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ISBN : 2371190063
Éditeur : Piranha Editions (06/02/2015)

Note moyenne : 2.5/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un roman féroce sur la famille et les racines par l’un des auteurs les plus importants de la littérature allemande contemporaine.

Deux sœurs, installées en Allemagne, acceptent l’offre d’un riche membre de leur communauté d’origine : il leur propose une importante somme d’argent pour l’exhumation de leur père car il veut réunir dans un même tombeau les dépouilles de ses amis bulgares morts en exil.
Un convoi de limousines les conduit donc à So... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Zebra
  02 février 2015
Sibylle Lewitscharoff est une romancière allemande. Née en 1954, fille d'un médecin bulgare -émigré en Allemagne à la fin des années 1940- et d'une mère allemande, Sibylle passe sa jeunesse à Stuttgart puis à Berlin, où elle suit des études supérieures d'histoire religieuse. Elle se met à l'écriture au début des années 2000 et reçoit en juin 2013 le Prix Georg-Büchner, la plus prestigieuse distinction littéraire allemande. « Apostoloff », écrit en 2009, est le quatrième ouvrage de Sibylle Lewitscharoff. Paru en français aux éditions Piranha en janvier 2015, ce roman est centré sur la mort d'un père que l'on va inhumer dans sa Bulgarie natale.
L'histoire ? Tabakoff, un bulgare qui a fait fortune en Allemagne, veut ramener au pays les restes de dix-neuf compatriotes et réaliser pour eux un monument funéraire destiné à recueillir leurs cendres. Parmi les défunts, il y a un gynécologue, ce père, anciennement établi à Degeloch (une bourgade sans caractère), qui se pendit à 43 ans après deux tentatives de suicide (pour sauver les apparences, on dira qu'il a été éliminé par les Services Secrets). Les proches de Tabakoff forment convoi et voyagent en limousines noires, avec les urnes funéraires. Rumen Apostoloff traverse l'Allemagne au volant de sa Daihatsu en compagnie des deux filles du pendu : ils se rendent tous trois en Bulgarie. La plus jeune des filles, la narratrice, raconte au lecteur ses impressions et lui fait part de ses réflexions.
La narration ? Au cours du voyage, Rumen fait preuve d'élans patriotiques explosifs, aveugle et sourd qu'il est à une réalité bulgare post-communiste remarquablement sordide. La narratrice exècre la Bulgarie, son histoire, ses paysages, ses réalisations, son état de délabrement général, sa misère sociale et son manque d'avenir. Depuis la banquette arrière de la voiture où elle est affalée, elle moque tout ce qu'elle voit, mélangeant ses observations et ses souvenirs de jeunesse, puisant dans sa mémoire autant d'images, de sonorités et de blessures qui remontent à la surface, en l'état ou recomposées. Dans ce livre, elle critique non seulement ce père qu'elle a peu connu, mais aussi sa mère et son caractère détestable, ses cousins, ses oncles et ses tantes. A sa soeur ainée, assise à l'avant aux côtés de Rumen, elle voue une détestation certaine tout en manifestant à son égard une curieuse complicité, épisodique et malsaine. Dans ce théâtre qu'elle se fabrique, les ombres et la réalité se mêlent en un kaléidoscope singulier qui laisse peu de place à la beauté : de la Bulgarie, elle n'admire que les icônes (cf. ma citation) et le fromage de chèvre. Cicéron, guide et chauffeur, Rumen conduit la narratrice à verbaliser son histoire personnelle, entreprise facilitée par les inévitables rencontres faites par nos trois protagonistes tout au long du voyage.
Les enjeux du livre ? « Apostoloff » est une auto-analyse noire, macabre, burlesque et baroque (pour ne pas dire, rococo) de la relation de Sibylle avec sa famille. Il est difficile de démêler l'histoire de ce voyage et l'histoire de la famille de la narratrice, une famille qui ne produit que du malheur. Une exception, Lilo, une tante bulgare avec laquelle la narratrice, alors enfant, a entretenu une réelle amitié. Avec ce « Familles, je vous hais », Sibylle Lewitscharoff ne pousse pas seulement un cri du coeur ; elle se met à nu, se risquant à exposer en un long monologue un passé traumatisant qui l'habite encore. Cet ouvrage est une thérapie individuelle : en relatant son drame, Sibylle Lewitscharoff nous jette à la figure une tragédie bien perceptible, nous forçant à lire une partition où se précipitent bégaiements, bafouillages, jeux de mots, railleries et points de suspension. Mais cette confession –qui lui permet de dominer son passé- ne doit pas excéder certaines limites, faute de quoi les protections mises en place viennent à se désagréger. le dosage n'est pas facile : l'auteure souffre d'insomnies, de migraines et de vomissements dès que la pression devient trop forte. Sibylle Lewitscharoff utilise un style mordant, un humour grinçant, riche, inspiré, froid et acide, et nous emmène -tel un bulldozer et sans arrière-pensées- au bout de sa nuit. du deuil de son père, par un tour de passe-passe habile et surprenant, elle fait une autobiographie satirique, moqueuse, lucide et légère qui confine au grand guignol, au risque de heurter la sensibilité du lecteur qui pourrait ne pas tolérer de voir ainsi bousculés les tabous traditionnels (le respect des parents et des anciens, l'effacement et le recueillement devant la mort …). Au terme de ce livre, est-ce que l'auteure a tué la mort ? A-t-elle accompli sa mission ? A vous d'en juger. Pour ma part, je mets 4 étoiles.
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AudreyT
  06 février 2015
Avant toutes choses, je tiens à remercier Babelio et les éditions Piranha pour l'envoi de ce roman. C'est dans le cadre de la dernière masse critique que je l'ai gagné.
Deux soeurs traversent la Bulgarie, pour rejoindre Sofia y enterrer leur père, mort depuis longtemps. Dans leur convoi, plusieurs bulgares exhilés en Allemagne, seront aussi ramenés au pays. Leur chauffeur, Apostoloff, décide de profiter du voyage pour vanter les mérites de son pays...
Je ne connaissais pas cette auteur et j'avoue avoir été déstabilisée par son écriture. Elle part un peu dans tous les sens et j'ai eu du mal à suivre les chemins tracés...
Je ne connaissais pas non plus cette édition, qui est très agreable au toucher et à la vue, que ce soit les caractères ou la couverture...
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yv1
  01 mars 2015
Alléché par le dossier de presse d'une part et très satisfait de ma découverte des éditions Piranha avec des titres précédents (Dernier requiem pour les Innocents, Carambole) j'ouvre donc ce roman enthousiaste. Mais pour être franc, je coince dès le début, à cause des nombreuses digressions qui retardent d'autant la mise en place de l'histoire : pourquoi les deux soeurs sont elles en voiture avec Ruben Apostoloff (sauf si l'on a lu le résumé et qu'on l'a retenu) ? Pourquoi leur père s'est-il suicidé ?
A cause aussi du style très personnel qui contourne le sujet, ne l'attaque pas de front et procède par allusions ou images et qui demande pas mal d'attention parce que les phrases sont parfois longues et biscornues ; je salue d'ailleurs ici le travail des traducteurs qui ont dû s'arracher quelques cheveux. Néanmoins, dans ma relative incompréhension, j'ai pu relever quelques réflexions bien menées sur le monde et un humour noir, sarcastique, assez vache, on n'est pas dans la blague à deux balles mais dans une critique sévère par l'humour.
Pour atténuer mon propos, je dois dire que si le style ne me sied point, il plaira à d'autres -c'est vraiment un ressenti très personnel- et que c'est un choix audacieux que de publier un texte qui ne m'a pas semblé très facile. Je salue donc ici les excellentes éditions Piranha qui en plus, une fois qu'on a ôté la sur-couverture ont eu la bonne idée d'une sublime couverture noire avec écriture blanche, comme pour Carambole. Éditer des textes un peu décalés, c'est prendre le risque que ça ne marche pas à tous les coups, mais au moins, on sait qu'en allant chez ces éditeurs on ne lira pas de bluette mièvre ou de littérature passe-partout. Tant pis pour cette fois-ci, je retournerai chez Piranha voir si d'autres ouvrages me correspondent davantage et sûr que j'en trouverai.
Lien : http://lyvres.fr
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nelly76
  17 juillet 2016
Nelly76. 2 ème essai hélas infructueux, j ai persisté pourtant 120 pages , je ne dis pas que le livre est mauvais , au contraire au niveau du style c 'est de la "haute voltige ce serait presque un livre qu ' on aurait pu analyser en 3 ème à mon époque. Mais ses nombreux retours en arrière me dérange .Ceci dit c 'est une très bon roman tant au niveau de la forme que du fond mis ce n 'est certes pas un roman à emmener à la plage , c 'est un livre à lire dans une pièce au calme . peut - être si mes notions d'allemand n étaient pas si loin et quelque peu oubliées je l aurai lu en allemand , je pense que l approche et le resssenti sont différents je ne remets pas en cause la traduction au contraire au final très bon livre mais d une lecture difficile "prise de tête comme on dit plus familièrement.
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lezeromasque
  15 mars 2015
J'aurais aimé aimer. Vraiment. Après lecture du résumé, j'avais l'eau à la bouche. Mais le roman est hermétique. L'écriture est soignée mais aussi difficile à comprendre. D'autant plus que nous sommes sans arrêt dans la tête d'une femme, qui porte son dégout de quasiment tout en étendard et semble se complaire dans des déclarations alambiquées qui apparaissent souvent pénible. Au final, le personnage est tout sauf aimable. La trame narrative est quasi inexistante et se compose avant tout des atermoiements intérieurs de l'héroïne.
Bref, j'aurais aimé aimer mais j'ai réellement eu du mal à finir ce livre.
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critiques presse (1)
Liberation   16 février 2015
Paradoxalement la férocité comique de l’ouvrage est renforcée par sa dimension autobiographique : Sibylle Lewitscharoff (née en 1954) a injecté dans son roman de nombreux éléments de sa propre vie. Comme la narratrice, elle est le fruit de «l’amitié germano-bulgare», son père était gynécologue et s’est suicidé lorsqu’elle était enfant après des années de neurasthénie contaminante. Aujourd’hui, elle règle ses comptes.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ZebraZebra   03 février 2015
page 70 [...] Soudain nous sommes dans un vestibule où nous devons nous habituer à l'atmosphère froide et humide et à l'obscurité. Nous sommes entourés de fresques murales, rouges, bleues, terre d'ombre, avec des dessins de personnages à première vue naïfs, des auréoles autour de la tête de saints dont nous ne connaissons ni les noms ni les légendes. Nous ne sommes pas initiées ; tout à coup, le fait que nous ne sachions rien de rien nous inquiète. J'ai l'impression que ces personnages chuchotent, qu'ils se consultent dans une colère mal dissimulée, avec leurs lèvres pincées de saints, et que, dans leur barbe fourchue, ils murmurent sur notre compte, nous les filles de Kristo qui ne valons pas grand-chose. Je les vois, serrés les uns contre les autres, avec leurs auréoles ; ils titubent, se confondent, comme si un fin brouillard avait délicatement dissous leurs contours. Mais je reconnais le sérieux de leurs visages brunâtres ; dans une église orthodoxe, on peut se fier au sérieux des visages. Rumen nous précède dans la salle principale. Pouvons-nous seulement y entrer ? Nous posons timidement un pied devant l'autre et nous nous comportons en tout très, très prudemment. Qui décrira notre émoi au moment où nos yeux explorent la salle ? Un éblouissement, d'emblée. Au mur, une effervescence inouïe, jamais vue. Ce n'est pas simplement de l'or qui, en masses lourdes, est plongé dans la cogitation, mais de l'or inspiré qui étincelle, quand les poumons se dilatent, qui miroite et s'éteint à l'expiration de l'air. Des reflets successifs, produits par de petites lampes à pétrole et des bougies, donnent une lueur pleine de sens et une pénombre enveloppante. Tout cela, dans la coexistence, vit et converse, dort et rêve, tour à tour. [...]
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ZebraZebra   04 février 2015
page 132 [...] Ah, Choumen. Nous traversons déjà le centre de Choumen. Les rues sont droites, les poteaux électriques en béton, le vent souffle, des papiers voltigent dans tous les sens, quelques piétons fatigués se déplacent avec des sacs chargés, des poubelles sont à moitié arrachées à leurs supports. Un lieu que personne ne visite, mais non parce qu'il se déroberait avec un entêtement particulier à la découverte. Il faut des idiots comme nous pour venir ici, ou des romantiques invétérés de l'Est qui saluent avec la délicate émotion du connaisseur toute tôle rongée par la corrosion. Les habituels blocs laissés à l'abandon avec leurs balcons de fer rongés et penchés, de longs nez de moisissure et de rouille, avec des tuyaux qui, en forme de crochets, dépassent des murs. Des taches d'humidité chiasseuses autour des fenêtres ; tous les blocs sans exception attaqués par la lèpre, venus au monde déjà avec des chancres, des fissures étatiques, mais ici avec une particularité supplémentaire triomphante : les logements ont été collés les uns sur les autres. Lors de l'entassement des éléments, de gros boudins de colle coincés entre eux ont débordé. Ils sont restés comme ils étaient. La beauté ? Pour quoi faire ? Pour la machine administrative communiste tous les gens sont pareillement une aveugle vermine. [...]
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