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ISBN : 2221239873
Éditeur : Robert Laffont (07/02/2019)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Quoi de plus paisible que la Maison Borj, cette boulangerie d'une petite ville de province belge à la fin des années 1950 ? Un ménage sans histoire, deux adolescents charmants, un commerce florissant : les Borj ont tout pour être heureux. Avec générosité, ils acceptent de prendre Josée, une orpheline de guerre, en apprentissage. Josée est une drôle de fille. Épileptique, pratiquement illettrée, la jeune fille a cependant un don émouvant pour le chant qui, après une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  24 avril 2019
13 septembre 1958, Léopoldine Vandelamalle pousse la porte de la boulangerie Borj à Marfort une petite ville imaginaire de Hesbaye, une région de Belgique.
Amusant ce mélange de lieux que l'auteur a imaginé pour camper son roman.
Tout se passe bien chez les Borj : Ruben fabrique le pain, Gilda sa femme officie dans la boutique et ses deux adolescents Astrid et Rémi évoluent normalement.
La routine !
Ce serait sans compter sur Léopoldine, représentante de l'oeuvre nationale des orphelins de guerre qui va leur proposer, leur imposer de prendre en apprentissage Josée, 16 ans, victime des bombardements pendant la guerre. La jeune fille a perdu sa famille, garde certains traumatismes et depuis connaît le placement en orphelinat.
Les Borj acceptent et Josée entre à leur service.
Gilda, la patronne va vite s'apercevoir qu'elle ne sait pas lire, mais compte à merveille. Pratique pour servir les clients.
Elle lui passe ses robes de jeune fille. Ce qui va réveiller les ardeurs de Ruben, son mari, qui va pourtant essayer de se maîtriser.
Josée fait une crise d'épilepsie dans un dancing mais ce sera la seule.
Elle fait partie de la chorale des libellules avec Astrid, la fille de la maison. On s'aperçoit que Josée a une voix en or. Le maître de la chorale et sa mère vont la mettre à l'honneur pour Noël.
Dans ce roman, Armel Job observe avec une grande habileté la mentalité de village : les commérages, les rumeurs, la jalousie, le mal, les souvenirs qui reviennent douloureusement.
Il nous prépare une surprise pour la fin avec l'identité de Josée.
Un très beau roman d'ambiance, très fin, très bien écrit.
L'ambiance des années soixante dans les petites villes où tout le monde se connaît est merveilleusement bien rendue avec une belgitude qui ne gêne en rien la lecture.
On lit des romans québecois, les romans wallons sont aussi savoureux .
L'auteur fait preuve d'humour, emploie des expressions savoureuses.
Une régal, le dernier roman d'Armel Job.
Petite anecdote, c'est ma fille, très amatrice de romans belges qui l'a lu pendant les vacances de printemps en m'annonçant qu'elle avait découvert un nouvel auteur.
Et moi qui n'avais jamais osé lui passer ses livres de peur qu'elle n'apprécie pas. L'auteur pourra compter sur de jeunes lecteurs.
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kielosa
  13 février 2019

Je ne crois pas qu'il y ait lieu de présenter Armel Job, l'écrivain le plus connu et prolifique de Wallonie après Georges Simenon. "Une drôle de fille", parue cette année-ci, constitue son 26ème ouvrage. C'est surtout parmi les jeunes que cet ex-instituteur de grec et latin et ex-directeur de collège à Bastogne, est exceptionnellement apprécié, à en juger par les distinctions et prix que cet écrivain a reçu grâce à des lecteurs adolescents.
1958 ! Nous sommes en l'année de l'Exposition Universelle de Bruxelles avec ses hôtesses en charmant uniforme et la construction du célèbre monument de l'Atomium, dont une des neuf sphères cache un excellent restaurant.
Armel Job a 10 ans et dans sa région, en la petite ville (fictive) de Marfort, en pleine campagne wallonne, a lieu, le 13 septembre, un événement, à première vue inoffensif, mais qui aura des répercussions hautement dramatiques.
La psychiatre, Léopoldine Vandelamalle, directrice de l'Oeuvre nationale des orphelins de guerre, pousse la porte de la boulangerie de Marfort, non pas pour s'acheter du pain, des "pistolets" ou des éclairs, mais avec une demande précise au boulanger Ruben Borj et son épouse Gilda : d'offrir un contrat d'apprentissage à la pauvre orpheline, Josėe Piron, qui a le même âge que leur fille Astrid, 16 ans et est née à Liège en 1942. Toute sa famille est morte lors d'un terrible bombardement allié à Houffalize en janvier 1945 et Josée, la seule survivante, y a perdu l'ouïe et la vue pendant plusieurs semaines. Elle en a gardé une "légère déficience mentale", mais c'est une fille paisible, docile et joyeuse.
Sans enthousiasme délirant les Borj acceptent. Gilda, qui a un sacré travail à la boulangerie, avec son ménage, ses 2 gosses - car Astrid a un frère Rémi - et son mari, voit déjà ses rudes journées un peu soulagées et Ruben a calculé que cela ne lui coûterait que 80 francs belges par semaine comme rétribution (soit 8,57 € par mois, 1 € = 40,3399 FB et un gros pain de 900 grammes coûte 8 FB).
Pas trop rassurés sur les capacités de vente de la nouvelle recrue "pratiquement illettrée", Gilda et Ruben doivent constater que Josėe compte très vite et bien, comme si elle a une calculatrice en tête et qu'on puisse lui faire confiance avec les clients.
Le 11 octobre s'ouvre à Marfort le dancing - de nos jours on dirait discothèque - le Wigwam. Non sans difficultés, Astrid et Josėe réussissent à se rendre à l'ouverture. Josėe est totalement émerveillée par le chanteur Henri Breyre et son succès, la chanson "Diana" qu'elle chantonne avec lui. Après c'est une "tornade venue de l'autre côté de la mer du Nord (qui) va s'abattre sur le Wigwam" : Tommy Steele, le roi du rock and roll.
Les décibels que ce troubadour moderne produit, accompagné par un orchestre déchaîné, en combinaison avec un jeu de lumières crues et fortes, sont, hélas, trop forts pour notre pauvre Josėe qui fait une crise d'épilepsie.
Pour Gilda c'est le signal du départ de la "drôle de fille", mais la diplomate Vandelamalle persuade les Borj à donner à Josėe une seconde chance. Entretemps, il est de notoriété publique qu'elle a une voix de cristal et chante le tube à la mode, "Diana", à la perfection. Aussi bien que pour la messe de minuit de Noël, c'est Josėe qui assurera en solo le "Stille Nacht, heilige Nacht" ou "le douce nuit, sainte nuit" en version allemande à l'église Saint-Remacle de Marfort. Dans l'église entière "tout s'est figé. Les chuchoteurs impénitents pour une fois font pénitence, les tousseurs incontrôlables se contrôlent"... Bref, le succès est immense et comme le concert est retransmis en direct sur les ondes de la radio, apprécié en très haut lieu. En effet, la reine-mère Élisabeth de Belgique est tellement impressionnée par la performance de notre héroïne qu'elle l'invite à son Palais de Stuyvenberg à Bruxelles.
Son colossal talent fait évidemment des jalouses parmi les quinze jeunes filles de la chorale des Libellules, en particulier chez Astrid. L'invitation royale envenimera la situation à l'extrême. Je vous laisse découvrir ce dénouement dramatique, ainsi que le post-scriptum de l'auteur, qui nous transporte en mai 2018.
En l'été 1958 j'allais sur mes 12 ans et je me souviens que le dimanche de la kermesse dans le village de mes parents (Vive Saint-Éloi/Sint-Eloois-Vijve, aujourd'hui incorporé à Waregem) après la grand-messe, les cantiques faisaient place dans les hauts-parleurs du centre du hameau à "Diana" dans la version anglaise de Paul Anka. le chanteur d'origine canadienne et de parents libanais a établi, à l'âge de 16 ans, avec ce disque le record du monde des 45 tours le plus vendu dans l'histoire : 9 millions d'exemplaires.
Armel Job dans ce roman, ne fait que confirmer ses différents talents : de raconteur, de fin psychologue, de maître évocateur de situations, endroits et contextes. J'accorde volontiers et avec grand plaisir une mention spéciale pour sa langue et l'emploi d'expressions, locutions, métaphores... rarement utilisées et cependant si éloquentes.
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isabelleisapure
  11 mai 2019
Dans son nouvel opus, Armel Job nous invite à partager le quotidien d'une famille de commerçants de Marfort, petite bourgade ardennaise.
Nous sommes à la fin des années 50.
Ruben et Gilda Borj font tourner la boulangerie, lui au pétrin, elle en boutique.
Les enfants Astrid et Rémi sont des ados comme beaucoup d'autres, avec leurs rêves, leurs colères, mais sans réels problèmes.
La vie aurait pu continuer dans un ronronnement doux et monotone sans l'arrivée de Josée, 16 ans pratiquement imposée au couple par une représentante de l'oeuvre des orphelins de guerre.
Après quelques hésitations, la jeune fille est accueillie dans la cellule familiale où l'intégration se fait en douceur, en apparence du moins.
« Josée était en parfaite santé, mais souffrait d'une légère déficience mentale consécutive au traumatisme. Elle savait compter, lisait lentement, pouvait écrire quelques mots simples. Elle était travailleuse, d'un caractère paisible, docile et joyeux. »
Dans la chorale où Astrid l'a entraînée, la voix exceptionnelle de Josée fascine l'auditoire.
Astrid va découvrir la jalousie et la haine.
« L'ennui, c'est que la fin de l'amitié chez les filles n'est pas le retour à l'indifférence, mais le début de la haine. »
A tout cela l'auteur entremêle quelques secrets de famille que l'on pensait enfouis à tout jamais et qui posent question lorsque les rancoeurs accumulées au fil du temps empoisonnent le quotidien.
Ce thriller psychologique est difficile à lâcher, j'ai tourné les pages avec passion, profondément peinée lorsqu'est arrivée la dernière.
Un énorme coup de coeur.
Merci àNetGalley et aux Editions Robert Laffont
#UneDrôleDeFille #NetGalleyFrance
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frconstant
  02 mai 2019
En 10 lignes, max! (Présentation du livre par Frconstant)
Un livre qui touche, interpelle, appelle à se souvenir... Josée est une orpheline de guerre. Sa simplicité n'a d'égal que son envie de bien faire, sa volonté de servir cette famille qui l'accueille et sa voix qui est si belle qu'elle lui vaudra une invitation au Palais. Nous sommes fin des années cinquante, période que l'auteur fait revivre avec brio. Sans y être pour quoi que ce soit, Josée va réveiller les défauts, les démons et les jalousies des habitants de son village d'accueil. Tout éclatera autour d'elle... et surtout le vernis des bonnes intentions et des apparences. "Une drôle de fille", un thriller qui s'enracine dans le caractère ardennais de l'auteur mais conduit tout droit à l'universalité de l'Homme. Bravo, Monsieur Job!
Ma critique:
1858. La petite Belgique et sa première exposition universelle d'après-guerre. Une époque, une ambiance, un esprit qui marque les esprits. Dans bien des familles, il y a des plaies et pertes à panser, des souvenirs à raconter, des horreurs à taire. Et dans ce monde à reconstruire, cette humanité à retrouver, il y a des 'bonnes âmes' qui en appellent à la générosité des vivants pour réintégrer dans la société de nombreux orphelins de guerre. Josée est l'une d'elle. Elle sera placée, chez Ruben Borj et sa femme Gilda, tous deux boulangers au coeur d'un village ardennais. Elle y sera totalement au service de ses patrons...
Mais, 'simple', épileptique, elle fera peur et deviendra celle à qui on attribue les torts, celle qu'on cible de toutes les flèches du mensonge, de la jalousie, des méchancetés et des informations tronquées, fausses ou malveillantes. Pourtant, elle chante admirablement bien. Ce don devrait pouvoir l'extirper de sa condition de servitude. Mais est-il admissible qu'elle chante tellement mieux que la fille de la maison? Rendez-vous compte, ce n'est qu'une servante, tout de même!
L'inacceptable dans l'esprit petit bourgeois des patrons et dans la tête de leur fille en plaine crise d'adolescence et de recherche d'émancipation font ouvrir la porte à l'explosion des petitesses de l'âme humaine...
Sous la plume, comme toujours, excessivement limpide de Armel JOB, l'histoire, la grande comme la petite, déroulent ses vérités qui touchent, appellent à la réflexion, forcent à se souvenir: le mensonge habite le quotidien et le service gratuit peut facilement faire alliance avec des intérêts personnels moins reluisants.
Un livre sur la fragilité de l'être, l'innocence peu récompensée et le côté clair-obscur du passé que chacun se construit. du grand Armel JOB!
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sylvaine
  16 juin 2019
Une drôle de fille Armel Job Robert Laffont Février 2019
#UneDrôleDeFille #NetGalleyFrance
Remarquable.
13 septembre 1958 « une femme élégante sanglée dans un imperméable beige poussa la porte de la boulangerie-pâtisserie Borj, rue des Jésuites, à Marfort. » Léopoldine Vandelamalle vient demander aux époux Borj de prendre en apprentissage une jeune fille Josée, 16 ans, orpheline suite au bombardement qui a causé la mort des ses parents. Elle vit dans un orphelinat et Mme Vandelamalle est sa "marraine".
Regardez bien la scène , les dés sont jetés les dominos vont bientôt tomber les uns après les autres. Armel Job nous entraine dans un tourbillon très bref mais ô combien violent. 3 mois plus tard....
Fascinée , effarée, scotchée, je me suis plongée dans ce roman sans à priori. le ton un peu vieillot des premières pages m'a surprise. L'auteur prévient son lecteur, attention danger la bombe est sur le point d'éclater!
Voilà je ne vous en dirai pas plus et je vous laisse vous aller découvrir ce roman digne de louanges. Un auteur que je ne connaissais que de renom mais que je vais aller explorer soyez en surs. Bonne lecture.
Un très grand merci aux éditions Robert Laffont pour ce partage.
+ Lire la suite
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   23 avril 2019
Son roman, intéressant, touchant, très dense, montre à la fois la fragilité d’un pays blessé par la guerre et la fragilité des apparences.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix   09 avril 2019
Armel Job poursuit sa talentueuse observation de gens ordinaires de la province belge, confrontés à une épreuve déterminante.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaLibreBelgique   21 février 2019
Armel Job montre comment ressurgissent les secrets honteux d’une famille. Les nombreux lecteurs d’Armel Job qui le suivent de livre en livre - un nouveau quasi chaque année - ne seront pas déçus par Une drôle de fille.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   24 avril 2019
Peut-on imaginer l'effet que faisaient les jambes des femmes en ces temps-là? Les hommes comme Rodolphe avaient vécu des années dans un monde où les jambes balayaient le sol. Il avait fallu attendre la Grande Guerre pour que les jambes apparaissent en éclaireuses. Puis, vu le chaleureux accueil qu'elles avaient reçu, les robes s'étaient troussées rapidement pour danser le fox-trot et les nouvelles danses venues d'Amérique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          241
jeunejanejeunejane   24 avril 2019
" Vous comprenez que c'est notamment à cause de votre père que je vous ai contacté, Ruben. Comme je l'ai connu, il aurait recueilli Josée, c'est certain. Je me suis dit " bon sang ne saurait mentir".
Qu'en pensez-vous ?
- Sans doute.
- Et vous Gilda ? "
Gilda hésite quelques instants. Puis elle cède dans un soupir :
" D'accord, on la garde ".
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nathavhnathavh   23 février 2019
Les moments de grand bonheur sont si rares dans la vie qu'on les compterait sur les doigts d'une main. Après, lorsqu'on en recherche le souvenir, le plus souvent, ils se dérobent, ils n'en rétrocèdent que le regret. Pour qu'ils reprennent vie vraiment, il faut une coïncidence miraculeuse ou la puissance de certains rêves. Alors, parfois, on peut retrouver jusque dans sa chair les émotions enivrantes éprouvées dans ces jours heureux.
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nathavhnathavh   23 février 2019
Lorsqu'une rumeur se répand, les personnes qui sont le moins au courant ce sont le plus souvent les personnes concernées. Déjà, Gilda était tombée des nues quand Saintvith lui avait appris qu'on jasait en ville à propos de Josée. Puis elle s'était imaginé que sa visite mettait un terme à l'affaire, qu'on n'en parlerait plus. Puisqu'il avait rétabli la vérité chez elle, elle était rétablie partout.
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penepucepenepuce   12 mars 2019
Je l'ai fait non pour vous juger, sois en certaine, mais pour suggérer qu'avec les meilleures intentions du monde, nous sommes bien souvent rattrapés par la médiocrité humaine, moi tout autant que vous.
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