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EAN : 9782368125571
448 pages
Charleston (21/09/2021)
3.59/5   16 notes
Résumé :
Que faire à quarante ans et des poussières, célibataire, sans enfant, quand on se retrouve soudain désœuvrée ? En quête d’un sens à sa vie, Mia lâche tout : son travail, son appartement, son pays, pour partir sur les traces des héroïnes dont les aventures habitent ses nuits. Elle rêve d’Alexandra David-Néel et de son courage, de l’intrépide Karen Blixen, du tour du monde de Nellie Bly. Alors, puisant sa force dans leurs parcours, elle nous emmène en Afrique du Sud, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

Pour relever le défi du deuxième roman lorsque le premier a été un succès, Mia Kankimäki décide de mettre son écriture au profit de ces femmes qui ont pu échapper, au moins en partie, au rôle auquel les assignait leur sexe.

Elle commence par Karen Blixen, dont elle est sans doute la plus proche géographiquement et temporellement et alterne biographie de l'auteure, extraits de sa correspondance et récit de son propre séjour en Afrique où elle cherche à marcher dans les traces de l'auteur de la ferme africaine.

La deuxième partie est consacrée aux exploratrices mais de manière un peu différente. Les recherches de l'auteure ne la mènent pas à la suite de ces femmes qui ont fait le tour du monde (Nellie Bly) ou ont pu entrer à Lhassa (Alexandra David-Néel). Pour revivre l'expérience de la perte des repères, du changement de culture et de langue, l'auteure choisit plutôt de retourner au Japon, lieu où elle a écrit son premier livre.

La dernière partie s'intéresse aux artistes, essentiellement des peintres de la Renaissance italienne, ce qui donne à l'auteur l'occasion de parcourir différentes villes et leurs musées (peut-être plus facile que d'accéder au toit du monde).

Les recherches effectuées et leur mise en récit par l'auteure m'ont particulièrement intéressée. C'est un plaisir de lire les échanges fictifs entre Mia et ses "héroïnes nocturnes", et de suivre leurs pas, que ce soit à travers le désert de Namibie aussi bien que dans la Galerie des Offices de Florence. En revanche, les récit de ses différentes résidences d'artistes n'apporte rien de plus, à mon sens, à ses héroïnes, et si l'auteure cherche à se mettre sur le même plan qu'elles en faisant état de son manque chronique d'argent, cela ne semble pas exercer de contrainte forte sur ses choix et destinations de voyages ni sur la rédaction de son livre. Elle trouve elle-même qu'elle a écrit trop de pages, elle aurait pu nous éviter ces dernières dans lesquelles elle se plaint de sa difficile condition d'auteure, ce qui gâche un peu le plaisir de la lire.

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Entre récit historique et journal de bord. Un texte riche qui nous fait voyager. On part à la rencontre d'héroïnes souvent méconnues et plus que cela encore, grâce aux périples de Mia, on part sur leurs traces dans des contrées lointaines.

Durant ma lecture, j'ai pris le temps d'aller naviguer sur le net afin de découvrir les portraits de ces illustres femmes. J'ai aimé les visualiser tandis que la fluidité et la manière d'écrire de l'autrice me donnaient l'impression qu'elle était à mes côtés à me conter leurs histoires et à me livrer ses ressentis.

Avec chacune, on va au fond des choses pour bien appréhender leurs existences hors du commun. On découvre des extraits de correspondances adressées à leurs proches. Une lecture qui nous fait voyager à travers les siècles et les continents dans un tour du monde riche en découvertes.

Des femmes qui ont eu le courage d'aller à l'encontre des normes, des moeurs, et de tout faire pour réaliser leurs rêves, leurs besoins d'aventures, de connaissances, de pouvoir exercer leurs arts et en être reconnues. Avec elles, on vit le bon mais aussi les obstacles qu'elles ont du affronter.

Mia a une manière de conter bien à elle qui nous fait nous sentir proche du récit et ses acteurs. Tout en dévoilant ces femmes fabuleuses et leurs destins, elle nous parle d'elle, nous livre son ressenti grâce à, notamment, une correspondance fictive qu'elle adresse à ses héroïnes, mais aussi, nous dévoile les difficultés du travail d'écrivain. Des héroïnes qui l'auront influencée dans son travail et sa manière de voir les choses.

On aimerait tous avoir le cran de ses héroïnes qui peuplent nos nuits. A nous de nous en donner les moyens!

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Je ne m'attendais pas à un roman si épais. Ça m'a fait un peu peur...pour rien. L'autrice et narratrice de ce roman met en avant des femmes qui ont beaucoup pour l'histoire. On est dans l'idée du girlpower à une époque ou les femmes devaient rester à la maison.

Le roman est découpé en plusieurs partie. La première est consacrée à Karen Blixen et l'Afrique. J'avais déjà entendu ce nom sans pour autant m'y attarder. Cette femme était une héroïne à son époque. Aujourd'hui, elle serait très discutée par son rapport aux animaux. Ce que j'ai adoré dans cette partie, c'est la comparaison entre ce que Karen a vécu et ce que l'autrice constate de l'Afrique. On voit l'évolution de ce pays, des moeurs.

Mia a beaucoup d'autodérision. Elle montre que l'occident a conservé ses idées colonialistes de l'Afrique alors que ce pays a dépassé ce stade. Les livres qu'elle a lu sur le sujet sont tous à côté de la plaque dans leur recommandation. Elle finit par se laisser porter par ses guides. C'était passionnant à lire. On se croirait à ses côtés là-bas.

Ensuite il y a une partie sur les voyageuses dont certaines que je connaissais. Isabella Bird est connu par les amateurs de mangas pour son voyage au japon mais elle a fait bien plus. On trouve Nelly Bly qui a fait un tour du monde (en plus de s'être fait interner volontairement) et Alexandra David Néel qui a voyagé à Lhassa. L'autrice mentionne une voyageuse japonaise. J'aurai aimé en lire plus à ce sujet tant j'ai été estomaqué par ce que j'ai pu lire sur le sujet.

Dernière partie consacrée aux artistes. Et quel sujet! On pourrait reprocher à Mia de s'être attardé sur l'Italie mais elle a eu parfaitement raison. Ce chapitre résume parfaitement la pensée qu'elle a eu en pensant à toutes ces femmes qu'elle admire. J'ai appris tellement....Je n'ai pas trop envie de rentrer dans les détails. le mieux est de lire ce livre pour comprendre mon ressenti.

Cette partie m'a mise en colère. de voir ces femmes, dont elle parle, si talentueuses ne pas être mise en évidence dans les musée, voir caché alors qu'elles ont bien plus de crans voir de talent que ces messieurs est pour moi, et l'histoire de l'art, une honte. Les choses semblent changer un peu mais trop lentement. les descriptions des oeuvres de l'autrice m'ont donné envie d'aller dans des musées et de voir de mes propres yeux ces tableaux.

En bref, ce roman résume parfaitement à quel point les femmes, aujourd'hui encore doivent se battre pour être égales aux hommes. Les choses n'ont pas autant changé qu'on le croit. Pour moi, on est loin même très loin de l'égalité et les hommes ont leur part dans cet échec. Parce que pour moi c'en est un. Preuve en est : les remarques admiratives des gens de voir Mia débarquée seule en Afrique.


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Au travers de ce récit, le lecteur embarque à bord de périples riches et éreintants, pour un tour du monde au coeur des continents. C'est en quelque sorte un carnet de voyage où la femme a une place primordiale, on suit le destin de ces exploratrices, qui font preuve d'un courage hors norme, et qui s'imposent au sein d'une société où il est dur d'y trouver une place. Ce roman regorge de savoir, et nous nourrit intellectuellement, tant par la richesse du récit que par les messages qui y sont délivrés. On referme ce récit, abreuvé de connaissances et de savoir, en ayant l'impression d'avoir fait le tour du monde en quelques pages. Chaque femme suit son rêve et écoute son coeur pour réaliser un souhait qui lui est cher, c'est un exemple concret sur toutes ces femmes qui gravissent les échelons pour arriver là où nous en sommes aujourd'hui. Ce récit est purement féministe, et la sororité est au coeur de l'écrit de Mia. On suit avec un regard externe l'évolution de la perception de la femme seule en voyage, des femmes affranchies, qui n'ont pas besoin d'hommes à leurs côtés pour se sentir vivante, elles sont libres et maîtresses de leur destin. C'est une revanche bien fondée sur l'image de la femme au foyer et de l'épouse aimante, l'auteure brise les codes en nous dévoilant le quotidien puissant de toutes ces femmes qui n'ont pas besoin d'exister au travers de cases sociales pré-fondées. Un récit où les femmes prouvent à tous et à toutes qu'elles sont capables d'être indépendantes, de voler de leurs propres ailes et d'affirmer leur autonomie, pas à pas, n'importe où dans le monde. C'est un récit à placer entre les mains de tous les lecteurs qui s'intéressent au destin de femmes fortes, à ceux qui ont cette soif d'apprendre, de s'instruire et de s'informer sur les conditions de vie parfois rudes que peuvent rencontrer les locaux dans chaque continent de notre planète. Pour ceux qui veulent explorer les merveilles du monde, tout en restant chez eux. Un roman qui une fois refermé, vous donnera envie d'explorer toutes les merveilles du monde.


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Un ouvrage hors norme qui fourmille d'informations passionnantes.

Au premier abord, j'ai été un peu déroutée par cet ouvrage car je m'attendais à un roman. Il s'agit plutôt d'une sorte de carnet de voyage ou de journal de bord qui retranscrit les découvertes et les réflexions philosophiques de Mia Kankimäki.

On y retrouve pêle-mêle : l'histoire de ces héroïnes, des extraits de leurs oeuvres et de lettres qu'elles ont écrites, mais aussi les interrogations de l'autrice sur certains aspects, des messages que l'autrice adresse à ses héroïnes ou encore des tranches de vie de l'autrice.

La première partie retrace le voyage de Mia en Tanzanie et au Kenya sur les traces de Karen Blixen, l'autrice de « Out of Africa ». Ensuite, Mia évoque plusieurs exploratrices qui sont parties seules à la découverte du monde au XIXème siècle. Enfin, elle s'intéresse aux très rares femmes artistes peintres à l'époque de la renaissance et nous emmène à Florence.

Le livre fourmille d'informations passionnantes et j'ai appris énormément de choses. Il y a toutefois certains passages, plus orientés sur la vie de Mia et ses difficultés d'écriture, qui m'ont ennuyée et ont rendu ma lecture laborieuse par moments.

Le bilan reste globalement positif, car c'est une lecture qui en appelle d'autres. Et je crois que, comme Mia, chaque fois que je ferai mes valises, j'aurai une pensée pour Nellie Bly qui fit le tour du monde en solitaire avec pour seul bagage un grand sac à main.

Livre lu dans le cadre d'une Masse Critique. Merci à Babelio et aux éditions Charleston pour cette découverte.


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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation

L’endroit qui m’intéresse le plus en ce moment, c’est l’Afrique. Et l’Afrique, ça me fiche carrément la frousse. Mais c’est justement pour cela qu’il me faut y aller. À mon retour en Finlande, je décide d’envoyer Sei Shōnagon en Tanzanie par voie postale. J’inscris sur le paquet une adresse relevée sur Internet : Box 10, Arusha, Tanzania. C’est à un chercheur finlandais spécialiste de la faune sauvage que j’envoie ce livre, au prétexte que son nom y est mentionné en passant à la page 26, et j’y joins un carton sur lequel je lui fais part de mon rêve de voyager dans la savane. Je songe en rêvassant (et ce, de manière parfaitement absurde) que Sei, ma messagère, mon éclaireuse, mon oiseau voyageur, va m’entraîner à sa suite.

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Corrigeant mon texte, je ne cesse de censurer mes formulations, avant d’en rétablir certaines. Puis-je dire « Noir » – puisque certes je suis appelée « face blanche » ici ? Puis-je écrire à propos de cet électricien malhonnête ou est-ce du racisme ? Faudrait-il faire semblant de ne pas accorder un regard à la pauvreté ou une pensée à la peur de la diarrhée et des amibes ? (Comme la fois où j’ai été incapable de manger le merveilleux épi de maïs grillé au goût de pop-corn acheté par Flotea au bord de la route après avoir vu la vieille femme affairée à même le sol boueux en train de frotter à pleine main la surface de l’épi pour le saler.) Est-il permis de tout regarder de l’œil d’une personne extérieure et étrangère ?

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Après ça, je ne parviens plus à sortir de mon lit, l'idée d'allumer mon ordinateur me rend malade. J'ai l'impression d'être seule dans une grotte sans lumière tant l'obscurité de l'hiver a posé sa noire couverture sur tout. Légèreté-jeu-joie my ass. Et si tout cela ne donnait rien ? C'est ça le syndrome du second livre ?

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À ce qu’il paraît, bien des femmes souhaiteraient n’avoir qu’un seul, voire deux enfants, mais les pauvres en ont facilement sept ou huit. L’avortement, illégal, est pratiqué clandestinement avec des remèdes traditionnels. La procédure douloureuse peut rendre malade pour une longue période, mais presque toutes les femmes l’ont déjà subie, certaines à de nombreuses reprises.

 

Kachumbari

Flotea prépare du kachumbari, une salade vinaigrée pimentée, composée de concombre, d’avocats, de tomates, de carottes et de pili-pili, accompagnée de frites maison, les chips. J’ai songé à la règle d’or serinée par tous les guides de voyage : en Afrique il ne faut, en aucune circonstance, consommer des crudités. Et j’en mange. Le kachumbari est divin et devient mon plat africain préféré.

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Dans ce monde-là, les femmes n’étaient pas préparées à assurer leur propre subsistance, mais à se marier. Karen reçut elle aussi l’éducation privée qui convenait aux jeunes filles de la classe supérieure : on lisait des poèmes, on apprenait à écrire d’une belle écriture, à parler l’anglais et le français – laissant de côté les matières inutiles aux femmes, telles les mathématiques. La vie à Rungstedlund était si protégée, presque claustrée, que Karen, chaque fois qu’elle y retournait, déclarait y éprouver la sensation étouffante qui vous écrase en pénétrant dans un wagon bondé : il n’y avait plus d’air. Karen refusait de rester dans ce wagon et n’avait nullement l’intention de vivre l’existence désœuvrée, vouée à la famille et à la charité qui « seyait à son rang ».

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