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EAN : 9782020896320
147 pages
Seuil (04/01/2007)
3.92/5   105 notes
Résumé :
Nous sommes à un moment de l'histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d'orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C'est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses pr... >Voir plus
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Alors que la crise écologique ne cesse d'empirer et que « le système social qui régit actuellement la société humaine, le capitalisme, s'arc-boute de manière aveugle contre les changements qu'il est indispensable d'opérer si l'on veut conserver à l'existence humaine sa dignité et sa promesse », Hervé Kempf dénonce « l'oligarchie prédatrice » qui maintient l'ordre établi à son avantage et compte sur la croissance matérielle pour faire accepter par les classes subordonnées, l'injustice des positions.
(...)
La charge est puissante et ne se contente pas d'effleurer les responsabilités ni les responsables. Certes les chiffres, datant d'avant 2007, mériteraient d'être actualisés mais nul doute que toutes les tendances mises en lumières demeurent et même se soient encore accentuées. Ce recul permet justement de confirmer la justesse des logiques dénoncées puisqu'elles sont encore à l'oeuvre aujourd'hui et de façon beaucoup plus visibles. La méthodologie proposée mériterait un approfondissement d'autant que l'on ne peut que constater que rien ni personne n'a réussi à imposer un changement de cap.

Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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De cet auteur l'on connaît le sérieux indiscutable et l'engagement pour l'écologie .
Cet ouvrage le confirme encore davantage , en étant court mais percutant et incisif .
Oui il est vrai qu'une certaine caste qui adore les Rolex se moque totalement de la dégradation inéluctable de l'environnement au profit de bénéfices toujours plus importants .
En ce qui concerne cet aspect là cet ouvrage est dans le vrai .
Mais il y a un aspect que l'on voudrait voir abordé , c'est la responsabilité collective qui conduit les hommes à ne pas tenir compte des dégâts que nombre d'activités humaines causent à l'environnement.
En cela ce livre manque un peu sa cible .
Il n'en reste pas moins très intéressant.
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Quinze ans après sa parution, un réquisitoire politique et écologique, superbement argumenté, qui n'a – hélas – guère pris de rides face aux innombrables combats retardateurs conduits par tant de détenteurs du pouvoir économique.

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2023/01/21/note-de-lecture-comment-les-riches-detruisent-la-planete-herve-kempf/

Ces quelques phrases introduisent « Comment les riches détruisent la planète », publié en 2007 aux éditions du Seuil. Quinze ans plus tard, elles ont hélas conservé leur triste justesse, assortie d'un changement plus drastique encore dans l'échelle de l'urgence, désormais. Les nombreuses rééditions de l'ouvrage, et donc le nombre toujours croissant de lectrices et de lecteurs, témoignent bien d'une prise de conscience de plus en plus partagée, mais la puissance de résistance de ceux qu'il faut bien, avec Hervé Kempf, désigner du vocable collectif d'oligarchie est telle que « les choses n'avancent que toujours trop lentement ». Comme à la lecture du « Printemps silencieux » à propos du désastre des pesticides, nettement plus ancien bien entendu, puisque Rachel Carson le publiait en 1962, on est encore frappé chaque semaine par le maquis serré d'obstacles, de mauvaises volontés, de fausses évidences et de lobbys déchaînés qui se mobilise sans cesse pour retarder les décisions nécessaires (les sorties fréquentes, en France, d'un Bruno Lemaire, ou la masse impressionnante de lobbyistes du carbone présents à la dernière COP, en Égypte, en fournissant quelques illustrations très contemporaines, et particulièrement rageantes désormais). le temps n'est plus, hélas, où la fameuse formule en forme de prétexte pour ne rien faire du fictif vice-président des États-unis, Raymond Becker, dans « le jour d'après » de Roland Emmerich en 2004 (« L'économie est tout aussi fragile que l'environnement ») pouvait nous faire presque sourire. Les riches détruisent la planète, et Hervé Kempf, il y a donc déjà quinze ans, l'explicitait point par point, en six chapitres d'une belle densité et 110 pages.

Indifférence des puissants, mieux protégés que toutes et tous des conséquences les plus immédiates du dérèglement écologique (Chapitre I : « La catastrophe. Et alors ? »), négligence face à la montée de la pauvreté (Chapitre II : « Crise écologique, crise sociale »), égoïsme forcené de la « secte mondiale des goinfres goulus » (Chapitre III : « Les puissants de ce monde »), démonstration de l'effet d'entraînement de l'incurie de la classe supérieure (Chapitre IV : « Comment l'oligarchie exacerbe la crise écologique »), substitution de l'autoritarisme musclé à la démocratie ordinaire face à la montée des revendications (Chapitre V : « La démocratie en danger ») : le constat dressé par Hervé Kempf, qui a hélas à peine besoin d'être actualisé malgré le temps déjà écoulé, est implacable. Et si le chapitre VI (« L'urgence et l'optimisme ») indiquait avec une certaine confiance que « L'oligarchie peut se diviser » pour espérer surmonter les blocages et les atermoiements, force est sans doute de constater en 2022 que, bien que cela soit exact, cela demeure nettement trop lent. Et que l'on ne doit plus être surpris qu'une radicalité telle celle du professeur Andreas MalmComment saboter un pipeline », 2021, dont l'on vous parlera très prochainement sur ce blog) et des mouvements écologistes les plus récents, provoquant éventuellement les cris d'orfraie des tenants des immobilismes et des « évolutions douces », soit désormais beaucoup plus d'actualité que jamais.

Lien : https://charybde2.wordpress...
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Bien documenté, très pertinent et qui ne fait pas de manières (mondaines)... voilà un genre d'essai que je peux apprécier. Hervé Kempf est un journaliste assez connu en France, dans les milieux dits "alternatifs". Il est l'une des rares figures françaises dans cette profession qui échappe (plus ou moins) à la désormais récurrente introduction au journalisme : "Oh vous savez, les journalistes... [insérez ici votre vilenie, probablement justifiée]".


Le sérieux de son travail, couplé à un militantisme actif, nous donne l'occasion de lire ce livre : "Comment les riches détruisent la planète". J'en profite : mesdames et messieurs les journaleux, et vous, les jeunes, qui débarquez dans vos écoles de journalisme, tout droit sortis de Sciences-Po ou l'université... on PEUT être journaliste et engagé. Pire, on le DOIT, si l'on veut être autre chose qu'un tampon entre le propriétaire-publicitaire et les articles publiés.


Mais reprenons : dans cet ouvrage assez court, on peut lire une critique acerbe et souvent très juste de notre société de consommation - notre société tout court en fait - et nos gouvernements dits "démocratiques", mais plus spécifiquement au travers du prisme de l'écologie. Cette dernière, pour Hervé Kempf, est indéniablement une écologie dite politique, de dimension universaliste. Non pas un saupoudrage législatif, tel qu'on le pratique aujourd'hui.


Pour en finir avec les idées folles et reçues de la croissance économique pérenne, du développement durable pour toutes et tous, de l'énergie nucléaire écolo et toutes les autres horreurs qui sont véhiculées par nos gouvernants et, malheureusement, celles et ceux qui leur prêtent trop d'attention. Cet essai est clair, concis, efficace et bien plus intelligent qu'un quinquennat entier de discours politiques. Ce qui, je vous l'accorde, n'est pas un défi des plus harassants.
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Encore un livre très instructif de H KEMPF toujours très documenté et argumenté.
mais s'il est vrai que les riches détruisent la planète il ne faudrait pas croire que les autres (les pauvres ou les entre deux) sont en reste.
C'est un peu dommage que ce livre soit un peu trop cilpabilisant pour les riches et semble déculpabiliser les moins riches.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
L'ALIBI DU TERRORISME ( pour réduire la démocratie ) : La dérive antidémocratique s'est amorcée dans les années 1990 , avec le triomphe d'un capitalisme libéré de la pression de son ennemi , le soviétisme : le dysfonctionnement de la machine électorale américaine , en 2000 qui a porté au pouvoir le candidat qui avait moins de voix que son adversaire , en a été l'émergence visible , pour ceux que n'avait pas alerté la mise à jour après 1996 du système Échelon d'écoutes des communications de ses alliés par les Etats-Unis . Mais l'offensive contre les libertés a pris un essor extraordinaire avec les attentats du 11 septembre 2001 à New-York et à Washington . Ceux-ci ont désinhibé , s'il en était besoin , l'équipe réunie par Georges Bush ( tous d'ailleurs des hommes et des femmes impliqués , comme dirigeants ou membres de conseil d'administration , dans de nombreuse grandes entreprises , souvent du secteur militaire ) .
Le premier épisode en fut la discutions , en procédure accélérée , au nom de la lutte contre le terrorisme , moins de quinze jours après les attentats , d'un texte de loi de 500 pages intitulé " Patriot Act " . Le texte étendait à tous les citoyens américains les procédures jusque-là réservées aux espions étrangers : enregistrement des conversations téléphoniques , surveillance du courrier électronique , perquisitions possibles sans mandat , consultation des dossiers d'information constitués par les médecins , bibliothécaires , banquiers , agences de voyages , etc ...La loi prévoyait aussi l'amoindrissement du contrôle de ces enquêtes par le juge ou par le parlement . Le texte fut reconduit , presque sans modification , en mars 2006 .
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Dans cette situation, qui pourrait conduire soit au chaos social, soit à la dictature, il importe de savoir ce qu’il convient de maintenir pour nous et pour les générations futures : non pas la « Terre », mais les « possibilités de la vie humaine sur la planète », selon le mot du philosophe Hans Jonas, c’est-à-dire l’humanisme, les valeurs de respect mutuel et de tolérance, une relation sobre et riche de sens avec la nature, la coopération entre les humains.
Pour y parvenir, il ne suffira pas que la société prenne conscience de l’urgence de la crise écologique – et des choix difficiles que sa prévention impose, notamment en termes de consommation matérielle. Il faudra encore que la préoccupation écologique s’articule à une analyse politique radicale des rapports actuels de domination. On ne pourra pas diminuer la consommation matérielle globale si les puissants ne sont pas abaissés et si l’inégalité n’est pas combattue. Au principe écologiste, si utile à l’époque de la prise de conscience – « Penser globalement, agir localement » -, il nous faut ajouter le principe que la situation impose : « Consommer moins, répartir mieux ».
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500 millions de gens, et appelons-les la classe moyenne mondiale. Il y a d'assez fortes chances que vous fassiez partie -comme moi- de ces personnes qui réduiraient utilement leur consommation matérielle, leurs dépenses d'énergie, leurs déplacements automobiles et aériens.
Mais nous limiterions notre gaspillage, nous chercherions à changer notre mode de vie, tandis que les gros, là-haut, continueraient à se goberger dans leurs 4x4 climatisés et leurs villas avec piscine ? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d'énergie, c'est que la consommation matérielle - dont le revenu - de l'oligarchie soit sévèrement réduite. En soi, pour des raisons d'équité, et plus encore, en suivant la leçon de ce sacripant de Veblen, pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n'avons pas.
le chemin est tracé. Mais les hyper-riches, la nomenklatura se laisseront-ils faire ?
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Aujourd’hui, après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie capitaliste ne sait plus que s’autocélébrer. Toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont avalées par son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule fin à poursuivre pour infléchir la fatalité de l’injustice, c’est d’accroître toujours plus la richesse. Ce prétendu réalisme n’est pas seulement sinistre, il est aveugle. Aveugle à la puissance explosive de l’injustice manifeste. Et aveugle à l’empoisonnement de la biosphère que provoque l’accroissement de la richesse matérielle, empoisonnement qui signifie dégradation des conditions de vie humaine et dilapidation des chances des générations à venir. 
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L’autobus me conduisait à l’aéroport d’Heathrow, au terme d’un reportage sur le « soldat du futur ». La radio diffusait les nouvelles. Le journaliste racontait que, selon des spécialistes suédois, un taux élevé de radioactivité était détecté dans le pays scandinave. Cela pourrait provenir de l’accident d’une centrale nucléaire.
Nous étions le 28 avril 1986, le surlendemain de l’accident de Tchernobyl. Cette nouvelle réveilla en moi, soudainement, un sentiment d’urgence oublié. Dix ou quinze ans auparavant, je lisais Illich, La Gueule Ouverte, Le Sauvage, et me passionnais pour l’écologie, qui me paraissait la seule vraie alternative à une époque où le marxisme triomphait. Puis la vie m’avait poussé sur d’autres chemins. Journaliste, j’étais alors immergé dans la révolution micro-informatique : au moment où Time consacrait l’ordinateur « homme de l’année », je découvrais avec mes camarades de Science et Vie Micro les arcanes du premier Macintosh, les « messageries roses » du Minitel qui préfiguraient les chats et forums d’Internet, les aventures d’un jeune type nommé Bill Gates qui venait de conclure un contrat fumant avec IBM.
Subitement, Tchernobyl. Une évidence : l’écologie. Une urgence : la raconter. J’ai commencé à le faire. Depuis, j’ai toujours été guidé par deux règles : être indépendant, et produire de la bonne information, c’est-à-dire exacte, pertinente, originale. Aussi me gardai-je du catastrophisme. Racontant, parmi les premiers, l’affaire climatique, l’aventure des OGM, la crise de la biodiversité, je n’ai jamais « forcé le trait ». Il me semblait que les faits, portés par une attention tenace pour des sujets si évidemment prioritaires, suffisaient à parler à l’intelligence. Et je croyais que l’intelligence suffisait à transformer le monde.
Cependant, après avoir cru que les choses changeaient, que la société évoluait, que le système pouvait bouger, je fais aujourd’hui deux constats :
– la situation écologique de la planète empire à une allure que les efforts de millions de citoyens du monde conscients du drame mais trop peu nombreux ne parviennent pas à freiner ;
– le système social qui régit actuellement la société humaine, le capitalisme, s’arc-boute de manière aveugle contre les changements qu’il est indispensable d’opérer si l’on veut conserver à l’existence humaine sa dignité et sa promesse.
Ces deux constats me conduisent à jeter mon poids, aussi infime soit-il, dans la balance en écrivant ce livre court et aussi clair qu’il est possible de l’être sans trop simplifier. On y lira une alarme, mais surtout un double appel, sans le succès duquel rien ne sera possible : aux écologistes, de penser vraiment le social et les rapports de force ; à ceux qui pensent le social, de prendre réellement la mesure de la crise écologique, qui conditionne aujourd’hui la justice.
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Vidéo de Hervé Kempf
Débat Crise des énergies, on rebat les cartes avec Hervé KEMPF, Aurélien PORTELLI, Antoine de RAVIGNAN, Nathalie LAZARIC au 35e Festival du Livre de Mouans-Sartoux
>Economie de la terre et des ressources naturelles>Ressources naturelles et énergie>Conservation et protection (9)
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