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Lady Helen tome 1 sur 4
EAN : 9782070663477
576 pages
Gallimard Jeunesse (18/08/2016)
4.12/5   927 notes
Résumé :
Londres, Avril 1812....
Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l'espoir de faire un beau mariage. Mais une bonne de la maison disparait, des meurtres sanglants sont commis, la plongeant soudain dans les ombres de la Régence. Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (252) Voir plus Ajouter une critique
4,12

sur 927 notes
Une perfection ...

- Si vous ne vous remettez pas du peu d'oeuvres qu'a laissées Jane Austen parce que vous l'adorez ,
- si vous êtes adolescente ou aimez les lectures pour ados,
- si vous avez aimé la série " Sans âme", de Gaël Carriger , ou " The Agency", de Ying S.Lee ; alors lisez: Lady Helen !

On est à Londres , Avril 1812 , la régence est commencée depuis un an et Lady Helen va faire son entrée dans le monde .( Cela signifiait , pour une toute jeune fille de parcourir les bals et les sorties, dans le but de faire un beau mariage , ce qui, à l'époque était le maximum de ce qu'une femme pouvait espérer de mieux ...) .
Et pour Lady Helen , il y a le feu , parce qu'elle souffre de la très mauvaise réputation de sa mère, laquelle était "folle" . Tout n'est pas désespéré pour elle puisqu'elle aura une dot de 40 000 livres , mais quand même , elle ne part pas dans le monde avec de bonnes cartes . Orpheline de père et mère, elle a grandi chez son oncle et sa tante et ce dernier brûle de se débarrasser d'elle .
C'est à ce moment crucial de sa vie, que Lady Helen fera la connaissance de Lord Carlston, qui souffre lui aussi d'une très mauvaise réputation (on le soupçonne d'avoir tué son épouse) ... il lui révélera qu'elle dispose des mêmes dons que lui et qu'elle doit intégrer le Club Des Mauvais jours , chargé de se débarrasser des Abuseurs ...

Outre ce très joli nom pour un club, Alison Goodman nous fait rentrer dans un monde très poétique ou Helen voit des halos plus ou moins bleus , au-dessus des créatures maléfiques , où le fantastique côtoie un monde corseté par des règles de bienséance très strictes.
Et cette trilogie prometteuse doit beaucoup au sérieux de documentation de l'auteur, elle a accompli un travail considérable pour être crédible qu'elle nous invite à découvrir à la fin du roman . Danses, vêtements, boissons etc.. elle a tout testé !
Je dois d'ailleurs dire que ce livre est pour moi le plus bel hommage à ce jour d'un écrivain envers l'oeuvre de Jane Austen . Vraiment !
Si ce n'était les références fantastiques, cela aurait pu être écrit par Jane en personne ...
Voilà ! Je suis totalement admirative devant son travail, j'ai hâte de lire la suite . Il y a du mystère , du romantisme, une grande recherche de vocabulaire d'époque ;tout concorde afin que cette trilogie écrite par une Australienne (!) devienne un immense succès et soit adapté au cinéma .
Lisez-le !
562( petites) pages de pur ravissement dans un sublime écrin doré et bleuté ...
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Cela faisait déjà un bon bout de temps que ce livre me faisait de l'oeil…A force de lire des critiques élogieuses, je me suis enfin lancée dans cette lecture.
Je reconnais qu'une de mes réticences était la singularité de l'histoire. Certes, cette histoire se déroule au début du 19eme siècle ( en 1812 pour être plus précise en pleine période de la régence ), mais placée sous le signe du fantastique…J'étais clairement un peu dubitative au sujet de l'association de ces deux genres que sont le roman historique et le fantastique, alors que j'apprécie les deux … Et puis, lire des comparaisons avec l'oeuvre de Jane Austen, je dois dire que je trouvais cela plus fort que mon café matinal…
Bref, la curiosité aidant, il fallait bien que je me fasse une idée par moi-même de cette trilogie dont je viens de terminer le premier tome.
Il faut dire que je sors de cette lecture assez convaincue. Je ne peux que saluer en premier lieu le style et le talent de l'auteur pour restituer avec beaucoup de réalisme cette période de l'histoire de l'Angleterre. Oui, on remarque clairement qu'Alison Goodman s'est basée sur de solides recherches et le résultat est plus qu'à la hauteur.
Oui, on suit avec plaisir la vie de la jeune héritière Helen. En effet, sa vie est une succession de bals et de sorties dont l'objectif principal est clairement de dénicher un mari bancable…. Car n'oublions pas que pour une femme, à cette période, faire un « bon mariage » était un moyen comme un autre de gagner un peu de liberté (enfin, quelquefois)
Cependant, quelques évènements imprévus vont gripper les rouages qui paraissaient bien huilés du petit train de la jeune fille. La rencontre avec lord Carlson, un gentleman à la réputation plus que détestable va être déterminante et surtout permettre à Helen d'en apprendre plus sur elle-même et le monde caché qui l'environne. La jeune femme est dotée de pouvoirs bien particuliers qui vont lui permettre de lutter à côté d'une poignée de personnes contre des sortes de démons….
Je vais lire la suite avec beaucoup d'intérêt, ….

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Pour une fois, je suis totalement d'accord avec la baseline choisit par Gallimard à savoir : « Entre romance à la Jane Austen et fantasy noire ». Ceci plus une très jolie couverture et j'étais déjà conquise. Si bien qu'à peine sorti, j'étais déjà chez mon libraire.

Point très positif, l'histoire rentre dans le vif du sujet très rapidement. Avec un pavé de presque six cents pages, j'avais un peu peur des longueurs. Alison Goodman nous présente l'univers de son héroïne, Helen, une jeune aristocrate londonienne, orpheline et qui va faire ses débuts dans la haute société. L'univers de Jane Austen est déjà là. Nous retrouvons donc les codes propres à cette époque, la bienséance, le misogynisme qui fait grincer des dents, les cancans, ce côté lisse de façade qui fait sourire… Les choses se compliquent un peu avec l'arrivée de cette touche de fantastique assez sombre. On a du mal à imaginer notre héroïne pouvoir entrer dans ce tout nouveau monde. Elle reste une femme et à l'époque le « soit belle et tais toi » était malheureusement le crédo pour la gente féminine. Mais l'auteur parvient à passer outre et à partir de ce moment-là, impossible de décrocher.

Piquant, aventureux, parfois drôle, on retrouve ce style « so british » que j'adore, et Alison Goodman arrive sans peine à nous introduire dans ce fameux club des mauvais jours. Un titre intriguant, un peu cocasse aussi. Pourtant, rien de très drôle quand on apprend ce qu'il se passe dans l'ombre de Londres. Pas quoi nous terrifier non plus, mais on est happé par ce monde occulte dont on veut tout savoir. Par le biais d'Helen et des intrigues qui se succèdent, les secrets se dévoilent, le suspens monte petit à petit, et nous allons de découvertes en découvertes. Un premier tome qui ne laisse pas du tout sur sa faim et qui parvient à planter le décor tout en nous plongeant dans le vif du sujet. Tout ce que j'aime.

Helen est un peu comme les héroïnes de Jane Austen. Une femme qui vit avec les barrières que lui impose la société mais qui en même temps est une femme moderne. Intelligente, dégourdie, franche, ironique, elle a tout pour plaire. A de nombreuses reprises, on ne lui souhaite d'ailleurs que de pouvoir s'émanciper. En face, Carlton, un comte mystérieux à la réputation plutôt sombre. Un monsieur Darcy en quelque sorte. Il est piquant, vif, pas toujours très sympathique. Mais on finit par apprendre à le connaître, et il fait chavirer notre petit coeur. Il est aussi pour moi, l'un des rares personnages masculins que j'ai apprécié. Son serviteur est trop peu exploité pour avoir une idée, mais les autres sont soit misogyne, brutaux, effacés, transit d'amour… Carlton a en plus ce côté moderne qui fait qu'il apprécie les traits de caractère d'Helen, même ceux qui ne sont pas très raccord avec son époque. Un très gros plus.

Côté personnages féminins, un peu la même remarque. Darby, la femme de chambre d'Helen, est adorable et très sympathique. Millicent, l'une des meilleures amies d'Helen, a ce côté gai et frais qui est très mignon, mais le personnage n'apparaît pas beaucoup et de toute façon n'appartient pas au côté fantastique du récit. Les autres m'ont laissé de marbre. Ce n'est pas forcément un point négatif, entendons nous bien, car les personnages principaux sont très bien traités et cela me suffit amplement. de plus, j'espère que par la suite, d'autres pourront émerger. Ce premier tome a un pied entre deux mondes et c'est aussi un tome d'introduction. J'attends donc de voir la suite, en ce qui concerne les personnages secondaires.

Un petit point négatif concernant l'édition en elle-même. Certains mots sont en français dans la version originale et je suppose pour nous donner un effet plus immersif, ces mots ou expressions nous sont notifiés. Pas de soucis. Une petite astérisque nous informe. Mais là où j'ai trouvé cela gênant c'est qu'en plus d'une typographie en italique (qui était parfaite) on nous rajoute cette astérisque à chaque fois… J'aurais à la rigueur préféré qu'on nous explique certains termes plutôt que d'ajouter un élément qui renvoie dans la bonne pratique à une explication justement…
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Eh bien ce sera quasiment un coup de coeur pour commencer l'année !
En 1812, la jeune Helen , élevée par son oncle et sa tante, s'apprête à entrer dans le monde et va être présentée à la reine. Elle ne s'attend pas du tout à rencontre le mystérieux Lord Carlson qui va lui présenter un tout autre monde, secret et dangereux ! Car elle est destinée à devenir autre chose qu'une épouse …
Le mélange fantastique et univers à la Jane Austen marche parfaitement pour moi ! On est complétement happé par l'intrigue, en prenant connaissance en même qu'Helen de cet autre face de son univers. Les protocoles et la place de la femme sont tout autant fascinants, on sent que l'auteure s'est bien renseignée sur l'époque de la régence anglaise. Et puis ce Lord Carlson, il faut dire que je suis fan de ce personnage assez mystérieux, dont la femme a peut être été tué . On sent que avec Lady Helen le rapprochement se fera mais on est à l'abri de rien étant donné le danger de leur mission et tout les non-dits. Je vais lire la suite tout de suite d'ailleurs ;)
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Romantisme à la sauce Régence et fantastique démoniaque sont habituellement des genres assez antinomiques, si bien que peu d'auteurs s'y sont tentés. N'est entré dans ce club très fermé, à ma connaissance, que Seth Grahame-Smith et son « Orgueil et préjugés et zombies », mais il commençait à se sentir un peu seul. Heureusement, Alison Goodman est arrivée avec son très réussi « Club des mauvais jours », qui a été un vrai coup de coeur.

En ce mois d'avril 1812, à Londres, lady Helen Wrexhall se prépare pour le bal où elle sera présentée à la reine Charlotte. Faire son entrée dans le monde est un moment important pour toute jeune fille fortunée comme elle, puisqu'elle est censée attirer des prétendants pour se marier, mais pour Lady Helen, réussir cette étape possède un enjeu supplémentaire : faire oublier qu'elle est la fille de lady Catherine, une espionne qui a trahi jadis la Couronne… Ce qui est difficile pour cette jeune fille à la vive curiosité et à la vigueur physique qui la poussent parfois à ne pas rester en place, au dam de sa tante et de son oncle qui les ont recueillis, son frère Andrew et elle, à la disparition de leurs parents (ce que ledit oncle ne manque jamais de lui faire oublier). Et ce qui sera encore plus difficile quand elle fera la connaissance de lord Carlston, un duc à la réputation sulfureuse, qui lui apprendra qu'elle est une Vigilante, c'est-à-dire une personne dotée de pouvoirs extraordinaires destinée à lutter au sein du Club des mauvais jours (une organisation secrète gouvernementale dont fait partie lord Carlston) contre les Abuseurs, des démons se nourrissant, grâce à leur trompe (particulièrement phallique), de l'énergie et des sentiments des humains. Lady Helen sera donc face à un choix : dans quel monde entrer ? Celui du monde social, où les seuls dangers sont ceux du maintien de son rang et de sa respectabilité et de la recherche du meilleur parti à épouser, ou dans l'autre monde souterrain, sillonné par les Abuseurs, où le danger rôde, et dans lequel elle devra abandonner toute convenance sociale pour sauver le monde en compagnie de lord Carlston, cet aristocrate violent, malsain mais étrangement attirant (voilà pour la note romantique) ?

Ce premier tome constitue classiquement un épisode d'apprentissage, dans lequel lady Helen se révèle à elle-même et où le lecteur en apprend un peu plus sur les règles de ce monde parallèle. Alison Goodman réussit à créer un univers cohérent, faisant appel à des personnages historiques réels comme le prince régent, la reine Charlotte, Beau Brummell ou encore lord Byron, et qu'on prend plaisir à découvrir dans tous ses paradoxes, entre apparences convenables de la société de la Régence et violence brute de la lutte entre le bien (le club des mauvais jours) et le mal (les Abuseurs), même si on peine à savoir au final lequel des deux est le plus rude : on comprend bien à la lecture du tome qu'il était loin d'être évident pour une jeune fille de naviguer dans la société huppée du XIXe siècle, avec ses nombreux codes et pièges. Une seule erreur et le déshonneur n'était pas loin !

Mais le roman vaut pour ce personnage hors du commun – dans tous les sens du terme – qu'est lady Helen : fait rare, je me suis rapidement prise d'affection pour ce personnage sain, équilibré, intelligent, et nuancé. Moderne en ce qu'elle n'accepte pas de se soumettre aux diktats (patriarcaux entre autres) de son siècle. Mais qui fait face à un sacré dilemme : fermer les yeux sur les horreurs sous-jacentes menaçant le Monde (oui, rien que ça), ou embrasser son destin, avec les sacrifices exorbitants qui vont avec… Et elle y fait face de manière souvent fougueuse mais intelligente. J'ai souffert avec elle de cette déchirure qui lui est imposée, si bien que souvent j'avais, à mon corps défendant, presque envie qu'elle reste dans le rang, dans le monde « normal » afin qu'elle soit en sécurité, et à chaque choix dangereux je me sentais mal pour elle.

Un seul point m'a paru étrange, et qui n'est pas du fait d'Alison Goodman, mais des choix éditoriaux de Gallimard, qui ont fait paraître ce roman dans leur collection jeunesse, alors que bien des aspects de ce roman ne me semblent pas forcément adaptés pour des ados (le roman est conseillé à partir de 13 ans), notamment concernant les Abuseurs : ceux-ci sont décrits comme des êtres qui déploient, pour se nourrir, une trompe qualifiée d'obscène, à l'instar de leur manière d'obtenir l'énergie (souvent sexuelle) des humains. Je n'ai pas eu l'impression de lire un roman pour jeunes adolescents, bien au contraire ! L'insistance sur les Abuseurs et leurs manières d'opérer m'ont d'ailleurs suggéré qu'ils seraient une métaphore, probablement de la perte de son innocence de jeune fille (peut-être vais-je un peu loin, ce sera à vérifier dans les prochains tomes que je ne vais pas tarder à me procurer).
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critiques presse (2)
Elbakin.net
31 janvier 2017
Si certains passages font hausser un sourcil quant à la classification en young adult, de nombreux éléments renvoient régulièrement le lecteur aux codes du genre.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Ricochet
31 octobre 2016
Il faut admettre le mélange des genres (historique et fantastique) pour apprécier ce début de série, mais si tel est le cas, le lecteur sera forcément ravi.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Elle éprouvait une envie presque irrésistible de le frapper du poing en plein visage. Dans son effort pour se retenir, elle poussa un gémissement. Elle avait l'impression qu'une sauvagerie déchaînée en elle était en train de prendre le dessus.
Carlston se releva.
- Quinn, faites sortir tout le monde. Tout de suite !
Le colosse entreprit aussitôt d'entraîner Darby. Lady Margaret et Mr Hammond se figèrent, perplexes, leur verre encore à la main. Quinn les conduisit vers la porte.
- Que se passe-t-il ? lança-t-elle en haletant.
Des vagues d'énergie incontrôlables déferlaient en agitant tout son corps.
- Je ne peux pas laisser ainsi ma maîtresse, cria Darby.
Puis elle se retrouva sur le palier avec les autres. Quinn ferma la porte sur eux et se retourna d'un bond en regardant fixement Helen.
- Qu'est-ce ce qui ne va pas, milord ?
- Sa force arrive.
- Mais elle est censée venir lentement, au cours de sa formation.
- Je sais.
Sa Seigneurie tendit en hâte le plateau au colosse.
- Apparemment elle va l'acquérir d'un seul coup. Enlevez-moi cette carafe et ces verres, et tout ce qui pourrait servir d'arme.
Observant rapidement la pièce à l'ameublement rudimentaire, il pointa le doigt vers deux lourds chandeliers sur la cheminée.
- Prenez ces chandeliers. Et cette cruche. Ensuite, sortez !
Quinn empila sur le plateau les verres et les chandeliers, saisit par son anse la cruche aux couleurs criardes.
- Permettez-moi de rester, milord.
- Vous savez que vous ne pourrez pas lui tenir tête. Vous serez blessé, c'est tout. Quoi que vous entendiez, ne laissez entrer personne.
- Oui, milord, dit Quinn en ouvrant la porte.
Il franchit le seuil avec le plateau et referma en hâte la porte.
Helen agrippa les accotoirs de son fauteuil, comme s'ils pouvaient l'ancrer dans le monde de la raison.
- Suis-je en train de devenir folle ?
Dans sa terreur, elle se mit à hurler.
- Suis-je en train de devenir folle ?!
Elle ferma les yeux, en respirant avec peine.
- Regardez-moi.
Elle ouvrit les yeux, hors d'haleine. Carlston se pencha sur elle en empoignant les deux accotoirs.
- Regardez mon visage. Vous n'êtes pas en train de devenir folle. C'est votre force de Vigilante qui arrive. Il faut lui laisser la voie libre.
Elle ne voulait pas s'enfoncer dans les profondeurs vertigineuses de la violence, où l'obscurité l'attendait comme la gueule d'un monstre gigantesque.
- Je ne peux pas ! Je ne peux pas !
- La force va venir, il vous est impossible de l'arrêter. Je ne vous laisserai pas perdre la raison.
Il saisit ses deux avant-bras, comme si sa promesse devenait une réalité physique. Elle se débattit par réflexe, les dents serrées, en sentant le sang marteler ses tempes dans son effort. Non c'était plus qu'un effort. Son sang lançait un cri de guerre qui retentissait à travers ses veines, ses muscles, ses tendons, en une brusque explosion d'énergie. L'espace d'un instant, elle résista, puis la vague l'emporta en entraînant avec elle toute pensée cohérente.
Elle n'était plus que l'instinct de combattre. Une puissance sauvage qu'un ennemi essayait de contenir.

Ouh, ouh ! Suspense !
Surtout n'achetez pas ce livre si vous ne voulez pas finir ensorcelé ! 😉
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En 1810, le roi d'Angleterre Georges III sombra dans une folie mélancolique dont il ne se remit jamais.
En 1811, son fils, le prince de Galles, un gros homme frivole de quarante-neuf ans, fut proclamé régent et chargé de gouverner un pays en guerre et en proie à une grave récession. Le nouveau prince régent, qu'on appelait généralement "Prinny", donna aussitôt une fête somptueuse pour plus de deux mille membres de la haute société, annonçant ainsi ce que serait sa régence : neuf années de dépenses vertigineuses et de scandales incessants sous la menace permanente des émeutes et de la révolution.
En 1812, cela faisait un an que Prinny était régent. L'Angleterre voyait se profiler une guerre avec les États-Unis alors qu'elle entrait dans sa dixième année de lutte presque ininterrompue avec la France et son empereur, Napoléon Bonaparte. Cependant, on ignorait dans tous ces pays qu'une autre guerre était en cours : un combat secret qui avait commencé voilà plusieurs siècles contre une horde de créatures démoniaques sévissant au grand jour à l'insu de tous dans les villes et les villages du monde entier. Seul un petit groupe d'initiés s'opposait a ces adversaires innombrables et aux ravages insidieux qu'ils faisaient chez les êtres humains.
Londres, aux derniers jours d'avril 1812. L'agitation sociale était à son comble, on se battait avec férocité sur le continent et la toute jeune nation américaine semblait prête a passer à l'attaque. Ce fut également ce mois d'avril que la reine Charlotte choisit, après deux ans d'interruption, pour reprendre les cérémonies de présentation à la cour des jeunes filles de l'aristocratie. Encore un champ de bataille, mais d'un autre genre.
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« Helen ploya son genou gauche et fit sa révérence, la tête baissée. Ses gestes étaient aisés, sans rien de vacillant. Elle respira – tante Leonore serait contente. Sous ses yeux, la main gantée de la souveraine était crispée sur l’accoudoir sculpté. Dans un bruissement de soie bleue, elle vit s’approcher le corsage cousu d’étoiles d’or et parsemé de diamants de Sa Majesté qui se penchait pour lui donner le baiser royal. Helen leva son visage vers un suave parfum de girofle et l’éclat de diamants brillant sur une peau tachée par la vieillesse. Puis elle sentit des lèvres desséchées se poser doucement sur son front.


- Vous êtes la fille de la comtesse de Hayden ? demanda Sa Majesté d’une voix si basse que Helen ne sentit guère qu’une haleine tiède sur sa peau.


Elle avait donc posé la question fatale. Helen sentit sa gorge se serrer et n’eut que la force de hocher la tête.


- Mon enfant, ne croyez pas tout ce qu’on dit de votre mère »
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- Vous ne vous êtes pas défendu, chuchota-t-elle.
Elle vit qu'il partageait son trouble. Il inclina la tête vers sa bouche, et elle sentit sur sa joue son souffle tiède quand il répondit :
- Non, je ne me suis pas défendu.
Elle leva la tête. Sa bouche était maintenant si proche qu 'elle eut l'impression, en sentant le souffle du comte s'accélérer, que c'était son propre souffle.
- Pourquoi, Demanda-t-elle. J'aurais pu vous tuer.
Il se pencha encore et elle ne vit plus que son visage – la fossette de son menton, la courbe de sa lèvre inférieur, une tache de sang.
En vacillant en avant, elle sentirait sa bouche sur la sienne.
- Non, dit-il. C'est moi qui aurait pu vous tuer.
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- Promets-moi de ne pas faire de plaisanteries aussi déplorables à Almack, poursuivit sa tante .
- Promis, assura docilement Helen.
Toutefois, elle ne put s'empêcher d'ajouter:
- Peut-être devrais-je cesser de parler jusqu'à mon mariage .
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Videos de Alison Goodman (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alison Goodman
Lors de sa venue à Paris en juin 2019, Alison Goodman, l?auteure de la fascinante trilogie "Lady Helen", a accepté de se prêter à un petit jeu de questions/réponses.
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