AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782375020128
180 pages
Editions Paulsen (26/01/2017)
3.77/5   55 notes
Résumé :
Cinq mille kilomètres en train, du cœur du continent sibérien jusqu’aux rives du Pacifique.
Cinq mille kilomètres le long de la Grande ligne Baïkal-Amour, l’autre chemin de fer transsibérien, et au-delà du détroit de Tartarie jusqu’à l’île de Sakhaline et au souvenir de Tchekhov, qui y alla visiter le bagne en 1890. Prendre cette ligne de chemin de fer, c’est voyager dans l’histoire de la Russie et dans sa géographie démesurée.
Dans ce grand voyage, Ol... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 55 notes
5
3 avis
4
7 avis
3
1 avis
2
1 avis
1
0 avis

Wyoming
  27 décembre 2021
Un grand voyage en train à travers la Sibérie, depuis Krasnoïarsk jusqu'à Komsomolsk-sur-l'Amour, plus de 5000 kilomètres dont 4300 environ sur la Grande Ligne Baïkal-Amour (Baïkal-Amour Magistral).
Des visions de la forêt et des villes avec en filigrane les péripéties meurtrières de la construction de cette ligne (BAM) dans laquelle périrent des dizaines de milliers de prisonniers déportés, zeks, prisonniers de guerre, japonais et espagnols également.
Une vision également de l'ère stalinienne et de la chape de plomb qui pesait sur l'Union Soviétique et donc des cimetières, oubliés, détruits, exclus des mémoires.
Heureusement aussi une vision de la nature sibérienne, de ses plantes, arbres, animaux, couchers de soleil sur la glace du Baïkal ou lever de celui-ci tout à l'est à bord du bateau vers l'île Sakhaline.
Des réflexions sur le voyage que l'on partage si on aime comme l'auteur s'abandonner dans ses bras et ressentir ce plaisir triste lorsqu'il prend fin.
Et de belles références littéraires avec Tolstoï, Nabokov, Soljénitsyne, Tchékov, Vladimir Arséniev, tous ces chantres des grands espaces et des événements qui les ont habités.
de l'âme de cette immensité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          801
ATOS
  14 février 2017
Voyager. Partir. Emporter. Partager son temps et un peu du sel du vivant.
Pour un peu tenter d' « embellir le bruit du monde ».
Il ne voyage pas léger Olivier Rolin. Il trimbale des tomes de mémoires.
Des livres , des livres à faire revivre toutes les sonates de l'histoire.
Il trimarde sur les épines des miroirs.
La Russie. La grande, la rouge, la sonnante puis trébuchante... celle qui s'est perdue un beau jour sous le fracas de la chute d'un mur de glace.
La Sibérie. Immense. Immense à en prendre l'haleine de ses mots.
On la voudrait blanche ou tout au moins couleurs de belle tourbe ,
elle est toute parole de chair. La nostalgie est ce qu'elle est, un abîme, une question restée sans réponse, l'ouverture béante sur le port de nos doutes, de nos regrets, et des remords.
Il y a de l'amour dans l'encre de Rolin. Ça coule comme un fleuve. Un fleuve qui raccroche des preuves . Pour faire trace, recomposer des blocs de mémoire. Pour continuer sa route.
Voyager pour donner lecture. Pour reposer un peu en paix.
Lecture faite aux lieux, aux hommes, aux visages des femmes , aux odeurs, aux briques, aux phares, aux forêts, aux bois, aux âmes à tous les chevaux vapeurs de l'histoire.
Il y a de l'amour, mais il y a ce sentiment en filigrane, ce sentiment de gâchis, d'espoir brisé, l'écho d'une démesure déchirante. L'amertume d'une absence, Ce sentiment comme un parfum glissé entre les pages.
Redoutable Sibérie. C'est par le BAM, la ligne Baïkal- Amour Magistral ...une ligne au-delà du mythe. C'est de grand Ouest en large Est que Rolin nous conte son tour.
Du coeur sibérien aux lèvres du Pacifique. Des kilomètres de voies ferrées dont la poudre des os de celles et de ceux qui les ont construits fait crisser des millions de noms sous les mâchoires de ses rails.
à chaque halte : Folie humaine, gisante à présente, endormie, terre à présent suppliciante.
«  le tragique particulier à beaucoup de paysages russes ne tient pas seulement à ce qu l'on voit, mais à ce qu'on y lit des destins qui s'y sont fracassés ».
Il en est de la Russie comme de tous les pays. J'en suis certaine.
Ce sont des ombres qui courent sur le ballast du BAM. Rolin regarde l'immensité du monde, et un silence effarant martèle chaque kilomètre.
Irrésistiblement attiré par la Russie, par ses couleurs, ses contrastes, Aimanté par sa littérature.
5000 kilomètres pour tenir toujours vivante sa flamme, 5000 kilomètres pour déclarer son chagrin face à la folle et absurde dictature stalinienne.
Il aime Tolstoï, Bounine, Nabokov, Tchekov, Ossip Mandelstam..il les aime, les partage, les offre, les faire renaître à chaque fenêtre.
Oui mais l'écoeurement est toujours présent , celui que lui procure ce rêve devenu cauchemar.
Il sait Rolin que bientôt les générations à venir ne sauront plus la réalité d'une Union Soviétique à présent ensevelie.. Tout disparaîtra.Tout sera engloutie.
Il sait pourtant que dans l'âme russe il y aura pour toujours cet « avant », avant, avant l'effondrement, cet avant qui résonne comme une fanfare fantôme où chacun croit avoir laissé toutes les grandeurs de son destin.
La Sibérie est tellement grande qu'elle pourrait peut être contenir le reste du monde.
Qui sait, si comprendre l'âme russe, cela ne serait pas comprendre également toute l'histoire de notre monde. Celle de maintenant, celle d'après , d'après ce qu'ils appellent « la catastrophe », celle qui entraîna la chute d'un mur , une chute qui aura suffit à arrêter les anguilles plantés dans le coeur de millions d'hommes et de femmes.
Quelle heure est il à présent ? Quelle nuit nous annonce t elle ? A quel siècle nous donnerons nous rendez-vous ?
L'effacement a commencé, entretenu, les puits, les mines, les usines, des villages entiers, gisent au fond d'une galerie qui peine à repanser son nom.
« Même dans la gaîté il y a toujours un fond de tristesse », bleu de larmes et rouge d'étoiles.
Il faut être extravagant, peut être à jamais enfant, pour courir à travers ces plaines.
Ouvrir un livre, pousser une porte, porter sa plume, « aimer l'étrange, mais tuer l'ordinaire ». Comme le grand Baïkal. Et puis « devenir l'oiseau qu'on peut être ».
5000 kilomètres « pour fermer une porte jusqu'à la fin du monde « , comme écrivait Borges.
C'est bien plus que le récit d'un voyage que nous adresse Olivier Rolin. Ceci est son témoignage .
Témoignage de la beauté d'un monde, sauvage, cruel, à la « déréliction magnifique » .La plus grande et la plus affreuse route du monde » comme l'écrivait Tchekhov. .
Voyager c'est de déshabituer écrit Rolin. C'est laisser tomber en chemin la cuirasse des habitudes. Prendre le risque du contact, de la caresse ou de la gifle, de la brulure, de l'écorchure. C'est embrasser son futur.
5000 kilomètres pour faire face à son propre destin.
Approcher un peu la vérité, s'est accepter de s'éloigner de ses ombres.
« La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! », à une passante Charles Baudelaire.
La Sibérie se déroula à la fenêtre du train , et elle me fit entendre le commencement du monde.
Voilà comment j'aurai pu commencer mon voyage...
«  pas d'autre bruit, pas d'autres mouvement que ceux que font les arbres avec le vent » ..
Il est des Amours déchirants, comme le sont tous les adieux que l'on adresse à nos rêves d'enfant.
Une chose est certaine : j'ai trop tardé, il faut que je lise Tchekhov.
Merci à l'auteur d'avoir laissé ce livre dans ce train.

Astrid Shriqui Garain
Masse critique «  Éditions Paulsen -Babelio »02.2017

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          205
cathe
  19 février 2017
Amateurs de voyages exotiques, de plages de sable fin, de maisons typique proprettes, d'autochtones déférents avec le touriste… passez votre chemin !
Ici l'exotisme ce sont des trains inconfortables, des villes et villages délabrés, dévastés, ruinés…
« On est, dit Olivier Rolin, obligé de chercher des mots variés pour dire la même chose lamentable répétée en des lieux et sous des formes différentes. L'abandon caractéristique de nombre de paysages urbains russes – il n'y a guère que les églises qui soient toujours en bon état- sollicite beaucoup le lexique ».
Après être venu plusieurs fois en Russie, l'auteur emprunte le train « Baïkal – Amour » qui commence là où le Transsibérien s'arrête et va, pendant 5.000 km, traverser le pays jusqu'au fleuve Amour, l'océan Pacifique et la Chine.
Ce train, qui traverse toute la Sibérie, a en majorité été construit par les prisonniers des goulags (entraînant des milliers de morts) et l'histoire de toutes les villes le long de cette ligne est marquée par leur prospérité pendant la construction de ce train, par la présence des prisonniers, puis par le déclin.
La vie quotidienne est difficile pour ces habitants qui sont à plusieurs milliers de km de Moscou et ne bénéficient aucunement de l'évolution actuelle du mode de vie russe.
Pour eux la période communiste reste encore un paradis perdu où tout le monde avait du travail, et dans leur grande majorité ils sont très critiques sur le régime politique actuel (mais pourquoi, se demande Rolin, Poutine est-il triomphalement réélu ??)
Si l'atmosphère est plutôt sombre, le livre lui-même est passionnant et j'ai adoré me perdre dans la steppe avec l'auteur pendant plusieurs jours.
Olivier Rolin ne manque pas de style, de poésie et d'humour, et il réussit à parler avec enthousiasme de ce pays qui le passionne !
Merci à Babelio pour ce livre
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Kickou
  07 août 2020
Moi, qui aime les ciels grecs (les cieux n'existent que pour ceux qui y croient), les soleils d'Italie et la douceur ligérienne, je ne voyage dans des contrées sinistres et tristes qu'avec des auteurs qui m'enchantent. Pour ce voyage là, c'est avec Olivier Rolin que je me suis perdu en Sibérie orientale sur la ligne de chemin de fer BAM entre le lac Baïkal et le fleuve Amour. Page 91 « On entreprend des voyages pour la magie de certains noms, aussi (...) Il n'y a qu'en français que le nom du grand fleuve d'Extrême-Orient, qui marque sur mille six cents kilomètres la frontière entre la Russie et la Chine, est si poétiquement équivoque. (...) Les chinois l'appellent Heilongjiang, « Fleuve du Dragon Noir », ce qui n'est pas mal non plus, mais a moins de charme (aux amoureux mélancoliques, cela permet toutefois de dire que l'amour est un dragon noir). »
Comme beaucoup d'écrivains-voyageurs, Olivier Rolin est aussi un écrivain-passeur Anton Tchekhov, Vassili Grossman ... des références, mais aussi d'autres, plus confidentiels : Joseph Delteil l'auteur en 1922 de « Sur le fleuve Amour » par exemple. Son écriture le rend proche de son lecteur, il nous raconte la géographie [p.164 : Bientôt la brume tombe sur des nappes d'eau noire hachurées de bouleaux, où s'ouvrent çà et là les calices blancs de fleurs inconnues] et l'histoire bien-sûr, sous forme d'anecdotes érudites (la révolution de 17, les goulags, la pérestroïka ...), mais aussi les rencontres de tous les jours. Il y a dans ces endroits moches et perdus une véritable humanité pleine d'espoir ... souvent déçu et d'acceptation de son sort, de son rapport à une nature hostile et radine. Rolin est aussi sensible aux sourires de certaines femmes - Étrange écho en cette période masquée et merdique de Covid19 ! -. Un étonnant voyage**** donc, p. 175 « Prendre le chemin du retour procure un sentiment bizarre, où se mêlent plaisir et tristesse. (...) Tous ces milliers de kilomètres, ces forêts infinies, ces gares perdues, ces fuseaux horaires, ces visages inconnus qu'on ne reverra pas, ces noms nouveaux qu'on n'entendra plus : lac Baïkal, fleuve Amour, détroit de Tartarie, île de Sakhaline ... Ils résonnaient en nous, ils amplifiaient et embellissaient le bruit du monde ... » ... Allez, salut et bon retour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          181
Fandol
  02 mai 2018
Nous faire vivre du côté du lac Baïkal, Sylvain Tesson l'a remarquablement fait avec Dans les forêts de Sibérie mais, en nous emmenant dans ces mêmes contrées, Olivier Rolin propose une autre aventure, un voyage truffé d'observations passionnantes, pertinentes, instructives. Baïkal – Amour est une vraie plongée dans la Russie profonde, lointaine, souvenir de tant de vies sacrifiées. C'est tellement loin de nous que les cartes jalonnant le récit sont précieuses.
Le transsibérien a permis à Olivier Rolin et à Valéry, son compagnon de voyage, d'arriver jusqu'à Taïchet pour prendre une autre ligne, bien moins connue à l'Occident : le BAM, la Magistrale Baïkal – Amour. À partir de là, les souvenirs du passé vont remonter à la surface et les références à des poètes, des écrivains, des hommes politiques, d'autres grands voyageurs se bousculent.
Soljenitsyne a parlé de Taïchet mais c'est le poète Anatoli Jigouline qui raconte que, parmi les déportés qu'il découvre en arrivant dans cette ville, il a vu beaucoup de Républicains espagnols. Des destins se sont fracassés dans ce Goulag comme celui de ces 100 000 prisonniers gardés autour de Taïchet pour la construction du BAM.
En effet, comme le lui dira plus tard, la responsable d'un musée, ce chemin de fer roule sur une quantité infinie d'ossements et le récit le prouve presque à chaque page mais il est important « de ne pas juger avec ce que nous croyons être nos confortables certitudes. »
À Sinelga, il découvre le site de prospection de l'uranium pour la bombe atomique russe où trois cents chercheurs profitaient du travail de 3 500 zeks regroupés dans des camps. Dans les sous-bois, traînent encore beaucoup d'objets témoignant de l'exploitation d'un site abandonné en 1951.
« La Sibérie est le pays des fleuves et des rivières » et Olivier Rolin le souligne tout au long de son récit. Ce BAM, projet lancé en 1934 ou 1937, est abandonné puis repris en 1974, sous Brejnev. Il n'était plus question de travail forcé mais les komsomols (jeunesses communistes) venaient travailler pleins d'entrain. Malgré cela, cette ligne ferroviaire de 4 300 km, qui va de Taïchet à Sovietskaïa Gavan a causé le sacrifice de milliers de vies dont le décompte n'a jamais été fait.
« Ainsi va la vie, cahin-caha, au rythme lent du train, cependant que défilent des paysages désespéramment monotones (mais cette monotonie a sa majesté et sa griserie : ceux qui ne comprennent pas ça n'aimeront jamais la Russie), plaines, hautes collines, forêt, brûlis, marais, rivières. » Olivier arrive enfin au détroit de Tartarie après avoir laissé l'Amour terminer sa course dans une plaine marécageuse.
L'auteur souligne à de nombreuses reprises l'état de décrépitude des lieux qu'il visite. Certains Russes rencontrés sont nostalgiques des soviets. Il visite aussi l'île de Sakhaline où Tchékhov alla visiter les bagnards en 1890, et termine son périple à Vladivostok.
Lien : https://notre-jardin-des-liv..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160


critiques presse (2)
Telerama   12 avril 2017
Au total, des millions de vies saccagées qui hantent ce beau et grave récit de voyage, comme chacun des précédents périples russes d'Olivier Rolin.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaCroix   03 mars 2017
Traversant l’immensité de la Russie éternelle, à bord du Baïkal-Amour, Olivier Rolin constate que les traces du Goulag ne s’effacent pas.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   24 février 2019
Détroit de Béring, détroit de la Sonde, de Malacca, de Torrès, détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb, détroit de Tiran, détroit de La Pérouse... ce sont des noms qui suscitent en moi le désir d'aller voir les lieux qu'ils désignent, d'être en quelque sorte en eux. "Détroit de Tartarie", avec l'idée vague d'éloignement, de sauvagerie qui accompagne le nom de Tartarie, est un des plus attirants. Le vocable "Tartarie" ne désigne rien de précis, aucune région géographique, aucune civilisation déterminée : c'est une contrée très lointaine dans l'est, du côté de la Sibérie ou de la Chine ; l'assonance du nom avec celui de "barbarie", avec le Tartare qui était le lieu le plus profond de l'Enfer des Grecs, le souvenir du "Désert des Tartares", l'entourent d'échos menaçants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
ninamarijoninamarijo   12 novembre 2017
J'ai dit plus haut, la contagion que les camps ont exercée sur le paysage de nombre de petites villes de Russie ; mais je crois qu'au delà, c'est une véritable " révolution culturelle", plus sinistre encore que la chinoise, parce que durable, qu'a effectuée le système du Goulag, enracinant pour des générations des habitudes de brutalité, d'inattention aux autres. Chamalov est le peintre indépassé de cette " pourriture des âmes humaines" qui sera "appliquée à l'échelle du pays"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Libellule41Libellule41   11 mars 2022
J'aime les trains russes, leurs longs wagons cannelés, gris et rouge, l'espèce de petite coupée qui permet de s'y hisser, le couloir desservant les compartiments, à l'ancienne ( il y a beaucoup de choses en Russie qui rappellent les jours d'autrefois, c'est un des charmes discret de ce pays), l'impeccable blancheur amidonnée de la literie des couchettes, le samovar qui ressemble à un vieux percolateur; j'aime même leur lenteur, pas plus de soixante kilomètres à l'heure en moyenne, qui permet de se laisser doucement engourdir par la monotonie du paysage. Ils tiennent dans la littérature russe une place bien plus importante que dans la nôtre, il me semble.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
OlivOliv   24 février 2019
J'admire la connaissance que Sacha et Anatoly ont de cette nature immense, sauvage, qui les entoure. Leur érudition, me dis-je, vaut bien la mienne. Et en même temps, cependant que Sacha, cramponné au volant de sa vieille Lada, me raconte ses histoires, je me souviens du village presque mort de Baïkalskoïe, je crois comprendre que ce pays, ces gens, ont connu des cataclysmes dont nous n'avons plus idée, et qui nous interdisent, me semble-t-il, de les juger avec ce que nous croyons être nos confortables certitudes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
WyomingWyoming   31 janvier 2019
Prendre le chemin du retour procure un sentiment bizarre, où se mêlent plaisir et tristesse. Toute cette distance qu'on avait mise entre soi et ses habitudes, soi et sa vie banale, on va l'abolir. C'était donc pour rien, de la frime? Tous ces milliers de kilomètres, ces forêts infinies, ces gares perdues, ces fuseaux horaires, ces visages inconnus qu'on ne reverra pas, ces noms nouveaux qu'on n'entendra plus : lac Baïkal, fleuve Amour, détroit de Tartarie, île de Sakhaline... Ils résonnaient en nous, ils amplifiaient et embellissaient le bruit du monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Olivier Rolin (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Rolin
Le 8 août 2010, dans le cadre du banquet du livre intitulé "Contre la gestion politique du tous, le souci du chaque-un", lecture d'Olivier Rolin
autres livres classés : baikalVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

QUIZ LIBRE (titres à compléter)

John Irving : "Liberté pour les ......................"

ours
buveurs d'eau

12 questions
250 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , littérature , témoignageCréer un quiz sur ce livre