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Jean Guiloineau (Traducteur)
ISBN : 2757813889
Éditeur : Points (20/08/2009)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 86 notes)
Résumé :
Quittant l'Australie avec ses deux enfants, Olivia se réfugie en France dans la demeure familiale où elle a grandi. Après des années d'absence, elle y retrouve sa mère et son frère, de retour avec sa femme. Dans cet univers fragile, riche en émotions, chacun tente de tenir bon tandis qu'un tragique secret les rapproche sans cesse d'une possible rupture...

Conte noir et fascinant, Ailleurs est à la fois troublant, subtil et profond.
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  07 avril 2014
Fuyant l'Australie et ce que l'on devine être un mari violent, une femme revient après de nombreuses années avec ses deux enfants à la grille de l'immense château de sa mère, quelque part dans la campagne française.
«Ils se tenaient devant le grand portail. Autour d'eux, à perte de vue, une campagne sans relief, laide, la platitude de champs boueux labourés. Ce matin-là, le ciel était doux, d'un bleu pâle et laiteux. le femme portait une jupe de tweed droite, un chemisier de soie grise et ses cheveux noirs étaient retenus dans un chignon non serré, comme celui que sa mère lui faisait autrefois.»
Dans ce château immense où les relations humaines semblent empreintes de règles et d'une froideur venues d'un âge ancien, Marcus, le frère de cette femme franchit aussi la grille avec sa femme Sophie, arrivée dramatique car ils annoncent alors qu'elle vient de mettre au monde une petite fille mort-née. Attendue comme une fête, la réunion de famille avec le retour du frère devient un drame morbide étrangement statique, qui se cristallise autour du refus de Sophie d'enterrer son enfant.
Le malaise et l'étrangeté du récit naissent de la juxtaposition d'une nature luxuriante, du raffinement désuet de ce château immense aux dizaines de portes, semblant comme un décor où se jouent les drames humains, celui de Sophie qui sombre dans la folie, miroir des violences et abandons subies par la femme et ses enfants, qui comme la grand-mère restent des personnages sans nom, comme si les drames passés ne pouvaient être dits.
« Sa chambre … n'avait jamais été sa chambre. Il s'agissait d'une autre chambre d'amis meublée de la même façon. Elle ouvrit les rideaux, détacha ses cheveux et libéra son bras de l'écharpe. Elle se déshabilla en laissant tomber ses vêtements en tas sur le plancher. Elle rampa sur le lit. Elle s'allongea sur le ventre, le visage sur l'oreiller. le temps tourna en circuit fermé ; elle était déjà morte. Puis elle dut sentir les enfants debout à la porte car – avec un très grand effort, en tournant la tête et en ouvrant un oeil – elle vit, dans le miroir, que, oui, les enfants l'avaient espionnée, elle ne savait pas depuis combien de temps, mais ils avaient sans doute vu leur mère allongée sur le lit, l'étendue blanche de son dos couverte de bleus et de marques jaunâtres. »
«Ailleurs» («Disquiet» pour le titre original) est le deuxième roman de la romancière australienne Julia Leigh, qui est également scénariste et réalisatrice ; et de fait l'atmosphère prenante et morbide du récit rappelle « La leçon de piano » de Jane Campion mais aussi le fascinant «Providence» d'Alain Resnais, autour de cette question centrale : Peut-on enterrer la douleur ?
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missmolko1
  03 décembre 2017
Première rencontre avec la plume de Julia Leigh et je dois dire que je suis conquise pas son style. Ailleurs est un court récit ou l'on fait la connaissance d'Olivia et de ses deux enfants. Olivia a fui l'Australie et un mari violent et la voilà de retour chez sa mère dans une maison bourgeoise française. C'est l'occasion aussi de revoir son frère Marcus et sa femme, qui vient d'accoucher d'un enfant mort-né qu'elle refuse d'enterrer tout de suite.
Voila comment on pourrait résumer le livre et pourtant le récit est plein d'allusion, de secrets que l'on devine au fils des pages. Pourtant, après cette lecture, le lecteur n'a pas toutes les réponses aux questions qu'il se pose. Il reste des zones d'ombre et cela ne donne que plus de poids au roman, a ce huis-clos oppressant et sombre. Je pense d'ailleurs que le titre VO est plus adapté : Disquiet (comprenait inquiétude) plutôt qu'Ailleurs en français.
Bref, c'est pour moi une très bonne découverte. Je suis contente d'avoir pu découvrir Julia Leigh et j'ai passé un bon moment avec ce court roman que j'ai dévoré d'un trait.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Shan_Ze
  20 mai 2014
Olivia a quitté l'Australie à cause d'un mari violent. Avec ses deux enfants, ils débarquent dans la demeure familiale où vit sa mère et où séjourne aussi son frère et sa femme sur le point d'accoucher.
L'intrigue est simple, on rentre rapidement dans ce court roman. Mais curieux roman tout de même : les personnages sont sombres ; les enfants, seuls, donnent un peu de couleur à cette histoire. La façon simple d'appeler les différents protagonistes m'a un peu déroutée : la femme, le garçon, la fille. Que des descriptions, pas de pensées.
Un livre un peu surprenant qui nous laisse juger ce moment de famille assez singulier...
(Le titre original est Disquiet, "Inquiétude" résume bien l'ambiance du livre.)
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TarteTatin
  13 mai 2017
Nous sommes face à une histoire de famille, écrite comme un huis-clos. Cela se passe en France, dans une maison bourgeoise et sur son domaine.
Une femme, qui semble avoir été battue et violée par son mari en Australie, revient dans la maison familiale après douze ans d'absence. Elle est accompagnée de ses deux enfants, un garçon de 9 ans nommé Andrew, et une fillette de 6 ans, Lucy.
Tout de suite, on sent une tension entre la femme, Olivia, et sa mère, la maîtresse de maison. On apprend par la suite que ce froid est dû à une fuite soudaine à la mort du père de la femme suivi d'un silence radio de douze ans.
Arrivent ensuite le frère de la femme, Marcus et son épouse. Ils rentrent de la maternité, mais apprennent que l'enfant est morte-née. Sa compagne n'arrive pas à faire le deuil et sombre peu à peu dans la folie, tandis que Marcus semble être obnubilé par joindre sa maîtresse.
Andrew tente tout au long de la nouvelle de contacter quelqu'un en Australie, certainement son père (?). Il a un comportement protecteur envers sa jeune soeur mais dédaignant et moqueur envers sa mère. Lucy, quant à elle, est dans sa période scatologique, parle de vulve, pénis et autres réjouissances du genre.
J'ai apprécié l'atmosphère sombre et pesante, dont finalement on ne sait pas grand chose. On attend une révélation qui ne vient pas : quel est donc le noeud du problème entre Olivia et sa mère, ce qui les a amenées à cette relation minimaliste?, s'est-il passé quelque chose entre Olivia et son père?
Finalement, qu'on ne sache pas n'est pas si important car cela permet d'assoir l'ambiance.
Ce que je n'ai en revanche pas apprécié c'est le fait que l'autrice ne nomme presque jamais son personnage central. Elle appelle Olivia la femme. Peut-être cela évoque-t-il les témoignages anonymes sur des femmes battues. Je trouve que cela n'apporte pas grand chose ni à l'histoire ni au caractère.
Le fait également que son fils soit aussi méprisant envers elle et que cela ne semble pas la choquer outre mesure, me questionne. Soit ce qu'elle vient de traverser est tellement fort que ce comportement peut être jugé de passager et transitoire, soit c'est culturel et alors je n'ai pas les clefs pour comprendre.
Plutôt friande d'histoires de famille et de littérature anglo-saxonne, je dois dire que je suis très mitigée face à cette lecture.
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Nina
  11 mai 2009
Julia Leigh : Edition Bourgois - 104 pages
Rentrée littéraire 2008
Un minuscule roman écrit avec un immense talent ! En effet, il a fallu juste 104 pages à Julia Leigh pour nous transporter dans un univers très énigmatique, où se mêle une époque ancienne et moderne à la fois, où les drames, et la violence sont omniprésents. Mais qu'est-ce qui hante cette demeure : Secrets de famille, non-dits ?
Une femme et ses deux enfants arrivent près d'un château, dont on comprend très vite qu'elle n'en connait pas ou plus les habitudes car elle ne sait pas comment y pénétrer, le portail central est muni d'un dispositif de sécurité dont elle ignore le code d'ouverture.
Avec l'aide de ses enfants, Elle arrivera à écarter la vigne vierge, à ouvrir une vieille porte oubliée et à pénétrer dans ce domaine au décor suranné. Les jardiniers et les serviteurs la saluent et l'appellent Olivia, elle n'est donc pas une intruse même si son arrivée est un peu singulière.
Olivia a un frère qui arrive lui aussi d'une façon impromptue avec sa jeune femme et comble de l'horreur leur enfant mort-né que la mère ne veut pas enterrer tout de suite. Olivia elle, a fuit un mari violent. Ce château est le berceau de leur enfance mais aussi et surement de leur névrose, on peut deviner un amour incestueux entre le frère et la soeur, mais quoi d'autre ? le mystère plane.
Les journées dans ce château sont étouffantes, les tensions montent, le seuil de la folie n'est pas loin. Chez ces adultes fragilisés, en proie à des émotions douloureuses, qu'ils ont du mal à maitriser, le quotidien est difficile. Et les enfants dans tout ça ? Et bien pour rajouter une dose d'angoisse à ce décor macabre, il y a un bébé qui attend sa sépulture, une petite fille qui a un comportement et un vocabulaire des plus étranges et un petit garçon qui a décidé de s'enfuir.
Je vous conseille la lecture de ce roman, dont l'ambiance me fait beaucoup penser à celle des livres de Marguerite Duras et ses personnages qui avancent sur une corde raide.
Julia Leigh est un auteur à suivre, pour le moment "Ailleurs" est le seul roman édité en France. On peut remarquer qu'elle est édité chez Christian Bourgois qui est une excellente maison d'édition.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   17 février 2012
Lecture Jeune, n°129 - mars 2009 - Une femme quitte précipitamment l'Australie avec ses deux enfants pour se réfugier dans la grande demeure familiale, en France. Elle y retrouve sa mère, son frère et sa belle-soeur qui vient d'accoucher. Mais l'enfant est mort né et la jeune femme ne peut se résoudre à l'enterrer. Alors que le roman se déroule de nos jours - quelques détails comme un portable, suffisent à l'indiquer - l'intrigue semble se passer dans une époque lointaine, ailleurs... L'atmosphère est lourde et mêle deux drames parallèles : le cadavre du bébé évoque un scénario morbide et l'épouse a fui la maltraitance conjugale. Beaucoup de questions resteront en suspens dans ce roman, comme le sort du père que l'enfant tente de joindre au téléphone. La mort rôde sur la demeure et menace tous les protagonistes...
Peu de mots, pas de descriptions inutiles, ni de digressions, une littérature efficace : une écriture envoûtante décrit par touches suggestives un huis clos qui se déroule dans un lieu tout aussi enchanteur que maléfique. Les lecteurs les plus âgés apprécieront ce conte sombre, car il n'est pas sans rappeler l'univers cinématographique qui leur est familier : gothique et fantastique. ? Cécile Robin-Lapeyre
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
clarinetteclarinette   31 août 2009
Grand-mère apparut en haut de l'escalier. Elle était impeccablement vêtue d'une veste de laine et d'une jupe assortie, et portait un collier de perles irréprochable. Une canne à pommeau d'argent qui ressemblait à un sceptre était posé à côté d'elle. Elle était petite et menue, mais donnait l'impression d'une digne résignation.
"Bonjour, mère.
- Bonjour Olivia."
La femme gravit l'escalier de marbre et, arrivée près de sa mère, elle prit sa main squameuse et molle et l'embrassa. Un geste formel, pas de réconciliation. Et à son tour, sa mère l'évalua du regard - ses cheveux en désordre, ses bas déchirés, son bras cassé. Avec tact, elle décida de ne faire aucun commentaire.
"J'avais besoin de revenir à la maison, dit la femme." Il y eut un long silence. "Et bien, voici les enfants.
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PenelopePenelope   30 novembre 2009
Le garçon faisait des ricochets tandis que sa sœur creusait un trou dans le sable en se servant de la main en plastique de sa poupée comme d'une pelle. Des saules pleureurs se mêlaient à leur reflet. De l'autre côté du lac, une forêt sombre ondulait.
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missmolko1missmolko1   03 décembre 2017
Ils se tenaient devant le grand portail. Autour d'eux, à perte de vue, une campagne sans relief, laide, la platitude de champs boueux labourés. Ce matin-là, le ciel était doux, d'un bleu pâle et laiteux. le femme portait une jupe de tweed droite, un chemisier de soie grise et ses cheveux noirs étaient retenus dans un chignon non serré, comme celui que sa mère lui faisait autrefois.
Commenter  J’apprécie          20
nina2loinnina2loin   12 mars 2013
Sophie était allongée sur une couverture de pique-nique au milieu de la pelouse, avec son paquet; elle avait passé presque tout l'après-midi au dehors. Quand la femme sortit de voiture, elle aperçut Sophie et elle l'observa qui essayait de soulever le paquet au-dessus d'elle et de le secouer.
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Videos de Julia Leigh (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Leigh
Bande annonce du film Sleeping Beauty de Julia Leigh avec Emily Browning.
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