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Michel Chandeigne (Traducteur)
EAN : 9782070329472
288 pages
Éditeur : Gallimard (05/11/1996)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes)
Résumé :
«Le fait d'écrire un poème n'a en soi rien de mystérieux, surtout pour ceux qui ont l'habitude du commentaire critique et de l'étude littéraire. C'est quelque chose qui accompagne l'histoire de l'homme, et qui, si on veut une explication approximative, est lié à la démarche humaine vers le sacré ou l'absolu. Ce qui est toujours étrange, cependant, est qu'un ensemble de mots prenne finalement ce sens entier et, tout de suite, commence à exister dans une dimension lib... >Voir plus
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   12 mai 2014
BOTANIQUE

ll n’y a pas de différence entre la texture des mots
( je dis bien des mots, et non du tissu ou du cristal )
et l’impression que la surface de certaines feuilles
laisse sur les doigts : je me réfère à des feuilles comme celles des
platanes, des peupliers, et aussi des
cyprès. L’impression se transmet à l’âme,
ou à ceci, qui, en nous porte ce nom, et nous mène
vers un décor étrange d’idées et d’ombres où,
comme dans la caverne du philosophe, on ne voit pas la lumière
entrer : comme en songe, tout vibre dans le cœur
de l’obscurité. Alors, d’un geste brusque, j’arrache
ces feuilles. Pourtant, sur le sol, séparées de leur branche,
elles ne me disent rien, sinon que, dans le dictionnaire,
il est écrit : organe souvent en lame mince de couleur verte des plantes
à fleurs ou phanérogames...

MÉDITATIONS SUR DES RUINES ( 1994 )
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PiatkaPiatka   10 mai 2014
RECETTE POUR FAIRE LE BLEU

Si tu veux faire du bleu,
prends un morceau de ciel et mets-le dans une grande marmite,
que tu puisses porter au feu de l'horizon ;
puis mélange-le avec un reste de rouge
de l'aube, jusqu'à ce qu'il ait fondu ;
verse le tout dans une bassine bien propre,
pour qu'il ne reste rien des impuretés de l'après-midi.
Pour finir, tamise un reste d'or du sable
de midi, jusqu'à ce que la couleur attache au fond métallique.
Si tu veux, pour que les couleurs ne passent pas
avec le temps, jette dans le liquide un noyau de pêche brulé.
Tu le verras fondre, sans laisser la moindre trace comme si
tu ne l'y avais pas mis ; et le noir de cendre ne laissera
pas même un reste d'ocre sur la surface dorée.
Tu pourras alors porter la couleur à hauteur
des yeux, et la comparer au bleu authentique.
Les deux couleurs te paraîtront semblables, sans qu'il
te soit possible de les distinguer l'une de l'autre.
Voilà comment j'ai procédé - moi, Abraham ben Judas Ibn Haïm,
enlumineur de Loulé - et comment j'ai laissé la recette à qui voudrait,
un jour, imiter le ciel.

MÉDITATIONS SUR DES RUINES ( 1994 )
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coco4649coco4649   07 avril 2015
CLEARLY CAMPOS
(citation)


Une seule fois
l’amour a suspendu sa phrase ;
une seule fois
le fleuve a débordé sur la berge ;
une seule fois
les astres se sont éteints ;
une seule fois
j’ai entendu le silence des vents.

Le hasard
ne conjugue pas les coïncidences :
il les résout
dans un échange de regards
que les amants avaient cru
éternel

Et je descend cette page
jusqu’au bout de la rue
— en vain.

Le bureau de tabac
a fermé ce soir,
seulement une fois

— la dernière fois.

p.152-153
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coco4649coco4649   08 avril 2015
POÈME


À l'aube, à tes côtés, la mer
s'est ouverte comme la fleur d'un regard
que septembre fait pâlir. La mer :
quand encore le brouillard l'étreint et l'obs-
curcit, elle rêve de tant de lumière, déjà…
et si, dans les éclairs blancs de l'horizon,
la nuit sanglote un bref adieu,
tu chantes avec elle, un instant,
dans une rumeur voilée par le matin. Toi,
que j'ai vue sous le cèdre mélancolique,
les lèvres noircies, brûler le nid
vide de plumes et de mémoire : si tu
m'enseignais le geste qui vit solitaire
d'un adieu sans avenir ni passé…
J'entendrais ta voix lourde, sur
la voix des vents et des vagues ; rappelant
quelle légende, ensevelie dans le mois obscur,
à laquelle tu as donné un nom d'étoile (Vénus,
l'antique Vénus qui agonise dans le matin
céleste) ? Ce mois, qui est passé
comme une heure incertaine, a conduit tes pas de
ténèbres, tes épaules ailées : âme
que la flamme consume dans les espaces, quand
un frisson de soleil entrouvre les nuages ;
rire d'eau dans un vers de mousse, qui
corrode la pierre d'une douleur ancienne.

p.116-117
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coco4649coco4649   28 novembre 2014
ZOOLOGIE : LE MERLE

Dans la cage, le merle n'a pas le bec plus jaune
que dehors. Il se tasse dans un coin,
le pauvre, et semble honteux ;
— bien qu'il soit ici par la faute de celui qui l'y a mis,
sachant qu'un merle ne tombe pas du ciel.

Il y a de tels oiseaux, que tout un chacun
met en cage, quoique le bec soit jaune.
Ils ne chantent pas. Ne volent pas. Ne parlent pas.
Ce sont des oiseaux aveugles
avec le mutisme des oracles et des muets
avec la lucidité des prophètes.

Tout à fait par hasard, j'ai ouvert
sa cage. Et il est resté là, sans sortir
ni entrer.

p.84
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Vidéo de Nuno Judice
La Comédie du Livre 2015 / Casa Amadis - Nuno Judice lit un poème
Organisation Casa Amadis et Instituto Camões pour la Mairie de Montpellier
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