AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2743646179
Éditeur : Payot et Rivages (06/02/2019)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un roman sur l'exil et le déracinement à travers le récit poignant d'une famille qui fuit une Babylone cauchemardesque. L'amour infini d'un père pour sa fille, prêt à braver tous les obstacles.

Une mystérieuse épidémie condamne la ville-état de Kok Tepa à l'isolement et à l'autarcie. Si ses dirigeants, les Moines, reçoivent quotidiennement une livraison de sérum qui les protège de la maladie, les autres castes, elles, sont touchées de plein fouet. Ro... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
belaval
  08 février 2019
C'est le premier livre en collection blanche de cet auteur qui a déjà beaucoup écrit ; son univers semble être l'imaginaire et la dystopie...Ici, on est aussi dans des lieux imaginaires mais qui évoquent des faits actuels: migrants et passeurs.
Une épidémie frappe KokTepa qui est à l'isolement; tous risquent d'être atteints sauf la caste des Moines qui est immunisée grâce à un sérum.
Rostam, le héros est passeur des familles qui fuient refusant la maladie et la mort et qui espèrent atteindre l'Outre-mer pour y être soigné: ses derniers clients sont quatre frères et soeur et leur grand-mère.
En rentrant chez lui, Rostam découvre que sa femme a tout préparé pour un départ précipité: leur fillette a les symptômes de la maladie. La famille va migrer et connaître un univers de cauchemars. Ils sont fait prisonniers par des mercenaires; leur cellule est sordide et surpeuplée; Rostam travaille tandis que sa femme reste prostrée: la petite va de plus en plus mal, sa mère va se prostituer pour qu'on l'emmène à l'hôpital...Resté seul le père est gravement blessé par un ado qui un peu plus tard exigera d'être guidé par lui hors de la prison en feu; il lui ordonne d'abattre tous ceux qui s'opposeraient à leur fuite. Rostam lui fausse compagnie et erre jusqu'à être recueilli par une bistrotière qui le met au travail. Il apprend que sa fille et sa mère sont arrivées en Outre-mer: il peut les rejoindre au prix d'une traversée périlleuse, d'abord en barque puis à la nage, plus d'un an après car, après avoir failli être rapatrié à Kok Tepa, il travaille en méditant son évasion.Le dernier chapitre rejoint le tout premier: Rostam nage...
Ce roman est "vendu" comme poignant mais je n'ai pas vraiment été émue sans savoir pourquoi; peut-être le fait qu'on soit dans un monde imaginaire?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          12
EvadezMoi
  13 février 2019
Ce superbe roman est inclassable.
On pourrait dire de la SFF (pour les néophytes comprenez Science-Fiction et Fantaisie) puisque cela se passe dans un pays imaginaire constitué de castes dont le haut de la pyramide est dirigé par des Moines ayant un précieux sérum les rendant éternels et surtout les immunisant contre un virus qui décime les castes inférieures. On ne sait pas non plus situer l'histoire d'un point de vue temporel mais les robots et les drones que l'on voit passer au loin nous laissent penser à un futur, pas forcément très lointain.
On pourrait parler de littérature blanche. L'auteur nous parle d'une famille très unie mais qu'un drame force à fuir leur vie dans ce microcosme coupé du reste du Monde. C'est l'histoire de l'amour d'un père pour sa petite fille et pour sa femme.
L'écriture est belle, épurée et poétique, tout autant que le décor de cette histoire, un décor qui a quelque chose de magique tout en étant, pour les personnages, effrayant.
On pourra également y voir une allégorie de notre société actuelle et on trouvera en Rostam, le père de famille, le symbole de tous ces migrants d'aujourd'hui qui fuient leurs pays dans l'espoir d'une vie meilleure, dans celui, parfois, d'être sauvés d'une mort certaine.
Rostam rejoint le contingent des hommes à tout faire.
Il travaille sept heures par jour, cinq jours sur sept. Mange équilibré, dort correctement, lit beaucoup. Court, sur des machines, une centaine de kilomètres par semaine, et nage deux heures chaque soir, lentement, pour perfectionner son crawl.
Rostam n'a guère le temps de flâner. Il parle peu à ses collègues, presque jamais avec les hommes et femmes retenus, qui arrivent sans cesse et repartent à peine plus tard. Il ne s'attarde pas dans les espaces communs, ne laisse aucune trace de ses calculs, mesures et ruminations. Rostam s'enferme dans son quotidien, seulement tenu en éveil par les rêves d'évasion.
Léo Henry nous offre un conte plein de douleur, d'espoir, de courage, de peine. Un récit d'où transparait les différences de classes, le mépris des plus chanceux, la rareté de la main tendue et l'opportunisme du plus grand nombre, sans oublier la différence d'accès aux soins selon que vous ayez de l'argent ou pas.
L'auteur nous dessine à l'encre sympathique le monde dans lequel nous vivons et mets des couleurs dans cette atmosphère somme toute très noire.
Certaines personnes n'ont aucune pitié. Certaines personnes ne voient, dans la vulnérabilité des autres, qu'une façon de renforcer leur propre pourvoir.
Une lecture qui a été pour moi un enchantement.

Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
JoyeuxDrille
  08 février 2019
Léo Henry aborde la question des filières de passeurs qui profitent des migrants, à travers un prisme imaginaire, entre fantasy et conte. Rostam, passeur indifférent et cynique, devient par amour un migrant à son tour et se lance dans une douloureuse quête de rédemption. Un court roman qui dénonce les comportements de tous les acteurs de ces drames, sans oublier de nous mettre face à notre égoïsme.
Lien : https://appuyezsurlatouchele..
Commenter  J’apprécie          40
Charybde2
  03 février 2019
Superbe fable réaliste et intense poésie de l'imaginaire pour mieux saisir l'envers du décor des réfugiés.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2019/02/03/note-de-lecture-lautre-cote-leo-henry/
Lien : https://charybde2.wordpress...
Commenter  J’apprécie          20
TmbM
  07 février 2019
L'autre côté est un texte court, moins écrit à l'économie que concentré sur l'essentiel, sans pathos ni morale. C'est un livre intelligent, lu d'une traite, le souffle court, qui invite à réfléchir à notre époque. Un roman qui nous rappelle que Léo Henry est un styliste capable de créer des univers forts et d'injecter de la poésie dans ce qui a l'air d'en être bigrement dénué.
L'article complet sur mon blog.
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   03 février 2019
L’arrière-salle du Paon de Colchide est à demi ouverte sur la ruelle, d’où entrent, par bouffées, des odeurs de métal chaud, de pisse fraîche et de malt grillé de la brûlerie voisine. Les murs sont décorés de carreaux de faïence à motifs floraux, bleus, beiges et vert pâle – bourgeons, pétales, épines, une efflorescence peinte d’oasis imaginaire.
Rostam sert lui-même le thé à ses clients. Le liquide grelotte et mousse dans les petits verres évasés aux paraisons gravées d’arabesques. La plus grande des sœurs en saisit un, manque de se brûler, le repose avec précaution.
« Et une fois arrivés à Merv ? Qu’est-ce qui nous garantit qu’ils nous laisseront embarquer ? »
Ils sont venus à quatre, mais il n(y a qu’elle qui parle. Châle prune, robe fuchsia, des bagues à tous les doigts, une chaînette relie l’index au majeur droit. Des pattes d’oie au coin des yeux, des paillettes sur les paupières. Trente-cinq ans environ. Les trois frères sont également apprêtés, en habits de cérémonie dans les tons jaune et orange des Commerçants. Le plus jeune est à peine nubile, tous sont très sages, attentifs.
Rostam réinstalle la lourde théière sur son socle et revient à la carte dépliée sur la table, laisse planer une main au-dessus comme un magnétiseur.
« Je le répète, nous ne pouvons rien garantir. Une fois franchie la muraille tierce de Kok Tepa, il faudra vous fier à nos transporteurs, et toutes les voies de passage qu’ils empruntent peuvent être sujettes à des changements. Cela étant, nous avons toutes les raisons de penser que nos routes actuelles sont fiables pour quelques semaines encore. Tous ceux qui sont partis cette année sont arrivés à Merv dans les dix jours. Les trois quarts d’entre eux ont envoyé des messages annonçant qu’ils avaient ensuite rejoint l’Outre-Mer. Nous n’avons aucun pouvoir sur les conditions d’accès, elles peuvent varier d’un mois à l’autre. C’est la roulette. »
Rostam parle posément, en insistant sur les mots-clés. Il a une voix grave et douce dont il a appris à jouer. Une voix réconfortante, dans laquelle on a envie de se lover, mais qui casse facilement, se brise dans les aigus quand il la presse, s’énerve, ou lorsqu’il est surpris.
Rostam prend le temps de les regarder tous à nouveau, l’un après l’autre, et le benjamin baisse alors le menton par réflexe, pour dissimuler les roseurs sur son cou, juste sous la barbe. Une dermatite bénigne, ou les signes premiers d’une infection.
« Évidemment, en cas de refus d’admission, notre prestation inclut la mise en œuvre de moyens de contournement. »
La femme reprend sa tasse pour boire l’infusion amère aux fleurs de cerisier. Elle ne quitte pas Rostam des yeux.
« Expliquez-nous.
– Des pécheurs, spécialisés dans le cabotage. Ils ont de petites embarcations robustes, avec des cales frigorifiques dont on peut débrancher le thermostat. Nous connaissons bien, également, les nomades du Delta. Il y a d’autres options encore. Merv n’est plus un verrou depuis des années. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Charybde2Charybde2   03 février 2019
Nisa enserre de ses deux mains les grands verres de bière noire et amère, puis les vide posément, l’un après l’autre. C’est une bonne buveuse. Elle fixe Rostam sans pudeur, de ses yeux transparents et curieux. Elle le fait parler.
Ils sont dans une cave des bas quartiers, le troisième bar depuis le début de la virée. L’espace est étroit, les tables rapprochées, les clients s’expriment fort et jettent haut leurs osselets, qui retombent en crépitant sur la feutrine usée des dessus de table. Il faut se pencher l’un vers l’autre pour s’entendre.
« De ce côté du mur, la tradition fixe la séparation des populations en castes héréditaires. Les Guerriers, les Commerçants et les Paysans sont considérés comme à peu près égaux et peuvent entretenir des échanges. On peut commercer, conclure des contrats, se marier entre nous. On peut même parfois choisir la caste de nos enfants. Les Moines, eux, restent à part. Ils ont la charge du pouvoir spirituel et temporel et sont soumis à d’autres règles. Comme ils sont dépositaires des formules d’immortalité, ce sont eux qui se partagent les traitements venus de l’Outre-Mer.
– Et personne ne leur conteste ce privilège ?
– Les conditions sanitaires de Kok Tepa condamnent la cité à l’autarcie. Nous importons la moitié de notre nourriture et presque tout notre équipement. Les Moines gèrent les relations extérieures, ce sont eux qui tiennent la ville. Et vu qu’ils sont les gardiens des traditions religieuses, remettre leur autorité en cause est absolument impensable pour mes concitoyens.
– Tu ne te comptes pas dans leur nombre ? »
Rostam boit au lieu de répondre. À sa grande surprise, il aime la franchise de l’Ambassadrice. Il aime se sentir embarrassé à chaque nouvelle question qu’elle pose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Charybde2Charybde2   03 février 2019
Et puis, trinquant avec l’Ambassadrice, cette femme de l’Outre-Mer venue s’encanailler une nuit dans les bas-fonds de Kok Tepa, venue tourner la tête, quelques heures, aux bouseux obscurantistes de la ville sacrée, il déclare :
« Je sers de soupape à la cité. Je suis la porte de sortie officieuse. Je suis le passeur. »
Plus tard, la nuit bascule.
Nisa et Rostam, affalés dans des fauteuils de bois noir luisant, tirent sur de courtes pipes de cannabis.
Dans l’arène du grand aquarium, les poissons mâles se mordent à mort, c’est un ballet silencieux. Long froissement de voiles multicolores. Le sang, dans l’eau, dessine des précipités sombres.
Épisodiquement, avec des gestes las et lents, l’arbitre plonge une écimoire pour repêcher le corps déchiqueté d’un animal vaincu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Charybde2Charybde2   03 février 2019
Certains disent de Kok Tepa qu’elle est la plus ancienne ville du monde. Il est difficile de savoir si c’est vrai. Les Moines, gardiens des traditions et des récits, sont aussi les détenteurs du pouvoir temporel sur la cité, et ils ont toute latitude pour tourner l’histoire à leur avantage. Même chose pour les formules de l’immortalité, prétendument offertes par les dieux aux habitants de Kok Tepa il y a dix fois mille ans, en récompense d’un sacrifice oublié.
Kok Tepa, cité sainte, juste parmi les justes.
Kok Tepa, ombilic de la foi.
Kok Tepa, rétine de l’œil divin.
Etc.
Rostam s’est fait une raison : il ne saura jamais ce qu’il en est réellement. Il connaît assez bien les basses castes pour être familier de leur piété, faite de fatalisme et d’un goût profond, presque déraisonnable, pour la complexité et la multiplicité des rituels. Mais il a aussi assisté à suffisamment de cérémonies au Dilgûsha pour ne rien ignorer du rapport érudit et cynique que les Moines ont à leurs traditions, de leur penchant pour le pouvoir et l’arbitraire.
Aux yeux de Rostam, une chose demeure certaine : quand le soleil décline sur le haut-plateau, au-delà des frontières de la ville, vers six heures du soir, et que la brise du nord se prend à souffler, purgeant les fumées et les miasmes, Kok Tepa est le plus bel endroit sur terre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Léo Henry (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léo Henry
Le samedi 21 avril 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Léo Henry pour fêter le lancement de son roman "Hildegarde" aux éditions La Volte.
autres livres classés : passeurVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

La littérature indienne : etes-vous intouchable ?

Quel est le nom de l'ancienne propriétaire de la maison qu'occupe le couple dans "Loin de Chandigarh" de Tarun Tejpal ?

Fizz
Karine
Catherine
Angela

10 questions
78 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature indienne , indeCréer un quiz sur ce livre