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ISBN : 2070177750
Éditeur : Gallimard (11/05/2017)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 68 notes)
Résumé :
«"C’est sans danger", lui crie son père à l’oreille.
Mais elle n’entend pas. Ni lui. Il lui crie qu’elle doit sentir avec son corps que l’île est immuable, même si elle tremble, même si le ciel et la mer sont chambardés, une île ne disparaît jamais, même si elle vacille, elle reste ferme et éternelle, enchaînée dans le globe lui-même. Oui, c’est presque une expérience religieuse qu’il veut partager avec sa fille en cet instant, il doit lui apprendre ce princ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  07 juin 2017
Debut du XXe siècle,
Hans Barrøy, trente cinq ans, habite avec sa jeune femme, sa petite fille, sa jeune soeur retardée et son vieux père une toute petite île au large de la Norvège. Ils en portent le nom et en sont les uniques habitants.
Face à une vie de labeur dans la pauvreté, esclave d'une nature sauvage aux hivers trés rudes, où Hans doit partir pêcher pour quelque mois aux îles Lofoten, -la pêche étant leur revenu vital -, la famille survit à toutes les épreuves.
Le personnage central du livre est la petite fille, Ingrid, sensible, intelligente, courageuse, curieuse qui observe ce monde restreint d'adultes avec ses propres codes et dont les repères ne sont pas toujours facile à comprendre. Bien que forte, le destin va la défier pour le meilleur et le pire, une histoire qu'on va suivre sur presque deux décennies; Barrøy est un paradis, comme il peut être l'enfer.......
La chaleur de ce récit émouvant vient de l'amour et de la solidarité entre les membres de cette famille dans des conditions de vie difficile où chacun a son rôle et s'y tient. Amour au sens large, l'amour entre les époux, entre le père et la petite fille, entre le frère et la soeur, la petite fille et sa tante,la petite fille et son grand-père.....Quand à son charme, c'est sans aucun doute son langage simple. Des gens humbles, dont les ressentis et les pensées sont exprimés indirectement, avec pudeur. Tout est dans la description des gestes et entre les lignes. Ici même le silence parle.
Descriptions intéressantes aussi des divers coutumes et modes de vie de l'époque sur ces îles, comme les femmes qui mangeaient debout et qui finissent par s'asseoir, leurs coffres, les domestiques esclaves non payés,....
Une histoire passionnante aux personnages magnifiques, dans un décor grandiose, dont les héros sont des enfants qui face au destin sont forcés à devenir des adultes précoces. C'est est l'un des cinq titres sélectionnés dans le monde entier pour le Booker Prize 2017 en Angleterre, dont je ne peux que vous conseiller la lecture !

"Un îlien n'a pas peur sinon il ne peut pas vivre dans un endroit pareil,.."

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mollymon
  04 juin 2017
Les invisibles raconte la vie des Barrøy, l'unique famille installée sur une des dix milles îles et îlots qui bordent la côte norvégienne. La famille est propriétaire de cette île, si petite qu'elle est juste un écueil sur l'océan, un point invisible sur la carte du pays mais un univers à elle seule.
A la fois paysans et pêcheurs, les pieds ancrés dans la terre et le regard tourné vers la mer, enfants comme adultes y mènent une vie de dur labeur, de vide, de solitude et de gravité. De quoi mourir d'épuisement et d'ennui s'il ne fallait sans cesse veiller à entretenir le fragile équilibre du rapport entre les bêtes et les hommes, la terre et la mer afin de se maintenir à flot pour que l'île ne se transforme pas en radeau pourri.
Il leur faut constamment lutter pour survivre, rester libre et maître de leur destin. Pour tous c'est une existence rude, sans aucun confort, laissant peu de place aux paroles et aux sentiments qui s'expriment silencieusement. Mais dans ces silences on devine leurs espoirs et leurs rêves. Et leurs craintes.
C'est un roman à la fois captivant et déconcertant par son ton presque monotone, à l'image de la vie insulaire. Il est aussi déroutant par sa la géographie car il n'est pas évident de s'y retrouver parmi les îlots de l'archipel et les Barrøy étant des gens de peu de mots, certaines situations paraissent un peu obscures, difficiles à vraiment bien comprendre.
J'ai cependant été totalement séduite par cette escale norvégienne et je ne peux que vous conseiller de vous embarquer vous aussi pour cette belle lecture franchement dépaysante.
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maevedefrance
  29 décembre 2019
Traduit par Alain Gnaedig
En attendant les nouveautés de janvier, je pioche dans ma bibliothèque. Il y trônait ce roman norvégien, Les invisibles, depuis plusieurs mois, d'un auteur que je ne connaissais pas.
Un petit voyage au large des Lofoten, dans des îles minuscules me tentait bougrement ! Me voilà donc partie sur l'île de Barrøy, du nom de la famille qui en est propriétaire. le chef de clan est Hans, qui vit là avec son père, le vieux Martin, sa femme Maria et ses filles Ingrid et Barbro. Un caillou aride d'un kilomètre à peine, où l'on cultive un carré de pommes de terre, on fait du foin quand c'est possible, on ramasse la tourbe, on trait quelques vaches mais on vit surtout de la pêche, celle que l'on ramène et que l'on vend ou bien celle de l'Usine, qui nous fait vivre.
La vie et le décor semblent immuables, entre blizzard, tempête, et ...canicule ! Pas de date, quelques allusions vagues. La nature dicte sa loi et les hommes font avec. Sur Barrøy, on disparaît et réapparaît - parfois. On devient père et mère sans avoir eu d'enfants, on devient adulte alors qu'on n'est qu'un enfant. On oublie d'aller à l'école. Et puis on y retourne. On construit des rafiots et des pontons. On s'engueule, on se bat et on se réconcilie. On est hors du grand tumulte du monde, on est invisible.
Cependant, le lecteur observe, subjugué la vie de ce microcosme à la beauté magnétique du froid. On est une famille indéfectiblement liée, avec ses secrets à peine esquissés sur la page d'encre. On a parfois voulu partir mais Barrøy en a décidé autrement.
Roy Jacobsen peint avec une minutie incroyable la vie de ses personnages confronté à Dame Nature, elle aussi un personnage à part entière. J'ai eu du mal à m'immerger dans le roman pendant une trentaine de pages (peut-être parce que les conditions n'étaient pas réunies). Il faut dire que l'écrivain est assez avare en virgules, et préfère la description et le discours rapporté au dialogue au style direct (ce qui au demeurant ne me pose aucun problème). Puis j'ai plongé et j'ai dévoré les pages pour suivre cette saga familiale au confin du monde. J'ai même retardé la fin parce que justement je ne voulais pas quitter ces gens ! 299 pages, c'est bien court !
Quelques petites remarques : j'aurais bien voulu en savoir plus sur le père de Lars, le fils "illégitime" de Barbro, lui même demi-frère de Felix, fils adoptif d'Ingrid. Pourquoi les femmes disparaissent avant de réapparaître ou deviennent folles ? C'est passé sous silence par Roy Jacobsen mais il s'amuse un peu avec elles. Quant aux hommes, ils meurent de leur belle mort ou carrément bêtement.
J'ai eu des soucis avec la traduction, parfois : ça m'a fait sourire de trouver des pies huîtrières. Je ne connais que l'huitrier pie, c'est-à-dire l'huitrier avec un plumage de deux couleurs dont du blanc. Seuls les connaisseurs de l'échassier (qui ne mange pas d'huître !) trouveront étrange de le voir rebaptisé.  Quant à "ce bref moment où l'île est le plus grande, où l'on peut marcher sur du sable blanc" = ???? coquille !....  ; ou "la mer (...) noire et lisse comme de la colle sous un ciel sans étoiles"... j'ai beau eu lire et relire, je n'arrive pas à imaginer ce que c'est de la colle sous un ciel sans étoiles ! Il manque une virgule, non ? - même si j'ai bien compris que c'est la mer dont il est question, mais balancé comme ça, ce n'est pas clair !  Peu de virgules chez Roy Jacobsen, c'est vrai... Bref, j'ai fini par trouver qu'il manquait un travail de correcteur dans ce texte (ce qui relève de l'éditeur). Cela dit, ça n'a pas gâché mon plaisir, mais un peu agacée à la longue. J'ai lu le livre en version poche chez Folio, composition du 4 février 2019 n°d'imprimeur  234335. Edité chez Gallimard pour le grand format.
Malgré ces remarques qui ne feront pas plaisir à tout le monde, Les invisibles est un  magnifique roman pour ceux qui aiment l'air froid et iodé, les tempêtes, les coins sauvages, et les sagas familiales. La bonne nouvelle est  qu'il y a une suite, Mer blanche !
Les Invisibles, mon coup de coeur nordique de fin d'année.
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Errant
  09 février 2019
La vie simple mais aussi parfois compliquée d'une petite famille d'insulaires en Scandinavie; tel est le thème de ce remarquable roman qui séduit par son dépouillement et son rythme en accord avec les saisons, tellement déterminantes pour Hans et son clan. Pour survivre, car c'est de ça dont il s'agit, un travail constant est requis de la part de tous, enfants compris. Et que d'ingéniosité aussi pour exploiter la moindre ressource, que ce soit de la terre, des bêtes ou de la mer. Pourtant personne ne se plaint malgré les rigueurs des hivers et les mauvaises surprises que peut réserver la nature. La mort cependant viendra décimer peu à peu le clan initial; la relève, elle, réussira-t-elle à s'en sortir? Les personnages sont attachants, notamment la très courageuse Ingrid qui devra devenir adulte bien trop tôt. Histoire de famille, mais aussi histoire de gens simples, débrouillards, acharnés, et de leurs relations avec les voisins des autres îles et du village côtier. Une superbe lecture pleine de tranches de vie inspirantes et de gens courageux.
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christinebeausson
  07 mai 2019
Une île .... les tempêtes sur une île lui donnent ses couleurs .... en septembre, l'île est un arc en ciel avec les feuilles qui virent du jaune, au marron et au rouge ... puis elle devient un animal loqueteux à fourrure marron ... puis un cadavre aux cheveux blancs, la pluie, les rafales, la grêle, la neige ... cette île n'est pas autre chose qu'un simple grain de sable ... cette île est la longue école de la solitude.
En Norvège, Il m'apparaît toutefois qu'une petite île ne se différencie pas tant que ça d'une ferme coincée entre la mer et la montagne sans autre moyen de communication avec le monde que le bateau quand il peut prendre la mer !
Apprendre à bien construire une tour de tourbe est une chose indispensable pour survivre l'hiver quand sortir, récupérer de quoi se chauffer est une épreuve.
Les coutumes des uns ne sont pas forcément celles des autres .... un grand père meurt .... l'ensemble de ses affaires ... ses draps, ses couvertures, sa chaise, ses habits sont brûlés devant toute la famille.
Vivre dans l'isolement, la solitude, la promiscuité quand on est une petite fille comme une autre, une petite fille qui n'a jamais connu autre chose que cette solitude face à la mer, face aux éléments.
Apprendre à se contenter de peu, de ce qu'on a, de ce qu'on a pêché, de ce qu'on fait pousser.
Apprendre vite, très vite à tout faire car le temps est assassin dans ces coins là et si on veut survivre, il faut savoir faire, il faut savoir s'adapter et si on sait pas il faut inventer sans se tromper.
Une écriture à la gloire des Invisibles, qui nous donne l'impression de les voir là, sous nos yeux. Nous sommes prêts à les aider, à leur porter secours et prendre notre part de leur douloureux destin pour les soulager et leur monter comme on les aime.
Mer blanche, la suite ... nous permettra prochainement de retrouver les personnages des Invisibles ... dans ce livre, l'histoire, notre histoire fait irruption à Barrøy, dans ce lieu que l'on croyait en dehors du temps.
Merci Roy de nous permettre ses retrouvailles ... cela aide à refermer ce très beau livre, les Invisibles, pour qu'ils restent dans nos coeurs.
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critiques presse (2)
Liberation   30 mai 2017
Le lecteur des Invisibles ressent l’ivresse et l’émotion de se croire témoin du monde en train de naître.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   29 mai 2017
Une splendide représentation de la vie en commun, une parmi d’autres combinaisons possibles (...) écrite dans une langue puissante et poétique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   06 juin 2017
Sa durée varie selon les saisons, le silence peut durer longtemps dans le gel de l’hiver, comme lorsqu’il y avait de la glace autour de l’île, mais celui de l’été est toujours comme une petite pause entre un souffle de vent et un autre, entre le flot et le jusant, ou pendant ce miracle qu’est l’instant où l’homme cesse d’inspirer avant d’expirer.....
Mais le silence sur une île n’est rien. Personne n’en parle, nul ne s’en souvient, tellement il marque les esprits. C’est l’infime aperçu de la mort tant qu’ils sont encore en vie.
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Alice_Alice_   25 août 2017
Plus rarement, ils trouvent une bouteille à la mer qui contient un mélange de nostalgie et de confession, et qui concerne une autre personne que celle qui la trouve ; si elle avait touché le bon destinataire, elle lui aurait fait verser des larmes de sang et remuer ciel et terre. Les îliens les ouvrent avec tout leur bon sens, ils en tirent les lettres et les lisent, s'ils en comprennent la langue, ils se font des idées sur le contenu, des petits idées bien vagues - les bouteilles à la mer sont d'étranges véhicules de manque, d'espoir et de vie inachevée -, puis ils rangent ces lettres dans un coffret où l'on met les choses que l'on ne peut ni posséder, ni jeter, ils font bouillir la bouteille et la remplissent de jus de groseille, ou bien ils la posent tout simplement sur le bord de la fenêtre de l'étable comme une sorte de preuve de son propre vide, les rayons de soleil se teintent de vert en la traversant avant de retrouver leur couleur parmi les brins de paille secs sur le plancher.
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joedijoedi   12 novembre 2018
... il monte sur une hauteur d'où la vue est encore meilleure.
« Oh, mais je vois même le presbytère. »
Hans Barrøy le dépasse et dit :
« Et là, vous voyez l'église. »
Le pasteur se dépêche de le rattraper, il s'arrête pour admirer l'église blanche qui apparaît comme un timbre pâle sous les montagnes noires où quelques ultimes taches de neige ressemblent à des dents dans une bouche pourrie.
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BookycookyBookycooky   07 juin 2017
Maria se redressa sur ses coudes et répondit que les enfants, on ne les a pas, on ne les possède pas, les enfants, c’est comme des dons, des cadeaux que l’on reçoit.
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BookycookyBookycooky   06 juin 2017
L’homme qui vient de rentrer est content de voir que rien n’a changé, car c’est toujours celui qui s’absente qui préfère que le temps s’arrête.
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Videos de Roy Jacobsen (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roy Jacobsen
A l'occasion du festival des littératures du monde : "L'usage du monde" organisé par Lettres du monde, rencontre avec Roy Jacobsen autour de son ouvrage "Les invisibles" aux éditions Gallimard.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2307743/roy-jacobsen-les-invisibles
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