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EAN : 9782755688788
293 pages
Éditeur : Hugo Poche (10/06/2021)
  Existe en édition audio
3.77/5   649 notes
Résumé :
Boston, 1642. Hester, dont le mari est porté disparu, est mise au pilori car elle a commis l'adultère. Condamnée par la colonie puritaine à porter sur la poitrine un A écarlate jusqu'à la fin de ses jours, elle part vivre à la périphérie de la ville, seule avec sa fille, car elle a refusé de livrer le nom de son amant ...
Considéré comme le premier grand roman du continent américain, cet ouvrage connut à sa publication, en 1850, un immense succès, mais par sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (118) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 649 notes

qmike549
  23 février 2021
De nos jours, il n'est plus possible de regarder autour de soi sans aperçoir une distinction d'e telle ou de telle marque donnée… via des publicitaires sans aucun scrupule afin de mieux booster leurs ventes….Les marques de fabrique, de commerce et de service ont une importance économique considérable. Elles font partie de l'univers du consommateur…Au consommateur de choisir d'adhérer ou non à la marque, au signe distinctif proposé par tous ces lobbyistes…...
Mais qu'en est-il lorsque une marque ou un signe distinctif est imposé de force sur la poitrine d' un individu afin qu'il soit visible de tous???....
Les signes religieux…ou les signes de rejets…ou .les signes de de la marque du pêché, de la marque de la honte..
Ces signes obligatoires ont pour objectif de récupérer l'individu ou le groupe d'individus le portant, un signe distinctif, une marque, marquer d'appartenance ou d'exclusion…..Cela interroge…cela fait débat…..
Avons tous en mémoire l'histoire de nos années sombres où une catégorie de personnes était obligée de porter signe distinctif ; une certaine étoile jaune dont le but était d'assurer un meilleur contrôle de cette population.…
L'auteur américain Nathaniel Hawthorne nous offre un récit fictionnel historique sur les conséquences le porte obligatoire à vie d'une lettre A synonyme de honte ….sur les conséquences de l'infidélité dans la société américaine puritaine du XIXème et « La lettre écarlate »….. L'une des oeuvres de fiction américaines les plus influentes…...
Il est difficile d'avoir des statistiques précises sur le pourcentage d'hommes et de femmes adultères. Mais si tous les pêcheurs sexuels devaient porter une lettre A comme adultère sur la poitrine, la marque de la honte, alors nous tous serions constamment entourés au quotidien, d'une forêt d'adultères, d'une multitude d'hypocrites…
La Lettre écarlate « est un roman dit « classique » de la littérature américaine.
« La lettre écarlate » est un titre américain : The Scarlet Letter…..ce roman a été publié en 1850…..mais l'histoire se déroule deux ans cents plus tôt…….
« la lettre écarlate » est une une époque : La lettre écarlate a eu son temps entre les débuts de Massachusetts et la fin du XVIIème siècle.
Des personnes âgées, contemporaines dont les témoignages oraux ont lui ont servi pour composer son histoire…..d'ailleurs, l'authenticité de cette est garantie par M. l'Inspecteur Pue…
« La lettre écarlate » est la foule transformée en tribunal populaire…je vous donne mon avis, pour moi, il serait temps et bon pour la communauté qu'on s'en remit à nous autres, les femmes pour punir cette pécheresse de Hester Preynne….Ils auraient dû marquer son front au fer rouge….
« La lettre écarlate » est une jeune femme parvenue au seuil de la prison….elle portait dans ses bras, un nouveau-né….sur le corsage de sa robe, en belle étoffe écarlate et tout entourée des arabesques fantastiques d'une broderie au fil d'or….apparut la lettre A….
Les hommes et femmes de son entourage étaient maintenant frappés comme s'ils la voyaient pour la première fois, c'était la lettre écarlate si fantastiquement brodée sur son sein…… Venez madame Hester, faites voir à tous votre lettre écarlate sur la Place du marché….Hester Prynne se dirigea vers son lieu de châtiment….
« La lettre écarlate » est une jeune femme nommé Hester Prynne qui est condamnée à porter un A rouge sur sa poitrine pour avoir trompé son mari.....cette relation adultère donne naissance à un enfant illégitime. Hester refuse de nommer le père de l'enfant….Ce refus est source de conflit entre elle et le reste de la communauté de Boston…. Dès lors, Hester est considérée comme une paria…comme un pécheresse ….une hors-caste…une exclue……
Monsieur voudriez-vous me dire par grâce…qui est cette femme-là-bas ?..et pourquoi elle se trouve exposée à cet affront public ?...Vous êtes donc un étranger pour ne pas connaître nos règles, nos codes, nos règlements……Cette femme-là a, je vous assure causé un immense scandale…
Cette femme était l'épouse d'un homme fort docte, Anglais de naissance, il a vécu longtemps à Amsterdam d'où il décida de se joindre à nous autres colons de Nouvelle-Angleterre….
Lui ayant été contraint de s'attarder en Europe, a fait embarquer son épouse avant lui….et donc qui est le père de cet enfançon ?
« La lettre écarlate » est la honte publique…pour un secret…pour un pêché…Parle, femme s'écria le révérend Dimmesdale…
Parle donne un père à cette enfant…Je ne parlerai point…dit Hester….mon enfant devra chercher un père dans les cieux. Elle n'a aura jamais un sur terre……
Le refus de Hester de nommer le père crée un conflit entre elle et la communauté de Boston, qui la traite comme une pécheresse et une paria.
La lettre écarlate » est aussi symboles :
- La lettre A symbole d'adultère…de honte…de culpabilité…..un rappel constant au péché sexuel…puis A est synonyme de Abble (capable)….et enfin A synonyme de Angel….
- La ville représente, le monde des gens civilisés, les mondes de codes et du respect des règles et règlements
- La forêt est un lieu de perdition, un lieu de débauche….
- La petite Pearl est le rappel constant au pêché sexuel, rappel à la transgression ; elle est également symbole de survie, de joie pour Hester sa maman….Pearl est mon bonheur et mon tourment….Elle me maintient en vie : Elle est en même temps (comme dirait quelqu'un) ma punition…Ne voyez-vous pas que la lettre écarlate ; c'est elle !....
Le roman de « La lettre écarlate « de l'auteure Nathaniel Hawthorne exploite les notions de culpabilité, de vengeance et de rédemption dans une Amérique coloniale… ce récit un pamphlet virulent contre la société puritaine, arrivée en Amérique en 1620 et fondatrice des treize colonies de la côte Est….
C'est une dénonciation du puritanisme et de ses lois qui sont une entrave à la dignité et à la liberté individuelle….
A aucun moment, il n'est question de notion de pardon dans ce récit…Je pensais pourtant que le christianisme était construit sur les principes du pardon et du repentir, et non sur la punition et la honte des coupables.. ..
En France, les époux s'engagent à la fidélité lors de la cérémonie officielle de mariage où est prononcée par l'officier d'état civil, la phrase correspondant à l'article 212 du Code civil, « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance….
Savez-vous que Napoléon Bonaparte a dans son code civil de 1810 fait de l'adultère de la femme un délit sanctionné par une peine de prison allant de trois mois à deux ans, alors que celui du mari n'est passible que d'une toute petite amende…..comme quoi, mieux vaut que les lois soient créées par des hommes.
Un regret toutefois sur le contenu de la narration….Certains passages du récit sont alambiqués, longs et inutiles…ces paragraphe peuvent non seulement lasser le lecteur, mais de plus ils alourdissent infructueusement le récit .
Néanmoins, Nathaniel Hawthorne nous offre avec La lettre écarlate une magnifique héroïne qui, entre un mari dévoré par le désir de vengeance et un amant trop lâche pour accepter les conséquences de ses actes, est le seul personnage à s'en sortir la tête haute…..Hester une féministe avant l'heure……
Ce récit inspiré de nombreuses adaptations au cinéma, à la télévision et au théâtre…..
Challenge 19ème siècle 2021
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joedi
  20 juillet 2017
Boston, an de grâce 1642, la société puritaine est rassemblée sur la place pour assister à la sortie d'Hester Prynne qui désormais portera l'infâme signe de l'adultère. Hester sort de la prison, son bébé Pearl âgée de trois mois dans les bras, la lettre écarlate sur son sein, elle monte sur la plate-forme du pilori où elle devra rester trois heures à la vue de tous. La lettre écarlate, le A de adultère, elle l'a brodé artistement de fioritures fantastiques en fil d'or et, c'est la tête haute qu'elle regarde la population présente. Elle reste muette à l'injonction de dénoncer son amant. Parmi la foule elle aperçoit son mari qui, d'un signe, l'enjoint à se taire. Hester le croyait mort ; depuis plusieurs années il n'avait donné aucun signe de vie alors qu'il devait la rejoindre. Au vu des circonstances, son mari, un savant du nom de Prynne, prend une nouvelle identité, celle de Roger Chillingworth, docteur.
Ce roman de Nathaniel Hawthorne connut un immense succès dès sa parution en 1850 et fut considéré comme le premier grand roman du continent américain. Nathaniel Hawthorne dépeint à merveille la société intégriste de l'époque, il dresse, de façon magistrale, les portraits d'une femme éprise de liberté, d'un mari trompé qui ne vit plus que pour la vengeance et de l'amant rongé par le remord, torturé par son secret.
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Cannetille
  21 février 2020
Nous sommes en 1642. Alors que son mari est porté disparu, Hesther est mise au pilori pour adultère et condamnée par la communauté puritaine de Boston, outre à la prison et à l'exil aux marges de la ville, à porter en permanence la marque infamante de sa faute, une grande lettre A rouge. de son crime naîtra une petite fille, Pearl, dont Hesther refusera obstinément de dénoncer le père. Secrètement rongé par la lâcheté et la culpabilité, celui-ci n'en continuera pas moins une existence de notable respecté, pourtant soumise à son insu à la vindicte soupçonneuse et vengeresse du mari d'Hesther, discrètement réapparu sous une nouvelle identité.

Un des premiers romans de la littérature américaine, ce virulent pamphlet contre l'hypocrisie du puritanisme fit grand bruit à sa parution en 1850. L'auteur y règle en quelque sorte un compte avec sa propre famille, ses ancêtres eux-mêmes puritains ayant pris part à la chasse aux sorcières de Salem en 1692. le roman commence d'ailleurs par un prologue en partie auto-biographique, qui a pour effet de donner un vernis d'authenticité à l'histoire inventée qui va suivre.

L'intrigue s'avère assez transparente, l'amant étant très vite identifiable par le lecteur. Toute la finalité du récit réside dans la symbolique des personnages : Pearl, farfadet moqueur, insaisissable et maléfique, est l'image-même de la faute si réprouvée par la loi puritaine. Face à elle, Hesther, couverte d'opprobre, s'avère la plus chrétienne dans ses comportements et se rachète par sa charité envers les plus faibles, tandis que les membres de la communauté jugés les plus moralement dignes cachent des travers que personne ne sait voir.

Le style, souvent ampoulé, alourdi des commentaires de l'auteur sur les personnages et l'intrigue comme s'il craignait de ne pas être suffisamment compris, encombré de répétitions et de longueurs, est quand à lui extrêmement daté. L'insistance à illustrer toujours les mêmes traits des protagonistes finit d'ailleurs par en rendre certains parfaitement horripilants, tel le pasteur Arthur Dimmesdale dans son auto-flagellation lâche et complaisante.

La lecture reste néanmoins facile et agréable, et revêt une dimension historique et sociale qui n'a pas érigé pour rien cette oeuvre au rang des classiques de la littérature. Si elle peut paraître surannée sur la forme, son fond est hélas toujours d'actualité, dans certains lieux et milieux où le dogme religieux sert toujours à couvrir de bien grandes hypocrisies morales.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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si-bemol
  03 mai 2019
A comme “Adultère”. Lettre majuscule, infamante, écarlate - comme la honte et l'impudeur - , lettre de feu qu'elle devra désormais porter cousue sur sa poitrine, elle la femme déchue, marquée aux yeux de tous et pour toujours du sceau du déshonneur, elle : Hester Prynne. Tel en ont décidé, en l'an de grâce 1642, le tribunal de Boston, Massachusetts, et son prévôt, incarnation de “l'affreuse sévérité de la loi puritaine dans sa totalité qu'il lui appartenait de faire respecter à la lettre et sans recours”, qui la condamnent en outre au pilori - exhibition honteuse de son indignité offerte au mépris de toute la communauté.
En Nouvelle Angleterre, dans cette société puritaine de la première moitié du XVIIe siècle, elle a en effet commis l'irréparable : prendre un amant et, circonstance aggravante, concevoir avec lui un enfant du péché. Seul le fait que son mari soit considéré par tous comme officiellement disparu, qu'elle se soit donc estimée veuve et autorisée à aimer à nouveau lui a permis d'échapper à la peine de mort - sentence prévue par la loi pour la faute d'adultère.
Mais voilà qu'exposée au regard de tous sur le pilori de l'infamie elle reconnaît dans la foule qui la contemple avec mépris le mari qu'elle croyait mort, qui réapparaît soudain sous une nouvelle identité et lui enjoint, d'un geste discret, de se taire. Et tandis qu'elle refuse par ailleurs obstinément de révéler le nom de son amant, ce mari qui, la retrouvant enfin la découvre adultère, cet homme dangereux, trouble et profondément malveillant ne vivra plus que pour sa vengeance…
"La lettre écarlate" raconte, selon les mots de son auteur, “une histoire qui est celle de la faiblesse et de la misère humaine” et fait le portrait d'une société à laquelle le corset du puritanisme sert de masque à l'hypocrisie, la médisance, la jalousie et l'absence d'empathie et de coeur. Une société où les femmes “bien pensantes”, raidies dans leur apparente vertu, sont des parangons de malveillance, où l'homme tout puissant dicte à tous - et particulièrement aux femmes - ses lois iniques qu'il prétend être d'essence divine.
Premier grand roman de la toute jeune Amérique, publié en 1850 et tout imprégné des influences du romantisme européen, "La lettre écarlate" est également le roman de l'amour interdit, du secret, des passions dévorantes et des sentiments inavouables - remords, désir de vengeance, haine, lâcheté et désespoir. A partir de ce schéma classique du trio amoureux - la femme, le mari, l'amant - dont deux des protagonistes, ici, portent des masques, Nathaniel Hawthorne tisse une intrigue puissante et noire, admirablement écrite, où sont analysés avec finesse les débordements de la passion et la houle, irrationnelle et désordonnée, qui s'agite dans le secret des coeurs.
Il en émerge, superbe et lumineux, le portrait d'une femme admirable et libre dont la médiocrité de son entourage et de son époque ne sauront abattre ni la noblesse, ni le courage.
Un grand roman, indémodable, et une très belle lecture.
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
[Challenge HOMMAGE à NOTRE-DAME de PARIS]
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Eve-Yeshe
  19 septembre 2017
Ce roman nous décrit très bien la société puritaine, pour ne pas dire intégriste, de l'époque, où les droits des femmes étaient précaires, l'adultère sévèrement condamné au pilori avec obligation de porter la lettre écarlate A sur ses vêtements, dans un contexte d'hypocrisie notoire.
Hester aurait pu choisir l'exil, néanmoins elle choisit de continuer à vivre dans cette communauté qui les méprise, elle et sa fille Pearl, vivant de ses travaux de couture, et adoptant une conduite irréprochable.
Elle refuse de dénoncer son amant et force l'admiration. On note au passage que ce sont les femmes, vraies grenouilles de bénitier, qui sont les plus dures avec elle. Quant aux représentants de la loi, qu'ils soient juge, homme d'Église ou autres, ils brillent par leur mépris des femmes, et leur désir de les dominer.
Même si je préfère le personnage d'Hester, j'ai apprécié les deux personnages masculins principaux: le Pasteur Dimmesdale, cet homme d'église que beaucoup prennent pour un saint avec ses sermons qui enflamment ses ouailles mais qui s'étiole, rongé par un mal intérieur qui le brûle autant que la lettre écarlate portée par Hester.
D'autre part, le mari d'Hester, haut en couleurs, qui réapparaît le jour de sa condamnation, exigeant d'elle le silence, changeant de nom, autoproclamé médecin qui va utiliser les vertus des plantes apprises au contact des Indiens à des fins bien funestes:
« En un mot, le vieux Roger Chillingworth était une preuve évidente de la faculté qu'a l'homme, de se transformer en diable si pendant assez longtemps il joue un rôle de diable. Ce malheureux personnage avait subi pareille transformation en se consacrant pendant sept ans à l'analyse d'un coeur torturé, en tirant de cet office tout son bonheur, en attisant cette douleur dévorante dont il se repaissait passionnément. »
Nathaniel Hawthorne raconte donc les ravages de l'amour mais aussi ceux de la haine, les deux pouvant conduire à la destruction, mais aussi comment prendre son destin en mains et ne pas devenir une victime dans cette société puritaine et fermée sur elle-même.
J'ai beaucoup aimé ce roman, symbole du Romantisme américain, tant par l'histoire qu'il raconte que par le style de l'auteur. Je n'ai pas vu le film mais pourquoi pas?
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   20 mai 2014
Question de savoir si la haine et l'amour ne seraient pas une seule et même chose au fond. Chacun des deux sentiments parvenu à son point extrême suppose un degré très élevé d'intimité entre deux êtres, la connaissance approfondie d'un autre cœur.
Chacun fait dépendre d'une autre personne la nourriture affective et spirituelle d'un individu. Chacun laisse le sujet qui l'éprouve - celui qui aime passionnément ou celui qui déteste non moins passionnément - solitaire et désolé par la disparition de son objet.
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PiertyMPiertyM   01 mars 2017
Pauvre misérable ! De quel droit un faible comme lui était-il allé se charger d’un crime ? Le crime est l’apanage des forts, des gens aux nerfs d’acier, qui ont le choix, qui peuvent ou en supporter le fardeau ou faire appel à leur énergie sauvage pour prendre le bon parti de le rejeter tout de suite. Cet esprit faible et entre tous sensible ne pouvait faire ni l’une ni l’autre chose et, pourtant, faisait sans cesse l’une ou l’autre ce qui embrouillait en un même inextricable nœud l’angoisse d’une culpabilité défiant Dieu et d’un vain repentir..
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Gwen21Gwen21   04 décembre 2018
C’est un curieux sujet d’observations et d’études que la question de savoir si la haine et l’amour ne seraient pas une seule et même chose au fond. Chacun des deux sentiments parvenu à son point extrême suppose un degré très élevé d’intimité entre deux êtres, la connaissance approfondie d’un autre cœur. Chacun fait dépendre d’une autre personne la nourriture affective et spirituelle d’un individu. Chacun laisse le sujet qui l’éprouve – celui qui aime passionnément ou celui qui déteste non moins passionnément – solitaire et désolé par la disparition de son objet. C’est ainsi que, d’un point de vue philosophique, les deux passions semblent essentiellement identiques à ceci près que l’une se montre sous un jour céleste et l’autre sous un jour ténébreux.
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stcyr04stcyr04   03 avril 2012
Au centre, un ruisseau courait, nimbé d’une vapeur légère. Les arbres qui se penchaient audessus avaient laissé tomber dans ses eaux de grosses branche; Elles engorgeaient le courant, produisant, çà et là, des tourbillons et des profondeurs noires tandis que sous le passage libre du flot on voyait briller comme un chemin de cailloux et de sable brun. Si l’on suivait le ruisseau des yeux, on pouvait apercevoir ses eaux miroiter à quelque distance, mais on en perdait bien vite toute trace dans l’enchevêtrement des troncs d’arbres, des buissons, des rocs couverts de lichens. Tous ces arbres géants et ces blocs de granit semblaient s’appliquer à rendre mystérieux le cours de ce petit ruisseau. Peut-être craignaientils que, de sa voix infatigable, il allât murmurer sur son passage les secrets du cœur de la vieille forêt ? ou refléter des révélations
sur le miroir lisse d’une de ses anses ? Sans cesse, en tout cas, le
petit ruisseau poursuivait son murmure gentil, tranquille, apaisant mais mélancolique comme la voix d’un enfant qui passerait son enfance sans amusement et ne saurait comment être gai au milieu d’un entourage morne et d’événements sombres.
– Ô ruisseau ! Sot et fatigant petit ruisseau ! s’écria Pearl
après l’avoir écouté un instant. Pourquoi es-tu si triste ? Prends
un peu courage et ne sois pas tout le temps à soupirer !
Mais, au cours de sa petite vie parmi les arbres de la forêt,
le ruisseau avait traversé tant de graves aventures qu’il ne pouvait s’empêcher d’en parler et paraissait n’avoir rien d’autre à dire. Pearl lui ressemblait en ceci que sa vie à elle provenait aussi d’une source mystérieuse et se déroulait dans un décor aussi mélancoliquement assombri. Mais à l’inverse du petit ruisseau, elle bondissait, étincelait et babillait légèrement dans sa course.
– Que dit ce petit ruisseau triste, Mère ? demanda-t-elle.
– Si tu avais un chagrin à toi, le ruisseau t’en parlerait
comme il me parle du mien, lui répondit sa mère
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Gwen21Gwen21   22 novembre 2018
Disons aussi une vérité dure et triste : la brèche que le mal a creusée dans une âme humaine ne peut jamais, en notre état mortel, être réparée. On peut faire bonne garde afin que l’ennemi ne se fraye pas derechef un chemin vers la citadelle ou n’aille pas, même, tenter de choisir, pour théâtre d’assauts futurs, d’autres voies que celle qui lui avait été une fois favorable. Un mur en ruine n’en subsiste pas moins et, toute proche, la ronde sournoise d’un ennemi entendant bien renouveler un triomphe qu’il n’oublie pas.
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En 1845, Samuel Long, jeune esclave noir d'une vingtaine d'années, réussit à s'enfuir de la plantation de son maître, en Virginie. Après avoir emprunté, le « chemin de fer souterrain » – maillage de personnes qui, depuis les États du Sud, aident les esclaves en fuite à rejoindre le Canada, il arrive au lac Walden et se lie avec le cercle des philosophes transcendantalistes : Henry David Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, William Lloyd Garrison et bien d'autres. À leurs côtés, il va alors tenter de se (re)construire et d'apprivoiser sa nouvelle condition d'homme libre.
Mais cette rencontre est également la confrontation de deux mondes : celui de Samuel Long fait de souffrance et de révolte, et celui des intellectuels blancs qui, s'ils soutiennent l'abolition de l'esclavage, se retrouvent néanmoins enferrés dans leurs propres privilèges et contradictions. S'en dégagent des portraits étonnants, et surtout très sensibles, de Henry David Thoreau et de ses confrères, à travers le regard de Samuel.
À retrouver en librairie dès le 6 mai !
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