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EAN : 9782375020128
180 pages
Éditeur : Editions Paulsen (26/01/2017)
3.69/5   48 notes
Résumé :
Cinq mille kilomètres en train, du cœur du continent sibérien jusqu’aux rives du Pacifique.
Cinq mille kilomètres le long de la Grande ligne Baïkal-Amour, l’autre chemin de fer transsibérien, et au-delà du détroit de Tartarie jusqu’à l’île de Sakhaline et au souvenir de Tchekhov, qui y alla visiter le bagne en 1890. Prendre cette ligne de chemin de fer, c’est voyager dans l’histoire de la Russie et dans sa géographie démesurée.
Dans ce grand voyage, Ol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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ATOS
  14 février 2017
Voyager. Partir. Emporter. Partager son temps et un peu du sel du vivant.
Pour un peu tenter d' « embellir le bruit du monde ».
Il ne voyage pas léger Olivier Rolin. Il trimbale des tomes de mémoires.
Des livres , des livres à faire revivre toutes les sonates de l'histoire.
Il trimarde sur les épines des miroirs.
La Russie. La grande, la rouge, la sonnante puis trébuchante... celle qui s'est perdue un beau jour sous le fracas de la chute d'un mur de glace.
La Sibérie. Immense. Immense à en prendre l'haleine de ses mots.
On la voudrait blanche ou tout au moins couleurs de belle tourbe ,
elle est toute parole de chair. La nostalgie est ce qu'elle est, un abîme, une question restée sans réponse, l'ouverture béante sur le port de nos doutes, de nos regrets, et des remords.
Il y a de l'amour dans l'encre de Rolin. Ça coule comme un fleuve. Un fleuve qui raccroche des preuves . Pour faire trace, recomposer des blocs de mémoire. Pour continuer sa route.
Voyager pour donner lecture. Pour reposer un peu en paix.
Lecture faite aux lieux, aux hommes, aux visages des femmes , aux odeurs, aux briques, aux phares, aux forêts, aux bois, aux âmes à tous les chevaux vapeurs de l'histoire.
Il y a de l'amour, mais il y a ce sentiment en filigrane, ce sentiment de gâchis, d'espoir brisé, l'écho d'une démesure déchirante. L'amertume d'une absence, Ce sentiment comme un parfum glissé entre les pages.
Redoutable Sibérie. C'est par le BAM, la ligne Baïkal- Amour Magistral ...une ligne au-delà du mythe. C'est de grand Ouest en large Est que Rolin nous conte son tour.
Du coeur sibérien aux lèvres du Pacifique. Des kilomètres de voies ferrées dont la poudre des os de celles et de ceux qui les ont construits fait crisser des millions de noms sous les mâchoires de ses rails.
à chaque halte : Folie humaine, gisante à présente, endormie, terre à présent suppliciante.
«  le tragique particulier à beaucoup de paysages russes ne tient pas seulement à ce qu l'on voit, mais à ce qu'on y lit des destins qui s'y sont fracassés ».
Il en est de la Russie comme de tous les pays. J'en suis certaine.
Ce sont des ombres qui courent sur le ballast du BAM. Rolin regarde l'immensité du monde, et un silence effarant martèle chaque kilomètre.
Irrésistiblement attiré par la Russie, par ses couleurs, ses contrastes, Aimanté par sa littérature.
5000 kilomètres pour tenir toujours vivante sa flamme, 5000 kilomètres pour déclarer son chagrin face à la folle et absurde dictature stalinienne.
Il aime Tolstoï, Bounine, Nabokov, Tchekov, Ossip Mandelstam..il les aime, les partage, les offre, les faire renaître à chaque fenêtre.
Oui mais l'écoeurement est toujours présent , celui que lui procure ce rêve devenu cauchemar.
Il sait Rolin que bientôt les générations à venir ne sauront plus la réalité d'une Union Soviétique à présent ensevelie.. Tout disparaîtra.Tout sera engloutie.
Il sait pourtant que dans l'âme russe il y aura pour toujours cet « avant », avant, avant l'effondrement, cet avant qui résonne comme une fanfare fantôme où chacun croit avoir laissé toutes les grandeurs de son destin.
La Sibérie est tellement grande qu'elle pourrait peut être contenir le reste du monde.
Qui sait, si comprendre l'âme russe, cela ne serait pas comprendre également toute l'histoire de notre monde. Celle de maintenant, celle d'après , d'après ce qu'ils appellent « la catastrophe », celle qui entraîna la chute d'un mur , une chute qui aura suffit à arrêter les anguilles plantés dans le coeur de millions d'hommes et de femmes.
Quelle heure est il à présent ? Quelle nuit nous annonce t elle ? A quel siècle nous donnerons nous rendez-vous ?
L'effacement a commencé, entretenu, les puits, les mines, les usines, des villages entiers, gisent au fond d'une galerie qui peine à repanser son nom.
« Même dans la gaîté il y a toujours un fond de tristesse », bleu de larmes et rouge d'étoiles.
Il faut être extravagant, peut être à jamais enfant, pour courir à travers ces plaines.
Ouvrir un livre, pousser une porte, porter sa plume, « aimer l'étrange, mais tuer l'ordinaire ». Comme le grand Baïkal. Et puis « devenir l'oiseau qu'on peut être ».
5000 kilomètres « pour fermer une porte jusqu'à la fin du monde « , comme écrivait Borges.
C'est bien plus que le récit d'un voyage que nous adresse Olivier Rolin. Ceci est son témoignage .
Témoignage de la beauté d'un monde, sauvage, cruel, à la « déréliction magnifique » .La plus grande et la plus affreuse route du monde » comme l'écrivait Tchekhov. .
Voyager c'est de déshabituer écrit Rolin. C'est laisser tomber en chemin la cuirasse des habitudes. Prendre le risque du contact, de la caresse ou de la gifle, de la brulure, de l'écorchure. C'est embrasser son futur.
5000 kilomètres pour faire face à son propre destin.
Approcher un peu la vérité, s'est accepter de s'éloigner de ses ombres.
« La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! », à une passante Charles Baudelaire.
La Sibérie se déroula à la fenêtre du train , et elle me fit entendre le commencement du monde.
Voilà comment j'aurai pu commencer mon voyage...
«  pas d'autre bruit, pas d'autres mouvement que ceux que font les arbres avec le vent » ..
Il est des Amours déchirants, comme le sont tous les adieux que l'on adresse à nos rêves d'enfant.
Une chose est certaine : j'ai trop tardé, il faut que je lise Tchekhov.
Merci à l'auteur d'avoir laissé ce livre dans ce train.

Astrid Shriqui Garain
Masse critique «  Éditions Paulsen -Babelio »02.2017

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cathe
  19 février 2017
Amateurs de voyages exotiques, de plages de sable fin, de maisons typique proprettes, d'autochtones déférents avec le touriste… passez votre chemin !
Ici l'exotisme ce sont des trains inconfortables, des villes et villages délabrés, dévastés, ruinés…
« On est, dit Olivier Rolin, obligé de chercher des mots variés pour dire la même chose lamentable répétée en des lieux et sous des formes différentes. L'abandon caractéristique de nombre de paysages urbains russes – il n'y a guère que les églises qui soient toujours en bon état- sollicite beaucoup le lexique ».
Après être venu plusieurs fois en Russie, l'auteur emprunte le train « Baïkal – Amour » qui commence là où le Transsibérien s'arrête et va, pendant 5.000 km, traverser le pays jusqu'au fleuve Amour, l'océan Pacifique et la Chine.
Ce train, qui traverse toute la Sibérie, a en majorité été construit par les prisonniers des goulags (entraînant des milliers de morts) et l'histoire de toutes les villes le long de cette ligne est marquée par leur prospérité pendant la construction de ce train, par la présence des prisonniers, puis par le déclin.
La vie quotidienne est difficile pour ces habitants qui sont à plusieurs milliers de km de Moscou et ne bénéficient aucunement de l'évolution actuelle du mode de vie russe.
Pour eux la période communiste reste encore un paradis perdu où tout le monde avait du travail, et dans leur grande majorité ils sont très critiques sur le régime politique actuel (mais pourquoi, se demande Rolin, Poutine est-il triomphalement réélu ??)
Si l'atmosphère est plutôt sombre, le livre lui-même est passionnant et j'ai adoré me perdre dans la steppe avec l'auteur pendant plusieurs jours.
Olivier Rolin ne manque pas de style, de poésie et d'humour, et il réussit à parler avec enthousiasme de ce pays qui le passionne !
Merci à Babelio pour ce livre
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Fandol
  02 mai 2018
Nous faire vivre du côté du lac Baïkal, Sylvain Tesson l'a remarquablement fait avec Dans les forêts de Sibérie mais, en nous emmenant dans ces mêmes contrées, Olivier Rolin propose une autre aventure, un voyage truffé d'observations passionnantes, pertinentes, instructives. Baïkal – Amour est une vraie plongée dans la Russie profonde, lointaine, souvenir de tant de vies sacrifiées. C'est tellement loin de nous que les cartes jalonnant le récit sont précieuses.
Le transsibérien a permis à Olivier Rolin et à Valéry, son compagnon de voyage, d'arriver jusqu'à Taïchet pour prendre une autre ligne, bien moins connue à l'Occident : le BAM, la Magistrale Baïkal – Amour. À partir de là, les souvenirs du passé vont remonter à la surface et les références à des poètes, des écrivains, des hommes politiques, d'autres grands voyageurs se bousculent.
Soljenitsyne a parlé de Taïchet mais c'est le poète Anatoli Jigouline qui raconte que, parmi les déportés qu'il découvre en arrivant dans cette ville, il a vu beaucoup de Républicains espagnols. Des destins se sont fracassés dans ce Goulag comme celui de ces 100 000 prisonniers gardés autour de Taïchet pour la construction du BAM.
En effet, comme le lui dira plus tard, la responsable d'un musée, ce chemin de fer roule sur une quantité infinie d'ossements et le récit le prouve presque à chaque page mais il est important « de ne pas juger avec ce que nous croyons être nos confortables certitudes. »
À Sinelga, il découvre le site de prospection de l'uranium pour la bombe atomique russe où trois cents chercheurs profitaient du travail de 3 500 zeks regroupés dans des camps. Dans les sous-bois, traînent encore beaucoup d'objets témoignant de l'exploitation d'un site abandonné en 1951.
« La Sibérie est le pays des fleuves et des rivières » et Olivier Rolin le souligne tout au long de son récit. Ce BAM, projet lancé en 1934 ou 1937, est abandonné puis repris en 1974, sous Brejnev. Il n'était plus question de travail forcé mais les komsomols (jeunesses communistes) venaient travailler pleins d'entrain. Malgré cela, cette ligne ferroviaire de 4 300 km, qui va de Taïchet à Sovietskaïa Gavan a causé le sacrifice de milliers de vies dont le décompte n'a jamais été fait.
« Ainsi va la vie, cahin-caha, au rythme lent du train, cependant que défilent des paysages désespéramment monotones (mais cette monotonie a sa majesté et sa griserie : ceux qui ne comprennent pas ça n'aimeront jamais la Russie), plaines, hautes collines, forêt, brûlis, marais, rivières. » Olivier arrive enfin au détroit de Tartarie après avoir laissé l'Amour terminer sa course dans une plaine marécageuse.
L'auteur souligne à de nombreuses reprises l'état de décrépitude des lieux qu'il visite. Certains Russes rencontrés sont nostalgiques des soviets. Il visite aussi l'île de Sakhaline où Tchékhov alla visiter les bagnards en 1890, et termine son périple à Vladivostok.
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Kickou
  07 août 2020
Moi, qui aime les ciels grecs (les cieux n'existent que pour ceux qui y croient), les soleils d'Italie et la douceur ligérienne, je ne voyage dans des contrées sinistres et tristes qu'avec des auteurs qui m'enchantent. Pour ce voyage là, c'est avec Olivier Rolin que je me suis perdu en Sibérie orientale sur la ligne de chemin de fer BAM entre le lac Baïkal et le fleuve Amour. Page 91 « On entreprend des voyages pour la magie de certains noms, aussi (...) Il n'y a qu'en français que le nom du grand fleuve d'Extrême-Orient, qui marque sur mille six cents kilomètres la frontière entre la Russie et la Chine, est si poétiquement équivoque. (...) Les chinois l'appellent Heilongjiang, « Fleuve du Dragon Noir », ce qui n'est pas mal non plus, mais a moins de charme (aux amoureux mélancoliques, cela permet toutefois de dire que l'amour est un dragon noir). »
Comme beaucoup d'écrivains-voyageurs, Olivier Rolin est aussi un écrivain-passeur Anton Tchekhov, Vassili Grossman ... des références, mais aussi d'autres, plus confidentiels : Joseph Delteil l'auteur en 1922 de « Sur le fleuve Amour » par exemple. Son écriture le rend proche de son lecteur, il nous raconte la géographie [p.164 : Bientôt la brume tombe sur des nappes d'eau noire hachurées de bouleaux, où s'ouvrent çà et là les calices blancs de fleurs inconnues] et l'histoire bien-sûr, sous forme d'anecdotes érudites (la révolution de 17, les goulags, la pérestroïka ...), mais aussi les rencontres de tous les jours. Il y a dans ces endroits moches et perdus une véritable humanité pleine d'espoir ... souvent déçu et d'acceptation de son sort, de son rapport à une nature hostile et radine. Rolin est aussi sensible aux sourires de certaines femmes - Étrange écho en cette période masquée et merdique de Covid19 ! -. Un étonnant voyage**** donc, p. 175 « Prendre le chemin du retour procure un sentiment bizarre, où se mêlent plaisir et tristesse. (...) Tous ces milliers de kilomètres, ces forêts infinies, ces gares perdues, ces fuseaux horaires, ces visages inconnus qu'on ne reverra pas, ces noms nouveaux qu'on n'entendra plus : lac Baïkal, fleuve Amour, détroit de Tartarie, île de Sakhaline ... Ils résonnaient en nous, ils amplifiaient et embellissaient le bruit du monde ... » ... Allez, salut et bon retour.
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MELANYA
  12 juillet 2021
Cinq mille kilomètres en train, un autre train du Transsibérien, (dans le BAM ligne Baïkal-Amour, surnommé aussi le train du goulag), c'est que nous propose Olivier Rolin dans ce livre « Baïkal-Amour » - une traversée qui part de la Sibérie jusqu'à l'Océan Pacifique.
Si c'est un voyage avec des descriptions des villes et paysages parcourus, c'est aussi un récit sur le tragique passé de la Russie. L'auteur nous livre des explications historiques, nous raconte comment s'est passée la construction de cette ligne et nous apprenons qu'elle a été effectuée par des prisonniers du goulag (dont nombreux sont morts), d'où le surnom.
L'atmosphère n'est pas vraiment gaie dans ce récit mais cela n'empêche pas qu'il est passionnant. Il est également agrémenté de quelques touches humoristiques et d'une certaine poésie.
Mais ce qui ressort de ce voyage, c'est une grande grisaille - celle de certains lieux – mais aussi la gentillesse des habitants (alors que d'autres se montrent franchement antipathiques).
L'auteur traverse d'immenses espaces, des villes de pionniers abandonnées… de plus, il s'attache énormément au passé, à l'Histoire de cette Russie, de la Sibérie (si grande qu'elle pourrait contenir plusieurs pays), à l'âme russe si particulière (peut-être parce que empreinte de son lourd passé fait de nombreux sacrifices) et qui continue à être soumise à un régime sans concessions.
La vie à bord du train n'est pas très facile car il est mal pourvu en commodités, mais chacun s'arrange à sa façon pour ce voyage à petite vitesse dans cette immense étendue.
Olivier Rolin est arrivé avec succès à nous décrire son périple tout en évoquant L Histoire (assez méconnue par la plupart) de ce pays fait de magnifiques steppes, ainsi que de la taïga qu'il surnomme « un continent d'arbres ».
C'est donc un voyage très enrichissant (d'autant plus qu'il évoque de nombreux écrivains) et émouvant que ce « Baïkal-Amour » qu'a écrit l'auteur qui connaissait déjà la Russie et qui a voulu, cette fois, aller un peu plus en profondeur. Une de ses réflexions est celle de savoir comment Vladimir Poutine a pu être élu à nouveau alors que son caractère répressif est connu de par le monde.
Mais cela reste une très belle expérience qui ne laissera pas le lecteur indifférent car on ressent très bien l'amour de l'auteur pour ce pays fait de multiples contradictions.
Alors, pourquoi ne pas embarquer dans ce BAM et se laisser porter par la nostalgie et la beauté de ce continent ? En voiture et laissez-vous guider !
Nota : venant de chroniquer « Nina » se passant également en Russie, j'ai voulu rester encore un peu dans ce pays si riche en émotions pour moi pour les souvenirs familiaux que cela implique. Mais à présent, je vais changer de continent.
Je ressors de cette lecture, assez bouleversée mais heureuse car l'auteur a su me prendre par les sentiments.
Lien : https://www.babelio.com/monp..
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critiques presse (2)
Telerama   12 avril 2017
Au total, des millions de vies saccagées qui hantent ce beau et grave récit de voyage, comme chacun des précédents périples russes d'Olivier Rolin.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaCroix   03 mars 2017
Traversant l’immensité de la Russie éternelle, à bord du Baïkal-Amour, Olivier Rolin constate que les traces du Goulag ne s’effacent pas.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   13 octobre 2021
L’Amour : on entreprend des voyages pour la magie de certains noms, aussi. (…) Il n’y a qu’en français que le nom du grand fleuve d’Extrême-Orient, qui marque sur mille six cents kilomètres la frontière entre la Russie et la Chine, est si poétiquement équivoque.Pour un Russe (ou un Anglais, un Espagnol, etc.), ce nom bouriate ne signifie rien de particulier, pas plus que pour nous Seine ou Loire. L’amour se dit lioubov en Russe. Les Chinois l ‘appellent Heilongjiang, Fleuve du Dragon Noir, ce qui n’est pas mal non plus, mais a moins de charme (aux amouteux mélancoliques, cela permet toutefois de dire que l’amour esgt un dragon noir).
+ Lire la suite
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MELANYAMELANYA   13 octobre 2021
Un chant de prisonniers, qui est devenu une sorte d’hymne de la Kolyma, évoque ces voyages au bout de la nuit :
Je me souviens du port de Vanino
Des lugubres bateaux
Je nous revoie monter à bord par une passerelle
Et descendre dans les cales froides et sombres

Le brouillard s’épaississait sur la mer
Les éléments rugissaient
Magadan était devant nous
Capitale du kraï de Kolyma (…)

Maudite sois-tu, Kolyma
Qu’on appelle planète étrange
Ici malgré nous on perdra l’esprit
D’ici il n’est pas de retour…
+ Lire la suite
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MELANYAMELANYA   13 octobre 2021
La ligne, qui n’est pas encore vraiment opérationnelle (elle ne le sera que six ans plus tard), mesure quatre mille trois cents kilomètres de Taïchet, à Sovietskaïa Gavan, sur le détroit de Tartarie en face de l’île de Sakhaline. Elle a nécessité des millions de mètres cubes d’excavation, la construction de centaines de ponts, et coûté, au moins à ses débuts, des dizaines de milliers de vies (on ne s’étonnera pas que la comptabilité n’en soit pas faite, ni qu’aucun monument ne commémore leur sacrifice).
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MELANYAMELANYA   13 octobre 2021
Ils tiennent dans la littérature russe une place bien plus importante que dans la nôtre, il me semble : c’est dans un train que commence L’Idiot et que se déroule le récit de La Sonate à Kreutzer, c’est dans un wagon que Vronsky rencontre Anna Karénine et c’est sous les roues d’un wagon qu’elle mourra, c’est au long d’un interminable voyage en train que le docteur Jivago fait la connaissance de Strelnikov, le mari de Lara.
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MELANYAMELANYA   13 octobre 2021
Taïchet n’était pas grand-chose d’autre qu’un camp de transit du Goulag, et cela se ressent dans son apparence actuelle (c’est d’ailleurs une bonne partie du paysage désolé des petites villes russes qui porte cette empreinte). Soljénitsyne évoque cette contagion du camp sur son environnement : Ainsi l’Archipel se venge-t-il de l’Union qui lui a donné le jour. Ainsi chacune de nos cruautés se retournent-elles contre nous.
+ Lire la suite
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Videos de Olivier Rolin (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Rolin
Le 8 août 2010, dans le cadre du banquet du livre intitulé "Contre la gestion politique du tous, le souci du chaque-un", lecture d'Olivier Rolin
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