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ISBN : 2070147266
Éditeur : Gallimard (14/01/2016)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Âgée de quatre-vingts ans, Wardiya quitte à contrec?ur son pays natal, l'Irak, pour venir vivre en France auprès de sa nièce. Elle est invitée, un mois à peine après son arrivée, au palais de l'Élysée pour assister à la réception organisée par le président de la République en l'honneur du pape Benoît XVI. Elle fait désormais partie de cette communauté d'Irakiens chrétiens forcés à l'exil, devenus symboles politiques malgré eux. Wardiya a été une brillante gynécologu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Flodopas78
  25 mars 2016
A travers le destin d'une femme irakienne de confession chrétienne, l'auteur aborde la douleur de l'exil et la dispersion des familles aux quatre coins du monde.
Wardiya, deuxième enfant d'une famille chrétienne pratiquante originaire de Mossoul, entreprend des études de médecine à Badgad, vivement encouragée par ses parents, à une époque où les différentes communautés vivent encore en bonne intelligence.
Une fois diplômée, la jeune femme est envoyée dans une ville de province où les conditions sanitaires sont encore très rudimentaires. Elle développe un centre de gynécologie et d'accouchement et se fait vite appréciée par ses collègues masculins et ses patientes pour son professionnalisme et sa compassion. Mariée, puis mère de 3 enfants, elle retourne à Badgad pour exercer sa profession dans de meilleures conditions. La deuxième guerre du golfe vient achever la désagrégation de l'Irak. Les tensions montent entre les communautés. Les enfants de Wardiya, devant la montée des violences, choisissent l'exil. L'aînée part au Canada, la cadette à Dubaï et le benjamin à Haïti.
La dispersion de la famille est source de douleur pour Wardiya qui se refuse néanmoins à abandonner ses patientes jusqu'au jour où, confrontée à la mort, elle se décide à l'exil. Loin des siens, elle emporte en France ses souvenirs d'un pays aimé, déchiré par la haine et la violence.
Un très beau roman qui traite avec compassion du sort des chrétiens d'Orient, souvent ignorés dans la tourmente générale.
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luocine
  23 mai 2016
Je crains de ne pas être assez convain­cante pour vous dire à quel point j'ai apprécié la lecture du roman de Inaam Kachachi . Tout m'a touchée dans son écri­ture. Elle sait par son style nous faire partager la beauté de la langue poétique arabe. J'ai pensé que Fran­çois Zabbal, même si ce n'est pas facile à rendre en fran­çais, avait dû prendre bien du plaisir car un traduc­teur est un amou­reux de deux langues et cette auteure m'a fait regretter de ne pas lire l'arabe.
Le roman parle de l'exil des chré­tiens Irakiens. le person­nage central est une femme gyné­co­logue de 84 ans, Wardiya, qui arrive en France d'abord chez une nièce poète et de son fils Iskandar adoles­cent. Un lien très parti­cu­lier se tissera entre cette femme extra­or­di­naire porteuse de tout le riche passé de l'Irak et cet ado qui a vécu prin­ci­pa­le­ment en France, il ne connaît son pays qu'à travers les innom­brables morts pleurés par ses proches ; cela lui donnera l'idée de créer un cime­tière virtuel qui connaîtra un certain succès auprès de sa tante. L'auteure sait nous faire revivre son pays et on se rend compte que l'humanité toute entière a beau­coup perdu à travers la destruc­tion d'une ancienne et riche civi­li­sa­tion, en parti­cu­lier l'occasion de faire vivre ensemble une mosaïque de peuples aux moeurs divers et variés. Il n'en reste pas grand chose et le pays est, aujourd'hui, aux mains de gens sans honneur ni dignité . Les chré­tiens sont les dernières victimes, ils ont essayé de rester mais, quand la peur quoti­dienne est au rendez vous, on ne peut que fuir. Comme Wardiya qui a vu un jour dans son cabinet, rempli de femmes qui venaient en consul­ta­tion, une toute jeune fille arriver avec une cein­ture d'explosifs et qui, par quel miracle ?, ne voulait plus mourir, ce dernier épisode tragique la déci­dera à partir de son cher Bagdad.
Ce roman raconte aussi, ce que repré­sente l'exil quand, ce qui est souvent le cas, les familles sont complè­te­ment écla­tées. Wardiya a trois enfants, l'une à Dubaï, son fils à Haiti et sa fille au Canada. Elle a essayé de rejoindre sa fille médecin comme elle, mais le Canada lui a refusé son visa, elle rend hommage dans son livre à Sarkozy (c'est si rare que l'on parle de lui posi­ti­ve­ment que je le souligne !) qui a ouvert les portes de la France aux réfu­giés chré­tiens d'Irak. Elle raconte bien comment à l'arrivée un simple toit sécu­risé et la dispa­ri­tion de la peur rend n'importe quel réfugié de zone de guerre heureux. Puis vient le moment où on se rend compte qu'il faut s'adapter à un monde qui n'est pas le sien. Avec toute la famille dispersée sur toute la planète. C'est vrai­ment très dur quand on a plus de 80 ans. On se demande si la vraie patrie de cette Wardiya ce n'est fina­le­ment pas la méde­cine, en tout cas c'est dans sa confron­ta­tion avec les méde­cins qu'elle se sent revivre complè­te­ment. Plusieurs voix se font entendre dans ce roman et plusieurs époques s'entremêlent, il fallait bien cela pour nous faire comprendre à quel point voir ses proches dispersés par l'exil est une véri­table douleur même si chaque jour qui passe on remercie le ciel ou la France d'être en vie.
Lien : http://luocine.fr/?p=6237
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briqueloup
  23 août 2017
Ils sont dispersés à travers le monde les membres de la famille de Wardiya. Elle-même, à l'âge de 84 ans, s'est résignée à quitter son pays, l'Irak. Elle arrive en France où elle retrouve sa nièce. Une complicité se noue avec son petit neveu adolescent. Iskandar porte le même prénom que beaucoup de parents qu'il ne connait pas, il tente de reconstituer cette famille dispersée dont il ne comprend pas les racines. Passionné d'informatique, il a l'idée de constituer un cimetière virtuel qui rassemblerait les membres décédés et éparpillés loin des sépultures qui les attendaient traditionnellement.
Car les guerres séparent et détruisent ce que la mauvaise politique avait déjà désagrégé dans ce merveilleux pays des mille et une nuits. Cette femme avait un parcours remarquable. Médecin gynécologue, elle jouit d'une grande estime car elle a aidé tant de femmes, elle a fait naître tant d'enfants, elle s'est employée à moderniser l'hôpital que l'on voit vivre au fil de ses récits.
Dans ce roman la naissance et la mort s'entrecroisent dans les souvenirs. La vieille dame raconte et transmet au jeune homme la force et la faiblesse de ceux qui vivent en exil.
Ce récit plein de nostalgie, cependant tout en douceur, nous montre la désolation de ce peuple d'Irak qui a connu une époque où chrétiens, et chiites vivaient en bon voisinage, s'invitant et travaillant ensemble. Lorsque le vent a tourné, c'est la ruine de tous les espoirs.
Que ferions-nous : émigrer comme les enfants de Wardiya ou rester jusqu'à la limite de l'insoutenable comme elle qui a continué à soigner les femmes avant d'accepter de vivre en exil parmi des immigrés à Paris ?
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ConstanceK
  21 juin 2017
"Dispersés": ce roman, qui raconte le drame irakien à travers l'histoire d'une famille, porte bien son titre. le livre a obtenu le prix 2016 de littérature arabe de l'Institut du Monde Arabe/ fondation Lagardère. Belle traduction de François Zabbal.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Flodopas78Flodopas78   25 mars 2016
Un pays incomparable frappé par la malédiction et devenu sauvage. Elle prie pour lui, mais le ciel ne répond pas. Son ciel clément et tendre qui ne l'a jamais déçue auparavant. Ne sont-ils pas rassasiés de sang ?
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luocineluocine   23 mai 2016
La France leur a ouvert la porte de manière inopinée. Elle les a accueillis en même temps que des milliers de réfu­giés. Ils ont cru alors qu’on les privi­lé­giait parmi les Noirs, les Jaunes et les métis, et qu’ils auraient droit à un meilleur trai­te­ment et de meilleurs loge­ments. Mais les poux sont anal­pha­bètes, ils ne savent ni lire ni écrire et ils ne font pas la diffé­rence entre la tête d’un Viet­na­mien et celle d’un Soma­lien, d’un Tchét­chène ou d’un Irakien.
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luocineluocine   23 mai 2016
e me calfeutre dans mon appar­te­ment et je suis les nouvelles du pays. J’écris de la poésie. Je dialogue avec Bagdad à l’aide de la télé­com­mande, et je me consi­dère comme une patriote. Mes poèmes sont les armes que je manie le mieux. Que puis-​je faire de plus qu’aligner les mots et les lamen­ta­tions à la manière des poètes d’antan. Même la tendresse, je m’évertue à l’ extirper de moi afin de ne pas être envahie par la nostalgie. Je ne veux pas retourner là-​bas, pas même pour en savoir plus. Les liens se sont inter­rompus depuis que les écrans ont été envahis par des Irakiens qui ne ressemblent pas aux Irakiens. Des voleurs, des coupeurs de têtes , des nervis qui exhibent sur la poitrine les médailles de leur forfait.
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luocineluocine   23 mai 2016
La France leur a ouvert la porte de manière inopinée. Elle les a accueillis en même temps que des milliers de réfu­giés. Ils ont cru alors qu’on les privi­lé­giait parmi les Noirs, les Jaunes et les métis, et qu’ils auraient droit à un meilleur trai­te­ment et de meilleurs loge­ments. Mais les poux sont anal­pha­bètes, ils ne savent ni lire ni écrire et ils ne font pas la diffé­rence entre la tête d’un Viet­na­mien et celle d’un Soma­lien, d’un Tchét­chène ou d’un Irakien.
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luocineluocine   23 mai 2016
C’était l’année de la déchéance de la natio­na­lité pour les juifs. Ceux d’entre eux qui voulaient quitter le pays étaient auto­risés à s’en aller à la condi­tion de ne plus jamais revenir. Et cette année là, aucun juif ne fut admis à l’université.
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Vidéo de Inaam Kachachi

Inaam Kachachi
Interview de la romancière d'origine irakienne Inaam Kachachi pour son roman "Si je t'oublie Bagdad", paru aux éditions Liana Levi, avec sa traductrice Ola Mehanna.
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