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EAN : 9782221251539
342 pages
Robert Laffont (04/02/2021)
3.98/5   77 notes
Résumé :
À trente-neuf ans, Élise, célibataire, vit dans la famille de sa soeur, gynécologue réputée, et de son beau-frère, agent immobilier. Elle tient la maison, s’occupe des quatre enfants du foyer, et son existence s’écoule ainsi, dans une espèce de rythme immuable : depuis toujours, Élise vit dans l’ombre de sa soeur. Aux yeux de l'extérieur, elle passe pour une femme fragile, d'une timidité maladive, incapable de se débrouiller seule.
Tout à coup, elle se met en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Armel Job nous emmène dans une famille bien sous tous rapports. Enfin , extérieurement.
Marie-Rose et Édouard ont 4 enfants. Elle travaille comme gynécologue dans un hôpital de la ville et son mari a une agence immobilière.
La soeur de Marie-Rose, fragile psychologiquement, garde les 4 enfants et vit à demeure chez sa soeur.
L'aîné des enfants donne un ordinateur à sa tante et lui en explique petit à petit les rouages.
Élise, la tante va donc sur Internet et se met en tête de rechercher un mari. C'est ainsi qu'on pourrait l'imaginer.
Elle fait la connaissance d'un antiquaire au comportement plus que fourbe. Il semble tremper dans un trafic d'oeuvres d'art religieux volées avec l'aide d'un chanoine encore plus malhonnête que lui.
L'histoire va petit à petit prendre une tournure dramatique et surprenante dans le genre de l'attrapeur attrapé.
Le rôle joué par les observations du serveur du bistrot où Élise et Pierre, l'antiquaire se rencontraient, de l'hôtesse de l'hôtel où ils se rencontraient plus intimement nous aident à avancer dans la connaissance des personnages.
L'auteur belge admis à l'académie de la langue française De Belgique nous promène dans les rues de la ville de Liège qu'il connaît bien et fait aussi référence à la ville de Verviers où habite Élise.
Une analyse très fine ainsi que la trame du roman, un langage très choisi et précis font du roman d'Armel Job une lecture appréciable.
Un petit côté désuet et rigide dans la plume de l'auteur m'a un peu éloigné des 5 étoiles.
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Je jubile à l'heure d'écrire cette critique de « Sa dernière chance ».
Qu'est-ce qu'Armel Job peut être tordu (peut-être même un peu trop), à tresser une histoire où s'entremêlent les secrets, les convoitises – de femmes ou de tableaux, c'est selon -, les coups malhonnêtes, et même les sentiments sincères !

Nous sommes dans une petite ville de l'est de la Belgique, non loin de Liège. Elise, une femme de déjà 39 ans, vit chez sa soeur gynécologue et son beau-frère propriétaire d'une agence immobilière. Elle s'occupe exclusivement de leurs quatre enfants, et n'a donc aucune vie privée. Aucune ?
Méfiez-vous de l'eau qui dort, elle peut tout à coup s'agiter, devenir une vague énorme et tout submerger !

Je l'ai déjà dit dans d'autres critiques de cet auteur belge reconnu, Armel Job est passé maître dans l'art de la psychologie. Il n'a pas son pareil pour imaginer tous les remous qui gisent sous la conscience, et qui éclatent en bulles nauséabondes. Il laisse ses protagonistes s'asperger, se vautrer et s'enliser pour les sortir au dernier moment de la mare répugnante de ces désirs enfouis ou de ces convoitises à peine voilées, sans pourtant oublier de distiller des giclées rafraichissantes d'amour sincère.

C'est vrai, finalement, l'humanité n'est quand même pas entièrement retorse, et le destin laisse (parfois) une dernière chance …


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Une femme pousse timidement la porte de la brasserie « Le Belle Vue » à Liège. A part le barman, personne. Assise dans un coin, elle garde l'oeil rivé sur l'entrée. Puis, après quelques minutes à peine, quitte l'établissement à pas pressés.
Un peu plus tard entre un homme qui balaie la salle du regard. Il reste stupéfait devant l'horloge. Quoi ? C'est l'heure juste ? On est passé à l'horaire d'été ? Il l'avait oublié et a raté son rendez-vous !
Élise Dubois va-t-elle devoir finir ses jours comme bonne à tout faire dans la famille de sa soeur ? A-t-elle laissé filer sa dernière chance ?
Février est, dit-on, le mois le plus froid de l'année. Et pourtant, je vous garantis que je l'attends avec impatience. La parution du nouveau roman d'Armel Job contribue à le réchauffer et je m'assure de pouvoir m'y plonger le jour-même de sa sortie. « Sa dernière chance » raconte l'histoire d'une famille, en apparence bien lisse et bien convenable, mais qui cache des secrets plus ou moins inavouables. C'est tout ce que j'aime.
En 2016, « Benoît Michiels, le reporter de la Dernière Heure » interroge des témoins de l'affaire Élise Dubois, qu'il compte relater dans « son célèbre recueil de faits divers "Récits des bas-côtés" » Comment ? Il y a une affaire Élise Dubois ? A l'époque des faits, en 2009, cette presque quadragénaire a donc vécu quelque chose d'assez extraordinaire pour être consigné dans un livre. Et pourtant, elle ne paie pas de mine, cette Élise. On la dit timide, fragile, réservée, voire dépressive.
Depuis longtemps, elle vit quasiment recluse dans la maison de sa soeur et s'occupe de toutes les tâches du ménage . Mais ne dit-on pas qu'il faut se méfier de l'eau qui dort ? Un jour, Élise va sortir de sa chrysalide et surprendre tout le monde.
Dès les premières pages, on peut se la représenter en la suivant au Belle Vue. « Elle se tortillait sur sa chaise (…) Elle ne savait quelle contenance adopter » Lorsqu'elle parle, elle « souffle » ou « murmure ». Mais, en sortant, « d'un air bravache inattendu, elle déclara, haussant le ton (…) : "Vous avez raison, cela ne vous regarde pas !" » Et on soupçonne alors une autre Élise qui n'est pas du tout cette pauvre petite chose qu'on imaginait. Au cours de l'histoire, Armel Job précise son évolution, mais ne s'arrête pas en si bon chemin. Il trace de chacun des protagonistes des portraits qui sont parfois au vitriol.
« La soeur d'Élise Dubois, la doctoresse Marie-Rose Dubois, était – et est toujours – une personne unanimement appréciée ». Mais cette mère de famille nombreuse ne s'occupe finalement de sa progéniture que pendant une semaine par an, s'étonne que la petite dernière, quand elle a un chagrin, se réfugie dans les bras de « tatie Lise » et traite sa soeur comme une bonniche (du XIXe siècle) ou une gamine  : « Enfin ! Où étais-tu ? (…) Je te les confie, tu es responsable ! Où étais-tu passée, bon sang ? », lorsque Élise s'absente, pour une fois, pendant une après-midi.
Le respectable antiquaire fait du trafic d'oeuvres d'art et roule ses clients. « Je vous le ferai au prix qu'il m'a coûté. Je ne veux rien gagner dessus (…) Disons mille huit cents euros. » Alors qu'en réalité « il avait donné quinze cents ».
Quant au chanoine, il ne se comporte pas de façon très catholique, c'est le moins qu'on puisse dire ! Dans une église, face à une statue de la Vierge, « un Ave lui traversa l'esprit, mais il aurait tout aussi bien pu réciter l'alphabet ». Ce qui l'intéresse, c'est l'esthétique de cette oeuvre. « Qu'est-ce qu'il aurait donné pour descendre la statue de son autel (…) Pour l'emporter, la posséder, pouvoir s'en repaître les yeux chaque jour. » Et devant un précieux reliquaire en argent, dont « malheureusement, la relique a disparu », il réplique : « Aucune importance. Un morceau d'os, un bout de couenne : sans intérêt ! » Étonnant pour un homme de foi, et on n'est pas au bout de ses surprises.
Le portrait-charge le plus décapant, c'est celui du très sélect agent immobilier. Lorsqu'il se prend pour James Bond, « avec un spasme de plaisir cruel, il voulut lui mettre le Luger sous le nez. Malheureusement, la pointe du guidon au bout du canon accrocha la doublure de la poche, si bien qu'avec le pistolet, il entraîna la moitié de sa veste qui se souleva jusqu'à son menton dans un craquement sinistre. » Elles sont nombreuses les situations cocasses (pour le lecteur) dans lesquelles s'empêtre cet imbécile d'Édouard
De l'intrigue proprement dite, je ne révélerai rien, sinon qu'elle est à multiple détente et que, finalement, on est toujours surpris.
Une petite remarque cynique pour la fin ? « Il avait peut-être envisagé un moment d'escroquer une femme ; fouiller dans son sac, il ne se le serait jamais permis. »
Si vous aimez les ambiances, le jeu de cache-cache de l'être et du paraître et les petits secrets bien méprisables dans les bonnes familles bourgeoises, n'hésitez pas, vous ne serez pas déçus.
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Dernière chance pour Elise, gouvernante des quatre mioches de sa gynéco de soeur, vieille fille croyant découvrir par hasard sur internet l'âme soeur.
L'âme soeur c'est Fauvol, antiquaire véreux manigançant avec le chanoine Grimaux une combine pour racheter à un receleur d'Amsterdam un célèbre tableau dérobé à Sienne.

On retrouve la patte d'Armel Job, des caractères qui évoluent, qui vont surprendre, comme la grandeur d'âme d'Elise, la médiocrité du beau frère.

J'ai cependant moins accroché aux personnages, à l'intrigue qui commence un peu tard, à l'écriture moins accessible peut-être.
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La lecture du dernier Armel Job paru, c'est mon petit rituel annuel. Je ne m'en lasse bien que, cette fois, j'ai été un peu moins surprise par l'intrigue de « Sa dernière chance ». Soit je m'habitue aux ficelles nouées et dénouées par l'auteur, soit cette fois il a été moins subtil dans sa manière de distiller les informations implicites... Néanmoins, j'ai apprécié ce moment de lecture où je me glisse dans un roman qui débute par un simple petit fait banal du quotidien pour aboutir à une intrigue complexe et peu commune.

Car l'histoire d'Elise Dubois, 40 ans, nounou des enfants de sa soeur gynécologue réputée et de son beau-frère agent immobilier, est plus compliquée qu'il n'y parait et les rebondissements ne manquent pas. Comme à chaque fois dans les romans d'Armel Job, les pièces du puzzle s'assemblent petit à petit, on découvre par petites touches les réelles motivations des protagonistes et leurs secrets. C'est toujours un plaisir de retrouver le style d'Armel Job, sa finesse dans la construction psychologique des personnages, sa manière de porter sur eux et leurs actions un regard à la fois ironique et bienveillant, les rendant indubitablement humains et proches de nous. Pour ne rien gâcher, l'action se déroule principalement à Liège et, si certains endroits sont de pure fiction, Armel Job évoque des lieux réels et c'est agréable de suivre les protagonistes au coeur de la Cité Ardente.

« Sa dernière chance » se lit vite et simplement, si l'on recherche une lecture agréable sans prise de tête. Mais derrière cette simplicité se d'étanche tout de même la possibilité de réfléchir à cette question : que serions-nous prêts à faire ou à sacrifier pour le pas laisser passer notre dernière chance ?
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec
26 avril 2021
Dans son nouveau roman, l’écrivain belge Armel Job met en scène une famille sans histoire sur le point de plonger en plein drame.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeSoir
01 mars 2021
C'est «Sa dernière chance». A 39 ans, Elise, qui s'est dévouée depuis des années aux quatre enfants de sa sœur, se dit qu'elle peut encore séduire et vivre sa propre vie. Armel Job décrypte brillamment l'âme humaine.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
Quand on rapporte ces histoires somme toute banales de personnes qui s'évertuent à s'empoisonner l'existence en lâchant la bride à leurs médiocres passions, ceux à qui l'on pense le moins, en général, ce sont les enfants. Car ces gens la plupart du temps ont aussi des enfants qui assistent impuissants et navrés à la programmation du malheur de la famille. Les enfants accueillent la vie comme elle se présente, ils n'essaient pas d'en contrarier le cours naturel.
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En 2009, elle avait 43 ans mais, à la vérité, personne à commencer par elle, ne se serait préoccupé de son âge. Elle se trouvait dans cet espace de la maturité qui n'appartient plus aux vertes années, tout en restant éloigné encore des premières flétrissures de la vieillesse. Questionné, le personnel de Saint Jean aurait répondu sans doute que Mme Gayet Dubois était une femme " d'un certain âge ", période terne qui fut le lot intermédiaire du plus grand nombre des femmes aux siècles passés, avant la course éperdue à l'éternelle jeunesse.
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Quand on rapporte ces histoires somme toute banales de personnes qui s’évertuent à s’empoisonner l’existence en lâchant la bride à leurs médiocres passions, ceux à qui l’on pense le moins, en général, ce sont les enfants. Car ces gens la plupart du temps ont aussi des enfants qui assistent impuissants et navrés à la programmation du malheur de la famille. Les enfants accueillent la vie comme elle se présente, ils n’essaient pas d’en contrarier le cours naturel. Comment comprendraient-ils la rage destructrice des adultes ? Ils restent là, étonnés et muets. Les parents ne s’aperçoivent pas qu’ils sont blessés pour toujours et, s’ils s’en aperçoivent, à la souffrance des petits ils opposent à regret les intérêts supérieurs des grands. (p.284)
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Autrefois, les malandrins hésitaient à faire main basse sur les oeuvres sacrées. Ils craignaient qu'elles ne leur portent malheur. Un quelconque saint Roch qu'on invoque contre les maladies contagieuses était bien capable de fiche la vérole à son ravisseur. Désormais, plus aucun voleur n'y croyait, pour la bonne raison que les croyants eux-mêmes, pour ce qu'il en reste, n'y croient plus non plus.
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Rien que pour avoir cité le chocolat Galler, Armel Job vaut la peine d’être lu 😉 :
Si elle n’était pas grosse, elle était loin d’être maigre. « Bien en chair » aurait parfaitement défini son type, car elle avait une instinctive affection pour les corps, le sien d’abord, auquel elle accordait de bonne grâce de quoi lui faire plaisir (elle avait un faible pour le chablis et le chocolat Galler), puis celui de ses patientes, qu’elle traitait avec une douceur maternelle. (p. 22)
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Vidéo de Armel Job
Interview d'Armel Job, principalement à propos de son roman "Une drôle de fille". Il répond également à quelques questions sur son processus d'écriture.
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