AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9789973581143
Éditeur : Elyzad (22/01/2019)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
1951. Stéphane est tombé amoureux de la fantasque et fragile Mia lors d'un séjour au Caire. Depuis Ismaïlia, petite ville au bord du Canal de Suez où il exerce en qualité de médecin, il courtise la jeune fille. Tous deux, imprégnés de culture française et protégés par le cocon de leurs familles syro-libanaises aisées et raffinées, peinent à comprendre cette grande Égypte où se côtoye aussi tant de misère. Ils se sentent un peu en dehors. Ils s'interrogent sur leur d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Mimeko
  26 avril 2019
Égypte 51 est un roman épistolaire où l'on découvre Mia, une très jeune fille, qui se remet difficilement d'un chagrin d'amour platonique car inconcevable par la différence de milieu social et Stéphane, médecin, la quarantaine, qui se présente comme rassurant, protecteur à l'écoute de la jeune femme un peu perdue....En cette année 1951, l'Égypte n'est pas encore dans le tourment de la révolution qui va aboutir à la conquête du pouvoir par Nasser et la nationalisation du canal de Suez, et pourtant la tension monte au fil des échanges de lettres qui permettent d'imaginer les premiers heurts au Caire.
Vingt-cinq ans plus tard, c'est à Beyrouth que l'on retrouve une deuxième génération qui va connaître également les tourments de la guerre, tout en continuant le récit familial et en donner une autre version dramatique...
Si j'ai aimé l'ensemble du récit, j'ai eu un peu de mal avec les premiers échanges épistolaires, avec une relation sentimentale que j'ai trouvée un peu mièvre, Mia m'apparaissant plus comme une petite fille capricieuse et son histoire d'amour très éthérée, peu touchante...les évènements relatés sont quelquefois amenés de façon maladroite - écrire une lettre où l'on se déclare et bifurquer sur l'historique de la construction du canal - m'a paru mal adapté. En revanche, la partie concernant les enfants - devenus adultes m'a intéressée, peut-être parce que plus contemporaine et plus réaliste et dramatique.
Égypte 51 est écrit sous forme de conte, c'est Joe, le vieux gardien qui a connu parents et enfants qui relate la chaîne des évènements et qui confie les lettres de la famille à un interlocuteur que l'on ne connaîtra pas... du Caire à Monrovia, en passant par le Liban et Paris, c'est l'histoire tumultueuse et contrariée de l'Afrique et du Moyen-orient qui est évoquée au travers cette correspondance intime mais aussi universelle.
Un roman intéressant et touchant qui m'a permis de découvrir la belle prose de Yasmine Khlat, une auteure dont je vais lire, sans doute, d'autres écrits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          241
cecille
  23 février 2019
Tout d'abord je voudrais juste vous dire un petit mot sur cette maison d'édition Elyzad. La connaissez-vous ? C'est un petit bijou de part la qualité de ses choix éditoriaux et de la conception graphique de ses livres. Un plaisir à tenir entre ses mains, le temps d'une lecture, ses jolis et gracieux formats, de tourner les pages d'un papier fin et si agréable. Un bonheur du livre objet !
Ce très beau roman donc nous est présenté sous forme de correspondance, voilà bien une forme que me séduit totalement. L'écriture, cette plume délicate et élégante que je découvre de Yasmine Khlat me ravie à merveille. C'est une envolée romanesque. Une passion délicatement décrite entre deux êtres protégés par leur milieu. Elle, Mia, c'est une artiste, grande rêveuse, fantasque. Lui, Stéphane est médecin et il est éperdument amoureux de cette toute jeune femme rencontrée au Caire. Seulement, elle n'est pas prête pour l'amour, car son coeur s'est épris d'un autre homme, Ramo, pauvre et donc qui lui est inaccessible. Deux mondes aussi différents soient-ils, ne peuvent se mélanger, s'unir. Alors pourquoi penser encore à lui ?
Les évènements tragiques de 1956, lors de la nationalisation du Canal de Suez vont tout faire basculer cet idéal de vie, ce romantisme à fleur de peau et surtout leur avenir.
Je ne peux vous en révéler davantage, c'est impossible, je vous invite à cette très belle lecture sur l'amour, les guerres et l'exil. Un petit roman qui se lit si aisément tant il nous happe du début à sa fin, et je vous confierai que surtout toute la dernière partie m'a pleinement émue, me laissant des larmes de colère, d'incompréhension.... face à l'inexplicable, à la honte humaine des guerres sans nom qui détruisent toujours autant ... hier comme aujourd'hui.
Un très beau voyage entre l'Égypte et le Liban imprégné de sentiments éblouissants de sincérité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          115
soleil
  06 avril 2019
Egypte 51. S'ouvre l' échange épistolaire conduit par Mia et Stéphane. Issus de familles syro-libanaises, il aura suffi d'une rencontre pour que l'un s'amourache de l'autre. le coeur de Mia est encore occupé par l'ombre d'un homme. Les lendemains égyptiens verront-ils enfin la naissance d'une idylle réciproque ?
-----------------------------
Je lis les soixante-dix premières pages sans être réellement sensible aux mots de ces deux jeunes gens quand arrive l'année 56. Là, je pressens que l'émotion va me gagner, petit à petit.
56. Agression tripartite contre l'Egypte. L'exil. Monrovia racontée par Jo m'attrape. Je découvre cet homme, suis touchée par sa solitude, ce qu'il me raconte. ça y est. Les mots de Jo et l'évocation de ses souvenirs m'ont ferrée. Je suis prise dans les rets de cette histoire familiale dont je n'avais vu que l'ébauche. Mon coeur est touché.
Liban 75. Quelques lettres de Mia et Stéphane. Je les retrouve. Il est des exils et des guerres qui rassemblent et d'autres qui séparent. Pourtant je suis confiante, l'amour est là. Fuir Beyrouth. Gagner ensemble Faraya. Oui, rester ensemble à tout jamais.
Liban 84. J'esquisse un sourire me disant que les histoires familiales peuvent se répéter, prendre une même tournure lorsque je découvre les mots de Téo. Mon coeur se serre à la lecture de sa fragilité, sa solitude et cet espoir qui s'écrivent sous mes yeux. Je voudrais la sérénité pour lui, voir ses espérances prendre forme. Quelques-uns en auront décidé autrement. Mon coeur se serre, explose, fait jaillir mes larmes. Bouleversée par cette fin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
TawfiqBelfadel
  24 mars 2019
Sauver la mémoire par les lettres
Le roman est constitué de lettres. Un narrateur trouve un paquet de lettres et commence à les lire.
« Elles sont classées par année je crois. Il y a celles du Docteur qui était employé à l'époque à la compagnie universelle du canal de Suez. Et celles de Mrs Mia. En 51, elle venait d'emménager au Caire avec sa famille mais elle est née et a grandi à Alexandrie » (p.11).
D'une lettre à l'autre, des vies se construisent et d'autres s'écroulent, des pays changent, des familles se brisent, et des histoires se lèguent…
En 1951, le médecin Stéphane rencontre Mia à la plage. Un coup de foudre. Commence alors une riche correspondance entre eux. Il la demande en mariage. Chagrinée par une ancienne histoire d'amour, Mia hésite et se refugie dans un cocon à elle, passant la plupart du temps à peindre des encres de Chine. Ces peintures lui permettent de retrouver le monde et de se retrouver elle-même.
En 1956, la nationalisation du Canal bouleverse l'histoire d'Egypte et ses habitants. Des attaques ont lieu, les courriers sont espionnés, les téléphones mis sur écoute. L'Egypte n'est plus elle-même.
La troisième partie de la correspondance date de 1975. Stéphane et Mia sont mariés et ont deux enfants : Liliane et Téo. Ayant quitté l'Egypte, ils sont au Liban déchiré par la guerre civile. le couple est fusillé.
La dernière partie a lieu au Liban de 1984. Liliane vit en France, Téo, blessé par les balles, reste à Beyrouth. Ils s'écrivent comme leurs parents. Vont-ils s'exiler pour survivre ou resteront-ils au Liban des racines en cultivant l'espérance ?
Le roman peint une belle histoire d'amour dans un contexte historique (Canal, la guerre civile du Liban…). S'alternent alors les images douloureuses de l'Histoire et les belles sensations d'amour. le roman est un duel entre la tendresse et la guerre. Et cette duplicité thématique dessine d'autres thèmes comme l'exil, l'identité, l'interculturel…
« Afin de rendre possible la vie dans ce désert, Ferdinand de Lesseps a acheminé l'eau du Nil, du Caire jusqu'à l'isthme, grâce à un système de canaux et a inventé une technique sophistiquée pour la filtrer »(p.34).
L'altérité est omniprésente. Toutes les religions, identités, langues et cultures, cohabitent dans ce roman. Stéphane et Mia sont d'origine syro-libanaise, chrétiens vivant en Egypte. « C'est sans doute ma pauvreté plus que notre différence de religion, car j'imagine que vous êtes musulmane, qui est un barrage à notre union » écrit Téo à sa voisine (p.131).
Ce roman est le fruit d'une grande documentation. Les narrateurs insèrent çà et là des fragments historiques réels. Les personnages fictifs côtoient ceux de la réalité comme Ferdinand de Lesseps, Gamal Abd Nasser, Nawal el Saadawi… le roman se situe donc entre la vérité amère de l'Histoire et le doux mensonge de la fiction.
L'autobiographie est omniprésente. L'auteure insère plusieurs fragments de sa vie à l'intérieur de la fiction. La biographie de Yasmine Khlat illustre clairement ce constat.
Le choix du genre épistolaire n'est pas fortuit : l'auteure s'est inspirée de la correspondance de ses parents. Elle le révèle elle-même au début : « A la mémoire de mes parents dont la correspondance, notamment avec les uns et les autres, a été la source de mon inspiration » (p.7). L'emploi du présent de l'indicatif actualise la correspondance et attire davantage le lecteur comme si l'histoire se passait au moment présent devant ses yeux.
Egypte 51 est un roman profond par sa simple écriture. Il peint à la fois l'Egypte et le monde. Mêlant histoire et fiction, il explore la frontière entre la guerre et la vie, l'espérance et le désespoir, la tendresse et le chagrin, l'exil et la terre natale. Yasmine Khlat rend un poignant hommage à ses parents, au genre épistolaire, et à l'Egypte des années 50. C'est un beau roman qui sauve la mémoire !
Lien : http://www.lacauselitteraire..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   26 avril 2019
Cela avait trait au système imposé, m'a t-il dit, à l’Égypte par l'Empire britannique au XIXème siècle : le libre-échange. Aux ravages entraînés alors par le démantèlement des monopoles publics. Il m'a parlé aussi des dépenses engagées pour le Canal et son inauguration. Et de cette dette contractée surtout auprès des banquiers et petits porteurs français et anglais à laquelle l’Égypte, prise à la gorge, a dû céder aux Britanniques les actions de la Compagnie du canal de Suez qu'elle possédait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
MimekoMimeko   27 avril 2019
"Tu vois Stéphane, j'ai été - comme toi, comme nous tous qui avons été éduqués par les jésuites ou dans les écoles françaises - imprégné par l'histoire de la Révolution de 1789. Et aujourd'hui j'ai peur. La société est fédérée par le désir de voir partir les Britanniques qui s'éternisent ici, dans la zone du Canal. Mais après ? Je pense que le mécontentement se retournera contre la bourgeoisie. Je ne sais pas combien de temps tiendra le roi".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
cecillececille   25 février 2019
Il loge où je ne peux rien pour le déplacer. Il me touche avec des dessins de silence que j'essaie de projeter dans mes œuvres pour retrouver la pleine présence du monde. J'ai l'impression de le porter en moi. Il est, me semble-t-il, des amours définitifs contre lesquels on ne peut rien. Mais quand mes parents ne seront plus là, que deviendrai-je, me direz-vous, moi qui ne vis plus à l'écoute de l'infime qui ne parlerait de lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
soleilsoleil   06 avril 2019
Ce serait facile s'il y avait d'un côté les bons et les méchants, si les choses étaient simples mais elles ne le sont pas, ni à propos de la civilisation arabe-musulmane que certains dédaignent avec beaucoup d'ignorance et de fatuité, ni à propos du Canal.
Commenter  J’apprécie          30
soleilsoleil   06 avril 2019
Nous devrions tous, nous autres qui avons été blessés par des balles ou des éclats d'obus, ou même rescapés de massacres, sortir en même temps pour protester, pour appeler le pays à la paix. Sortir sur nos chaises roulantes ou rampants. Sortir sur les balcons et dans les rues. Nous serions rois et reines d'un matin blême et d'un mirage. Ce sera l'apparition du pays à lui-même. Comme un miroir, un reflet dans la pluie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Yasmine Khlat (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasmine Khlat
Yasmine Khlat Egypte 51 Lecture par l'auteure & Carlos Chahine, accompagnés de Macha Gharibian (piano)
1951, au bord du Canal de Suez. le roman s'ouvre sur une première lettre de Stéphane, médecin, adressée à la jeune Mia qu'il a rencontrée lors d'un déjeuner chez ses parents au Caire. Épris d'elle, il s'empresse de lui demander sa main. Au cours d'un long échange épistolaire, du Caire à Ismaïlia, ville au bord du canal de Suez où vit Stéphane, le médecin tente de convaincre Mia de devenir sa femme, ce à quoi elle résiste. Puis surviennent les événements de 1952, la nationalisation du canal, puis la guerre, qui vont bousculer les existences des deux êtres.
Roman épistolaire, histoire d'amour dans la grande Histoire, Yasmine Khlat et le comédien Carlos Chahine donnent voix aux deux personnages, Mia et Stéphane, accompagnés par la pianiste et compositrice Macha Gharibian.
Dans le cadre de la 7e édition du festival Raccords qui met à l'honneur 15 éditeurs indépendants.
À lire – chez Elyzad : Yasmine Khlat, Égypte 51, 2019 – Cet amour, 2020.
Le mercredi 23 septembre 2020 - 20H00
+ Lire la suite
autres livres classés : roman épistolaireVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox