AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2867467330
Éditeur : Liana Lévi (20/05/2014)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 10 notes)
Résumé :
« J'habite à cinq cents mètres du Maïdan. Depuis mon balcon, on aperçoit les bulbes du clocher de la cathédrale Sainte-Sophie. Quand des amis viennent chez moi, je leur montre ces bulbes dorés - presque un emblème de l'antique cité de Kiev. Mais ces derniers mois, mes amis d'autres villes et d'autres pays ne viennent plus ici. Et du haut de mon balcon, je regarde souvent la fumée qui s'élève au-dessus du centre de la ville. Cette fumée noire, épaisse, celle des barr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Elletse
  24 juin 2014
J'ai toujours aimé lire les journaux d'écrivains. L'homme qu'on pense déceler au travers de ses romans se révèle, et nous pouvons voir ses débats intérieurs, conflits certaines fois, ses interrogations et surtout sa vie quotidienne et son entourage. (je dois avoir un côté voyeur, mais ne se sent-on pas parfois - à tort ou à raison - intimes d'auteurs que nous apprécions ?)
Ainsi est le Journal de Maïdan, et plus fort encore se ressent cet ouvrage avec son récit des événements récents... si récents. En lisant l'en-tête des jours qui défilaient (du 21 novembre 2013 au 24 avril 2014) je ne cessais de me dire que c'était il y a moins d'un an, que c'était ce que j'avais entrevu dans les journaux, qu'à cette époque j'étais vivante, et que je faisais ci et que je faisais cela. C'est étrange. Affolant, déconcertant, de voir ces événements qui sont une histoire que je lis qui sont L Histoire qui se vit. On se sent petit. On se sent loin de tout ça et si proche en même temps.
« Quand rien ne se passe de particulier dans la vie d'un homme et de son pays, cet homme peut croire son existence stable et éternelle. À dire vrai, cette vie, où le temps se mesure en évolution de carrière, en achat de nouvelle maison ou de voiture, en fêtes familiales, en mariage et divorce, s'appelle justement stabilité. L'homme qui vit en un « point chaud » du monde, ou simplement au voisinage d'un volcan en activité, juge différemment le temps. La valeur de chaque journée, de chaque heure vécue se révèle infiniment plus grande que celle d'une semaine paisible. »
Andreï Kourkov écrit ce qu'il vit, voit, comprend chaque jour. J'ai trouvé qu'il était très détaché. Jamais d'avis, jamais d'opinion, juste des constats neutres. On sent toutefois un intérêt pour l'euromaïdan. Un écoeurement pour le gouvernement ukrainien. Un refus de la politique russe. Et surtout une forte compréhension et une sensibilité pour toutes les multiples populations qui composent l'Ukraine : les russes, les russophiles, les ukrainiens, les tatars... Celles-ci sont malheureusement supplantées par les gouvernements, les leaders de mouvements, dont on ne sait plus s'ils oeuvrent pour leurs pays ou pour leurs intérêts (bienvenue dans l'oligarchie)... Chacun a son point de vue et s'arrache chaque bout de terre... La Crimée en est l'émouvante victime. Qu'en est-il maintenant ?
Toutefois parvenue à la moitié du Journal, plus exactement au 9 mars, j'ai senti un ton différent dans l'écriture, comme si Kourkov avait cherché à se préserver de tout cela en instaurant une distance mais que cette fois c'en était trop, la blessure reste béante. (ceci est très subjectif , n'est-ce pas)
Pourtant la vie continue. Les enfants vont à l'école. Tous les jours Kourkov part travailler ou rencontrer ses amis et contacts. Les week-ends se passent à la campagne, chez les grands-parents, ou à Londres pour quelques jours. Ce sont les anniversaires. Les vacances scolaires. le printemps arrive. Accompagnant ces événements réguliers, normaux, quotidiens, les discussions ne tournent qu'autour de la place du Maïdan, de la Crimée, de Poutine, Ianoukovitch, Timochenko, des décisions du gouvernement (prises de nuit, bien sûr, c'est logique)... La vie continue dans son instabilité politique qui terrasse tout. L'anxiété règne en maître. Ainsi que le désarroi. Et la crainte. Mais les convictions restent, ainsi que la foi en l'avenir : « J'ai envie de croire que oui. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
raton-liseur
  13 juillet 2015
Andreï Kourkov livre dans ce document un témoignage sur la façon dont il a vécu les révoltes ukrainiennes et le conflit avec la Russie autour de la Crimée, pendant l'hiver 2013-2014. Je connais probablement trop peu les détails et les dessous géopolitiques de ces questions pour comprendre ce témoignage et ses non-dits, et j'ai donc l'impression d'être un peu passée à côté de ce livre.
J'en retiens principalement un écrivain qui n'arrive plus à écrire tant il est préoccupé par l'avenir de son pays, mais aussi un homme qui, même si presque chaque soir il se rend sur le Maïdan, place qui symbolise le coeur de la révolte, cherche coûte que coûte à se préserver, en continuant à honorer tous les petits rites d'une vie paisible, les anniversaires, la saison des semis… Que deviendra l'Ukraine, c'est difficile à dire, et Kourkov, même s'il n'ose y croire, continue à espérer. Mais espérer quoi ?
Commenter  J’apprécie          80

critiques presse (1)
Actualitte   23 mai 2014
Bref, éveiller sa conscience, se tourner vers l'Est, se décentrer, le temps d'une lecture, de nos préoccupations franco-françaises ; voilà ce que propose le récit d'Andrei Kourkov, écrivain ukrainien de langue russe, dans l'impossibilité immédiate de poursuivre l'écriture de son prochain roman : « j'ai une pesanteur dans la tête qui rend mes idées aussi pataudes qu'une tortue. »
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
picturapictura   03 juin 2014
Quand rien ne se passe de particulier dans la vie d’un homme et de son pays, cet homme peut croire son existence stable et éternelle. À dire vrai, cette vie, où le temps se mesure en évolution de carrière, en achat de nouvelle maison ou de voiture, en fêtes familiales, en mariage et divorce, s’appelle justement stabilité. L’homme qui vit en un « point chaud » du monde, ou simplement au voisinage d’un volcan en activité, juge différemment le temps. La valeur de chaque journée, de chaque heure vécue se révèle infiniment plus grande que celle d’une semaine paisible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
picturapictura   03 juin 2014
Le monde semble devenu fou depuis ce matin. À Altchevsk, une eau bleue coulait des robinets. Un touriste suisse est entré en Géorgie juché sur le dos d’un chameau, animal dont il ne se sépare plus depuis plus de trente ans. Il s’appelle Roland Verdon, et on lui a remis à Tbilissi le diplôme du voyageur le plus original. Je me demande si on a remis aussi quelque chose au chameau.
Commenter  J’apprécie          20
picturapictura   03 juin 2014
Chez nous, tout est plus simple et plus triste. Nous voilà à nouveau privés d’avenir.
Commenter  J’apprécie          10
Lire un extrait
Videos de Andreï Kourkov (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Kourkov
Andreï Kourkov - Vilnius, Paris, Londres
autres livres classés : ukraineVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

La littérature russe

Lequel de ses écrivains est mort lors d'un duel ?

Tolstoï
Pouchkine
Dostoïevski

10 questions
256 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature russeCréer un quiz sur ce livre