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EAN : 9782070177752
272 pages
Éditeur : Gallimard (11/05/2017)
4.01/5   97 notes
Résumé :
«"C’est sans danger", lui crie son père à l’oreille.
Mais elle n’entend pas. Ni lui. Il lui crie qu’elle doit sentir avec son corps que l’île est immuable, même si elle tremble, même si le ciel et la mer sont chambardés, une île ne disparaît jamais, même si elle vacille, elle reste ferme et éternelle, enchaînée dans le globe lui-même. Oui, c’est presque une expérience religieuse qu’il veut partager avec sa fille en cet instant, il doit lui apprendre ce princ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
4,01

sur 97 notes

Bookycooky
  07 juin 2017
Debut du XXe siècle,
Hans Barrøy, trente cinq ans, habite avec sa jeune femme, sa petite fille, sa jeune soeur retardée et son vieux père une toute petite île au large de la Norvège. Ils en portent le nom et en sont les uniques habitants.
Face à une vie de labeur dans la pauvreté, esclave d'une nature sauvage aux hivers trés rudes, où Hans doit partir pêcher pour quelque mois aux îles Lofoten, -la pêche étant leur revenu vital -, la famille survit à toutes les épreuves.
Le personnage central du livre est la petite fille, Ingrid, sensible, intelligente, courageuse, curieuse qui observe ce monde restreint d'adultes avec ses propres codes et dont les repères ne sont pas toujours facile à comprendre. Bien que forte, le destin va la défier pour le meilleur et le pire, une histoire qu'on va suivre sur presque deux décennies; Barrøy est un paradis, comme il peut être l'enfer.......
La chaleur de ce récit émouvant vient de l'amour et de la solidarité entre les membres de cette famille dans des conditions de vie difficile où chacun a son rôle et s'y tient. Amour au sens large, l'amour entre les époux, entre le père et la petite fille, entre le frère et la soeur, la petite fille et sa tante,la petite fille et son grand-père.....Quand à son charme, c'est sans aucun doute son langage simple. Des gens humbles, dont les ressentis et les pensées sont exprimés indirectement, avec pudeur. Tout est dans la description des gestes et entre les lignes. Ici même le silence parle.
Descriptions intéressantes aussi des divers coutumes et modes de vie de l'époque sur ces îles, comme les femmes qui mangeaient debout et qui finissent par s'asseoir, leurs coffres, les domestiques esclaves non payés,....
Une histoire passionnante aux personnages magnifiques, dans un décor grandiose, dont les héros sont des enfants qui face au destin sont forcés à devenir des adultes précoces. C'est est l'un des cinq titres sélectionnés dans le monde entier pour le Booker Prize 2017 en Angleterre, dont je ne peux que vous conseiller la lecture !

"Un îlien n'a pas peur sinon il ne peut pas vivre dans un endroit pareil,.."

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viou1108
  23 octobre 2020
Ils sont invisibles parce qu'ils vivent sur de toutes petites îles dans le nord de la Norvège, au début du 20ème siècle, et que ces îles, dont souvent ils portent le nom (ou l'inverse), sont à l'écart des principales routes maritimes, même pas marquées sur les cartes.
Sur Barrøy, Hans, 35 ans, est le chef de famille. Il vit là avec son père, sa soeur attardée mentale, sa femme et leur fille Ingrid. Tous travaillent dur, selon leur âge et leurs capacités. La pêche, la laine des brebis, la récolte de duvet d'eider, les potagers, les tâches sont diverses et variées mais incessantes et souvent rendues très difficiles par les conditions climatiques sauvages, à l'image de la nature. La terre et la mer sont leurs éléments nourriciers mais peuvent aussi ruiner leurs espoirs de survie quand les tempêtes ou les accidents s'en mêlent. Cette vie rude et spartiate, monotone, à l'écart, est racontée depuis le point de vue d'Ingrid, 7 ans au début du roman, qui s'étale sur une petite dizaine d'années. Intelligente et sensible, la fillette observe les adultes sans forcément tout saisir de leurs agissements. Mais même si elle ne comprend pas tout, elle ressent les choses, bousculée elle aussi par la vie et les coups du sort.
Avec son écriture dépouillée et ses dialogues laconiques, "Les invisibles" est un roman taciturne dans lequel on ne gaspille pas son énergie en vaines discussions, tant on est occupé à survivre et à lutter contre les éléments. Mais le texte n'est pas noir ni froid pour autant, le printemps et l'été ramènent la lumière, et l'amour et la solidarité familiale réchauffent les coeurs tout au long de l'année.
En plus de nous en apprendre beaucoup sur le mode de vie insulaire d'il y a un siècle, "Les invisibles" nous emmène en immersion dans une saga familiale attachante, faite de courage, de drames, de silence et de lenteur.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Zakuro
  25 avril 2021
J'avais repéré la parution très récente du roman « les yeux du Rigel » qui est le 3ième volet de la trilogie de Roy Jacobsen, un auteur norvégien que je ne connaissais pas.
J'ai donc lu  Les invisibles traduit par Alain Gnaedig, puis  la mer blanche  et  les yeux du Rigel  à la suite sans interruption et avec un immense bonheur car c'est une lecture qui m'a complètement transportée.
J'ai vécu une page d'histoire particulièrement émouvante en suivant pas à pas le quotidien d'une famille de pêcheurs sur l'île Barrøy tout au nord de la Norvège, dans l'archipel dit aux milles îles qui porte le nom des familles qui y vivent.
La famille Barrøy où Hans est le chef de famille est au complet en ce début du 20 ième siècle. Les saisons rythment de manière immuable le dur labeur de la pêche et des fenaisons, le maillage des filets, le ramassage de la tourbe. Les scènes des travaux et besognes sont décrites de manière détaillée et respectueuse d'un savoir faire ancestral qui se transmet de génération en génération. le rythme est lent mais toujours en mouvement comme la mer.

Sur l'île, les enfants naissent, ont à peine le temps de grandir pour travailler durement dans cet horizon sans limite dont ils ne voudraient pourtant aucun autre . Dans la famille de Hans Barrøy le travail se fait en silence mais avec le bruit incessant du vent et les cris des oiseaux. Alors quand la brume descend et le silence se fait, ils peinent à laisser leurs outils pour faire place à leurs pensées.
Les sentiments sont tus mais le corps et l'esprit sont naturellement offerts au vent comme la petite Ingrid qui préfère de loin son île aux bancs de l'école qui lui a défait son sourire. Les élans tristes ou passionnés sont contenus quitte à ce qu'ils déferlent un jour puissamment sans aucune digue pour les retenir.
Quelle magnifique écriture façonnée comme une pierre précieuse ! Poétique, réaliste, elle m'a poinçonné le coeur. Je me suis raccrochée à ce radeau de petits bonheurs solidaires qui navigue sur l'eau malgré la violence des éléments et les blessures de l'existence. Je me suis profondément attachée aux membres de la famille Barrøy qui ne font qu'un avec la mer. Indomptables et fiers, femmes et hommes sont attachés à leur bout de terre lointain.
La maison sur l'île est un havre de douceur, côté sud ou côté nord qui ont leur préférence selon les saisons . Roy Jacobsen a des yeux de divin en faisant voir et toucher la belle vaisselle polonaise, la nappe aux minuscules fleurs rouges et jaunes reliées par des sarments verts. Tout est beau et simple. Et pourtant le regard n'est jamais le même ni les couleurs de l'horizon.
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mollymon
  04 juin 2017
Les invisibles raconte la vie des Barrøy, l'unique famille installée sur l'une des dix milles îles et îlots qui bordent la côte norvégienne. La famille est propriétaire de cette île, si petite qu'elle est juste un écueil sur l'océan, un point invisible sur la carte du pays mais un univers à elle seule.
A la fois paysans et pêcheurs, les pieds ancrés dans la terre et le regard tourné vers la mer, enfants comme adultes y mènent une vie de dur labeur, de vide, de solitude et de gravité. de quoi mourir d'épuisement et d'ennui s'il ne fallait sans cesse veiller à entretenir le fragile équilibre du rapport entre les bêtes et les hommes, la terre et la mer afin de se maintenir à flot pour que l'île ne se transforme pas en radeau pourri.
Il leur faut constamment lutter pour survivre, rester libre et maître de leur destin. Pour tous c'est une existence rude, sans aucun confort, laissant peu de place aux paroles et aux sentiments qui s'expriment silencieusement. Mais dans ces silences on devine leurs espoirs et leurs rêves. Et leurs craintes.
C'est un roman à la fois captivant et déconcertant par son ton presque monotone, à l'image de la vie insulaire. Il est aussi déroutant par sa la géographie car il n'est pas évident de s'y retrouver parmi les îlots de l'archipel et les Barrøy étant des gens de peu de mots, certaines situations paraissent un peu obscures, difficiles à vraiment bien comprendre.
J'ai cependant été totalement séduite par cette escale norvégienne et je ne peux que vous conseiller de vous embarquer vous aussi pour cette belle lecture franchement dépaysante.
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Errant
  09 février 2019
La vie simple mais aussi parfois compliquée d'une petite famille d'insulaires en Scandinavie; tel est le thème de ce remarquable roman qui séduit par son dépouillement et son rythme en accord avec les saisons, tellement déterminantes pour Hans et son clan. Pour survivre, car c'est de ça dont il s'agit, un travail constant est requis de la part de tous, enfants compris. Et que d'ingéniosité aussi pour exploiter la moindre ressource, que ce soit de la terre, des bêtes ou de la mer. Pourtant personne ne se plaint malgré les rigueurs des hivers et les mauvaises surprises que peut réserver la nature. La mort cependant viendra décimer peu à peu le clan initial; la relève, elle, réussira-t-elle à s'en sortir? Les personnages sont attachants, notamment la très courageuse Ingrid qui devra devenir adulte bien trop tôt. Histoire de famille, mais aussi histoire de gens simples, débrouillards, acharnés, et de leurs relations avec les voisins des autres îles et du village côtier. Une superbe lecture pleine de tranches de vie inspirantes et de gens courageux.
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critiques presse (2)
Liberation   30 mai 2017
Le lecteur des Invisibles ressent l’ivresse et l’émotion de se croire témoin du monde en train de naître.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   29 mai 2017
Une splendide représentation de la vie en commun, une parmi d’autres combinaisons possibles (...) écrite dans une langue puissante et poétique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   06 juin 2017
Sa durée varie selon les saisons, le silence peut durer longtemps dans le gel de l’hiver, comme lorsqu’il y avait de la glace autour de l’île, mais celui de l’été est toujours comme une petite pause entre un souffle de vent et un autre, entre le flot et le jusant, ou pendant ce miracle qu’est l’instant où l’homme cesse d’inspirer avant d’expirer.....
Mais le silence sur une île n’est rien. Personne n’en parle, nul ne s’en souvient, tellement il marque les esprits. C’est l’infime aperçu de la mort tant qu’ils sont encore en vie.
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Alice_Alice_   25 août 2017
Plus rarement, ils trouvent une bouteille à la mer qui contient un mélange de nostalgie et de confession, et qui concerne une autre personne que celle qui la trouve ; si elle avait touché le bon destinataire, elle lui aurait fait verser des larmes de sang et remuer ciel et terre. Les îliens les ouvrent avec tout leur bon sens, ils en tirent les lettres et les lisent, s'ils en comprennent la langue, ils se font des idées sur le contenu, des petits idées bien vagues - les bouteilles à la mer sont d'étranges véhicules de manque, d'espoir et de vie inachevée -, puis ils rangent ces lettres dans un coffret où l'on met les choses que l'on ne peut ni posséder, ni jeter, ils font bouillir la bouteille et la remplissent de jus de groseille, ou bien ils la posent tout simplement sur le bord de la fenêtre de l'étable comme une sorte de preuve de son propre vide, les rayons de soleil se teintent de vert en la traversant avant de retrouver leur couleur parmi les brins de paille secs sur le plancher.
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joedijoedi   12 novembre 2018
... il monte sur une hauteur d'où la vue est encore meilleure.
« Oh, mais je vois même le presbytère. »
Hans Barrøy le dépasse et dit :
« Et là, vous voyez l'église. »
Le pasteur se dépêche de le rattraper, il s'arrête pour admirer l'église blanche qui apparaît comme un timbre pâle sous les montagnes noires où quelques ultimes taches de neige ressemblent à des dents dans une bouche pourrie.
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BookycookyBookycooky   07 juin 2017
Maria se redressa sur ses coudes et répondit que les enfants, on ne les a pas, on ne les possède pas, les enfants, c’est comme des dons, des cadeaux que l’on reçoit.
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NuageuseNuageuse   20 juillet 2020
Sur une île, le silence est plus brutal que celui qui peut s’abattre sur la forêt, sans prévenir. La forêt est souvent silencieuse. Sur une île, il y a si rarement du silence que les gens s’arrêtent net, regardent autour d’eux et se demandent ce qui se passe. Le silence les étonne. Il est mystérieux, presque chargé d’espoirs, c’est un étranger sans visage vêtu d’un manteau noir qui arpente l’île à pas feutrés. Sa durée varie selon les saisons, le silence peut durer longtemps dans le gel de l’hiver, comme lorsqu’il y avait de la glace autour de l’île, mais celui de l’été est toujours comme une petite pause entre un souffle de vent et un autre, entre le flot et le jusant, ou pendant ce miracle qu’est l’instant où l’homme cesse d’inspirer avant d’expirer.
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Videos de Roy Jacobsen (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roy Jacobsen
A l'occasion du festival des littératures du monde : "L'usage du monde" organisé par Lettres du monde, rencontre avec Roy Jacobsen autour de son ouvrage "Les invisibles" aux éditions Gallimard.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2307743/roy-jacobsen-les-invisibles
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