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ISBN : 2266282816
Éditeur : Pocket (21/03/2019)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Arjun Clarkson est le rêve américain incarné : cet orphelin indien issu d’une basse caste, complexé et peu sûr de lui, a immigré à New York où il connaît une brillante carrière dans la publicité. Jusqu’au jour où, dans un accès de folie, il poignarde une ancienne collègue…
Pour brouiller les pistes, Arjun décide de faire croire à l’existence d’un tueur en série chassant ses proies sur le plus populaire des réseaux sociaux : MyFace. Certes, cela implique de co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
encoredunoir
  09 juin 2017
« En Amérique, il est socialement acceptable de consulter des données personnelles via Google ou MyFace, mais il est considéré comme impoli d'admettre qu'on l'a fait, même si la personne concernée les a elle-même mises à la vue de tous. »
Et Arjun, émigré indien à la carrière fulgurante dans une agence de publicité new-yorkaise est très attaché à l'étiquette. Pas question de commettre ce genre d'impair. Mais à trop vouloir tout contrôler, il arrive que l'on se fatigue et que l'on se relâche. En l'occurrence, le relâchement coupable d'Arjun consistera à poignarder à mort une ancienne collègue dont il a cru qu'il pourrait la séduire. Pour éloigner les soupçons, le jeune homme décide de faire croire à l'existence d'un tueur en série qui dénicherait ses victimes sur le plus grand réseau social, MyFace. Mais pris dans l'engrenage de la constante recherche d'alibis et de sa propre folie, Arjun prend vite goût à cette manière définitive de se débarrasser de ceux qui l'ont humilié ou qui incarnent tout ce qui peut contrevenir à son sens pour le moins étriqué de la politesse.
À l'ère de la dictature des réseaux sociaux, difficile de ne pas voir dans Indian psycho une dénonciation sous forme de satire de la manière dont ces derniers, en régissant en partie notre relation aux autres nous transforment peu à peu en des personnes que nous ne sommes pas et, dans le pire des cas, en exhibitionnistes mythomanes. de fait, c'est là ce que l'on voit en premier dans le roman d'Arun Krishnan. Mais il y a aussi et surtout dans Indian psycho une satire bien plus féroce encore de la manière dont la société américaine – à tout le moins celle que fréquente Arjun, c'est-à-dire, la société urbaine et aisée – sous ses aspects policés, se révèle extrêmement violente dans son rapport à l'autre et bien plus encore lorsque celui-ci est basané et a tendance à rouler les r. La manière dont, avant même de commettre son premier crime Arjun guette sans cesses les contrôles à l'entrée du métro, les regards des autres en général et de la police en particulier à son égard, la façon dont il est en bute aux moqueries dans son agence de publicité de la part d'un autre indien qui a coupé avec ses racines jusqu'à les mépriser, tout cela participe de la manière dont il sombre peu à peu dans une paranoïa, une crainte du rejet, qui finit par se transformer en folie meurtrière.
Ainsi, derrière la façade ironique, l'humour du récit – Arjun se révèle par ailleurs un assez mauvais serial killer incapable de gérer sa tendance à la distraction et son désir de s'intégrer – Arjun Krishnan propose une histoire bien plus sombre qu'elle n'y paraît.
Le fond n'est cependant pas tout et l'on pourra certainement regretter que la forme ne suive pas toujours. Les traumatismes d'enfance d'Arjun, qui relèvent du cliché et ne bénéficient pas de l'humour du reste du roman qui pourrait leur conférer l'apparence au moins du second degré, alourdissent ainsi un récit dont on mettra par ailleurs les incohérences sur le compte de la volonté de l'auteur de jouer la carte du pastiche de thriller.
Tout cela, en fin de compte, s'équilibre. L'histoire dans son ensemble est rafraîchissante, parfois hilarante, et le message de fond sur l'identité – ce que l'on en fait, comment on l'assume, comment on l'efface, et les conséquences que cela peut avoir – est particulièrement intéressant. La manière maladroite dont cela est parfois mené, l'écriture pas toujours très inspirée viennent tirer tout cela un peu en arrière. On s'amuse plutôt bien à lire Indian psycho, c'est indéniable, mais il y manque encore quelque chose – un peu plus de maîtrise, peut-être aussi de finesse – pour vraiment nous emballer.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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yv1
  29 juin 2017
Génial ! Je me suis régalé de bout en bout avec ce polar qui est d'une modernité incroyable, qui joue avec les nouveaux codes de communication, qui n'est pas tendre avec la société étasunienne -je pourrais largement étendre à nos sociétés européennes qui lui ressemblent- ni avec la vie en Inde, les castes, les codes qui semblent dépassés, les conservatismes. "Au croisement de la 73e Rue et de Roosevelt Avenue, deux chiens s'accouplaient, sous les encouragements d'un petit groupe de Pakistanais qui traînait devant le snack Kabab King. Les immigrés regardaient les chiens baiser dans la rue. Les Américains regardaient les Kardashian baiser à la télé. Voltaire avait raison. Il faut bien que les hommes aient un peu corrompu la nature, car ils ne sont point nés loups, et ils sont devenus loups." (p.56) le constat d'Arun Krishnan est implacable sur les places de chacun, les minorités sont dans les postes les moins intéressants, ses membres ont tendance à se regrouper, ils sont victimes du racisme quotidien. Il l'est également sur la place des réseaux sociaux, sur l'ultra-connection, la technologie qui nous envahit. le roman questionne sur le sens de la vie en société, sur les relations humaines, sur une certaine idée de société qui nous envahit : publicité à outrance sur tous les supports, multiplication de ces supports, ...
L'autre partie extrêmement réjouissante de ce roman, c'est la partie polar, thriller. le narrateur est le tueur et il est glaçant, flippant dans ses obsessions, son manque d'empathie, sa psychopathie, ses desseins. Il tue presque par hasard, comme s'il était obligé, même pas par plaisir juste pour ne pas se faire soupçonner. Et comme il est distrait, il a tendance à laisser des indices contre lui, donc à tuer de nouveau. Tout cela est dit de manière assez légère, décalée, comique. Dans sa tête, le lecteur a droit à tous ses cheminements de pensée, ses délires, ses questions et sa manière d'envisager le monde en général et sa vie en particulier. Il faut dire que le jeune homme est né dans une basse caste indienne qu'il a été adopté et élevé par un homme bon mais effacé et une femme vicieuse et perverse, ce qui peut sans doute expliquer une partie de ses agissements. Arrivé aux États-Unis, il se retrouve dans un pays où chacun peut se comporter comme il le veut, mais Arjun est très introverti, inhibé et s'insérer dans cette population lui est difficile. Il réagit encore avec ses repères éducatifs et culturels.
Arun Krishnan dresse un portrait angoissant d'un jeune homme prêt à tout pour exister, pour réussir. Il le fait avec brio, alternant les moments de tension et pas mal de traits d'humour. J'ai été totalement accaparé par l'intrigue, le suspense et totalement incapable de prévoir la fin ; en fait, plusieurs options sont envisageables, je n'ai jamais su choisir et je me suis laissé porter par le romancier. Il m'a mené exactement là où il voulait dans un rythme loin d'être soutenu mais que je n'ai pas pu lâcher. Je l'ai lu attentivement, chaque mot, chaque phrase pour ne rien rater, pas un indice, pas une digression, pas une remarque du héros. Tout est passionnant : "En arrivant en Amérique, un immigré traverse trois phases. D'abord, il est démocrate. Après tout, c'est le parti le plus ouvert et le plus accueillant. Puis l'immigré commence à bien gagner sa vie et passe à la deuxième phase : il devient républicain. Comment ces pourris de démocrates osent-ils redistribuer sa richesse et étouffer la libre entreprise ? Quand l'immigré gagne plus de vingt-cinq millions de dollars, il passe à la troisième phase : il cesse de se soucier des êtres humains et commence à s'intéresser exclusivement aux baleines." (p.249)
Un polar formidablement traduit (Marthe Picard) et paru chez Asphalte. J'en fais un coup de coeur, un roman moderne et drôle, original avec une bande-son incroyable -il faut aimer le jazz ou au moins avoir envie d'en écouter- que vous pouvez retrouver sur le site de l'éditeur et que j'écoute en écrivant ce billet.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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Sangpages
  15 août 2017
Indian Psycho ou les tribulation d'un indien devenu serial killer, presque par hasard, aux USA.
Indian psycho ou l'histoire d'un immigré indien, pro du marketing, à New York et sa vision de notre société.
Deux descriptifs pour les deux fils conducteurs de ce fabuleux livre ! Je vous le dis direct: j'ai totalement adoré et me suis éclatée dans cette lecture !
Un regard vif, ironique, percutant et bourré d'humour sur une société occidentale (américaine dans ce cas précis, mais on est tous dans le même panier à ce niveau-là) au travers des yeux d'un indien.
L'auteur joue majestueusement avec les mots pour nous offrir des descriptifs exceptionnels !
Son héro: "Arjun", un personnage ambigu à la limite de l'autisme, incapable de savoir comment se comporter en société mais pourtant brillantissime, capable de tout gérer et de calculer chaque faits et gestes (Asperger ?). Nonchalant, un poil pince sans rire, on s'y attache et clairement impossible de le trouver abject malgré ses actes. On l'apprivoise et on en demande encore ! (Ces tirades bouddhiste en marque de fabrique sont excellentes !)
Pas de surprise puisqu'on connaît le tueur dès le début mais l'essence même de ce livre est bien plus complexe, bien plus qu'un simple thriller. On suit Arjun pas à pas dans son cheminement de tueur en série et le pire...c'est que c'est drôle !
Mais on suit aussi Arjun dans son travail et la résultante indirecte de ses meurtres. On plonge la tête a première dans les plans marketings prévus pour nous enrôler ou nous faire consommer encore et encore, à outrance ! L'auteur, lui-même professionnel de ce domaine, nous donne là, toute la splendeur de ce grand art.
Aurions-nous à faire avec le premier serial killer du marketing et des réseaux sociaux ? Puisqu'au final, au travers de tous ces meurtres, c'est aussi ce qu'il cherche à tuer...
Une pensée, au passage, pour cet épisode de la série "Black Mirror" ou les gens sont transformés en "profil"...
Un regard percutant sur les clichés d'apparence: porter tel ou tel habit pour faire passer un message. Publier telle ou telle chose sur les réseaux sociaux pour indiquer un statut social...Et rien de mieux qu'un étranger, d'une autre culture, pour être capable de voir ces signes que nous ne voyons même plus...
L'auteur pousse même à l'auto-dérision et n'y va pas avec le dos de la cuillère !
C'est hilarant et à la fois...effrayant...
Il vous sera, peut-être, difficile de dire si cette vision de notre société n'est pas bien plus percutante que les meurtres eux-mêmes qui d'ailleurs passent largement en second plan. Moi ? j'ai ma réponse et ça donne à réfléchir !
Une visite guidée de New York aux parfums de l'Inde. On voyage, on découvre ! C'est jubilatoire !
Le style est vif et percutant. Pas un instant d'ennui. Emporté dans un tourbillon. Et le plus fort ? Tout le monde peut y trouver son compte, même les non amateur de polar. Peu d'hémoglobine, pas trash pour un sou et le fond de l'histoire est tellement bien tourné qu'il pourrait avoir sa place dans tous les rayons et satisfaire même les plus exigeants !
Des réseaux sociaux qui en prennent plein la pomme ! (Elle est facile celle-là je le reconnais 😜)Une dernière partie bouleversante et un final absolument génial...Que vous dire de plus pour vous convaincre ???
Que si vous ne le lisez pas, c'est moi qui m'attaque à Facebook ?
Tiens ça donnerait presque des idées... 😜
Lien : https://sangpages.com/2017/0..
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erniko
  10 juin 2017
Comment définir Indian Psycho? C'est un livre distrayant, qui traite - mais pas assez - de l'intégration d'un bouddhiste dans l'amérique new-yorkaise, qui traite - mais pas assez - des dangers négligées des réseaux socieux et de l'inexistence de la vie privée numérique, qui traite - mais pas assez - de la métamorphose d'une serial killer.
J'ai trouvé ce livre très facile à lire, on a envie d'avancer et on avance vite. C'est déjà un bon signe. Les thèmes développés sont originaux et traités assez justement. Au final c'est vraiment distrayant et on passe un excellent moment de lecture.
Pourquoi ne mets je que trois étoiles alors? Parce que c'est trop superficiel. C'est dommage, tout va trop vite et les idées intéressantes qui sont bien traitées le sont trop peu.
On a envie d'en voir plus, que le roman prenne plus le temps d'installer son intrigue, d'approfondir la dérive du serial killer. Les dangers des réseaux sociaux sont expliqués mais pas ressentis (il y avait pourtant du potentiel pour impressionner davantage) et la thématique d'intégration de la communauté bouddhiste aurait mérité d'être davantage décrite.
En résumé, c'est un roman vraiment sympa, mais qui aurait pu être beaucoup que ça.
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girardmaxime
  08 juin 2017
Arjun Clarkson est un jeune indien qui a immigré aux États Unis pour fuir les abus que lui a fait subir sa mère adoptive dans son enfance. Il trouve un travail dans une boite de publicité et grimpe peu à peu les échelons. Il vit sa vie comme il pense qu'un bon américain doit la vivre, et cela crée des décalage avec la réalité. C'est ainsi qu'en voulant "courtiser" Emily en bon gentleman, il se retrouve à la poignarder...et se dire que la meilleure solution pour couvrir cet accident est de devenir un tueur en série traquant ses proies sur le plus gros réseau social du monde.
Au delà d'une enquête policière, qu'on ne suit pas vraiment puisque tout est vu du point de vue du tueur, "Indian Psycho" est surtout une critique de la société actuelle. L'auteur dénonce d'un coté la virtualité des relations, la dépendance au social-média, et l'emprise que peut avoir un site comme Facebook sur la vie de milliards de gens actuellement, de l'autre les clichés sur les immigrés, et le racisme (ordinaire et extrême) qui en découle.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
asphalteasphalte   20 avril 2017
Je savais déjà, grâce à son profil MyFace, qu’elle vivait au 265 de la 123e Rue, et nous n’étions qu’à quelques blocs de chez elle. Cependant, j’ai tu que cette information était en ma possession. En Amérique, il est socialement acceptable de consulter des données personnelles via Google ou MyFace, mais il est considéré comme impoli d’admettre qu’on l’a fait, même si la personne concernée les a elle-même mises à la vue de tous.
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girardmaximegirardmaxime   08 juin 2017
Pendant les quinze premières minutes, mon esprit a sauté dans tous les sens comme un ado bourré sur une piste de danse. Enfin, il a dessoulé et s'est calmé. Résolu et concentré, il s'est mis à creuser le passé. A mi-chemin de la méditation, des griefs oubliés ont remonté comme des poissons morts à la surface d'un lac. Le Bouddha a dit que si l'on contemplait les affronts avec une parfaite sérénité, ils finiraient par quitter notre être et se dissiper dans l'univers. Et notre esprit se laverait des pensées négatives. Pour ma part, je ne laisserai pas ces affronts et ces griefs se dissiper. Je préférais m'accrocher à la souffrance. Et l'amplifier mille fois.
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ernikoerniko   05 juin 2017
Il a ouvert le couvercle dans un geste théâtral.
"Et voilà le compost!" s'est il exclamé.
Des tonneaux qui sentaient les excréments. Des boissons qui puaient l'urine. Les gens de Brooklyn s'entrainaient t'ils à devenir des habitants de bidonville?
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griboouillegriboouille   30 mai 2017
Vous pouvez me qualifier de tueur. Mais vous aussi, vous avez tué. Vous tuez les SDF et les pauvres chaque jour, quand vous les ignorez et les traitez comme s'ils étaient déjà morts. C'est seulement lorsque leur odeur vous incommode dans le métro que vous leur adressez un regard plein de ressentiment, parce qu'ils vous ont rappelé qu'ils étaient vivants.
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girardmaximegirardmaxime   08 juin 2017
A part les enfants qui galopaient en de joyeuses trajectoires aléatoires, chaque personne dans l'aire d'embarquement semblait légèrement épuisée. Ils avaient tous l'air pensif, comme s'ils auraient préféré être partout ailleurs sauf à cet endroit. Ils auraient préféré être dans le monde de MyFace.
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