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EAN : 9782072717178
256 pages
Gallimard (09/03/2017)
4.04/5   14 notes
Résumé :
Nimrod est un écrivain, essayiste, poète d'origine tchadienne, dont le nom même est une épure : de Nimrod Bena Djangrang ne subsiste, sur la couverture de ses livres, qu'un prénom aux consonances bibliques. Celui que lui a donné son père, pasteur luthérien du pays de Kim, sur les rives du fleuve Logone. L'oeuvre poétique et romanesque de Nimrod évoque la guerre et ses avatars, mais ne la montre que fort peu.
Il s'en est expliqué : "J'ai toujours mal toléré l... >Voir plus
Que lire après J'aurais un royaume en bois flottésVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nimrod Bena Djangrang est un poète tchadien exilé. C'est aussi un écrivain africain apatride. Nimrod écrit la beauté de la langue, l'esthétisme du futur. La nostalgie, il ne s'y enferme pas. le désir, les sensations, les odeurs, voila ce qui l'occupent. Il ajuste la lenteur et l'espace à sa poésie. Une sorte de coquetterie ? Non, une réinvention charnelle du monde. Comme le dit si bien l'auteur : "C'est la terre qui prend forme."
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Recueil de plusieurs textes et poèmes déjà parus dans la revue Obsidiane ou aux éditions Bruno Doucey. Nimrod est un poète contemporain majeur et sa publication dans la célèbre collection poésie nrf/Poésie/Gallimard permet une première approche. Chez Nimrod, les images et la musique nous amènent à découvrir nos propres paysages intérieurs inconnus.
Un petit extrait :
"Le soir, en des moments verticaux,
la voix de ma mère mêlée à celle de mes soeurs
tisse une parole de laine,
ce charme qui retient sur le fil la sultane
lumière de choir à jamais dans l'abîme."

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Il suffit de lire un seul poème pour apprécier un poète. Nimrod est de cela car sa sensibilité me touche.
D'origine tchadienne, sa poésie chante son enfance dans le pays natal ainsi que son exil en tant qu'étudiant. Il n'oublie pas les drames d'une Afrique dévastée par des guerres fratricides
Une belle anthologie qui donne un aperçu des oeuvres d'un poète africain.
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Il est des rivages où l'on voit, délégués à coudées variantes, des filets d'eau prononcer une valse d'une douceur sûre, d'un calme intact. Observez leur besogne dans le sable bientôt sculpté, dans la pierre frappée de blancheur : leur chant une patience aiguisée, mais dont l'écho mesure des orages. On repère les mains de Nimrod en un geste semblable. J'aurais un royaume en bois flottés (Gallimard, 2017), anthologie personnelle de l'auteur préfacée par Bruno Doucey, donne à voir/lire cet acte d'écriture porté entre silex et tendresse.
Lien : https://proprosemagazine.wor..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
PORTRAIT D’UN BOULEAU

Si d’aventure tu faisais le portrait d’un bouleau
Regarde d’abord le ciel assure-toi de sa candeur
S’il est gris s’il est fade
Sors ton pinceau
Mais s’il est bleu méditerranée
Abstiens-toi : tu risques de le défigurer
Ce matin le soleil brille par son absence
Alors hop ! glisse-le de gauche à droite
Puis de droite à gauche
Ne laisse subsister sur la toile ni trace ni trait ni bruit
Efface jusqu’au chant du rossignol séducteur
Le bouleau n’en a que faire
Car le ciel et l’hiver ont la même essence
Laisse-la infuser en toi
Te voilà accordé. À présent sors la craie
La vieille craie gris-bleu riche de reflets
Pour des yeux à même de boire son lait
Étale-le de haut en bas en bifurquant
Vers ses branches de poudre et d’or.
Te voilà enrichi d’un étang d’un ciel d’un miroir
Qui reflète ton âme assagie par l’air insolé
Écrase ici et là un vert anglais un vert nuit plus qu’olive
Si tu n’y parviens pas, écrase la nuit elle-même sur le vert
La voilà enfin nimbée d’une présence douteuse
Qui chante avec le gris un chant d’après glaciation
Vérifie qu’elle n’est ni atmosphérique ni soporifique
Et qu’elle s’étale comme l’air visible invisible
Comme lui, sois patient : tu n’es plus très loin du terme
Mais avant de le laisser à son soin de soie et d’estime
Considère-le de long en large et de haut en bas
Si le ciel chante et si le bouleau glisse sur le bouleau
Tu sauras alors que tu viens de peindre
Le Ville-d’Avray son étang ses villas
Et Camille Corot t’en sera reconnaissant
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LE SUFFISANT

Son œil disait qu'il était directeur
Sa parole fusillait ou assommait
C'est selon.
La tendresse il en avait fait
Le deuil tant il s'était habitué
À sabrer dicter rabrouer
Sa jouissance, quelle misère !
Il voulait qu'on l'aime,
Il s'y prenait très mal.
Le métier d'intelligence
Étouffait en lui l'émotion,
Cette émotion
Sans aplomb
Sans armure.
Son humour était savant,
Autant dire inaudible.
Son verbe était cassant,
Autant dire inhabité.
Cet intelligent-là
N'avait pas compris
Que la faiblesse
Est désirable
Et que l'amour
Conquiert le conquérant
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MA VÉRANDA

Moi le pauvre de ce canton
Je tiens en haute estime
Cette pauvreté qui m'a laissé
Libre de toutes obligations
L'hiver me rappelle
Au confort bourgeois
Assis là près de mon poêle
J'écris un poème
Sur l'or qui court
Dans l'herbe jusqu'au
Pied du grand tilleul
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J'ai aimé ma mère j'ai embrassé son destin
Comme un fils comme un mendiant
Qui priait en secret les dieux d'allonger
Ses jours à proportion des miens. Je l'aime
Comme un exilé saisi par la douleur d'espérer
Les vœux qu'on remise à peine nés
Au fond d'un cœur taillé pour le bonheur.
Au sort, ma mère présentait des comptes
Sans envier personne ni même la lune
Ni même le soleil elle qui était
Courageuse sans être mère courage.
Je pleurais en la voyant si sereine
Moi que tourmentaient les pressentiments
En cette zone de l'être où naît un cœur de poète.

(extrait de "Ciels errants") - p.80
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Allongé dans l’herbe, j’aspire la nuit. La graine vive des étoiles dépose en moi la semence du verbe être avec des convictions qui donnent grand-faim et grand-soif. C’est une sensation que personne n’a encore su nommer.

UNE GOUTTE DE FEU
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