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Pierre-Emmanuel Dauzat (Traducteur)
EAN : 9782226257017
450 pages
Albin Michel (02/09/2015)
  Existe en édition audio
4.25/5   3614 notes
Résumé :
NEW YORK TIMES BESTSELLER

Destined to become a modern classic in the vein of Guns, Germs, and Steel, Sapiens is a lively, groundbreaking history of humankind told from a unique perspective.
100,000 years ago, at least six species of human inhabited the earth. Today there is just one.
Us.
Homo Sapiens.
How did our species succeed in the battle for dominance? Why did our foraging ancestors come together to crea... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (369) Voir plus Ajouter une critique
4,25

sur 3614 notes
Amis Homo Sapiens, savez-vous ce qui nous distingue des autres espèces animales ?

Si la question m'avait été posée avant la lecture de cet essai, j'aurais peut-être répondu qu'ils sont capables d'aller sur Babélio y poster des critiques. Ce qui est inexact. Pour preuve mon chat qui tient absolument à participer à cette critique en posant ses pattes siury he cl_a_cmla»4vier. Couché !

Non, l'Homo Sapiens, à la différence des autres espèces, sait parler de choses qui n'existent pas. Un sempiternel bavard qui non seulement parle de lui, de ses congénères, de sa vie, mais en plus invente des histoires capables de fédérer, dans un but de coopération. Cela serait même sa grande force, qui lui aurait permis de se propulser en haut de la chaîne alimentaire en un temps record, malgré son anatomie plutôt faiblarde.
Mais attention, Homo Sapiens n'est pas un tendre, c'est même d'après Harari un serial killer.
- Un quoi ?
- «Si l'extinction australienne était un événement isolé, nous pourrions accorder aux hommes le bénéfice du doute. Or, l'histoire donne de l'Homo sapiens l'image d'un serial killer écologique. »

On apprend plein d'autres choses formidables sur notre espèce dans cet essai. Ou pas.

En tout cas l'ouvrage l'est, formidable. Harari distingue trois révolutions essentielles dans l'évolution de « l'Homme Sage » : la révolution cognitive il y a 70000 ans, l'agricole il y a 12000, et la scientifique engagée 500 ans plus tôt. D'un abord simple, les 500 pages se lisent d'une traite, avec passion en ce qui m'a concerné.

Attention néanmoins, une sorte de glissement identitaire peut s'opérer chez le lecteur : d'être humain avec une personnalité et une identité nette avant d'ouvrir cet essai, il pourrait se métamorphoser en simple représentant de l'espèce Homo Sapiens en le parcourant. Et vu sous cet angle, le monde n'est plus tout à fait le même...
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Voici un essai qui a eu un succès phénoménal, qui suscite de nombreuses critiques dithyrambiques, est adapté en BD mais qui voit aussi de nombreux scientifiques vents debout contre la méthode et certaines idées tirées du livre.
Qu'en ai-je donc retiré à ma lecture ?
D'abord, effectivement cet essai de vulgarisation scientifique réussi son pari. Celle de faire de la vulgarisation scientifique.
De très nombreux lecteurs se sont confrontés à des théories historiques nouvelles remettant en cause des préjugés ou des supposées certitudes anciennes. Alors, oui, Yuval Noah Harari ne cite pas ses sources, ne met pas la tonne de notes que l'on attend dans un vrai ouvrage scientifique mais si la cible est le grand public pour qui cette façon de procéder décourage la lecture, cela peut se comprendre.
Encore faut-il, évidemment, que ce qui est écrit soit réellement de la vulgarisation scientifique !
L'auteur vulgarise une vision de l'histoire qui existe chez de nombreux historiens, en fait une synthèse très agréable à lire, ce qui explique son succès et qui remet en cause de nombreuses autres théories plus anciennes. C'est un fait. C'est séduisant et c'est bien écrit.
Toutefois, l'inconvénient de cet essai, quand on est un peu formé aux études historiques, c'est que l'on sait que sur certains sujets abordés (un certain nombre en fait), il y a encore aujourd'hui, débat. Or l'auteur ne nous préviens pas que ce qu'il écrit ne sont que des hypothèses de ces débats.
On peut se pose la question : est-ce si grave ? Oui et non. Oui, si on lit le livre comme une somme scientifique et que l'on prend pour argent comptant tout ce qui est écrit. Non, si on prend le livre comme une base pour réfléchir, pour mettre un coup de pied dans la fourmilière des idées reçus.
Harari nous présente l'histoire de l'humanité, de l'une des espèces humaines, la notre, homo sapiens comme issue de révolutions successives. Une révolution cognitive d'abord après des centaines de milliers d'années d'existence, il y a 70 000 ans, environ, une évolution dans le cerveau humain aurait permis à cette espèce d'appréhender la fiction, les mythes, de se raconter des histoires de se créer donc aussi des liens communs, de fonder des sociétés d'entraide, d'avoir la conscience de son existence. Bref de se hisser par ce biais évolutionniste au-dessus des autres espèces animales. Cette supériorité nouvelle, homo sapiens s'en sert pour assurer sa survie, mais aussi pour écraser les autres, peut-être en les éliminant de la surface du globe.
La deuxième révolution serait celle de l'agriculture. Liée à la sédentarisation, homo sapiens devient en quelque sorte l'esclave des céréales, perdant sa liberté de chasseurs-cueilleurs nomades pour créer des civilisations basées sur les inégalités et l'exploitation.
La troisième évolution est celle de l'unification de l'humanité par des mythes que sont l'argent, la guerre (les empires) et la religion en conflit les uns avec les autres.
Enfin la dernière révolution, encore en cours, serait celle de la science, associée au mythe du capitalisme.
Un mythe est pour l'auteur une croyance en quelque chose qui n'existe pas concrètement mais dont l'existence fictionnelle est accepté par (presque) tout le monde : les dieux, l'argent, les nations, etc.
Cette très brève histoire de l'humanité est passionnante à lire car le style de l'auteur est simple, vif et non dénué d'humour. Sa vision transversale basée sur les fictions (mythes, croyances) est originale dans un ouvrage de vulgarisation scientifique et remet en cause de nombreuses idées reçues, ce qui est toujours intéressant pour notre réflexion.
Certes, ces idées ne sont elles aussi que des idées, des hypothèses, séduisantes, mais qui font toujours l'objet de débats pour nombre d'entre elles. Un point de départ pour aller plus loin dans sa réflexion.
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Quel défi!! Ce jeune professeur de l'université hébraïque de Jérusalem entreprend ici de nous conter la folle histoire de l'humanité, depuis l'époque des chasseurs-cueilleurs aux hommes bioniques qui arrivent à un horizon proche sans doute!
La première question traitée ici est de savoir pourquoi l'Homme est devenu une espèce aussi réussie. Au départ il était loin d'être destiné à se retrouver tout en haut de l'échelle. Selon l'auteur c'est la capacité de l'Homme à créer des mythes et de la fiction (les Américains diraient le "story-telling") qui a été de nature à fédérer les humains autour d'un projet commun.
C'est cette croyance en des fictions qui permet aussi de développper l'économie et d'accorder du crédit, ce qui a permis l'explosion des connaissances et la conquête du monde par les Européens dès la Renaissance.
Le livre Sapiens nous amène reconsidérer des questions qui ont été longtemps brûlantes: comment est née la suprématie d'un groupe? Comment l'Europe s'est imposée et a imposé son système de valeurs et de pensée, comment et pourquoi les femmes ont été si longtemps dominées par les hommes. Comment sont nés les empires, pourquoi a-t-on accordé plus de crédit aux bâtisseurs de l'empire britannique qu'aux bâtisseurs de l'empire français. Des épisodes cruciaux comme la fameuse banqueroute de Law de 1719 sont présentés sous un jour nouveau.
L'auteur a le génie de mettre les choses en perspective.
C'est une Histoire dynamique et philosophique qui se déroule ici.
Les perspectives sont également développées de manière intelligente.
Quelle va être la place de l'Homme au moment où il peut devenir un quasi-dieu avec l'avènement des nano-technologies qui lui permettront de vivre plus longtemps, beaucoup plus longtemps..?
L'auteur a l'audace de donner dans le "politically incorrect" et c'est ce qui rend son livre si percutant.
Exemples :l'empire est un système politique qui a des bons côtés, gage de stabilité et de développement des sciences. le capitalisme est présenté ici quasiment comme une religion plutôt que comme une théorie économique.
Le traitement des animaux domestiques est présenté comme un des grands crimes de l'humanité.
LE livre a été inspiré par l'ouvrage de Jared Diamond "De l'inégalité dans les sociétés". On doit à Jared Diamond le fameux "Effondrement des civilisations".
C'est dire que l'ouvrage magistral de Yuval Noah Harari s'inscrit dans la même veine, de ces ouvrages qui nous font réfléchir à notre place dans l'Univers.
Le langage est accessible pour tous. C'est d'une clarté extraordinaire.
Il a toutes les chances de devenir un ouvrage de référence.
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Renversant ! Sidérant ! J'ose à peine vous dire que j'ai choisi ce livre sans regarder plus que cela de quoi il parlait, mais attirée par cette couverture à l'empreinte digitale et cette idée préconçue d'avoir en main un essai centré sur nos ancêtres préhistoriques… Que celui qui n'a jamais boycotté les 4ième de couv me jette la première pierre ! Imaginez-donc ma surprise croissante, de page en page : Yuval Noah Harari lamine et éclaire d'un regard nouveau toutes nos certitudes, toutes nos croyances et tout ce qu'on a pu nous apprendre sur, je cite quelques sujets pêle-mêle : la disparition de Neandertal, le mythe du bon sauvage, Dieux (peu importe les noms qu'on leur donne), la révolution cognitive, la science et son idée de progrès, l'argent, les bienfaits du capitalisme et notre quête folle du bonheur, …

"Self-made-dieux, avec juste les lois de la physique pour compagnie, nous n'avons de comptes à rendre à personne."

Harari ne refait pas l'histoire (point de révisionnisme dans cette affaire-là), il ne la réécrit pas non plus, il met « simplement » en lien les faits et l'état actuel de nos connaissances d'un point de vue, non pas froidement scientifique, mais historique, sociologique, ethnologique… à la lumière de ce que les derniers millénaires nous apprennent sur les civilisations humaines et l'homo sapiens proprement dit. "Simplement" est un euphémisme : il en faut de l'envergure pour mener à bien un tel projet et intellectuellement savoir et être capable de le réaliser...

Ce livre nous fait réfléchir sur le monde, notre individualité, nos représentations et nos savoirs acquis… sans nous enfermer dans un système, mais au contraire, en enlevant la chape de plomb ou le voile d'illusion (appelez cela comme vous voudrez) qui maintient chaque individu dans la vision convenue, dominante de l'espèce, en expliquant les mécanismes qui nous ont conduits à ce que nous sommes. Pourquoi Homo Sapiens et pas Néandertal ? Pourquoi l'argent et non le troc ? ...

Nous ne vivons pas dans la réalité mais dans un monde sous-tendu par une représentation partagée par la majorité : l'imaginaire collectif dominant devenant une civilisation qui s'étendra tant que l'homo sapiens y accordera crédit ; laissez tomber le rideau et c'est une civilisation qui s'effondre pour laisser place à une nouvelle représentation dominante. Cette capacité innée porte à bout de bras toutes les relations humaines et est la clef de la prédominance de notre espèce sur toutes les autres à travers les millénaires…

"Pour changer l'ordre imaginaire, je dois persuader des millions d'hommes de coopérer avec moi. Car l'ordre imaginaire n'est pas un ordre subjectif qui existe dans mon imagination, mai plutôt un ordre intersubjectif qui existe dans l'imagination partagée de milliers et de millions de gens".

Je ne peux que vous inciter à découvrir les nombreuses idées développées par l'auteur, un rien provocateur : on sent clairement qu'il jubile à l'idée de nous savoir à terre, bluffer ou contrarier, amuser ou carrément sceptique, parfois, devant tant d'audace ! Car ce livre ne vous laissera pas indifférent, que vous soyez convaincu par cette brève histoire de l'humanité ou non. N'est-elle pas, comme l'indique son titre, qu'UNE de plus pour les sapiens que nous sommes. Mais est-ce qu'elle sera la votre ? Minoritaire ou dominante, à terme ? Sur quoi débouchera-t-elle ? Une énième civilisation ? Une ultime révolution qui verra la fin de l'homo sapiens, au profit d'autres espèces dominantes, biologiques ou cybernétiques ?

Seule l'histoire nous le dira. Cette grande oubliée de l'éducation. D'ailleurs, effacement volontaire ou non ? Stratégie ou faux-pas ?

Voilà, si vous en êtes à vous poser ce genre de questions, c'est que vous avez déjà investi ce nouveau récit fondateur…
Lien : http://page39.eklablog.com/s..
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Sapiens, une brique de 501 pages qui se lit comme un roman !

L'histoire de Sapiens, notre histoire, que chacune et chacun devraient avoir lue.
Je ne connaissais pas Yuval Noah Harari. J'ai découvert cet écrivain à La Grande Librairie, lors de la sortie de Homo Deus. Il m'a fascinée par sa présentation et j'ai aussitôt décidé de lire cet ouvrage ainsi que le précédent : Sapiens.
Déjà, les quatre parties du livre découpent bien cette « brève histoire de l'humanité » :
La Révolution cognitive,
La Révolution agricole,
L'unification de l'humanité,
La Révolution scientifique.
L'épilogue : Un animal devenu dieu, est-il la dernière étape ?
Ce livre est une mine de connaissances mises à la portée de tous. Je n'ai pas trouvé d'adjectif assez fort pour dire mon enthousiasme à sa lecture.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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critiques presse (2)
LaTribuneDeGeneve
18 janvier 2021
Pour mieux diffuser la vulgarisation scientifique tout en luttant contre les théories du complot, Yuval Noah Harari adapte son best-seller «Sapiens» en bande dessinée.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
LaLibreBelgique
24 novembre 2015
Synthèse stupéfiante de 70 000 ans de notre histoire.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (449) Voir plus Ajouter une citation
La quantité d'informations qu'il faut obtenir et emmagasiner pour suivre les relations en perpétuelle évolution de quelques douzaines d'individus seulement est renversante. Tous les singes montrent un vif intérêt pour ces informations sociales, mais ils ont du mal à bavarder efficacement. Les Neandertal et les Homo sapiens archaïques avaient probablement aussi du mal à parler dans le dos des autres : une faculté très calomniée qui est en vérité essentielle à la coopération en nombre. Les nouvelles capacités linguistiques que le Sapiens moderne a acquises voici quelques 70 millénaires lui ont permis de bavarder des heures d'affilée. Avec les informations fiables sur les personnes de confiance, les petites bandes ont pu former des bandes plus grandes, et Sapiens a pu élaborer des formes de coopération plus resserrées et plus fines.
On pourrait croire à une plaisanterie, mais de nombreuses études corroborent cette histoire de commérage. Aujourd'hui encore, la majeure partie de la communication humaine - e-mails, appels téléphoniques et échos dans la presse - tient du bavardage. Celui-ci nous est si naturel qu'il semble que notre langage se soit précisément développé à cette fin.
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Pour ce qui est de la condition humaine, nous avons accompli de réels progrès au cours des toutes dernières décennies, avec la régression de la famine, des épidémies et de la guerre. Mais la situation des autres animaux se dégrade plus rapidement que jamais, et l’amélioration du sort de l’humanité est trop récente et fragile pour qu’on en soit assurés.
En outre, malgré les choses étonnantes dont les hommes sont capables, nous sommes peu sûrs de nos objectifs et paraissons plus que jamais insatisfaits. Des canoës nous sommes passés aux galères puis aux vapeurs et aux navettes spatiales, mais personne ne sait où nous allons. Nous sommes plus puissants que jamais, mais nous ne savons trop que faire de ce pouvoir. Pis encore, les humains semblent plus irresponsables que jamais. Self-made-dieux, avec juste les lois de la physique pour compagnie, nous n’avons de comptes à rendre à personne. Ainsi faisons-nous des ravages parmi les autres animaux et dans l’écosystème environnant en ne cherchant guère plus que nos aises et notre amusement, sans jamais trouver satisfaction.
Y a-t-il rien de plus dangereux que des dieux insatisfaits et irresponsables qui ne savent pas ce qu’ils veulent ?
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Comment faire cadrer l'éthique consumériste avec l'éthique capitaliste de l'homme d'affaire, suivant laquelle il ne faut pas dilapider les profits mais les réinvestir dans la production? Élémentaire. Comme dans les périodes antérieures, l'élite et les masses se partagent le travail. Dans l'Europe médiévale, les aristocrates insouciant dépensaient leur argent en luxes extravagants, tandis que les paysans vivaient frugalement, comptant chaque sou. De nos jours, la table a tourné. Les riches prennent grand soin de gérer leurs actifs et investissements alors que les moins nantis s'endettent pour acheter des voitures et des télévisions dont ils n'ont pas vraiment besoin.
Les éthiques capitalistes et consuméristes sont les deux côtés de la même médaille, la fusion de deux commandements. Le commandement suprême du riche est; "Investis!" Celui du commun des mortels: "Achète!"
L'éthique capitalistico-consumériste est révolutionnaire d'un autre point de vue. La plupart des systèmes éthiques antérieurs proposaient aux gens un marché assez rude. Ils leur promettaient le paradis, si seulement ils cultivaient la compassion et la tolérance, dominaient l'envie et la colère et refrénaient leur intérêts égoïstes. Pour la plupart, c'était trop dur. L'histoire de l'éthique est la triste histoire de merveilleux idéaux que personne ne saurait atteindre. La plupart des chrétiens n'imitent pas le Christ, la plupart des bouddhistes sont incapables de suivre bouddha, et la plupart des confucéens auraient provoqué une crise de rage chez Confucius.
A l'opposé, la plupart des gens, aujourd'hui, n'ont aucun mal à se hisser à la hauteur de l'idéal capitalistico-consumériste. La nouvelle éthique promet le paradis à condition que les riches restent cupides et passent leur temps à se faire du fric, et que les masses lâchent la bride à leurs envies et à leurs passions, et achètent de plus en plus. C'est la première religions de l'histoire dont les adeptes font vraiment ce qu'on leur demande de faire. Mais comment savant nous que nous aurons vraiment le paradis en retour? Nous l'avons vu à la télévision.
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Depuis les temps les plus anciens jusqu’à aujourd’hui, tout le monde le sait : les employés de bureau et les comptables ne pensent pas en êtres humains. Ils pensent comme on remplit des dossiers. Ce n’est pas leur faute. S’ils ne pensent pas comme ça, leurs tiroirs seront tout mélangés, et ils seront incapables de rendre les services que leur administration, leur société ou leur organisation demande. Tel est précisément l’impact le plus important de l’écriture sur l’histoire humaine : elle a progressivement changé la façon dont les hommes pensent et voient le monde. Libre association et pensée holiste ont laissé la place au compartimentage et à la bureaucratie.
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Éminentes et respectables de longues décennies durant, [les] théories racistes sont devenus anathèmes dans les milieux scientifiques aussi bien que politiques. D'aucuns continuent à mener un combat héroïque contre le racisme sans remarquer que le front a changé. Le "culturalisme" a remplacé le "racisme". Le mot est encore peu usité en ce sens, mais il est temps de l'imposer. Parmi les élites actuelles, les affirmations sur les mérites contrastés des divers groupes humains sont presque toujours formulées en termes de différences historiques entre cultures plutôt que de différences biologiques entre les races. Nous ne disons plus, "c'est dans leur sang", mais "c'est dans leur culture".
Les partis européens de droite hostiles à l'mmigration musulmane prennent habituellement soin d'éviter la terminologie raciale. Marine Le Pen n'aurait pas manqué de flanquer ses conseillers à la porte s'ils avaient suggéré au leader du Front National de tenir ce langage à la télévision: "Nous ne voulons pas de ces Sémites inférieurs qui viennent diluer notre sang aryen et gâter notre civilisation aryenne." Le Front National, le Parti de la liberté en Hollande, l'Alliance pour le futur en Autriche et leurs pareils préfèrent soutenir que la culture occidentale, telle qu'elle a évolué en Europe, se caractérise par les valeurs démocratiques, la tolérance et l'égalité des sexes, tandis que la culture islamique, telle qu'elle a évolué au Moyen-Orient, se caractérise par la hiérarchie politique, le fanatisme et la misogynie. Puisque les deux cultures sont si différentes, et que beaucoup d'immigrés musulmans ne veulent pas (et, peut-être, ne peuvent pas) adopter les valeurs occidentales, il ne faut pas les laisser entrer, de peur qu'ils ne fomentent des conflits intérieurs et corrodent la démocratie et le libéralisme européens.
Ces arguments culturalistes se nourrissent d'études menées dans le champ des sciences humaines et sociales, qui mettent en évidence le prétendu choc des civilisations et les différences fondamentales entre cultures. Tous les historiens et anthropologues n'acceptent pas ces théories ni n'approuvent leurs usages politiques. Mais alors que les biologistes, aujourd'hui, n'ont aucun mal à désavouer le racisme, expliquant simplement que les différences biologiques entre les populations humaines actuelles sont insignifiantes, il est plus difficile aux historiens et anthropologues de désavouer ce "culturalisme". Après tout, si les différences entre cultures humaines sont insignifiantes, pourquoi payer des historiens ou des anthropologues à les étudier?
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