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ISBN : 2072559448
Éditeur : Gallimard (13/10/2016)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 301 notes)
Résumé :
Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la directio... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
17 octobre 2016
Épigraphe :
Je vais sortir. Il faut oublier aujourd'hui les vieux chagrins, car l'air est frais et les montagnes sont élevées. Les forêts sont tranquilles comme le cimetière. Cela va m'ôter ma fièvre et je ne serai plus malheureux dorénavant. (Thomas de Quincey, Confessions d'un mangeur d'opium.)
Ce livre de Thomas de Quincey qui l'accompagne sur les chemins noirs, Sylvain Tesson en fera cadeau à l'une de ces rencontres, Lucien l'ermite qui s'est établi en retrait près de la Chapelle Notre-Dame de Lure.
C'est en regardant la télé allongé sur son lit d'hôpital, où son plus fidèle compagnon est un arbre qui, "par la fenêtre lui insuffle sa joie vibrante", qu'il va entendre parler d'un rapport sur les départements hyper-ruraux restés à l'écart que n'atteint pas le réseau internet, "une France protégée de "l'aménagement" qui est la pollution du mystère". Il se fait une promesse "Si je m'en sors, je traverse la France à pied".
A partir de ce rapport qu'il se procure, il va établir un plan de fuite qui lui fera prendre, en diagonale, des chemins non balisés partant de l'extrême sud, la vallée de la Roya proche de la frontière italienne d'où il partira un 24 août pour atteindre un 8 novembre "le bord de la Carte et la fin du territoire", le sémaphore de la Hague, le point le plus septentrional du Cotentin. Il va fuir les médecins qui "dans leur vocabulaire d'agents du Politburo recommandent de se rééduquer ". Sa rééducation, il choisit de la poursuivre lui-même en s'en allant par "les chemins cachés bordés de haies, par les sous-bois et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés."
Il y souffrira mais s'il fait allusion à ses souffrances c'est en passant, sans s'y arrêter. Ces notes sont aussi pleines de belles rencontres inattendues et d'amitié, celle de Cédric Gras, Arnaud Humann, Thomas Goisque, sa soeur qui l'accompagneront momentanément ainsi que des écrivains aimés : Giono, Karen Blixen, Jean Henri Fabre, René Fregni qui a écrit un roman intitulé "Les chemins noirs" qui raconte sa cavale, et d'autres...
Ce petit livre est une bouffée d'air dans notre monde de plus en plus formaté et uniformisé. Il nous montre que nous pouvons exercer notre liberté de dire non et faire un pas de côté pour rejoindre la "Confrérie des chemins noirs". Et ces chemins "dessinés sur la carte et serpentant au sol, ils se prolongeraient en nous-mêmes, composeraient une cartographie mentale de l'esquive".
On sait en lisant les mots qui suivent que Sylvain Tesson a pleinement réussi sa rééducation, même si des douleurs persistent ainsi que les nuits d'insomnies :
"Tout corps après sa chute -- pour peu qu'il s'en relève -- devrait entreprendre une randonnée forcée. L'effort, depuis le Mercantour, faisait son office de rabot, ponçait mes échardes intérieures. Je demeurai ce soir-là assis sur un banc de pierre contre le mur d'une maison, devant les prés salés. En face, la ligne de côte de Cancale. Au nord, la brume gazeuse de la mer et du ciel. Au sud, une lumière de tableau italien. C'étaient le moment de faire mes dévotions à la marche, à ma mue, à ma chance."
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joedi
31 octobre 2016
Après les ravages causés par sa chute, plutôt que marcher sur un tapis roulant dans un Centre de rééducation, il a choisi la marche, un exercice qui lui est familier.
Après avoir baroudé dans les pays étrangers, sa remise en forme, sa renaissance, il la réalise sur les chemins de France, les chemins noirs, sentiers parfois devenus inexistants. Son voyage salvateur débute le
24 août à la frontière italienne et s'achève le 8 novembre à l'extrémité du Cotentin. S'il a démarré seul, quelques parcours se font en compagnie de son ami Cédric Gras et d'une de ses soeurs ; le voyage s'achève avec ses deux amis, Goisque et Humann. Les chemins noirs, plus qu'un récit de voyage, est une ode au courage et à l'amitié. Sylvain Tesson, un grand écrivain que j'admire. À lire !
Challenge Petits plaisirs - 142 pages
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Renod
03 novembre 2016
Si vous rêvez de longues journées de marche, perclus de douleurs aux pieds, perdus dans un massif, ce livre est fait pour vous. Le projet de Sylvain Tesson est de traverser la France des Alpes-Maritimes à la Manche en empruntant des petits sentiers. Il souhaite suivre la diagonale du vide, éviter au maximum le territoire urbanisé, aménagé et organisé. En clair, contourner les parkings d'Intermarché, les zones d'activité et les lotissements pavillonnaires pour découvrir le « vrai » pays. Sylvain Tesson va donc traverser le désert français. Pour ce faire, il récupère une carte de l'« Hyper-ruralité » issue d'un rapport gouvernemental sur l'aménagement des campagnes. Il va aussi se munir de cartes IGN qui vont lui permettre d'éviter les itinéraires balisés. En route !
« C'était un voyage né d'une chute ». C'est un homme au coeur et au corps meurtris qui se lance dans cette longue pérégrination sur les chemins noirs. L'auteur a été hospitalisé plusieurs mois après un accident grave. Son corps est désormais diminué, déformé et blessé. La marche est appréhendée comme un exercice salutaire qui doit permettre la rémission. Elle doit aussi l'aider à faire le deuil de sa mère. Il reconnaitra parfois son visage dans les paysages majestueux. Il poursuit également un objectif de fuite. Il s'agit d'éviter le "dispositif", de se cacher du regard d'une société omnisciente et bruyante.
L'aventurier est diminué et l'écrivain a gardé ses raideurs . Ce texte a à mes yeux les mêmes défauts que « Dans les forêts de Sibérie ». Cela manque de naturel et de naïveté. Sylvain Tesson a une lecture trop intellectuelle de son aventure. Il s'agit plus d'un carnet de réflexions que d'un véritable récit de voyage. Son constat sur la France est pourtant juste et argumenté. Il emprunte à de nombreux domaines : littérature, géographie, histoire. Le résultat est un texte sentencieux qu'agrémentent parfois des envolées poétiques ou des fulgurances.
Si les terroirs de l'« Hyper-ruralité » sont un terrain de jeu pour l'aventurier convalescent, il ne faut pas oublier que ceux qui y naissent sont démangés par l'envie de gagner une métropole. Ces territoires ont échappé bien malgré eux à la modernisation et à l'aménagement et sont victimes de leur faible attractivité. L'auteur est-il si différent dans sa quête d'authenticité que les touristes américains venus visiter une Provence "fantasmée" ?
Ce que je retiens de ce livre, c'est qu'il est une invitation au voyage. Il y a une autre France en marge, dépassée, anachronique, « ombreuse protégée du vacarme ». Ces contrées sauvages peuvent être reconquises le temps d'une randonnée et permettre ainsi au marcheur de s'éloigner d'une civilisation bruyante et agitée. Pour ma part, j'ai les pieds qui me démangent et j'ai bien l'intention d'emprunter à mon tour les chemins noirs pour trouver dans les paysages ce que ce livre n'a pas su m'offrir.
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fanfanouche24
15 novembre 2016
"Dans les années 1980, René Frégni, écrivain de Provence, avait publié un roman où il décrivait la traque d'un conscrit réfractaire que l'autorité militaire poursuivait sur les routes d'Europe. Un livre électrique, frappé de ce titre :-Les Chemins noirs- (...)
Un rêve m'obsédait. J'imaginais la naissance d'un mouvement baptisé -confrérie des chemins noirs- Non contents de tracer un réseau de traverse, les cheminements mentaux que nous emprunterions pour nous soustraire à l'époque." (p.34-35)
Une lecture touchante et toute différente, d'un aventurier "casse-cou"..qui nous a abreuvés de ses grands périples aux quatre coins du monde, en passant par une équipée inoubliable en Sibérie;cette fois, rescapé, nous revenant après une très grave chute de huit mètres...Dans ce nouveau récit , en guise de "rééducation" et de Renaissance , le grand voyageur , Sylvain Tesson, a dû se contenter d'arpenter en profondeur la France profonde...en faisant comme un bilan de vie !.
Assisté tout récemment à deux interviews de cet auteur "avant et après" cet accident: écouté un face à face entre Philippe et Sylvain Tesson, le père et fils , dans l'émission de Ruquier ( très significatif...de la difficulté
d'être "le fils de" ... ou le "Père de " !!!) et tout dernièrement, l'émission matinale présentée par Catherine Ceylac, "Thé ou café"...où l'une de ses soeurs , interrogée, remarquait que depuis cet accident, Sylvain Tesson avait gagné en humanité et accessibilité...Ce que l'on trouve en effet , comme nouveau ton, dans "ses chemins noirs" !
Nous retrouvons, l'éloge de la nature, des chemins buissonniers, différents et la Marche, comme outil de reconquête de soi....
"(...) Une cartographie mentale de l'esquive. Il ne s'agirait pas de mépriser le monde, ni de manifester l'outrecuidance de le changer. Non ! Il suffirait de ne rien avoir de commun avec lui. L'évitement me paraissait le mariage de la force avec l'élégance. Orchestrer le repli me semblait une urgence. (p. 35)"
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badpx
16 octobre 2016
Il y a déjà quelques mois que j'avais entendu parler de cette "randonnée" rééducatrice entreprise pas S Tesson suite à sa chute.
Je m'étais donc mis dans un coin de la tête l'info "livre dont la publication ne devrait pas tarder - à suivre"
Et c'est quand j'ai appris la venue prochaine de l'auteur chez mon libraire favori que j'ai découvert le livre... Arf. .. je ne pouvais pas aller à la rencontre d'un auteur sans avoir lu son récit. .... j'ai donc un peu bousculé ma PAL pour faire arriver ce petit volume en haut de la pile.
Et me voilà me jetant sur ce petit essai dès le jour de sa sortie.... pour d'autres c'était Harry potter.... Chacun son truc.
Dès les premières pages, la carte de l'itinéraire... Pfff. .. pour un "convalescent" c'est impressionnant.... et en 2 mois et demi... Moi, il me faudrait 6 mois pour faire une telle "promenade" (en étant en pleine forme).
Ensuite c'est une centaines de pages plus ou moins intéressantes selon les jours, réflexion sur la transformation de la France rurale ou sur les conséquences de son dérapage mal contrôlé sur un toit.
Ses descriptions de paysages aussi simples soient elles font rêver. Il y a ces endroits que l'on connaît et que l'on reconnaît dans ces quelques mots en se disant "mais c'est exactement comme ça que j'aurais voulu en parler".
Il y a ces autres endroits encore inconnus et qu'on a alors envie de découvrir....
Et aussi ces quelques endroits qu'on ne souhaite pas connaitre, comme vers le Cher pour croiser autoroute-Tgv-rivière.... tout en se rendant compte en voyant la date, qu'à quelques jours près on aurait pu faire un signe de la main à ce marcheur regardant passer les voitures depuis un pont.
Mais c'est aussi une invitation à prendre son sac à dos et partir soi même en virée... pas besoin de chasser le pokemon pour sortir de chez soi. Il suffit de chasser ces petites lignes noires sur un grand morceau de papier.
Et sur ce : je me sauve sur les chemins "rouges".... compte tenu de mon sens de l'orientation je préfère trouver une petite flèche m'indiquant la direction à chaque carrefour....
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Les critiques presse (2)
Bibliobs28 novembre 2016
Un petit best-seller assez naïf.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro07 octobre 2016
Après avoir parcouru le monde, SylvainTesson s'en est allé par les vieux sentiers, retrouver le rythme lent du pas à pas, explorer la France et une nouvelle façon d'être libre.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (252) Voir plus Ajouter une citation
cjjouvetcjjouvet17 juin 2017
J'avais encore attendu la libération du jour. Chaque aube est pour l'insomniaque un 6 juin personnel.
P.139
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nadiouchkanadiouchka13 juin 2017
N’avais-je pas juré de me tenir pendant quelques mois sous le commandement des Poèmes païens de Pessoa :
De la plante je dis c’est une plante,
De moi je dis c’est moi.
Et je ne dis rien de plus.
Qu’y-a-t-il de plus ?
Oh, je le soupçonnais, Pessoa l’intranquille, de n’avoir jamais été fidèle à son projet. Comment croire qu’il ait réussi à se contenter du monde ?
P.21
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nilebehnilebeh12 juin 2017
L'hyper-ruralité, les bouseux, qu'il faut faire progresser à grands coups de WIFI, de supermarchés : « Par les champs et par les grèves » de Flaubert deviendra « Par les ZUP et par les ZAC »

P41 : Les nouvelles technologies ne facilitent pas la vie, elles en deviennent le substitut. »
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AlbedoAlbedo14 juin 2017
Chaque matin, le soleil escaladait une barrière de nuages et peinait à passer la herse. À midi, c'était l'explosion.
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nadejdanadejda16 octobre 2016
A Barjac, une plaque sur le mur du cimetière :
"Passant, arrête -toi et prie, c'est ici la tombe des morts. Aujourd'hui pour moi, demain pour toi."
(...) Pendant quelques mois j'avais porté une bague à tête de mort qu'on m'avait retiré après ma chute. L'inscription latine gravée au revers du crâne disait la même chose que la plaque de Barjac : "Je fus ce que tu es, tu seras ce que je suis". J'avais tardé à me pénétrer de cette évidence que les Romains inscrivaient à l'entrée de leurs cimetières
(...) Voilà longtemps que je ne m'étais pas trouvé exactement tel que je le désirais : en mouvement. Je jouissais de me tenir debout dans la campagne et d'avancer sur ces chemins choisis. Noirs, lumineux, éclaircis. C'était la noble leçon de Mme Blixen devant le paysage de sa ferme africaine : "Je suis bien là, où je me dois d'être". C'était la question cruciale de la vie. La plus simple et la plus négligée.
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Videos de Sylvain Tesson (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Tesson
Sylvain Tesson, Une très légère oscillation .http://www.laprocure.com/tres-legere-oscillation-journal-2014-2017-sylvain-tesson/9782849904954.html
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