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EAN : 9782277219460
Éditeur : J'ai Lu (26/02/2001)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 13 notes)
Résumé :
La lointaine planète Nédim et son fabuleux site archéologique de Gogleth... Depuis l'enfance, Akrèn rêve de les découvrir. Elle touche au but. Du moins le croit-elle.
Son vaisseau s'est en fait posé à Loed, la capitale. Si l'on peut dire ! Une ville en ruine, des colons qui se droguent pour oublier un implacable hiver long de plusieurs décennies, des indigènes hostiles. Et Gogleth ? L'ancienne cité est à 3000 krn et désormais enfouie sous les glaces... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Pavlik
  14 octobre 2014
Au delà de son titre intriguant, l'Homme qui tua l'hiver se révèle être un roman de sf plutôt agréable à lire, bien que tout n'y soit pas non plus excellent. le récit met en scène la découverte de la planète Nédim par une jeune archéologue nommée Akrèn, venue, au terme d'un voyage stellaire de plusieurs années, entreprendre les fouilles d'une cité mythique : Gogleth. Mythique, Gogleth l'est pour deux raisons : d'abord elle atteste que les Nédans, aujourd'hui nomades, battirent une grande civilisation. Ensuite parce qu'elle serait la demeure de Héloc, le dieu de l'hiver. En effet, le climat est très rude sur Nédim, du fait d'une longue révolution autour de son étoile, et les hivers, comme les étés, durent plusieurs générations. Ces conditions extrêmement rudes sont au coeur de la mythologie nédane puisqu'elle sont personnifiées par la lutte éternelle que se livre Bléoc (l'été) et Héloc.
L'une des grandes force de ce livre est sa capacité à nous décrire, et au delà à faire vivre, une civilisation très originale, avec moult détails, jamais tape à l'oeil ni artificiels, mais au contraire crédibles et qui, à la longue, forment un tout cohérent. On pense un peu, à l'évocation des coutumes nédanes aux Inuits de notre bonne vieille terre, mais sans que cela sente la contrefaçon. Une autre des qualités de ce roman est la réflexion qu'il porte, plutôt en filigrane qu'en étendard, sur la colonisation, en tant que méthode d'expansion d'une civilisation, et sur les rapports entre colonisateurs et colonisés et, au delà, sur les rapports entre cultures fortement inégalitaires au niveau technologique, en tout cas sur le papier.
Akrèn, en effet, vient de la planète Lanmeur (le roman fait d'ailleurs partie d'un cycle plus vaste, baptisé ainsi) qui prône la doctrine dite du Rassemblement, celui de toutes les civilisations au sein d'une même humanité. On entend donc également, en creux, une critique de la standardisation et de l'homogénéisation.
En revanche, au niveau de l'intrigue en elle-même ça reste relativement linéaire, voire morne à certain moments. Si le style est plutôt agréable et les personnages, notamment la confrontation entre Akrèn et Ennian (le guide des nédans), sont bien caractérisés, avec une certaine profondeur, l'histoire ne connait aucun rebondissement particulier. On est dans le cadre d'un récit d'expédition (celle d'Akrèn vers Gogleth, accompagnée par Ennian et ses hommes) mais qui, heureusement, de part la capacité de l'auteur à rendre son univers crédible et original, ne s'embourbe pas dans l'ennui. Enfin j'ai été relativement déçu par la fin, bien trop vite expédiée, par rapport aux enjeux soulevés et qui ne tranche pas clairement (mais peut-être n'ai-je pas su voir où voulait en venir l'auteur) entre registre symbolique, mythique ou réel.
Quelques faiblesses donc, mais qui ne sauraient masquées les grandes qualités de l'imaginaire de Christian Léourier ainsi que la critique morale que porte ce bon roman de sf.
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BazaR
  03 juillet 2014
Ce roman, qui fait partie du cycle de Lanmeur, est un concentré d'imaginaire anthropologique.
Concentré assurément car il ne fait même pas 200 pages et contient pourtant autant d'images fabuleuses que les gros pavés dont les éditeurs d'aujourd'hui nous abreuvent. Anthropologique car, une fois encore, Christian Léourier excelle à nous présenter une civilisation humaine fascinante très différente de ce que nous connaissons.
Akrèn est une jeune archéologue de Lanmeur, la planète qui a décidé d'unifier toutes les civilisations éparpillées dans l'univers au sein du Rassemblement. Depuis toujours elle rêve d'explorer les vestiges de Gogleth, la principale ville autochtone de la planète Nédim. Lorsqu'elle l'atteint après des années de voyage en hibernation, elle découvre une colonie Lanmeurienne en train de dépérir, des autochtones méprisants et songeant à la révolte, et l'hiver implacable qui, ici, est déjà là (G.R.R. Martin, si tu m'entends…).
Car Nédim est une planète à forte excentricité dont la longueur d'une saison englobe des générations humaines (pas aussi longtemps que sur l'Hélliconia de Brian Aldiss mais pas loin). C'est si long que les autochtones Nédans ont personnifié les saisons comme deux Dieux qui s'affrontent éternellement pour l'amour de Nédim et règnent tour à tour durant des dizaines d'années. La vie des Nédans est réglée dans leur quotidien même par cette lutte divine. A présent, il est temps pour l'Élu de se rendre à Gogleth couverte de glace, pour tuer l'Hiver. Akrèn profite de l'aubaine et se joint à l'expédition pour explorer la Ville dont elle a toujours rêvé.
Le roman est divisé en trois parties : l'arrivée à Loed, capitale mourante des colons Lanmeuriens imbibés de drogue, l'expédition vers le Nord glacial avec chiens et traineau, enfin la découverte de Gogleth qui se révèle une véritable nécropole aussi riche que la Vallée des Rois en Égypte. Transversalement, le plus intéressant est la présentation du mode d'existence religieusement rigide, forgé par des siècles de confrontation avec une nature hostile, des Nédans, et des interactions avec les colons. Les deux groupes éprouvent un profond mépris l'un pour l'autre. Akrèn considère les autochtones comme des arriérés superstitieux, cependant elle n'a de cesse de parvenir à se faire accepter par ses guides lors de l'éprouvant voyage vers le Nord. Les Nédans voient les colons comme de gênants moustiques d'été incapables de comprendre les forces qui habitent leur planète et seront balayés par elles. Malgré les tentatives le fossé qui les sépare est infranchissable. du moins…
J'ai pris mon temps pour lire ce court roman, car sa densité me rassasiait au bout de quelques pages. Je l'ai consommé délicatement comme un mets précieux. A la fin j'aurais voulu prolonger ce contact, en apprendre plus sur Nédim et ses Dieux, mais paradoxalement j'étais ravi de sentir que ce désir ne serait pas satisfait. Si le désir et la curiosité sont encore présents à la fin d'une histoire c'est qu'elle a parfaitement rempli son office. Elle termine par la note la plus positive qui soit, l'antithèse de l'ennui.
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OumG
  07 juillet 2017
Il l'a tué ! Une prophétie auto-réalisatrice comme titre. Un mythe éternel en introduction. Un bref aperçu d'événements à venir. Puis le roman n'est plus qu'un arc court tendu vers une fin. Etonnant de densité nerveuse. Comme la narratrice.
Deux cultures. Qui se méprisent mutuellement. Laquelle domine l'autre ? Laquelle a contaminé l'autre ? Qui sert qui ? Qui se sert de qui ? Ces deux faces d'une même quête, fusionneront-elles ?
Comme dans Ti-Harnog, une culture référentielle fermée, forte et partagée. Même par des antagonistes. Et ici un environnement inhospitalier. Qui ne se laissent pas dominer aisément par un Lanmeur campé entre avidité et veulerie.
La magie d'un système symbolique et mythique est nécessaire aux sociétés. Peut-être aussi au monde.
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jamiK
  31 juillet 2017
On retrouve dans ce récit de science fiction, la trame des récits d'expéditions scientifiques fantastiques, allant de Jules Vernes à Indiana Jones. Ce récit est cours et dense, il y a aussi en arrière plan, le problème du colonialisme. L'expédition d'Akren se déroule dans un monde hostile et glacé. La planète Nédim entre dans un long hiver et Akren part à la recherche de la cité perdue de Gogleth. le travail sur la mythologie des autochtones est subtilement élaboré, assez complet et donne une armature solide au récit, l'expédition elle même est digne des aventures précitées, l'écriture est fluide et agréable, je déplore quand même une fin un peu abrupte qui atténue un peu mon enthousiasme. C'était un bon moment de lecture réunissant parfaitement aventure, planet opera et ethnologie.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   30 juin 2014
- Pourquoi bois-tu du léthé? demanda Akrèn. Tu es le premier Nédan que je vois en absorber.
- Ce n'est pas du léthé, dit Ennian. Le léthé est une eau qui éteint. Moi, je bois le brasier qui enflamme.
- Ce breuvage a le même arôme. Je croyais...
- Dans l'eau est le feu, dans le feu se trouve l'eau. Le fou s'accroche aux séductions du paraître et s'y noie. Seul, le sage sait extraire le principe.
Akrèn changea de conversation. Elle avait horreur de ces philosophies primitives qui confondaient sagesse et paradoxe dans un salmigondis de mots dénués de sens.
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PavlikPavlik   10 octobre 2014
Pour une Han, sans doute est-il impossible de voir ici autre chose qu'un cimetière peuplé de cadavre. Pourtant, la vérité de Gogleth n'a rien à voir avec cette apparence trompeuse. Gogleth est pleine de vie, au contraire. Ceux qui y dorment, à une exception près, sont fils du printemps. Ils ne peuvent pas mourir, car ils sont la vie même. Ils m'insuffleront leur énergie, à moi qui suis né en hiver. Voilà pourquoi je suis venu.
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BazaRBazaR   28 juin 2014
Paradoxalement, la science ne peut que constater son incapacité à donner une image globale du monde. Le vieux rêve de l'explication ultime se dissout dans la diversité de théories partielles, dont la validité suppose qu'on en circonscrive le champ. Tandis que le monde de la croyance est, par essence, globalisant.
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PavlikPavlik   07 octobre 2014
La viande, qu'on servait embrochée, était grasse, à peine cuite, et fade. Le parfum de graisse chaude excita sa convoitise. En tout autre lieu, la vue de la chair flasque, grise, lui eut soulevé le cœur. Mais elle connaissait, pour l'avoir éprouvée autrefois, la subite transformation du goût que suscite un milieu hostile. Et c'est avec délice qu'elle mordit dans la viande trop molle.
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PavlikPavlik   03 octobre 2014
Qu'elle fût absorbée ou attendue avec impatience, la drogue pesait de toute son omniprésence. Les conversations roulaient sur la prochaine embâcle des marais. Le son montait. On pestait contre les indigènes qui, déjà, désertaient le marécage. Et on se plaignait, sans dignité, d'un manque qui n'existait pas encore.
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