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ISBN : 2221241983
Éditeur : Robert Laffont (07/03/2019)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Un roman longtemps oublié à découvrir de toute urgence dans sa traduction de référence.
Trois Américains, intrigués par des légendes locales, découvrent sur une haute montagne un petit pays mystérieux et, à leur grand étonnement, seulement peuplé de femmes. Ils sont les premiers mâles à visiter Herland en près de deux mille ans. Herland est l’une des utopies féministes les plus réussies jamais écrites. Paru en 1915, ce roman de la sociologue Charlotte Perkins... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  04 mai 2019
Il existe en Amérique du Sud un pays où, depuis 2000 ans, les femmes vivent sans les hommes. Se reproduisant par parthénogenèse, elles ont créé une société idéale, juste et profondément pacifique, tournée vers la maternité et l'éducation de toutes. Quand Terry, Jeff et Vandyck, trois jeunes Américains découvrent le pays, ils sont tout à la fois sidérés et incrédules devant cette autonomie harmonieuse. Leurs principes et préjugés misogynes sont mis à mal et ils ont toutes les peines du monde à comprendre les vertus de ce monde dénué de violence, de compétition ou de domination. « Les vierges robustes n'avaient à craindre aucun mâle et, de ce fait, n'avaient pas besoin d'être protégées. [...] Elles plaçaient au plus haut le pouvoir de l'amour maternel, cet instinct que nous partons aux nues, mais aussi celui de l'amour sororal, que nous peinions à identifier alors qu'il était sous nos yeux. » (p. 99) Pendant une année, les trois hommes apprennent à connaître ce pays fabuleux, tout en sachant qu'ils n'y ont pas leur place et qu'ils devront le quitter.
Ce récit a posteriori a des airs de voyage extraordinaire à la Gulliver. Comme chez Jonathan Swift, la présentation d'une autre société est l'occasion de critiquer vivement la société dans laquelle il évolue. Ici, Charlotte Perkins Gilman donne de nombreuses leçons de féminisme et de morale. « Je pris conscience alors que ces charmes féminins qui nous fascinent tant ne sont pas féminins par essence, mais que ce sont des projections masculines, qu'elles ont cultivées pour nous plaire, parce qu'il fallait nous plaire, mais en aucun cas nécessaire à la réalisation de leur grand dessein. » (p. 101) le seul bémol de cette lecture est la tendance de l'autrice à professer l'eugénisme pour produire un être féminin parfait. Cela tient cependant au contexte d'écriture du roman : en 1915, ce genre d'idées avait le vent en poupe, et comme le dit très bien la préface d'Olivier Postel-Vinay, le roman de Charlotte Perkins Gilman développe un certain protofascisme, avec cette volonté de confier les rênes de la société aux êtres plus méritants et aux plus performants.
Mais cette lecture reste profondément inspirante et je comprends que ce roman soit un fondement du féminisme américain. « Des femmes ayant ce type de culture sont parfaitement capables de se défendre et ne seront pas accueillantes à l'égard de visiteurs inattendus. » (p. 24) J'ai maintenant envie de découvrir d'autres textes de cette autrice, notamment ses essais économiques, mais aussi la suite de Herland où elle présente l'arrivée d'une femme de ce pays aux États-Unis : je pense que le choc des cultures sera plus brutal dans ce sens-là !
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afleurdemots
  18 juin 2018
Célèbre intellectuelle féministe du tournant du XIXème au XXème siècle, Charlotte Perkins Gilman est l'auteure d'une oeuvre prolixe composée de nombreux romans, nouvelles, poèmes, essais et articles, publiés entre 1888 et 1935. En 1909, elle lança seule son propre mensuel, baptisé The Forerunner, dans lequel parut pour la première fois en 1915 et sous la forme d'un feuilleton, son utopie la plus célèbre, Herland. le texte n'est paru sous forme de livre qu'en 1979, au moment où l'oeuvre de Gilman était redécouverte. Il est pour la première fois traduit cette année en français aux éditions Books.
Sous des allures au départ de simple fiction, Herland bascule rapidement dans le registre de l'utopie. Dans celle-ci, Gilman imagine un monde dans lequel le féminin est l'unique et peut se passer du masculin grâce à la parthénogenèse. Présenté comme un pays propre, dépourvu de violence, libéré des conflits, de la peur et de la maladie, Herland offre à Gilman le cadre parfait pour développer ses réflexions d'une société idéale. Dans ce lieu à la beauté ordonnée, les normes reconnues sur ce que sont le « masculin » et le « féminin » n'existent pas. Découpé en douze chapitres, ce texte percutant permet à son auteure d'exposer ses théories concernant la maternité, l'éducation des enfants, et les rapports entre hommes et femmes.
En mettant en exergue les incohérences de la société patriarcale, Gilman questionne les rapports et les interactions entre hommes et femmes. Face aux trois explorateurs, les herlandaises se montrent particulièrement enthousiastes à l'idée de pouvoir comparer leurs deux mille ans d'histoire et d'étudier les différences entre leur propre peuple composé exclusivement de femmes et la société mixte de leurs hôtes. Car à travers leurs questions a priori naïves, elles parviennent bientôt à ébranler sérieusement les croyances les plus solides du narrateur quant aux fondements et au bien fondé des valeurs de la société des hommes. Au cours de leurs échanges, van et son hôtesse confrontent leurs visions sur de multiples sujets, tels la religion, la mort, le travail, les traditions… En soumettant sa pensée patriarcale à un angle de vue externe et dépourvu de préjugés, le jeune homme remet bientôt en question les fonctionnements et les principes communément admis d'un système qu'il n'avait jusqu'alors jamais remis en cause.
A Herland, la maternité constitue l'institution fondamentale de la société, sous une conception qui transcende les liens biologiques. Les enfants sont la raison d'être du pays, et les femmes mettent toute leur énergie au service de leur avenir. Elles concentrent toutes leurs forces et leur intelligence à concevoir des plans pour atteindre leurs idéaux en matière d'éducation. Leur projet se résume en une question: comment oeuvrer à rendre chacun meilleure ? Historiquement, c'est dans l'intérêt de leurs enfants qu'elles développèrent plusieurs secteurs d'activités et organisèrent l'espace. Confrontées à une démographie galopante, elles durent cependant bientôt trouver une solution au problème de surpopulation qui aurait eu pour conséquence une baisse de la qualité de la vie. Refusant la compétition et la « lutte pour la vie » tout autant que le colonialisme, elles décidèrent de réguler leurs naissances et de ne plus se reproduire, sacrifiant leur maternité pour leur pays. Car pour les habitantes de Herland, l'amour maternel irradie de bien des façons, et les femmes qui n'ont pas d'enfant peuvent trouver un réconfort en prenant soin de ceux qui sont déjà là.
Si à Herland, la maternité, entendue comme le fait de porter un enfant, est accessible à chacune, l'éducation de l'enfant est en revanche un art réservé seulement aux plus compétentes. Dans cet esprit, le soin aux bébés, qui participe de l'éducation, est donc confié aux « plus capables ».
Puisant dans le mythe des Amazones, Gilman charpente une utopie passionnante dans laquelle les rapports de force se trouvent inversés, au service d'un discours féministe et engagé. Dans Herland, Gilman imagine une société sans hommes dans laquelle les femmes se reproduisent par parthénogenèse. Plus que d'imaginer un mode de reproduction alternatif permettant aux femmes de se passer totalement des hommes, Gilman créée dans son livre une société où la sexualité est totalement absente.
Avec l'arrivée de ces voyageurs, les habitantes voient l'occasion de rétablir la bisexualité à Herland. Après plusieurs mois passés à les étudier, les observer et les évaluer, elles envisagent la réintroduction des hommes et d'une reproduction sexuée normale. Mais pour les Herlandaises, l'acte sexuel reste indissociable d'une volonté de procréation.
Le mariage des trois explorateurs à trois des habitantes permet à l'auteure de développer ses opinions concernant cette institution et d'affirmer son point de vue concernant la nécessité de discipliner l'instinct sexuel. Ancrée dans la morale victorienne, Gilman expose une vision de la sexualité uniquement procréatrice. Après avoir tenté de violer son épouse, Alima, Terry est finalement chassé de Herland. En voulant prendre par la force la jeune femme qui se refusait à lui dans la mesure où son but n'était pas la reproduction, Terry a commis la transgression ultime des règles régissant la société herlandaise. Son acte symbolise au demeurant la concrétisation de ses intentions prédatrices (latentes depuis le début du récit) et de sa volonté de domination qui caractérisent son personnage phallocrate.
Selon Gilman, la féminité exacerbée et l'hypersexualisation des femmes du XXème siècle ne s'explique pas par la nature ou des causes biologiques mais par l'environnement économique, social et culturel dans lequel elles vivent. Parce qu'elles sont économiquement dépendantes des hommes, les femmes doivent sur-développer leurs caractéristiques féminines au dépens d'autres caractéristiques universelles. Van, le narrateur, prend progressivement conscience que sa vision de la place de la femme n'est en réalité qu'une construction culturelle.
Herland est donc un texte qui vaut surtout pour ses thèses avant-gardistes au regard de l'époque où il fut rédigé. Gilman y avance des réflexions novatrices pour son temps sur certaines questions, telles que le rapport à la nature, la féminité, l'éducation des enfants (où elle prône le recours à des méthodes pédagogiques alternatives et innovantes pour l'époque, à l'instar de la méthode Montessori) et l'éloge du partage des connaissances. Elle oppose en particulier l'esprit de compétition (la société américaine) à celui de coopération (Herland), qui constitue selon elle la clé de l'évolution humaine et du progrès.
Si certaines réflexions lancées par l'auteure apparaissent incroyablement visionnaires pour son époque, d'autres au contraire, témoignent aujourd'hui d'un regard éculé et d'une conception datée à l'égard de certains sujets. Dans sa vision de la différence des sexes, Gilman semble opposer de façon binaire une énergie masculine violente et portée à la destruction à une énergie féminine maternelle et conservatrice. En filigrane de sa démonstration se dessine par ailleurs une société où les individualités sont sacrifiées au nom du bien collectif. La maternité constitue pour ces femmes le seul engagement personnel, tout le reste s'inscrivant dans un projet commun. A Herland, tout est fait au service du pays et de l'amélioration de la « race ». Impossible aujourd'hui de ne pas tiquer devant cet éloge d'un certain eugénisme, ni d'occulter les sous-entendus racistes qui ponctuent l'oeuvre. Bien que marquée par son temps par certains aspects, Herland, n'en reste pas moins, cent ans après sa rédaction, une oeuvre globalement étonnamment moderne, qui force l'admiration et mérite qu'on s'y intéresse. Considéré comme un roman culte, il occupe par ailleurs une place centrale dans la littérature féministe américaine.
Première partie de sa construction utopique, Herland sera suivi en 1916 de la publication de With Her in Ourland, suite bien moins connue, dans laquelle l'auteure délivre pourtant certaines clés de compréhension de son oeuvre et de sa pensée, étoffant encore davantage sa réflexion. Espérons donc qu'une traduction française de ce second volet arrive prochainement, afin de permettre aux lecteurs francophones de découvrir encore un peu plus la production d'une auteure injustement tombée dans l'oubli.
Retrouvez mon avis complet ainsi que des extraits sur mon blog.
Lien : https://lectriceafleurdemots..
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Asmostark
  20 juin 2019
🤱🏻 Herland - Charlotte Perkins Gilman 🤱🏻
Traduction : Bernard Hoepffner @robert_laffont
Trois Américains, intrigués par des légendes locales, découvrent sur une haute montagne un petit pays mystérieux et, à leur grand étonnement, seulement peuplé de femmes. Ils sont les premiers mâles à visiter Herland en près de deux mille ans.
Comment peuvent-elles vivre en autarcie depuis deux mille ans sans hommes pour se reproduire? Ces femmes, coupées du monde à cause d'une catastrophe naturelle, ont évolué. Elles sont devenues capable de se reproduire par parthénogenèse, ainsi plus besoin d'hommes pour tomber enceinte. Elles ont développé leur société autour de la maternité, régulant les naissances pour rester à un point d'équilibre. Tout est réfléchi : l'éducation, la gestion des ressources, l'exploitation du potentiel de chacune... afin de vivre en paix et en harmonie.
Ce livre est très intéressant et original. Que se passerait-il si une société était exclusivement composée de femmes? Quelle en serait sa forme? C'est ce que nous propose l'auteure, mettant en avant la logique et la sagesse des femmes qui ne vivent plus sous la domination masculine. Il est important de dire que ce livre est paru en 1915, certaines réactions ou façons de voir des personnages masculins collent donc à la société de l'époque. J'ai beaucoup aimé Herland et ces femmes libres qui ont su créer une société où le bien-être et l'harmonie règnent.
Cependant les explications poussées sur leur façon de voir ne sont toujours pas très fluides et alourdissent la lecture. C'est mon seul petit bémol.
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Zarps
  23 juin 2019
J'ai lu ce livre parce qu'il est vu comme un classique de la littérature américaine ayant inspiré un grand nombre d'auteures et de féministes outre atlantique. On découvre dans ce texte, Herland, un pays dont le peuple n'est composé que de femmes, se reproduisant par parthénogenèse. Trois hommes vont entrer à Herland, et c'est l'un d'entre eux qui nous fait le récit de ce qu'ils ont découvert.
Je ne vais pas le cacher, je me suis ennuyée tout au long de ma lecture. J'aurais voulu aimer beaucoup plus ce livre. le sujet, l'auteure, tout devait me conduire à apprécier ma lecture, mais rien n'y faisait, les pages défilaient et je m'ennuyais toujours autant. Pour moi, c'est un classique qui a vieilli dans sa forme, dans son style, il est très didactique, on ressent aussi que c'est l'oeuvre d'une sociologue en premier lieu.
J'ai trouvé que ce texte manquait de romanesque, que les personnages masculins étaient trop stéréotypés, que la vision de la maternité comme épanouissement ultime de cette société était datée. Mais justement, l'intérêt réside aussi dans la découverte d'un texte écrit en 1914, dans un monde contrôlé intégralement par les hommes.
Et même je suis passée à côté de cette lecture, je salue l'idée de cette réédition.
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Felina
  05 mai 2019
Charlotte Perkins Gilman était une femme lettrée et engagée, nièce d'Harriett Beecher Stowe, l'autrice de "La case de l'oncle Tom". Elle s'investit dans les réformes sociales et la place de la femme dans la société. Son roman "The yellow wallpaper" - paru en France sous le titre de "La séquestrée" - aborde le thème de la dépression et dénonce le manque de prise en considération de la femme dont les crises d'hystérie n'était considérées que comme des caprices, de même que le syndrome post-partum.
Herland raconte l'épopée de trois hommes dans le royaume des femmes. Ce pays féminin perdu au coeur de nulle part, vit dans la paix et le secret, jusqu'à l'arrivée de trois explorateurs qui vont découvrir un lieu hiérarchisé et très organisé, dépourvu de violence et de maladie, l'évolution de cette société matriarcale est stupéfiante. Au gré de leurs découvertes les trois amis vont découvrir une ville très bien pensée, composée uniquement d'êtres de sexe féminin. Mais l'intrusion d'hommes au milieu de cet équilibre va-t-il faire basculé cet éden?
Charlotte Perkins Gilman a écrit ici une utopie féministe remarquable, qui marqua les esprits lors de sa parution. Elle rêve cette société féministe, protégée de toute influence masculine, avec finesse et précision. Au fil des pages, l'autrice compare Herland à la société patriarcale dans laquelle elle vit - son roman paraîtra aux États-Unis en 1915 - sur différents plans tels que la maternité, l'éducation, les interactions entre les femmes et les hommes, le travail, la mort, etc. Menées avec intelligence, les propos de l'autrice sur cette communauté idyllique parviennent à faire douter le lecteur sur les valeurs et le bien fondé de la société.
Le coeur de Herland est la maternité. Question de curiosité, comment une telle sororité peut-elle concevoir des enfants? Charlotte Perkins Gilman prend le parti de la parthénogénèse et de l'absence totale de sexualité. L'enfant est le moteur de ce système, tout tourne autour du concept qui vise à rendre chacun meilleur. L'éducation est la clé, et est dispensée seulement par les femmes les plus expertes en la matière. La valeur individuelle disparaît au profit de la communauté. La place de la femme dans cette société fantasmée, est mise en avant par rapport à la position totalement en retrait et soumise - presque comme un enfant - dans la vie réelle, cantonnée à un rôle peu reconnu. (...)
Lien : http://lillyterrature.canalb..
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critiques presse (1)
Actualitte   31 mai 2019
Une belle utopie (quoique ? On part quand vous voulez) réussie, enfin traduite en France près d’un siècle après son écriture !
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   20 mai 2019
Nous apprõchames d'une petite ville. J'avoue que nous fîmes peu attention aux rues, entretenues et bien tracées, à la plaisante architecture et à la beaute ordonnée des lieux. Nous avions sorti nos jumelles. Terry aussi, qui préparait un vol plané, porta les siennes à ses yeux.
Les femmes entendirent le vombrissement du moteur et sortirent des maisons.
Elles arrivaient des champs au pas de course, silhouettes légères, des foules entières ! Nous les devisageâmes encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour attraper les manettes, redresser l'appareil afin de regagner le ciel.
-"Mon Dieu... dit Terry après un moment. Il n'y a que des femmes !
- Et des enfants " s'exclama Jeff, tout excité.
Je protestai :
"On voit que ce pays est civilisé, il doit bien y avoir des hommes...
- Bien sûr qu'il y a des hommes, dit Terry. Alors, trouvons-les".
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LiliGalipetteLiliGalipette   04 mai 2019
« Les vierges robustes n’avaient à craindre aucun mâle et, de ce fait, n’avaient pas besoin d’être protégées. […] Elles plaçaient au plus haut le pouvoir de l’amour maternel, cet instinct que nous partons aux nues, mais aussi celui de l’amour sororal, que nous peinions à identifier alors qu’il était sous nos yeux. » (p. 99)
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afleurdemotsafleurdemots   18 juin 2018
Nous avions imaginé une société monotone et soumise, et nous avions admiré une inventivité et une audace supérieures aux nôtres, ainsi que des avancées scientifiques de même niveau. Nous avions imaginé la mesquinerie, et avions découvert une conscience sociale à côté de laquelle les chamailleries de nos pays semblaient infantiles et stériles. Nous avions imaginé la jalousie, et avions observé une profonde affection sororale, une intelligence éprise d’impartialité, dont nous n’avions pas l’équivalent. Nous avions imaginé l’hystérie et avions été accueillis par des esprits profonds auxquels la vulgarité était impossible à expliquer.
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cecilitcecilit   20 mai 2019
- Tout de même, il y a quelque chose de bizarre. Ce n'est pas seulement que nous ne voyons pas d'hommes, c'est qu'il n'y a même pas le plus petit signe de leur présence en ces lieux. Et le comportement de ces femmes n'a rien à voir avec ce que j'ai pu rencontrer jusqu'ici.
- Pas faux, Jeff - j'acquiescais . L'atmosphère qui règne ici est on ne peut plus singulière.
- Elles n'ont pas l'air de se rendre compte que nous sommes des hommes, poursuivit-il. Elles nous traitent, eh bien, comme elles se traitent entre elles. C'est comme si le fait d'être un homme leur semblait un élément mineur.
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afleurdemotsafleurdemots   18 juin 2018
La tradition voulant que les hommes soient des gardiens et des protecteurs n’avait plus cours ici. Ces vierges robustes n’avaient à craindre aucun mâle et, de ce fait, n’avaient pas besoin d’être protégées. Quant aux bêtes sauvages, il n’y en avait aucune dans ce pays préservé. Elles plaçaient au plus haut le pouvoir de l’amour maternel, cet instant que nous portons aux nues, mais aussi celui de l’amour sororal, que nous peinions à identifier alors qu’il était sous nos yeux.
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Videos de Charlotte Perkins Gilman (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charlotte Perkins Gilman
http://www.librairiedialogues.fr/ Julien nous propose ses coups de c?ur du rayon Poche : "Il était une fois Morris Jones" de Ran Walker (Autrement), "Le Gardien des choses perdues" de Ruth Hogan (Actes Sud Babel) et "Herland" de Charlotte Perkins Gilman (Points / Pavillons poche). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Laure-Anne Cappellesso.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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