue impossible: c'est oublier le talent d'écriture d'un Shakespeare y mêlant tragique et comique, y mêlant une réflexion sur l'amour et la loyauté, et enfin un Shakespeare écrivant dans une langue profondément touchante.
Pour en revenir à Hernani, l'idée est à peu près la même. Certes l'histoire d'amour est décisive. Mais de là à la comparer à celle mise en scène par Shakespeare, il y a un gouffre. le fond n'en est pas le même, il ne s'agit ici absolument pas d'une rivalité entre deux familles, mais d'une rivalité entre le représentant de l'État d'une part et le représentant du brigandage de l'autre. du points de vue de la langue, il convient encore moins de les comparer. Hernani est un drame romantique, où la langue, si elle est parfois autant somptueuse que celle de Shakespeare, est d'autre fois plus basse et plus triviale. le drame romantique repose en effet sur l'abandon de la tripartition du langage ou une oeuvre devrait être écrite soit au registre bas, soit au registre moyen, soit au registre sublime: si le drame romantique permet le mélange de ces registres, il était avant tout bonnement impossible de le faire. D'où la bataille d'Hernani opposant d'une part les "anticonformistes" voulut mettre fin à cette conception fermée des pièces théâtrales, et les conservateurs d'autre part voulant conserver les règles théâtrales.
Il n'est donc pas possible de comparer ces deux oeuvres, tout d'abord car la langue des deux auteurs n'est absolument pas comparable, mais aussi car le traitement de l'histoire d'amour est totalement différent. Comparer ces deux oeuvres pour la seule et bonne raison qu'elles représentent une histoire d'amour impossible revient à dire que presque toutes les pièces de théâtres sont comparables, en ce qu'elles représentent le plus souvent ce thème: le Cid de Corneille, La Double Inconstance de Marivaux, ...
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
cmpfcmpf   13 octobre 2014
DON CARLOS seul.
Il s’incline devant le tombeau.
- Es-tu content de moi?
Ai-je bien dépouillé les misères du roi?
Charlemagne ! Empereur, suis-je bien un autre homme ?
Puis-je accoupler mon casque à la mitre de Rome ?
Aux fortunes du monde ai-je le droit de toucher ?
Ai-je un pied sûr et ferme, et qui puisse marcher
Dans ce sentier semé de ruines vandales,
Que tu nous as battu de tes larges sandales ?
Ai-je bien à ta flamme allumé mon flambeau ?
Ai-je compris la voix qui parle en ton tombeau ?
- Ah! J’étais seul, perdu, seul devant un empire ;
Tout un monde qui hurle, et bouillonne, et conspire ;
Le Danois à punir; le Saint Père à payer ;
Venise, Soliman, Luther, François premier ;
Mille poignards jaloux, luisant déjà dans l’ombre ;
Des pièges, des écueils, des menaces sans nombre,
Vingt peuples dont un seul ferait peur à vingt rois,
Tout pressé, tout pressant, tout à faire à la fois ;
Je t’ai crié : « Par où faut-il que je commence? »
Et tu m’as répondu: « Mon fils, par la clémence ! »
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TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   23 juin 2014
_ Oh je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! _
J'ai pris vos meilleurs fils ; pour mes droits, sans remords
Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts !
C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s'ouvraient, ils verraient le ciel bleu !
Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Dona Sol, prends le duc, prends l'enfer, prends le roi !
C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi vaut mieux que moi !
Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte, il est temps qu'à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d'aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis ! _ Tu me crois peut-être
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends et jamais ne m'arrête.
Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit : Marche ! et l'abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur à qui me touche !
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !
+ Lire la suite
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Aurel82Aurel82   01 mai 2017
HERNANI : Oh ! par pitié pour toi, fuis ! – Tu me crois peut-être
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.
Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit : Marche ! et l'abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur à qui me touche !
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !
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gillgill   15 février 2013
En dépit de son dénouement sombre, "Hernani" faisait passer un souffle de jeunesse sur notre théâtre. Par ses hardiesses de ton, de style et de versification, ce drame était bien fait pour enthousiasmer les "jeunes -France" (groupe d'étudiants et de rapins dont Gérard de Nerval qui assurèrent le succès de la pièce) ; avec le lyrisme de ses sentiments simples, généreux, chevaleresques, avec sa tendresse et son panache, il reste entraînant, exaltant même ; par ses qualités romanesques et ses accents héroïques il s'inscrit dans la lignée du Cid.
(extrait du manuel de littérature "Lagarde et Michard - XIX° siècle - le théâtre de Victor Hugo - Hernani))
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cmpfcmpf   13 octobre 2014
(A l’entrée l’Hernani Don Carlos s’était caché dans une armoire étroite)

DON CARLOS
Nous verrons. J’offre donc mon amour à madame.
Partageons, voulez-vous? J’ai vu dans sa belle âme
Tant d’amour, de bonté, de tendres sentiments,
Que madame, à coup sûr, en a pour deux amants.
Or, ce soir, voulant mettre à fin mon entreprise,
Pris, je pense, pour vous, j’entre ici par surprise,
Je me cache, j’écoute, à ne vous celer rien ;
Mais j’entendais très mal et j’étouffais très bien.
Et puis je chiffonnais ma veste à la française.
Ma foi, je sors!
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Vidéo de Victor Hugo
teaser Les Miserables du Limousin .Référence explicite aux Misérables de Victor Hugo, ce roman-feuilleton a paru dans les colonnes du journal le Rapide entre juillet et septembre 1887. Retrouvé récemment, il n?avait été publié que cette même année 1887, avant de sombrer dans l?oubli. Il mérite une redécouverte. Plus d'informations sur : http://www.lesardentsediteurs.com
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