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ISBN : 2251447695
Éditeur : Les Belles Lettres (16/01/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
L’Odyssée de Shackleton et de ses compagnons est l’une des plus sensationnelles de l’histoire de la mer.
La volonté et l’énergie déployées par cette poignée d’hommes dans leur lutte titanesque contre les forces déchaînées de la Nature ont fait reculer les limites connues de la résistance humaine.
Le 18 janvier 1915, l’Endurance ayant à son bord une expédition se proposant de traverser à pied le continent antarctique est prise par la banquise sans avoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (0) Ajouter une critique
Christw
  26 février 2018
En matière d'aventures marines, je restais sur un récit décevant ("Le passage" de Pietro Grossi dont la postface mentionne que cet amalgame moyennement rendu de mer et de rapports père-fils n'est que fiction, ruinant à mes yeux une saveur déjà fade). J'étais en outre resté rêveur devant l'image ("Les explorateurs belges") du vaisseau gelé d'Adrien de Gerlache captif des glaces et de la nuit antarctique durant des mois. J'étais donc prêt pour tenter une nouvelle aventure dans les régions polaires, vraie et détaillée : je fus servi.
L'exploration de l'Antarctique a vu d'éprouvantes expéditions et des récits formidables. Celui d'Ernest Shackleton (1914-1917) est un des plus mémorables. À l'instar du "Belgica" pris dans le détroit de Drake, son bateau l' "Endurance" fut coincé dans le pack de la mer de Weddell mais contrairement à l'explorateur belge, il vit son voilier écrasé et sombrer sous la pression des glaces. le projet du Britannique était d'accoster l'Antarctique pour être le premier à le traverser et faire pendant à l'exploit d'Amundsen, le Norvégien qui souffla le pôle sud aux Anglais.
Le livre des Belles Lettres est une réédition soignée du récit d'Alfred Lansing de 1959. Une bonne présentation, deux cartes au verso des couvertures et une cinquantaine de photos de l'expédition dues à James-Francis (dit Frank) Hurley, le photographe attitré du voyage. Lansing livre un bon reportage à partir des journaux et notes des explorateurs.
Passant outre les avertissements de marins en Géorgie du Sud au sujet de l'état de la mer de Weddell, Shackleton décide de maintenir son voyage vers la banquise. Il est loin de se douter qu'il n'en reviendra pas avec le bateau : pris dans les glaces, l' "Endurance" dérive et il doit être évacué, car la charpente du voilier, lentement broyée, craque et cède de partout. Il faut décharger les chiens et les vivres, trois baleinières, les tentes et traîneaux. Les vingt-sept hommes se déplacent et survivent avec leur matériel sur les floes en mouvement. Ils sont à 1200 millles de toute civilisation, sans radio. Nous sommes en 1915, l'évaluation de la position se fait au sextant avec un livre de tables, lorsque le soleil est visible. Les naufragés finissent par rejoindre l'île de l'Éléphant avec les trois canots, saufs mais isolés sur une terre inhabitée. Shackleton n'a d'autre choix que de risquer la baleinière "James Caird", avec cinq hommes, dans une traversée périlleuse vers la Géorgie du Sud. La coquille de noix est vulnérable dans ces mers terribles, nous sommes dans les "quarantièmes rugissants", bien que cette mer de Scotia soit moins redoutable que le détroit de Drake (le capitaine Worsley refusa de l'affronter pour rejoindre au plus court l'Amérique du Sud). Il ne fallait pas manquer la terre sous peine de partir vers l'océan, sans salut possible. Après une navigation éprouvante, le, ils abordèrent du côté opposé à l'unique port de baleiniers : la traversée de l'île à pied, par les sommets enneigés, fut un autre exploit surhumain. Les rescapés étaient méconnaissables...
Shackleton mit en oeuvre le sauvetage de ses équipiers restés sur l'île de l'Éléphant : après trois tentatives freinées par les glaces, il finit par disposer d'un remorqueur chilien dans l'attente du bon vouloir des autorités britanniques – c'était la guerre en Europe – et récupéra les hommes six mois après avoir quitté l'île dans le "James Caird".
Les vingt-huit membres de l'expédition furent saufs, un seul dut être amputé des orteils gelés (gangrène) pendant le séjour sur l'île. Il est évident, à la lecture du récit, qu'ils doivent leur salut à une organisation disciplinée et un moral solide entretenus par Shackleton qui a prouvé des qualités étonnantes de meneur d'hommes. S'il a douté et s'est cru perdu, il l'a toujours pris soin de le cacher et sut prendre les bonnes décisions. Fin psychologie, il a réparti ses hommes en fonction de leur caractère et s'est arrangé pour avoir de son côté les plus susceptibles de créer des troubles, inévitables dans ces circonstances extrêmes. Soulignons les capacités de marin du capitaine Frank Worsley sur lequel put s'appuyer le Boss et sans lequel ces hommes n'auraient sans doute jamais trouvé les routes justes.
Le livre raconte les détails de cette aventure incroyable et si je me suis permis de spoiler plus que de coutume, un simple coup d'oeil sur les photos du volume en aurait fait autant. L'essentiel est dans les détails de la (sur)vie quotidienne de ces naufragés, objectivement rapportés par Lansing. Prenant, humain, héroïque.
Le glossaire des termes de navigation en fin de volume est utile mais incomplet. Enfin attention, certaines températures mentionnées par l'auteur sont en degrés Fahrenheit, sans indication : si le capitaine en second se réjouit dans son journal de passer Noël à 30°, lisez -1° centigrades...
Hormis cet exploit, Ernest Shackleton ne réussit aucune de ses entreprises pour gagner richesse et notoriété. Très endetté, il mourut d'une crise cardiaque en 1922 lors d'une ultime expédition ; l'autopsie conclut à l'exacerbation de problèmes coronaires par un état de faiblesse prolongé dans le passé : l'expédition Endurance avait laissé des traces. Il repose désormais en Géorgie du Sud , loin de la civilisation, entouré de mers hostiles.
Merci aux éditions des "Les Belles Lettres" et à Babelio.
Lien : https://christianwery.blogsp..
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Tiephaine
  12 février 2018
Un récit passionnant et émouvant, relatant le naufrage d'un équipage d'explorateurs à destination du pôle sud dans les glaces de l'Antarctique, en plein hiver 1915.
Très accessible, le récit de l'expédition puis du naufrage de l'Endurance fait par Alfred Lansing en 1959 se lit avec facilité. le froid, la faim, l'humidité et l'angoisse qu'il y décrit donneront aux lecteurs l'envie de se blottir sous une couverture, et ceci d'autant plus que Lansing a pu accéder aux journaux des survivants et à tous les détails de leur (sur)vie pour rédiger son livre.
Comme je l'ai dit, l'ouvrage original date de 1959, et l'ouvrage que fournissent Les Belles Lettres est la réédition de l'édition française de 1987. La traduction est excellente, et n'accuse vraiment pas son âge. Il est un peu dommage de ne pas avoir (pour des questions de droits, j'imagine) agrémenté le texte de quelques précisions supplémentaires, ou d'une introduction actualisée. Cela reste malgré tout un très bel ouvrage avec un papier très agréable et un format qui ne gène pas la lecture allongée, d'autant plus réussi qu'une carte couleurs générale de l'Antarctique est présente en 2e de couverture, avec une carte en noir et blanc en 3e de couverture, plus précise sur le périple de l'équipage de l'Endurance. Deux carnets de photos assez bien fournis sont également inclus et permettent de mettre des visages sur certains noms, et de préciser la condition de ces hommes là où l'imagination peine à rendre compte de la terrible réalité qu'ils ont dû affronter.
Cet ouvrage est vraiment une très belle lecture, dont la force réside à la fois dans la précision des détails du quotidien, incluant régulièrement de courts extraits des journaux des survivants eux-mêmes, mais aussi dans la grande pudeur de l'auteur lorsqu'il relate les faits. S'il mentionne régulièrement la grande fatigue, la lassitude, l'angoisse, ce n'est jamais dans des épisodes superlatifs qui réduiraient le récit à une aventure héroïque ou pathétique de pure littérature. Il ne mentionne que très peu également les détails moins importants, comme les troubles intestinaux que l'équipage ressentait à ne manger que de la viande. Il ne présente jamais non plus leurs détails intimes, ni leurs états d'âme, hormis quand ils permettent de comprendre la situation à laquelle les aventuriers de l'Endurance devaient faire face. Par exemple, l'épisode de l'abattage des chiens de traineau et du chat de l'équipage est très brièvement mentionné, avec peu de détails larmoyants, ce qu'un auteur contemporain ne manquerait pas de faire.
Le récit de Lansing se concentre sur les faits, et sur l'incroyable combat d'un équipage quasi-condamné pour sa survie dans l'un des milieux les plus hostiles de la planète. Il ne présente finalement qu'une seule lacune: un vrai épilogue rapportant ce que les survivants sont devenus. le destin de certains est véritablement déchirant, et a continué de faire l'actualité (au moins locale) jusqu'au moins en 2004.
Un très bon livre, où l'on apprend beaucoup de choses, donc.
Un grand merci aux personnels de Babelio et des Editions des Belles Lettres pour leur opération Masse Critique (et pour le très beau marque page inclus).
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Salyna
  14 février 2018
Si Hollywood faisait un film où des explorateurs voient leur bateau broyé par les glaces, où ils survivent sur la banquise pendant des mois, puis entreprendre une traverser dans des petites baleinières pour attendre une île a des centaines de kilomètres dans l'océan le plus dur au monde, qu'ils réussissent, se séparent pour qu'un groupe atteigne une île encore plus lointaine pour aller ENFIN chercher du secours et que le tout finisse par une happy ending, on crierait à la non-vraisemblance d'une telle aventure…. Et pourtant… Tout est vrai.
Et cette aventure c'est celle de Shackleton, de ses 27 membres d'équipages et de son navire l'Endurance. Je connais bien cette histoire pour l'avoir plus, relue en roman, BD, vu des films, des documentaires… Mais elle me file toujours le grand frisson ! Tout est tellement incroyable dans ce voyage « maudit ». Les pôles tuent. Mais eux, ils ont survécu. Chaque étape de ce périple aurait pu tuer l'ensemble de l'équipage, mais non. Ils ont été plus forts que TOUT. T-O-U-T.
Richement documenté, ce livre permet de prendre toute l'ampleur de ce voyage et les conditions extrêmes dans lesquelles elle se déroula. Les chapitres sont courts et le livre est séparé en partie qui découpe l'aventure selon les grandes étapes de celle-ci. On y trouve aussi de nombreuses photos et des cartes pour bien suivre le parcours de ces hommes extraordinaires.
Une lecture que je recommande pour ceux qui voudraient découvrir cet épisode de la conquête des pôles, qui est certes un échec (la mission de base n'a pas du tout été atteinte), mais qui est LE plus grand exploit de pôle Sud.

Lien : http://anaiscience.eklablog...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SalynaSalyna   05 février 2018
Son esprit fourmillait constamment de projet qui, il en était persuadé, lui apporteraient la fortune. Sans les énumérer tous, on peut citer la fabrication de cigarettes, une armée de voiture de louage, des exploitations minières en Bulgarie, une usine à baleines, ou encore la recherche de trésors cachés.
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