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ISBN : 9791022783910
Éditeur : Joseph Kochmann (09/12/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Prisonnière d’un royaume entouré d’un mur si haut qu’il cache les rayons du soleil, Manon, courageuse cadette de la famille Dauphin, se bat pour renverser l’odieux roi Deaf.
Au même moment, Camille, jeune artiste au cœur lourd, se réveille dans le corps d’un amour perdu tandis qu’Edward, lecteur passionné, découvre un roman mystérieux.
Pourchassés par d’atroces créatures squelettiques à têtes de corbeaux, parviendront-ils à survivre à ce monde étrange ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Wolkaiw
  06 décembre 2018
Deaf n'est autre que la suite logique de Mute puis de Blind, clôturant ainsi la trilogie des Singes de la Bêtise. La boucle est enfin bouclée, traduisant l'aboutissement de très nombreuses années d'écriture et de réécriture, d'un travail acharné afin que les trois livres puissent voir le jour. Deaf est sans l'ombre d'un doute mon préféré des trois, celui que j'ai pris le plus de plaisir à lire et à analyser. Je le savais avant de commencer la lecture, j'avais été avertie, ce tome est le plus personnel des trois, peut-être le plus violent aussi, cela se ressent. le lecteur non seulement comprend mais sent aussi qu'il fallait que cela sorte, qu'il s'agissait d'une nécessité, d'un réel besoin.

Je ne vous présente plus l'univers original et décalé de Joseph Kochmann que j'ai déjà évoqué et développé dans mes précédentes chroniques (Mute/Blind). J'ai plutôt envie d'aborder cette fois-ci la construction du livre et de l'intrigue qui s'avère, elle aussi, être des plus originales. Bien qu'elle puisse sembler assez banale de prime abord, on se rend très rapidement compte qu'elle suit une logique implacable qui se dévoile, au fil des chapitres, dans toute sa richesse et sa complexité. Vous comprendrez bien vite que l'auteur ne laisse rien au hasard, tout est minutieusement étudié, dans les moindres détails de la structure du livre. Véritable énigme que l'on déchiffre non sans mal mais avec un goût très prononcé de satisfaction. Tout s'emboîte parfaitement et des éléments des deux autres tomes viennent ajouter du piment mais surtout des éclairages particulièrement fascinants sur Deaf.

Nous suivons ici plusieurs personnages, développant ainsi plusieurs points de vue qui permettent tous d'aborder l'histoire selon un angle différent mais complémentaire. On sent les rouages se dessiner, on les pressent, les ressent et les devine, le mécanisme est plus que bien huilé, témoignant d'une construction sans failles mais surtout, du travail d'un perfectionniste. Les personnages apparaissent comme des entités qui se dévoilent au fil des livres, éléments d'une fiction qui en rejoignent une autre, immense boucle dans laquelle tout prend sens. Je savais que je ne devais pas m'attarder sur chaque élément, sur chaque détail, je me devais de laisser l'auteur me guider afin de savourer pleinement l'intrigue. C'est ce que j'ai fait et la magie des mots a opéré, m'offrant la possibilité de savourer pleinement chaque réflexion.

Ce qui peut frapper dans ce texte, ce qui assurément interpelle, c'est l'expression d'un profond mal-être intérieur mais surtout, d'une rage de vaincre, de vivre, d'apprendre de ses erreurs et de donner le meilleur de soi-même. Plus qu'un exutoire, ce livre délivre des clés pour s'accepter et s'assumer dans le monde, pour aller de l'avant et sourire aux autres. La souffrance n'est pas une finalité, elle peut être considérée comme une étape, un moyen de se rendre compte que le bonheur nous tend parfois les bras, que la vie n'est pas un long fleuve tranquille mais qu'elle offre un large éventail de possibilités. Il ne faut pas avoir peur de s'ouvrir aux autres, d'aimer et d'être aimé, de sortir d'une torpeur quasi meurtrière pour aller à la rencontre de la vie... Ce livre délivre un véritable message d'amour et de respect, de tolérance, mais aussi et surtout d'empathie, cette capacité à écouter les autres et à se mettre à leur place, une qualité humaine bien trop souvent négligée...
Ce livre traduit différents mal-êtres qui peuvent trouver un écho plus ou moins fort dans la vie des individus. le premier n'est autre que celui d'un jeune garçon mal dans sa peau, d'un adolescent presque adulte (adulescent?) qui se cherche et se raccroche à un amour illusoire qui fait mal. Son histoire est touchante mais j'avoue que ce personnage m'a rappelé quelques mauvais souvenirs, une personne dont l'obstination m'a énormément fait souffrir. J'ai donc dû apprivoiser ce personnage, réussir à ne plus l'assimiler à cet autre, à en faire un être à part entière, protagoniste du récit. Cela n'a pas été facile, mais les différents chapitres aidant, j'y suis finalement parvenu. Camille, pour ne pas citer l'un des héros de Deaf, est un personnage au demeurant attachant bien qu'un peu étrange, on ne sait pas vraiment comment le cerner ni quelles sont ses réelles intentions. Un voile de mystère plane autour de lui, lui conférant un statut très particulier et ambigu qui prend de plus en plus d'ampleur au fil du récit. Sa souffrance est loin d'être niaise, elle est profonde et vive, résultat de plusieurs années de refoulements, de remises en question et de doutes permanents.

La seconde forme de mal-être évoqué est ici un peu plus générale quoique personnelle d'une certaine manière. Elle concerne l'écrivain, l'homme ou la femme qui doute derrière son cahier ou son écran, qui doute et ne se sent pas légitime ; cette personne qui vit avec ses personnages et tenter de faire passer des messages en s'inspirant de son expérience. Dans Blind, j'avais déjà prés-senti une réflexion sur le statut de l'écrivain, notamment de celui qui écrit des thrillers, avec Deaf, l'approche est quelque peu différente. Joseph Kochmann nous fait part, grâce à de nombreuses et habiles mises en abyme, de tout ce qui fait effraie les auteurs en devenir mais aussi de ce qui les freine dans leur élan. Au gré des réflexions d'Edward, un des personnages-clés du récit, des conseils sont distillés, des ébauches de réponses, des pistes à explorer. On comprend le calvaire qu'a vécu l'auteur, car je ne doute pas que tout ce qui a été écrit s'inspire en réalité de son propre vécu, de ses propres errements quant à sa légitimité de publier ses livres, de les exposer à un public…

Revenons un peu plus en détails sur les personnages… Chacun d'entre eux possède des caractéristiques uniques que l'on retrouve pourtant dans Mute et Blind. Si vous les avez lu, vous trouverez sans doute des ressemblances entre les multiples protagonistes des différents tomes. On peut par exemple évoquer un pseudo triangle amoureux, je dis bien pseudo car ici le choix est déjà fait pour la personne doublement convoitée. J'ai horreur des triangles amoureux dans le sens où on l'entend communément, ici l'emploi est différent. Ouf. J'ai aussi envie d'évoquer Deaf, qui au même titre que Mute et Blind (romans éponymes donc), apparaît comme un être atypique et fascinant, qui n'en fait souvent qu'à sa tête. Deaf, comme son nom l'indique, est sourd, mais ce n'est pas sa seule particularité. Deaf est un roi violent et autoritaire, un homme qui semble peu soucieux du bien de son royaume, très enclin aux démonstrations sanglantes pour asseoir sa domination.
Vous comprendrez vite que Deaf et son royaume sont tout droit sortis d'une imagination torturée mais ô combien fascinante. N'ayez pas peur de ce que vous allez trouver, laissez-vous surprendre par la tournure des événements, les métaphores et l'humour parfois douteux des personnages. Coeur-Mort vous apparaîtra comme un mystère de plus à ajouter à la multitude que je ne peux lister. Entre corbeaux, livre magique et Résistance, ce livre vous entraînera dans une aventure folle et tortueuse, empruntant des chemins escarpés ainsi que des routes étroites et sinueuses. Vous ne serez pas au bout de vos surprises, je peux vous le garantir ; ne prenez rien pour argent comptant, tout n'est que perpétuelle remise en question d'un schéma qui se veut déstabilisant et totalement maîtrisé.

J'aime toujours autour la plume de Joseph Kochmann, riche et sensible… Encore une fois l'univers dépeint par l'auteur est original, décalé et violent, mais c'est ce qui fait son charme, témoin d'une souffrance qui se devait d'être exprimée et partagée. Je peux vous assurer que, eu égard de cette lecture, Mute et Blind démontrent toute leur puissance, apportant des éclairages plus qu'appréciables. La fin de l'histoire… Un final en apothéose qui dégage des émotions diverses mais intenses, c'est avec un petit serrement au coeur que j'ai dit au revoir à cette trilogie. Ce n'est qu'un au revoir car elle restera gravée dans mon coeur de lectrice. Je me rappellerai longtemps de cette scène épique digne des plus grands films d'aventures !

En définitive, Deaf clôture parfaitement la trilogie Des Singes de la Bêtise. Ce dernier tome est certes plus violent que les précédents, mais aussi beaucoup plus personnel. Il traduit un mal-être intense, celui d'un adolescent qui cherche sa place dans le monde, d'un adulte en devenir qui peine à s'assumer. Deaf s'intéresse également à la question de l'écrivain, des doutes qui l'assaillent à sa légitimité qu'il daigne ou non s'accorder… À travers ces deux réflexions, le visage de l'auteur se dessine, celui de l'homme derrière les mots. En ce sens, j'ai passé un très bon moment avec ce livre que l'on devine authentique, non seulement dans sa démarche mais aussi dans son écriture. Tout est minutieux, fruit de nombreux choix afin de proposer une saga dans laquelle tous les éléments s'emboîtent et prennent sens, en témoigne les mises en abyme aussi fascinantes que déroutantes... Plus qu'un thriller fantastique gore, ce livre s'avère être le synonyme d'une délivrance, un témoignage sensible qui touche le lecteur en plein coeur.
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alexandrapapiersmaches
  24 mai 2019
Deaf, tome 3, de l'auteur Joseph KOCHMANN, 306 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique sur Amzon.
Résumé : Une pièce de théâtre qui tourne mal, des créatures mystérieuses et squelettiques, un Roi sourd. Autant d'ingrédients vous attendent dans les aventures de quatre personnages principaux : Manon Dauphin, combattante courageuse, Camille, artiste, Edward, un fan de livres et Eric, un fermier pas si branché agriculture. Parviendront-ils à survivre à ce monde étrange et ainsi mettre un terme à leurs sordides histoires ?
Alors oui, j'ai dû m'adapter au style de l'auteur. Je me suis demandé durant ma lecture si c'est moi qui ne comprenais plus rien ou si l'auteur se jouait de mon intelligence. Je n'ai eu ma réponse qu'à partir de la page 200. C'est juste brillant ! Je suis tombée des nues quand j'ai enfin compris que ce qu'il m'arrivait était décemment voulu par l'auteur. Je crois bien ne jamais avoir été autant baladée par des mots, des émotions contraires et paradoxales.
Citation :
C'est ça que j'ai compris : on utilise notre ressenti pour parler de choses plus larges.
Je veux utiliser mes émotions pour parler de quelque chose qui touche tout le monde, quelque chose de puissant.
Retour chronique :
J'ai tenté, comme beaucoup je suppose, de contrôler ma lecture, à tort. C'est-à-dire que j'ai essayé d'analyser (comme je fais toujours) chaque mot, chaque phrase. J'ai voulu trouver des liens, des réponses, en vain. Et c'est ce que je trouve brillant : je n'ai rien compris à ce livre jusqu'à la toute fin où la révélation finale m'a décroché un rictus nerveux et un rire incontrôlé. C'est ce qui peut vous attendre, si vous entreprenez la lecture du troisième tome de - La Trilogie des Singes de la Bêtise -. Rien que le nom de cette dernière vous met dans un contexte atypique, trash mais également sensible et sincère. Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver perdus pendant votre lecture mais d'adorer ça ? Réveillez le psychopathe qui sommeille en vous !
Parce-qu'au delà d'un univers fantastique violent et noir, qui peut sembler décousu, il y a des thèmes très forts derrière ce livre. Je trouve que l'auteur traduit à sa sauce une sorte de dissertation philosophique avec en introduction : un décor où un Roi sourd, Deaf, est à la tête de la ville de Dantry. Il y décrit les habitants impuissants, meurtris, sous le règne d'un tyran qui aime le sang, le contrôle et, le pouvoir. Un sous-entendu politique qui nous pousse à nous interroger (en ce temps d'élection) sur la face cachée d'une gouvernance démocratique qui serait peut-être à sens unique... J'ai réussi à percevoir une forme de soumission à adhérer à des idées qui contredisent des valeurs profondes. Mais également la discrimination subie par certain. J'ai beaucoup aimé l'image du mur, utilisée par l'auteur pour souligner cette frontière entre les membres du pouvoir et le peuple.
En thèse, nous avons le thème de l'amour qui vient titiller nos propres ressentis et émotions. le personnage de Camille est juste parfait dans le rôle de celle qui a un coeur sombre, dépressif et une sensibilité comme nul autre. C'est le personnage auquel je me suis le plus attaché. Déjà parce qu'elle écrit mais également parce qu'elle sait voir au-delà des apparences, un peu comme si elle parvenait à lire dans les coeurs des personnes qu'elle rencontre. Sa pièce de théâtre, bien qu'elle fût un fiasco total, sait pourtant permettre au lecteur de s'attacher à sa vision du monde où l'amour est à la fois salvateur et destructeur. L'amitié y tient une grande place. Jouer avec les sentiments des autres, user de manipulation pour parvenir à toucher l'autre sont autant de ressources et de souffrance que nous retrouvons dans la vie quotidienne. Des thèmes en contradiction avec un monde rose auquel on s'attend. Des tragédies venant clôturer le spectacle de ceux qui se risquent à aimer un peu trop. La difficulté d'aimer est donc abordée ainsi que celle de gérer ses sentiments. le jugement et la critique sont pointer du doigt : comment comprendre ce qui arrive à l'autre si nous ne traversons pas nous-même une telle situation ? Peut-on simplement compter sur l'empathie ?
En anti-thèse, nous retrouvons des actions qui s'enchaînent, parfois avec des rebondissements imprévisibles, des fins brutales et qui ne font pas sens pour moi. du moins, pas tout de suite. L'auteur y développe des personnages hors du commun mais aux personnalités qui elles, sont bien réelles : altruiste, sincère, vaillant, cruel, manipulateur. Je note que l'auteur aime jouer avec les cinq sens et les utiliser pour mener à bien son intrigue. Une introduction qui nourrit l'histoire et les personnages mis en scène, chacun à tour de rôle. de plus, l'apparition des créatures hybrides mettant à mal la progression des personnages, pourrait représenter la mort de nos envies et de nos projets, l'amertume de l'amour à sens unique, la rancoeur éprouvée vis-à-vis de ceux qui ne nous comprennent pas et le stress d'un quotidien trop lourd à porter. En un mot ? Pression. Je trouve que ce symbole est fort de par les sens multiples qu'il offre à chaque lecteur.
En conclusion, j'ai vraiment adoré être malmenée par l'auteur qui instaure un climat décousu, des morts cruelles, agressives et chocs. Ce que je trouve génial, c'est que ce climat de tension et d'incompréhension permanentes qui nous embarque dans une réflexion autour de l'amour, la mort, la haine et le contrôle. L'auteur a su mettre en avant sa capacité à nous retourner le cerveau, jouer avec nos émotions, nous faire douter de notre propre intelligence et finir par nous révéler la supercherie qui n'est rien d'autre que la dissertation sur un thème que nous aimons tous : l'Amour. Merci. N'y aurait-il pas une pointe autobiographique dans ce troisième tome ? La fin en tout cas, en surprendra plus d'un et m'a fait écho aux livres cultes de J.L. STINE, Chair de Poule. Si vous lisez Deaf, vous comprendrez pourquoi. Je n'ajouterai que trois mots : Gloire à l'oeil !

Le mot de Joseph
Merci beaucoup à Alexandra pour son retour sur le dernier tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise.
C'est une grande aventure en trois actes, chacun pouvant être découvert indépendamment, à travers des univers très différents et pourtant tous liés par leurs personnages, leurs secrets et leur violence.
Il m'a fallu dix ans pour terminer cette saga développant des thèmes qui me tiennent très à coeur, notamment la mort, la justice, la créativité, et, surtout l'amour.
J'espère vraiment que vous aimerez Mute, Blind et Deaf autant que j'ai aimé les écrire.
J'ai noté ce livre avec un 8,6/10
Découvrez sur mon blog littéraire, la mise en scène du livre de Jopeh KOCHMANN
Lien : https://despapiersmaches.wor..
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ManedWolf
  10 décembre 2018
C'est avec beaucoup d'impatience que j'ai découvert Deaf, après l'excellent souvenir laissé par Mute et Blind (les deux premiers volets de cette trilogie totalement barrée). Je ne m'attendais à rien, parce que je sais qu'avec Joseph Kochmann, on ne peut qu'être surpris, mais je savais d'avance que ça allait me plaire. Et j'avais bien raison !
Il est très difficile de chroniquer ce genre de roman, tant il repose sur des procédés stylistiques et scénaristiques qu'il serait bien dommage de dévoiler. Pour le dire simplement : ce livre est fou ! Plus qu'une histoire, c'est une expérience de lecture que l'auteur nous propose, et comme toute expérience, je peux imaginer qu'il y aura deux écoles avec des avis bien tranchés. Je me range sans hésitation dans la catégorie de ceux qui aiment être bousculés, surpris et malmenés par un livre, la trilogie des Singes de la Bêtise est donc une valeur sûre pour moi et Deaf la clôt magistralement.
Je n'entrerai pas dans le scénario, qui démarre de manière un peu moins abrupte que les deux premiers mais qui part beaucoup plus loin. Si tu as aimé les personnages et la folie douce de Mute et Blind, tu peux te lancer sans crainte. Par contre, il y a trois points que j'ai vraiment envie de souligner :
- La construction du récit. C'est dans ce dernier tome que toutes les histoires se rejoignent et que les liens se tissent, allumant des dizaines d'ampoules dans nos cerveaux de lecteurs chamboulés. Je suis fascinée par la multitude de symboles, d'échos, de références qui relient ces livres, et qui restent bien cachés jusqu'au dénouement. J'en ai probablement raté un paquet, et je pense que certains de ces signes ne parleront qu'à l'auteur, mais c'est très ludique et impressionnant de s'amuser à relier les points.
- La plume. Dans ce tome en particulier, l'auteur a fait un boulot monstrueux sur le style et je ne peux que l'en féliciter. C'est globalement un livre qui parle de l'écriture, et qui défait les codes en les singeant, qui nous met le doigt sur les défauts récurrents des écrivains sans chercher à s'extraire de ce panier. Entre les jeux de langage, les passages volontairement mal écrits et le second degré qui m'a fait rire plusieurs fois (la note de bas de page, très bien trouvé), on se régale, tout simplement.
- le courage de l'auteur. En publiant ce livre, il se livre énormément et dévoile beaucoup de choses sur son vécu. C'est toujours plus ou moins le cas, d'après ce qu'on dit, mais c'est rarement aussi transparent et assumé qu'ici : chapeau donc, je n'ose imaginer le courage qu'il a fallu pour franchir le pas, et le stress de voir son roman entre les mains de lecteurs inconnus. Je suis en tout cas ravie qu'il ait osé, c'est une magnifique façon de clore cette trilogie et je n'aurais pas pu espérer meilleure fin.
Bref, attends-toi à des thèmes très durs, mais présentés avec beaucoup de poésie, à un ovni littéraire encore plus audacieux que les précédents et à un final de haute voltige. J'ai terminé ma lecture avec regret, mais avec un sentiment de satisfaction du travail bien fait et de la page qui se tourne. Je félicite Joseph Kochmann d'être venu à bout de sa saga, et de la plus belle des manières. Merci pour ces heures de lecture folles et inédites, je ne manquerai pas de suivre son actualité de près.
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Yumiko
  12 janvier 2019
Aussi fou, aussi déjanté et original que "Mute" et "Blind", "Deaf" nous plonge à nouveau dans une histoire incroyable, mouvementée et totalement déroutante. Je suis impressionnée à chaque fois par les idées super originales de l'auteur, son cerveau foisonne de récits aux rebondissements surprenants et constants, de quoi garder l'attention du lecteur durant toute la lecture et ne pas lui permettre d'entrevoir la suite du récit. C'est un pur régal d'être ainsi trimballé sans pouvoir anticiper le fin mot de l'histoire.
L'auteur nous emporte dans le vif du sujet dès le premier chapitre. Tout va très vite, les événements s'enchaînent sans nous laisser le temps de respirer entre retournements de situation et violence (attention aux âmes sensibles), car ce fameux roi Deaf est loin d'être un enfant de coeur et il éprouve un certain plaisir à voir le sang couler... du coup, nous sommes horrifiés, dégoûtés de voir un tel homme être le chef suprême. Mais alors que nous sommes lancés dans ce premier chapitre, voilà qu'un premier gros retournement de situation nous prend totalement au dépourvu.
A partir de là, j'ai eu la sensation de ne plus savoir où j'étais et ce qu'il se passait. Je savais que l'auteur nous préparait un retournement de situation magistral à la fin, car c'est sa marque de fabrique, mais je n'ai pas du tout réussi à l'anticiper ni à en deviner ne serait-ce qu'une partie. du coup, les chapitres se sont enchaînés, passant d'un personnage à un autre, avec quelques liens qui se tissaient mais pas tous, de quoi challenger le lecteur et lui faire perdre le peu de repères construits.
Tout cela pour nous mener vers un rebondissement et une révélation incroyables! L'idée de ce roman est magistrale! Franchement j'ai été scotchée et j'ai adoré que nous nous retrouvions, quelque part, de l'autre côté du miroir. C'est là que le lien entre les 3 tomes se fait et que nous découvrons où l'auteur voulait nous mener dès le départ. C'est un final en apothéose qui fait de cette trilogie une série qui sort totalement du lot et qui est à lire absolument. Les idées sont uniques et vous ne retrouverez nulle part ailleurs ce qui est proposé ici!
Je ne vais pas vous parler plus en détail de l'histoire, car je trouve important de ne rien savoir avant de la découvrir pour garder toute la surprise. Sachez toutefois, que vous serez bousculés et déboussolés, tout cela pour vous prendre une vraie claque à la fin. Je ne suis pas passée loin du coup coeur, vraiment pas loin, car malgré l'ingéniosité de ce tome et les idées passionnantes, "Mute" est et restera mon préféré, mais "Deaf" l'a presque détrôné.
En bref, ce dernier tome est un pur régal et nous amène vers une conclusion à cette série tout bonnement incroyable! A lire de toute urgence!
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coquinnette1974
  20 décembre 2018
Joseph Kochmann a eu la gentillesse de m'envoyer son roman Deaf en service presse. Il s'agit du dernier tome de la trilogie des Singes de la Bêtise, dont j'ai apprécié les deux premiers tomes : Mute et Blind.
Prisonnière d'un royaume entouré d'un mur si haut qu'il cache les rayons du soleil, Manon, courageuse cadette de la famille Dauphin, se bat pour renverser l'odieux roi Deaf.
Au même moment, Camille, jeune artiste au coeur lourd, se réveille dans le corps d'un amour perdu tandis qu'Edward, lecteur passionné, découvre un roman mystérieux.
Pourchassés par d'atroces créatures squelettiques à têtes de corbeaux, parviendront-ils à survivre à ce monde étrange et ainsi mettre un terme à leurs sordides histoires ?
Voilà, avec DeafJoseph Kochmann boucle la boucle de sa trilogie :)
C'est un roman captivant, comme les deux premiers tomes et là encore il y a énormément de rebondissements. A aucun moment je ne me suis ennuyée. Au contraire, par moment il fait presque reprendre son souffle :)
J'ai apprécié les personnages, l'histoire qui est vraiment bien ficelée.
Je trouve vraiment difficile de le chroniquer (comme les deux premiers tomes, soit dit en passant) car je trouve que Deaf ne se narre pas, ne se raconte pas, il se lit... tout simplement !
Et je dirais que soit on aime soit on déteste ce mélange des genres : thriller, fantastique, horreur (voir ici presque gore).
C'est le plus personnel de la trilogie, celui qui m'a le plus plu et je lui donne avec un immense plaisir cinq étoiles :)
Je suis ravie d'avoir découvert la plume de Joseph Kochmann et je serais ravie de le lire à l'occasion :)
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
gabrielleviszsgabrielleviszs   15 février 2019
— Ainsi prit fin son règne et commença celui de son plus proche cousin, Jules VI, né Jules de Dantry, surnommé Deaf.
Sur scène apparaît un trône de jade porté par quatre hommes en noir. Sur celui-ci se trouve une représentation grotesque de Deaf. Il est préférable d’exagérer les traits du personnage pour que le public puisse allègrement s’en moquer. Deaf pourra être interprété par un petit acteur ou remplacé par un pantin, selon les préférences du metteur en scène.
— En effet, celui-ci avait, il y a longtemps, perdu ses deux oreilles. Incapable d’écouter ses sujets, il commandait sans se soucier des conséquences, tel un tyran.
La ville prend feu tandis que des Dantryens se ruent hors de chez eux, hurlant. Un homme se retrouve pendu à un arbre tandis qu’un bébé abandonné pleure. Une femme rampe sur le sol, cherchant désespérément quelque chose à manger.
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WolkaiwWolkaiw   30 novembre 2018
J'étais quelqu'un d'égocentrique. Toutes ces années, je n'avais pensé qu'à ma propre souffrance, voyant les personnes qui m'entouraient comme des individus simplement là pour m'aider. Si on se refusait à me répondre, ce n'était pas parce qu'on me prenait de haut, mais bien parce que je ne parlais que de moi.
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WolkaiwWolkaiw   03 décembre 2018
- Manon, dit-il, personne, ni un dieu, ni un juge, ni un roi, n'a le droit de t'affirmer qui tu es. Toi seule peux décider ce qui te définit vraiment. Il n'y a pas de fatalité en ce bas monde, rien d'écrit. L'important est avant tout d'apprendre à s'accepter et surtout s'aimer afin d'avancer et aider les autres.
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WolkaiwWolkaiw   03 décembre 2018
- Nous ne sommes pas les simples personnages d'un sombre bouquin, ni les pions dispensables d'une société sordide... Nous sommes des individus avec chacun un but propre, des gens ambitieux cherchant à vivre ! Nous pouvons, en écoutant profondément, réussir là, où, par le passé, nous pensions avoir échoué. Rien ni personne ne peut nous arrêter.
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WolkaiwWolkaiw   03 décembre 2018
Il était effectivement courant, pour un artiste, de s'inspirer de sa vie pour raconter une histoire. L'important, cela dit, était de trouver la bonne limite. On utilisait ses expériences pour développer un récit, et non pas un récit pour parler de son nombril. C'était toute la différence entre un bon roman et une mauvaise autobiographie.
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