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Les enquêtes de Timo Harjunpää tome 1 sur 4

Anne Colin du Terrail (Traducteur)
EAN : 9782070414406
278 pages
Gallimard (23/06/2000)
3.39/5   36 notes
Résumé :
Helsinki, début des années 80. Des bandes d'adolescents traînent en ville, volent, piquent des voitures, font des stock-cars, se battent et, parfois, tuent. L'inspecteur Timo Harjunpää, chargé d'une enquête sur un meurtre horrible, va croiser la route de ces laissés-pour-compte.
Un constat implacable sur la génération « No Future » version finnoise.

Source : Gallimard
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
A Helsinki, par un matin de juillet, une patrouille découvre par hasard, un corps sans vie. Abandonnée au bord de l'eau, la victime, un homme simple et sans histoires, est morte sous les coups de ses agresseurs.
C'est l'inspecteur Timo Harjunpää qui est chargé de l'enquête. Très vite, il va s'intéresser à un groupe de jeunes désoeuvrés qui se défoulent dans la violence la plus abjecte.


Après de nombreux polars suédois, norvégiens ou islandais, c'est avec Matti Yrjänä JOENSUU et son inspecteur Timo Harjunpää que je fais ma première incursion en Finlande. Et je dois dire que j'en ressors plutôt déçue. L'auteur est inspecteur divisionnaire à la brigade criminelle d'Helsinki et c'est sûr il connait bien sa ville et son métier. S'il dresse un portrait sans concession de la société finlandaise et des dérives de sa jeunesse, son polar tient plus de l'étude sociologique que du roman policier. JOENSUU ne maîtrise malheureusement pas les ressorts du suspense. Il nous livre très vite les coupables, par conséquent l'intrigue est inexistante.
Restent une description très juste des banlieues et un constant évident: la Finlande et la France, bien qu'éloignées géographiquement, connaissent les mêmes problèmes de société.
Pas indispensable.
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Est-ce que à quatorze et seize ans on peut en arriver à un tel degré d'insouciance et de haine qu'on puisse tuer de parfaits inconnus sans aucune raison autre qu'ils se trouvaient sur notre chemin à ce moment précis? C'est la question que pose ce livre en même temps qu'il propose une explication dans la violence du père dans un cas et la négligence de la mère dans l'autre. Mais est-ce suffisant? Au-delà des histoires personnelles, la société est-elle en train de changer à ce point qu'un tel comportement soit aussi le résultat d'un état d'esprit qui s'installe chez une tranche de la jeunesse finnoise? Ce sont les questions soulevées par ce roman policier fort intéressant.
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Harjunpää, le héros flic d'Helsinki de Joensuu, est un peu à l'image de la Finlande.
A première vue, on se dit que Joensuu est comme un footballeur qui marque contre son camp, tellement il enchaîne les handicaps dans son récit : aucun suspense sur le coupable (c'est le fils du policier ; c'est dans le premier chapitre, et c'est dans le titre : difficile de tuer encore plus le suspense…), aucune empathie avec les suspects/ coupables, qui sont des adolescents psychopathes qui se rendent à peine compte de leurs actes, mais quasiment aucune avec les policiers à leur recherche aussi : Harjunpää est une flic un peu vieux de la vieille et neurasthénique, dont on peine à dire à la fin du livre quelles sont les qualités personnelles ou les défauts. Sa collègue Onerva n'est guère plus convaincante ; on aura juste compris qu'elle vient des bureaux et qu'elle fait de son mieux pour pouvoir être mutée dans le service d'enquête où elle a été provisoirement affectée. La couleur locale d'Helsinki est à peine présente ; et si ce n'est quelques noms de rues ou de quartiers cités, pour le reste l'intrigue pourrait se dérouler dans n'importe quelle autre ville qu'on n'y verrait aucune différence.
Mais pourtant, petit à petit un certain charme joue, et l'on se prend à tourner les pages avec un peu plus d'entrain qu'on ne l'aurait d'abord cru. En premier lieu, parce que l'écriture est aisée et agréable à lire, ni trop stylisée, ni trop directe. Puis on se laisse gagner par cette curieuse manière d'appréhender le polar, où l'on s'attache plus à quelques réflexions sur la disposition des bureaux au Commissariat, sur la phobie d'un collègue des espaces réduits depuis une affaire précédente où il a passé quelques heures en compagnie d'un cadavre dans un tuyau, où les enjeux principaux sont surtout de trouver une camionnette disponible avant la fin du service et non de commettre un quelconque acte de bravoure. Quelque chose comme la police au quotidien, qui doit être elle aussi à peu près universelle.
Et un peu comme la Finlande, l'impression finale que laisse cette enquête est celle d'un goût amer et d'une certaine déprime. Qu'il n'y avait finalement pas grand-chose à faire. Que les parents ne sont pas toujours à même de sauver les enfants, quand ils ont déjà tellement de mal à se sauver eux-mêmes. Et que les policiers d'Helsinki n'ont guère plus de prise sur eux. Drôle de morale.

Lien : http://lespicilege.wordpress..
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C'est un roman policier dur, hélas totalement vraisemblable. L'aspect recherche du coupable est délaissé au profit d'une description précise et froide des faits. Dans une banlieue déshéritée d'Helsinki, deux jeunes délinquants, font des coups ensemble. Vols, agressions sont leur quotidien. Le désoeuvrement, le manque de foyer familial aimant, l'absence de but dans la vie, les amènent à la violence gratuite. Et ça tourne mal, très mal. Se sachant recherchés par la police, ils vont zoner. Se cacher, voler, survivre.


On suit alors la vie quotidienne de l'équipe de police de l'inspecteur Harjunpaa, et une chasse à l'homme commence. Harjunpaa et son équipière Onerva vont vivre des moments de frayeur, car ces ados peuvent être violents, très violents et les moyens de la police sont limités. On se dit que ça ne peut que mal finir. C'est sombre. Juste un petit bout de ciel bleu apporté par quelques brefs moments de bonheur dans la relation entre Mikki, l'un des jeunes délinquants, fils de policier, et Ulla jeune femme, voisine qui prend pitié de lui et l'héberge temporairement.


De l'émotion vers la fin. Puis on est sur une scène de suicide, c'est une autre affaire. La vie continue pour Harjunpaa et son équipe. Disons que Matti Yrjana Joensuu arrive à nous déprimer totalement. Il y a mieux à lire parmi les romans finlandais.
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Harjunpää et le fils du policier est un roman finlandais. Ecrit en 1983, il précède l'engouement marketing pour les polars venus du nord.
Son auteur Matti Y. Joensuu est policier à la criminelle, il connaît donc le sujet, mais est-ce que ça en fait un bon auteur de polar? Assurément, oui. Ici, peu ou pas de suspense. Les coupables sont rapidement connus, l'intérêt du roman réside surtout dans la description d'un crime qui relève du fait divers et qui témoigne d'une jeunesse finlandaise en perdition. Alcool. Misère. Violence. A certains égards, je trouve qu'il y a du Simenon dans ce roman. Pas celui des Maigret mais plutôt celui des "romans durs" comme les appelait Simenon. Economie de mots, l'auteur va à l'essentiel et nous décrit un monde où il est parfois difficile de ne pas sombrer.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Harjunpää écarta dans son élan les spectateurs qui lui tournaient le dos.
« Police, hurla-t-il. Arrêtez immédiatement ! »
Les deux combattants étaient des filles. Celle qui était étendue sur le sol poussait maintenant des cris perçants, essayant de se protéger le bas-ventre avec les mains. Du sang perlait à ses lèvres. Le visage de celle qui se tenait debout était couvert d’écorchures, son T-shirt était déchiré, à moitié arraché – on voyait son épaule et un petit sein immature. Elle ramena encore une fois son pied en arrière. Harjunpää lui agrippa le poignet, le tordit – la fille cria et fit quelques pas rapides sur le côté, roula entre les pieds des spectateurs massés derrière elle.
« Vous êtes folles », haleta Harjunpää, les poings serrés ; il avait l’impression qu’il aurait dû faire autre chose, mais il ne savait pas quoi – tout s’était passé si vite, il n’avait pas eu le temps de réfléchir. Du coin de l’oeil, il vit la fille qui se tenait le ventre se relever et se retirer en boitant, courbée en deux, derrière le groupe.
L’autre aussi s’était remise sur pieds. Elle se jeta sur lui, mains tendues pour lui griffer le visage. Il recula d’un pas et lui saisit les poignets ; ils tremblaient de rage et d’effort.
« De quoi tu te mêles, merde ! » cria-t-elle – son visage luisait de sueur et ses yeux étaient soudain pleins de larmes. « C’est ma sœur ! Ça regarde personne, si on se castagne entre frangines !
– Tu aurais pu la tuer !
– J’espère bien ! Ça lui aurait appris, à essayer de me piquer mon mec ! »
La fille hurlait, maintenant. Harjunpää lui lâcha les mains. Elle tomba à genoux, se cacha le visage.
Ce n’est qu’à ce moment qu’Harjunpää trouva le temps de regarder les autres. Ils étaient plus jeunes qu’il ne l’avait cru, aux alentours de la quinzaine ; il y avait en eux quelque chose de brutal, qui faisait que l’on avait du mal à les considérer comme des enfants. Harjunpää sentit qu’ils n’étaient pas de ceux qui jouaient les durs quand papa et maman avaient le dos tourné – ces jeunes-là étaient livrés à eux-mêmes depuis des années, ils connaissaient tous les centres d’éducation surveillée ; ceux qu’il cherchait pouvaient très bien se trouver parmi eux.
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Le vieux s’était envoyé une rasade d’aquavit. Il devait être d’une humeur massacrante. Derrière la cloison, Mikael entendit un froissement de couverture : maman aussi était réveillée et écoutait ; elle non plus ne voulait pas descendre.
Mikael porta son pouce à sa bouche et se mit à ronger le peu qui restait de son ongle.
Le vieux avait ôté ses bottes d’un coup de pied. Puis il fit cliqueter ses clefs. Il se préparait à aller dans la petite chambre – il la gardait toujours verrouillée, l’entrée en était interdite même à maman. Il l’appelait son bureau, mais il n’y travaillait jamais – il y rangeait et nettoyait ses armes ; il était fou de chasse, il tirait sur tout ce qui bougeait et, quand des élans s’égaraient en ville, c’était lui qu’on appelait pour les abattre, qu’il soit de service ou non. Il allait jusqu’à prendre toutes ses vacances à l’automne, pour pouvoir traquer le gibier. Et il ne l’emmenait jamais. Mais c’était aussi bien, finalement : la maison était plus agréable sans lui, même maman était complètement différente.
Le vieux remisa son pistolet dans l’armoire et referma la petite chambre à clef.
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« Qu’est-ce qu’on va faire ? demanda-t-il à mi-voix.
– Je pense que si on trouvait un petit coup à boire, on pourrait aller roupiller après. Et si on trouve de quoi se cuiter vraiment, on pourrait mettre un peu d’action…
– Il n’est plus question que je remette les pieds à la maison.
– Viens chez nous. On va virer ma mère. Je ne vois pas pourquoi je me gênerais, elle m’a assez souvent viré. Ou tu pourrais dormir sur le canapé.
– Non », dit vivement Mikael – l’idée même d’approcher de l’immeuble le terrorisait ; il était persuadé que le vieux, soûl ou pas, avait pris sa voiture et les guettait, caché dans un renfoncement. « Ils savent qu’on était ensemble, si ça se trouve, ils t’attendent chez toi. C’est ce qu’ils font toujours. Le vieux dit que c’est le meilleur moment, parce que les gens sont encore si endormis qu’on peut les embarquer avant qu’ils comprennent ce qui se passe.
– C’est vrai que c’est le matin qu’ils sont venus me chercher, une fois… »
Ils se turent. L’indécision leur collait à la peau, telle une substance indélébile. Quelque part du côté du centre commercial, on entendit une vitre voler en éclats.
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