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Critiques sur La lettre écarlate (82)
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joedi
  20 juillet 2017
Boston, an de grâce 1642, la société puritaine est rassemblée sur la place pour assister à la sortie d'Hester Prynne qui désormais portera l'infâme signe de l'adultère. Hester sort de la prison, son bébé Pearl âgée de trois mois dans les bras, la lettre écarlate sur son sein, elle monte sur la plate-forme du pilori où elle devra rester trois heures à la vue de tous. La lettre écarlate, le A de adultère, elle l'a brodé artistement de fioritures fantastiques en fil d'or et, c'est la tête haute qu'elle regarde la population présente. Elle reste muette à l'injonction de dénoncer son amant. Parmi la foule elle aperçoit son mari qui, d'un signe, l'enjoint à se taire. Hester le croyait mort ; depuis plusieurs années il n'avait donné aucun signe de vie alors qu'il devait la rejoindre. Au vu des circonstances, son mari, un savant du nom de Prynne, prend une nouvelle identité, celle de Roger Chillingworth, docteur.
Ce roman de Nathaniel Hawthorne connut un immense succès dès sa parution en 1850 et fut considéré comme le premier grand roman du continent américain. Nathaniel Hawthorne dépeint à merveille la société intégriste de l'époque, il dresse, de façon magistrale, les portraits d'une femme éprise de liberté, d'un mari trompé qui ne vit plus que pour la vengeance et de l'amant rongé par le remord, torturé par son secret.
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Eve-Yeshe
  19 septembre 2017
Ce roman nous décrit très bien la société puritaine, pour ne pas dire intégriste, de l'époque, où les droits des femmes étaient précaires, l'adultère sévèrement condamné au pilori avec obligation de porter la lettre écarlate A sur ses vêtements, dans un contexte d'hypocrisie notoire.

Hester aurait pu choisir l'exil, néanmoins elle choisit de continuer à vivre dans cette communauté qui les méprise, elle et sa fille Pearl, vivant de ses travaux de couture, et adoptant une conduite irréprochable.

Elle refuse de dénoncer son amant et force l'admiration. On note au passage que ce sont les femmes, vraies grenouilles de bénitier, qui sont les plus dures avec elle. Quant aux représentants de la loi, qu'ils soient juge, homme d'Église ou autres, ils brillent par leur mépris des femmes, et leur désir de les dominer.

Même si je préfère le personnage d'Hester, j'ai apprécié les deux personnages masculins principaux: le Pasteur Dimmesdale, cet homme d'église que beaucoup prennent pour un saint avec ses sermons qui enflamment ses ouailles mais qui s'étiole, rongé par un mal intérieur qui le brûle autant que la lettre écarlate portée par Hester.

D'autre part, le mari d'Hester, haut en couleurs, qui réapparaît le jour de sa condamnation, exigeant d'elle le silence, changeant de nom, autoproclamé médecin qui va utiliser les vertus des plantes apprises au contact des Indiens à des fins bien funestes:

« En un mot, le vieux Roger Chillingworth était une preuve évidente de la faculté qu'a l'homme, de se transformer en diable si pendant assez longtemps il joue un rôle de diable. Ce malheureux personnage avait subi pareille transformation en se consacrant pendant sept ans à l'analyse d'un coeur torturé, en tirant de cet office tout son bonheur, en attisant cette douleur dévorante dont il se repaissait passionnément. »

Nathaniel Hawthorne raconte donc les ravages de l'amour mais aussi ceux de la haine, les deux pouvant conduire à la destruction, mais aussi comment prendre son destin en mains et ne pas devenir une victime dans cette société puritaine et fermée sur elle-même.

J'ai beaucoup aimé ce roman, symbole du Romantisme américain, tant par l'histoire qu'il raconte que par le style de l'auteur. Je n'ai pas vu le film mais pourquoi pas?
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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si-bemol
  03 mai 2019
A comme “Adultère”. Lettre majuscule, infamante, écarlate - comme la honte et l'impudeur - , lettre de feu qu'elle devra désormais porter cousue sur sa poitrine, elle la femme déchue, marquée aux yeux de tous et pour toujours du sceau du déshonneur, elle : Hester Prynne. Tel en ont décidé, en l'an de grâce 1642, le tribunal de Boston, Massachusetts, et son prévôt, incarnation de “l'affreuse sévérité de la loi puritaine dans sa totalité qu'il lui appartenait de faire respecter à la lettre et sans recours”, qui la condamnent en outre au pilori - exhibition honteuse de son indignité offerte au mépris de toute la communauté.

En Nouvelle Angleterre, dans cette société puritaine de la première moitié du XVIIe siècle, elle a en effet commis l'irréparable : prendre un amant et, circonstance aggravante, concevoir avec lui un enfant du péché. Seul le fait que son mari soit considéré par tous comme officiellement disparu, qu'elle se soit donc estimée veuve et autorisée à aimer à nouveau lui a permis d'échapper à la peine de mort - sentence prévue par la loi pour la faute d'adultère.

Mais voilà qu'exposée au regard de tous sur le pilori de l'infamie elle reconnaît dans la foule qui la contemple avec mépris le mari qu'elle croyait mort, qui réapparaît soudain sous une nouvelle identité et lui enjoint, d'un geste discret, de se taire. Et tandis qu'elle refuse par ailleurs obstinément de révéler le nom de son amant, ce mari qui, la retrouvant enfin la découvre adultère, cet homme dangereux, trouble et profondément malveillant ne vivra plus que pour sa vengeance…

"La lettre écarlate" raconte, selon les mots de son auteur, “une histoire qui est celle de la faiblesse et de la misère humaine” et fait le portrait d'une société à laquelle le corset du puritanisme sert de masque à l'hypocrisie, la médisance, la jalousie et l'absence d'empathie et de coeur. Une société où les femmes “bien pensantes”, raidies dans leur apparente vertu, sont des parangons de malveillance, où l'homme tout puissant dicte à tous - et particulièrement aux femmes - ses lois iniques qu'il prétend être d'essence divine.

Premier grand roman de la toute jeune Amérique, publié en 1850 et tout imprégné des influences du romantisme européen, "La lettre écarlate" est également le roman de l'amour interdit, du secret, des passions dévorantes et des sentiments inavouables - remords, désir de vengeance, haine, lâcheté et désespoir. A partir de ce schéma classique du trio amoureux - la femme, le mari, l'amant - dont deux des protagonistes, ici, portent des masques, Nathaniel Hawthorne tisse une intrigue puissante et noire, admirablement écrite, où sont analysés avec finesse les débordements de la passion et la houle, irrationnelle et désordonnée, qui s'agite dans le secret des coeurs.

Il en émerge, superbe et lumineux, le portrait d'une femme admirable et libre dont la médiocrité de son entourage et de son époque ne sauront abattre ni la noblesse, ni le courage.

Un grand roman, indémodable, et une très belle lecture.

[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
[Challenge HOMMAGE à NOTRE-DAME de PARIS]
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AudreyT
  10 février 2016
La lettre écarlate, c'est le majuscule A qu'Hester Prynne a cousu sur le devant de son vêtement et qu'elle devra porter à vie. C'est le signe qui la distingue des gens bien pensant et puritain qui l'ont condamnée pour adultère...
Nous sommes dans les années 1645, à Boston, au sein d'une communauté de croyants rigides et bornés. Hester y vit depuis quelques années. Arrivée seule, son mari devait la rejoindre mais il n'est jamais venu. Elle a aimé un homme et de leur passion est née une petit Pearl. Mais si tous la montre du doigt, Hester portera cette lettre sans jamais penser quitter le village et sa signification deviendra même au fil du temps le A de ange car elle viendra en aide à tous les nécessiteux...
Lu dans le cadre de challenge, ce roman ne serait jamais tombé entre mes mains. Après un long et vilain prologue (!), l'histoire se met rapidement en place et on comprend très vite les tenants et les aboutissants des liens entre les personnages. Hester est une femme forte, que l'aveu en place publique a finalement libéré de toute honte. le père de son enfant, dont elle taira le nom jusqu'à la fin, n'aura pas cette chance. le remord le rongera et il en mourra, aux côtés de son aimée, en brisant ce secret trop lourd à porter.
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Myriam3
  21 avril 2016
Publié en 1850, La Lettre Ecarlate est considéré comme le premier roman américain. Teinté de morale et d'un romantisme noir, inspiré des Romantiques européens, ce livre est ancré dans L Histoire américaine, le puritanisme des premières années coloniales dans lequel prend place le procès des sorcières de Salem.
Ce qui est intéressant, c'est que Hawthorne a ajouté un "w" à son nom pour se démarquer de deux de ses ancêtres, le premier qui a émigré d'Angleterre parmi d'autres puritains, célèbre pour sa sévérité au sein de la magistrature, et le fils de celui-ci, qui a fait partie des juges de ce fameux procès de Salem.

La Lettre écarlate prend place dans ce milieu puritain du 17ème siècle où religion et loi ne faisaient qu'une. Hester, précédant son mari dans son voyage de l'Angleterre pour Boston, ne le voyant pas la rejoindre et le croyant mort, entame peu de temps après une relation avec le ministre de la paroisse. La naissance de leur fille révèle l'adultère, et elle est condamnée à porter le A de l'adultère sur sa poitrine jusqu'à sa mort. Elle refuse d'avouer le nom du père, condamnant celui-ci à une culpabilité secrète qui le dévore.
Contrairement au film, qui est une adaptation très libre, le récit commence au moment où Hester monte sur l'échafaud, son bébé dans les bras, pour afficher aux yeux de tous son crime.
C'est au cours de cet événement que son mari réapparaît et découvre l'adultère. Il demande aussitôt à Hester à ce que son identité ne soit pas révélée, pour des raisons encore obscures.
Tout le roman tourne autour de la culpabilité psychologique des deux anciens amants au nom de la loi malgré la conscience de la pureté de leurs sentiments.
Hester vivra seule quelques années auprès de sa fille Perle dans laquelle elle détecte des traits qui lui semblent maléfiques malgré sa beauté et sa jeunesse.
Le roman est empreint d'un symbolisme noir proche des croyances des Puritains à cette époque, un symbolisme un peu trop fort parfois qui m'a dérangé, mais sinon j'ai été surprise par la facilité avec laquelle se lit ce roman et la profondeur qui s'en dégage.
La postface de D.H Lawrence, critique envers la société américaine, partagée entre l'affichage d'une bonté et une paix de façade et un désir de destruction, de scandale intérieur, est très provocatrice et controversée quand il s'agit des femmes, forcément coupables... Je l'ai lu comme un déchaînement envers le sexe dit faible plutôt gratuit, mais sans doute s'agit-il plutôt du sentiment d'une certaine époque...
Quoi qu'il en soit, c'est le genre de roman court et puissant qui reste longtemps dans les esprits, pour à la fois son romantisme noir et la cruauté de ce pan d'Histoire.

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Allantvers
  01 avril 2018
La voilà donc cette fameuse Lettre écarlate, réputée premier romain américain, produit en 1850 au sein d'une jeune nation qui avait encore alors bien d'autres choses à faire que de se poser à la littérature, alors que de l'autre côté de l'Atlantique Balzac avait fini d'écrire et que Zola n'avait pas encore commencé.
Roman d'avant le roman donc tel que nous sommes habitués à l'entendre, plus emprunt de littérature victorienne que des standards construits en France, qui déroute de ce fait et dès son premier abord par une très longue préface de l'auteur relatant sa découverte du sujet lors de son expérience de vie d'inspecteur des douanes américaines de la 'Nouvelle Angleterre'.

Une Nouvelle Angleterre dans laquelle Hawthorne nous immerge avec force dès que le récit commence, au sein de la communauté puritaine des années 1650 de Salem, Massachussets , dont la construction encore branlante ne pouvait, ayant renoncé aux sophistications viciées du vieux continent au profit d'un austère projet social, que la pousser à répudier violemment la belle et forte Hester, coupable d'adultère. D'où sa condamnation à porter à vie sur son sein en rouge écarlate la lettre A , que sa nature puissante portera à porter la tête haute et digne et à l'enluminer de broderies incandescentes.

Or d'elle, de son enfant née de l'adultère, du père dissimulé et dévoré de culpabilité, du mari trompé et vengeur, de la société primitive fortement cléricalisée qui l'a condamnée, qui subira le plus fortement le poids de cette infamie?
C'est ce sur quoi Hawthorne s'attache à nous faire réfléchir, dans le jus suranné de son époque, avec des élans de coeur qui m'ont touchée, malgré des digressions perturbant le récit et des élancements moraux d'un autre temps.

Cette Lettre écarlate n'est pas pour moi, férue de littérature du 19ème, une lecture forte, mais néanmoins j'ai énormément apprécié la sincérité de l'auteur autant que ce plongeon vivace et sans filtre dans une époque et un lieu extrêmement rare en littérature.
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dbacquet
  10 mars 2013
Dans une colonie puritaine de la Nouvelle-Angleterre, une ville côtière bordée d'immenses forêts, peuplée non seulement d'indiens mais aussi de sorciers et peut-être d'un homme noir… la jeune Hester Prynne, après avoir cédée à sa passion pour un jeune pasteur alors qu'elle était éloignée de son mari, a été clouée au pilori et affublée d'une lettre, comme d'une marque au fer rouge, lui rappelant sans relâche sa faute, et l'exposant à une brutale vindicte publique. Ce pasteur, dont l'identité n'a pas été divulguée, le Révérend Dimmesdale, vénéré dans la communauté pour sa piété et son éloquence, n'en expiera pas moins ce qui apparait alors comme un lourd péché, mais dans le secret et le dédale de son âme tourmentée. Une fille est née de cette union, Pearl, qu'Hester élève loin des hommes, dans une chaumière qui avait été abandonnée. Est-elle réellement une fille du péché ou du Prince des Airs ? Son comportement le plus souvent surprend ; libre, instinctive, elle semble parfois dotée de pouvoirs étranges, et ressemble à un lutin vivant à la frontière d'un monde magique. Nathaniel Hawthorne, en héritier de la littérature Gothique et des Romantiques Allemands, donne à ce roman des allures de conte fantastique. D'autant plus que la lettre agit comme une sorte de talisman. Hester, dans son repentir, se voue au service de mourants et de malades et s'élève au-dessus de ceux qui l'avaient condamnée, dans une société pleine d'artifice et de faux-semblants. Et quant à Dimmesdale, qui portait sur sa poitrine un signe, semblable à la lettre, qui le dévorait, il agira selon sa foi et sa conscience. Un docteur s'est mis à son service, Roger Chillingworth, qui a accru ses dons d'apothicaires au contact des indiens. En fait il n'est que le mari d'Hester qui, revenu sous une fausse identité, avait assisté au supplice de sa femme sur la place du pilori. Devinant ce qui trouble l'âme du pasteur, ce que celui-ci et Hester avait refusé de révéler, il n'aura plus qu'une obsession : se venger.
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Gwen21
  22 novembre 2018
Hester Prynne, belle jeune femme débarquée dans la colonie de la future Boston - nous en sommes en 1642 -, est conduite au pilori sur la Place du Marché, sous le regard réprobateur de toute la communauté puritaine. Avilie par son péché - elle porte dans ses bras un nouveau-né illégitime -, son sort est désormais de vivre en marginale, le corsage affublé d'une infamante lettre écarlate, d'un A pour "adultère". Une mère, un bébé... il y a bien quelque part un père ; qui refuse de se faire connaître et qu'Hester ne consent pas à dénoncer.

Dans la société moralement exaltée de la Nouvelle-Angleterre se met ainsi en place un drame poignant concentrant en son noyau une poignée de personnages à l'instar des tragédies antiques. La plume de Nathaniel Hawthorne est net et ciselée ; le roman est court mais dense. Les événements se déroulent comme un ruban de réglisse, amers et noirs.

Au-delà de la fiction aux airs de chronique, "La lettre écarlate" fait également figure de témoignage voire de réhabilitation. Et par la bouche d'un de ses personnages principaux, le Révérend Arthur Dimmesdale, l'auteur désigne à ses contemporains et futurs lecteurs cette vérité aussi universelle qu'aisément bafouée par tout un chacun : "Après avoir épuisé sa vie en se prodiguant pour le bien spirituel de la communauté, il avait voulu faire de sa mort une parabole afin de bien enseigner à ses admirateurs une profonde et triste leçon, de les pénétrer de cette vérité qui veut que, du point de vue de la pureté infinie, nous soyons tous aussi pécheurs les uns que les autres. Il voulait donner à entendre à ses ouailles que le plus saint d'entre nous n'est au-dessus de ses compagnons que dans la mesure où il se fait une idée plus claire de la clémence qui nous regarde de si haut et qu'il dédaigne davantage toute ombre de mérite humain."

Pour le lecteur actuel, je crains toutefois que ce classique soit un peu daté et d'un abord peu séduisant. En effet, la religion dans son rigorisme le plus extrême y est évidemment très présente, étant donné le thème, or la dimension spirituelle et mystique - encore plus s'agissant comme ici des sectes puritaines et quakeresses - gêne très souvent un lecteur qui aura du mal à saisir tous les tenants et aboutissants de cette moralité exacerbée. D'où, certainement, la (trop) grande liberté qu'a prise le réalisateur Roland Joffé dans son adaptation cinématographique de 1996 ; son souhait, visiblement, se porta davantage sur la romance que sur la sociologie, ce que j'appelle personnellement "passer complètement à côté d'une oeuvre".


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dourvach
  06 mai 2014
Découvert pour moi grâce à la vision du (très beau, quoi que le réalisateur en dise...) tout premier long métrage - effectivement fort imparfait - de Wim WENDERS [1972], qui adorait ce livre : je me souviens de la force de ses images et ses cadrages, de la magnificence de son actrice principale (Senta Berger, enceinte pendant le tournage) et de ses acteurs tous magnifiques : le DVD en est toujours disponible...

Aussi, j'inviterais tout un chacun non seulement à lire ce premier roman de l'Amérique, mais aussi - parmi nos (aujourd'hui) 71 critiques [!!!] de ce chef d'oeuvre - la passionnante et longue critique de pilyen, ci-dessous, en date du 16 décembre 2012. Remarquable critique qui célèbre avec beaucoup de clairvoyance l'un des plus beaux livres qui aient jamais été écrits !

Pour ma part, je n'ai jamais rien lu de tel ! 1850 ... Si loin, si proche... Sobriété et perfection de la langue. Et cette évocation fine du moutonnisme des esprits "puritains" - issu d'un terrifiant conditionnement humain : les ravages actuels et passés de l'intégrisme, cette prison mentale pratique à l'humain. En effet, entrer en Secte a ce formidable avantage d'éviter de penser par soi-même... Il faut surtout "se ressembler tous" : dans le comportement , la vêture, les têtes, les représentations du monde... Et se trouver des "Ennemis", surtout ! Et l'on suppose bien sûr que l'ensemble plaira à "Dieu" (?). Source intarissable d'innombrables souffrances, frustrations sexuelles, barbaries humaines [*] ...

Hesther Prynne, sa petite fille Pearl, Chillingworth le mari humilié, le pasteur honteux Dimmesdale demeurent toujours si touchants... Humains. Beaux. Solitaires. Magnifique Nathaniel HAWTHORNE ! 1850, oui...

[*] Cf. l'excellent film français récent "La désintégration" de Philippe FAUCON, préfigurant la c...nerie aussi impériale qu'abyssale d'un Mohammed Merah - ou autre clône de crétin réussi - nous décrivant sobrement ce type de dérangement mental, complète robotisation du champ de la pensée faisant fi de la valeur intrinsèque d'une vie humaine...
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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PiertyM
  01 mars 2017
Super Classique! Une image très forte de la femme, celle qui brave les regards haineux de la société, celle qui bombe la poitrine attendant sa sentence, celle qui se résigne à son bannissement avec bravoure, celle qui se révèle après avoir été déchue jusqu'au sous-sol, celle qui creuse seule dans le désert faisant jaillir un peu d'eau au bout de grand effort, celle qui prend sur ses frêles épaules mais solides le poids du fruit de crime passionnel combien même qu'ils étaient deux à le commettre. Par contre, l'autre criminel, l'homme, il choisit périlleusement le chemin de la lâcheté, de la couardise, de la pleutrerie...O qu'est ce que c'est une prison que de se mentir à soi-même!

Ce que les lois des hommes ont fait du chemin! Imaginons qu'une femme adultère de nos jours soit condamnée à porter la lettre écarlate sur sa chemisette, combien de femmes seraient concernées... C'est au XVIIe Siècle que ça se passe l'histoire de la lettre écarlate, Hester Prynne est condamnée de s'affubler de la lettre A pour cause d'un délit d'adultère afin que transparait en elle à tout jamais la culpabilité de son acte. le livre est très prenant dès qu'on le commence du fait que l'homme avec qui l'acte a été commis n'est pas connu, tout le poids du péché tombe sur la tête de la femme. Et c'est comme ça que se déroule le roman, l'auteur se sert des images fortes, des rebondissements pour parfaire cette version d'un à trois qui a beaucoup servi d'objet dans la plupart des classiques...

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