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Christiane Besse (Traducteur)
EAN : 9782221111802
594 pages
Robert Laffont (19/08/2010)
4.06/5   227 notes
Résumé :
L'Ibis, ancien transporteur d'esclaves reconverti en navire marchand, est au cœur de cette extraordinaire saga indienne. Parti de Baltimore, aux États-Unis, il rejoint Calcutta pour embarquer une cargaison de coolies attendue à l'île Maurice. Parmi eux Deeti, une paysanne ruinée par le commerce de l'opium tenu par les Anglais et qui accule les paysans indiens à la misère ; Kuala, son amoureux, qui l'a sauvée du bûcher funéraire sur lequel elle avait décidé de mourir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
4,06

sur 227 notes
Premier tome de la 'Trilogie de l'Ibis', Un océan de pavots nous présente une galerie de personnages loufoques et attachants : des Intouchables, un rajah déchu, des lascars matelots, un Noir presque blanc, une jeun bourgeoise rebelle... Tout ce petit monde est mêlé de près ou de loin au commerce de l'opium et se retrouve sur un grand voilier, l'Ibis, en partance de l'Inde pour Maurice.

A part ces présentations approfondies des différents protagonistes, il ne se passe pas grand chose dans l'océan de pavots, pourtant large de plusieurs centaines de pages. Ce n'est pas gênant, car ces rencontres exotiques sont plaisantes et pittoresques, pleines d'odeurs, de mots, de goûts et de coutumes indiennes ou lascaris. Je les retrouverai volontiers dans les tomes suivants.

Lu dans le cadre de Pioche dans ma PAL mai 2018, merci @juten-doji et désolée pour le gros retard de la critique.
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Un grand remerciement aux Editions Robert Laffont qui nous ont gracieusement offert ce livre, dans le cadre du partenariat avec Blog-O-Book.

Quiconque s'intéresse un tant soit peu à la littérature indienne sait combien nombre de ses auteurs sont attachés aux livres-fresques : Vikram Seth avec son "Garçon Convenable", Vikram Chandra avec son "Seigneur de Bombay" ou même V. S. Naipaul avec des ouvrages comme "Jusqu'au bout de la Foi" ou "L'Inde : Un Million de Révoltes." Avec la "Trilogie de l'Ibis", Amitav Ghosh ne fait pas exception à ce courant littéraire puisque "Un Océan de Pavot", premier tome de l'ensemble, assume dès le départ le ton et la construction des romans-fleuves.

Bien que l'auteur consacre près des deux tiers de ce livre à mettre en place les personnages principaux, encore en proie aux affres de leur "première" vie, celle à laquelle les événements, bons ou mauvais, les forceront à renoncer dans le dernier tiers, le miracle du conteur s'accomplit dès les premières pages. Dès l'entrée en scène de Deeti, la jeune paysanne indienne qui, jouant avec sa fille dans le Gange, "voit" brusquement se dresser devant elle non seulement "L'Ibis" mais aussi cette mer qu'elle n'a jamais approchée, s'éveille dans le coeur du lecteur le désir, vorace, absolu, d'aller plus loin et de savoir où cette flamboyance de mots, ces descriptions rêveuses des champs de pavots à l'aube de la récolte, ce souffle d'émotions violentes qui se lève à l'horizon des pages va les conduire, lui et les personnages du romancier.

"L'Ibis", ancien navire négrier reconverti en transporteur de coolies et d'opium - nous sommes en 1838 et les Britanniques exploitent à fond toutes les richesses du pavot, imposant sa culture aux paysans du Bengale à seule fin d'expédier en Chine la drogue qu'il produit - compte lui aussi parmi les principaux protagonistes. du début jusqu'à la fin, Amitav Ghosh fait de lui un être vivant, qui craque, frémit, tangue, lutte et vainc au même titre que ceux qu'il héberge. Il est à la fois le moyen de transport qui va permettre aux héros de quitter l'Inde pour tenter de refaire leur vie en Chine, et celui qui rend également possible ce changement spirituel qui fera d'eux des femmes et des hommes nouveaux. de l'humble paysanne devenue veuve (Deeti) et qui a fui les flammes de la sâti jusqu'au rajah déchu (Neel), en passant par Paulette, la jeune orpheline française fuyant un mariage non désiré et Zachary, le capitaine en second au teint si blanc qu'on ne croirait jamais qu'il a pour mère une quarteronne, tous sont contraints à rejeter leur identité passée et à endosser une nouvelle personnalité mais, pour y arriver, la souffrance ne suffit pas : il faut aussi vouloir survivre.

Un roman extrêmement attachant qui embarque son lecteur sans que celui-ci s'en aperçoive - ou presque. A lire en attendant la parution des deux autres tomes. (Petit bémol : on aurait aimé un glossaire des très nombreux mots indiens, pidgin et autres couramment utilisés au fil des pages.) ;o)
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Je me suis embarquée sur l'Ibis, une goélette qui arrivée en Inde après bien des difficultés va repartir vers l'île Maurice, chargée de coolies main-d'oeuvre peu coûteuse, pour remplacer les esclaves que ce bateau négrier transportait jusqu'à l'abolition de l'esclavage par les anglais.
Nous sommes en 1838, en Inde les anglais ont imposé la culture du pavot aux paysans, l'opium récolté et traité dans des factories assure la richesse de l'Angleterre.
Cette goélette va devenir l'espoir, le cap pour une multitude de personnages, l'occasion pour eux d'aller au bout de leurs rêves, de faire le choix d'une vie différente, de changer, de devenir autre.
Pour Deeti qui va tenter de fuir l'Inde et le sort que l'on réserve aux veuves. le pavot a fait mourir son mari, les a asservi et ruiné, elle va se tourner vers l'unique personne qui lui a un jour témoigné de la compassion : Kalua « de taille inhabituelle et d'une carrure impressionnante »
Pour Jodu qui rêve de pouvoir s'embarquer, de retrouver Paulette sa presque soeur qui a grandi avec lui, partagé ses jeux. Il a tout appris « A force d'écouter les voix qui résonnaient sur le pont des grands navires » il rêve de grimper dans les vergues d'un de ces navires.
Pour Neel, le jeune rajah si fier qu'il ne veut pas voir les dettes qui s'accumulent, qui a la naïveté de penser que les anglais le respecte, qui découvre que l'on peut du jour au lendemain passer d'un palais des mille et une nuit à une geôle sordide
Pour Paulette l'Ibis c'est la possibilité de fuir un mariage imposé, orpheline passionnée par l'oeuvre de son père botaniste, grande lectrice de Rousseau et Voltaire, elle se plie mal au destin qu'on lui réserve, aux contraintes religieuses. Mais « une goélette n'est pas un endroit pour une femme » elle va devoir faire preuve de détermination.
Pour Zachary enfin « de taille moyenne, robuste, un teint de vieil ivoire » marin d'occasion, capitaine en second d'un navire qui a fait la difficile traversée depuis Baltimore. Sans Serang Ali et sa compagnie de lascars embarquée au Cap, ils ne seraient pas arrivé jusqu'au golfe du Bengale.
Fils d'esclave l'Ibis est pour lui l'occasion de changer, de changer de tout : d'origine, de métier, de destination.
Passionnant, coloré, épicé, porteur des senteurs de l'Inde, ce roman vous emporte de la première à la dernière page. C'est un tableau vivant, chaleureux, violent. Porté par un souffle romanesque qui ne se dément pas tout au long du récit, ce roman m'a rappelé mon impatience à la lecture des romans de Dumas.
L'aventure est au rendez-vous, les personnages qui vous invitent à passer d'une barque sur le Gange, à une soirée brillante au palais du Rajah,d'un bûcher funéraire à une prison sordide, des champs de pavots à la cale d'un négrier.
Tout y est : le valeureux héros, la jeune femme en danger, des lascars dangereux et sympathiques, des hommes sans foi ni loi, bref l'aventure avec un grand A.
Amitav Ghosh dresse le tableau d'une Inde disparue où le blanc fait la loi et où chacun a un destin tout tracé. En conteur exceptionnel il vous tient à sa merci et vous vous laissez éblouir par sa magie.
Pourtant attention, romanesque ne veut pas dire mièvre, le récit, les personnages ne sont pas tendres, on est loin des contes pour enfants.
Cet Océan de pavots et le premier tome d'une trilogie et je vous garantie que je serai au rendez-vous de l'Ibis.
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Premier roman de la trilogie « de l Ibis « 
(Fleuves de fumée et déluges de feu lui faisant suite )

Je ne regrette vraiment pas cette découverte !
Voilà du bon ,du vrai roman ,dans la veine de ceux que je ne lache pas !
L auteur ,indien, ecrivant en anglais ne mégote pas avec la qualité tant du style que de l intrigue ,et s est vraiment informé dans les moindres détails du contexte historique (les guerres de l opium ,opposant l empire colonial brittanique à l à Chine au 19 eme siècle ),technique( les bateaux la navigation )géographique ,sociologique …
Voilà un auteur qui a un vrai respect du lecteur ! On devine le travail d arrière plan réalisé pour écrire cette fresque .

Pour autant ,tout ceci se lit facilement ,ne soyez pas rebutés !

Trilogie de l'ibis ,donc ,d après le nom d un bateau qui emmène vers l île Maurice ,une cargaison de coolies ,main d oeuvre bon marché originaire de la région de Calcutta pour exploiter (et se faire exploiter evdt mais avaient ils réellement le choix ?)les champs de canne à sucre .
Ces engagés ,exilés volontaire sont evdt tous en rupture de ban avec leur milieu pour différentes raisons
Parmi eux Deeti veuve poursuivie par sa belle famille et Maddow le géant pariâh ,son amoureux qui lui épargna la crémation sur le bûcher de la dépouille de son mari en la sauvant dans des conditions rocambolesques
Ce vaisseau transporte aussi à son bord un service d ordre (soldats et officiers indiens evt d origine Sikh à la solde des britanniques =les cipayes ) et qq passagers « ordinaires »
Et même deux criminels (un nabab déchu et un mystérieux métis toxicomane )

Je ne vais pas résumer (impossible ) l intrigue menée de main de maître et la foule de personnages .

pourquoi le titre « ocean de pavots « ?
J ai bien aimé le point de vue de l auteur qui est originaire de cette région, il décrit les faits bruts et ce n est guère flatteur pour les « impérialistes « 
L empire britannique ,représentés par une bande d aventuriers -commerçants sans états d âme autre que l appât du gain , avait petit à petit contraint la population à ne plus cultiver que le pavot pour alimenter ses fabriques d opium .
Commerce de l opium dont les Anglais avaient le quasi monopole et qu ils revendaient en Chine avec la complicité de fonctionnaires corrompus
Ceci leur permettait d avoir de l argent frais pour se procurer les denrées chinoises très convoitées ,soieries ,porcelaine ,pierrées précieuses ,épices , thé
L empereur de Chine , voyant les ravages provoqués sur sa population (toxicomanie ) et sur son appareil etatique (corruption à tout niveau ) décida d y mettre fin en chassant les anglais ,confisquant leurs cargaisons d opium
Ce fut le début des guerres de l opium
Cela ne vous rappelle -t -il rien ?
Les talibans et leurs champs de pavots…
La guerre au nom de la Défense des idées de liberté du commerce ,de la concurrence , la guerre pour « sauver le peuple opprim é

Bref , lisez tout cela , l auteur en parle bien mieux que moi
Ne vous laissez pas rebuter par les phrases en jargon du début de ce tome ,jargon des lascars( matelots d origine diverses )ou pidgin :il faut le lire à haute voix ,phonétiquement c est assez drôle et imagé mieux si l on comprend l anglais .ces passages en jargon des lascars disparaissent progressivement pour être quasi absents des tomes 2 et 3 .

Regret ;liste des personnages serait bienvenue
Ainsi que de meilleures cartes surtout en version livre numérique peu lisibles

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Inde 1838

Larguez les amarres vers l'île Maurice.
L'Ibis, bateau anglais affrété pour le transport de coolies sous contrat (girmitiyas) destinés à travailler dans les plantations de l'Empire Britannique. C'est vers lui que convergent les nombreux personnages de cette fresque historique (intouchables, prisonniers, femmes en rupture familiale, soldatesque) rejoignant les hommes et officiers de l'équipage.

Il fut un temps où cette lecture aurait fait mon bonheur, en clin d'oeil à la littérature du 19e (Dumas, Kipling …). Mais n'étant plus un perdreau de l'année, je ne trouve plus de plaisir à me gaver de ce genre assumé « littérature romanesque », avec personnages nombreux et rebondissements à l'envi. (Quoi qu'il ne se passe pas grand-chose dans toutes ses pages sur la guerre de l'opium…).

Ce solide roman met en place une intrigue prévisible avec de grosses ficelles pour créer une histoire sous tension en délaissant la réalité historique de l'époque. L'auteur préfère consacrer son propos à une charge appuyée concernant la violence d'une société multiforme en contexte de colonisation. L'exotisme pointant à peine son nez et la lourdeur de l'écriture ont eu raison de ma patience. Je me dispenserai des tomes suivants …

Mais les amateurs du genre vont y trouver leur compte !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Tout en écoutant le bruissement des voiles, elle s'aperçut qu'une graine était restée logée sous l'ongle de son pouce. Une graine de pavot. Elle l'expira, la roula entre ses doigts et leva les yeux au-dessus des voiles bien étarquées, vers la voûte remplie d'étoiles. Tout autre soir elle aurait cherché dans le ciel la planète qu'elle avait toujours pensé être l'arbitre de sa destinée, mais aujourd'hui c'est la minuscule sphère qu'elle tenait entre le pouce et l'index que son regard retomba. Elle scruta la graine comme si elle n'en avait jamais vu auparavant et, soudain, elle comprit que ce n'était pas la planète là-haut qui gouvernait sa vie : c'était cette minuscule petite boule, à la fois généreuse et dévorante, miséricordieuse et destructrice, nourrissante et vengeresse. C'était là son Shani, son Saturne.
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It happened at the end of winter, in a year when the poppies were strangely slow to shed their petals : for mile after mile, from benare onwards, the ganda seemed to be flowing between twin glaciers, both its banks being blanketed by thick drifts of white- petalled flowers. It was as if the snow of the high Himalayas had descended on the plains to await the arrival of holi and its springtime profusion of colours.
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Le besoin d'utiliser ses mots remémorés était si fort que Neel ne réussit pas à dormir cette nuit-là. Bien plus tard, quand les femmes eurent chanté à s'enrouer et qu'un calme incertain fut revenu dans le dabusa, il entendit quelques migrants tenter de se souvenir de la légende de l'île de Ganga Sagar. Il ne put s'empêcher de leur raconter l'histoire lui-même : parlant à travers le conduit, il rappela à ses auditeurs que, sans cette île, ni le Gange ni la mer n'auraient existé ; car, selon la légende, c'est là que Lord Vishnu, dans son avatar du sage Kapila, méditait, assis, quand il fut dérangé par les soixante mille fils du roi Sagar qui traversaient le pays en en revendiquant la possession pour la dynastie Ikshvaku. C'est là aussi, exactement où ils se trouvaient à présent, que ces soixante mille princes avaient été punis de leur impudence en étant réduits en cendres par le seul regard des yeux brûlants du sage. ; c'est là encore que leurs cendres impies étaient restées jusqu'à ce qu'un autre héritier de la dynastie, le bon roi Bhagiratha, ait été capable de persuader le Gange de pleuvoir du ciel et de remplir les mers : et c'est ainsi que les cendres des soixante mille princes Ikshvaku avaient été ramenées de l'enfer.
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Neel, en fils toujours obéissant, avait laissé s'effacer dans sa tête ce langage qui pourtant, sans qu'il le sache, était resté vivant - et à présent, en entendant Deeti chanter, il reconnut que sa musique l'avait secrètement nourri : il avait toujours adoré les dadras, chaitis, barahmasas, horis, kajris - des chansons pareilles à celles que Deeti chantait. En l'écoutant, il comprenait pourquoi le bhojpuri était la langue de cette musique : de tous les parlers entre le Gange et l'Indus, aucun ne l'égalait dans sa capacité à exprimer les nuances de l'amour, du désir et de la séparation, la souffrance de ceux qui partent et de ceux qui restent.
Comment se faisait-il que, en choisissant les hommes et les femmes destinés à être arrachés à cette plaine asservie, la main du destin se fût posée si loin à l'intérieur, très à l'écart des côtes peuplées, sur des gens parmi les plus obstinément enracinés dans le limon du Gange, un sol qui devait être semé de douleur pour produire sa récolte d'histoires et de chants ? Comme si le sort avait enfoncé son poing dans la chair vive du pays pour en arracher un morceau de son coeur souffrant.
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La vérité, monsieur, est que les hommes font ce que leur pouvoir leur permet. Nous ne sommes aucunement différents des pharaons ou des Mongols sinon que nous, quand nous tuons, nous nous sentons obligés de prétendre que c'est pour une cause supérieure. C'est cette prétention à la vert, je vous le promets, que l'histoire ne nous pardonnera jamais.
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