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Lucien Poirier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782262026141
568 pages
Éditeur : Perrin (01/02/2007)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Il n'y a guère, en matière de stratégie, de plus grand nom que celui de Liddell Hart. Ses conceptions, souvent prémonitoires, ont joué un rôle déterminant, des deux côtés, lors de la dernière guerre. Ce livre qu'il a consacré à l'histoire de la stratégie est devenu un classique en raison de sa méthode, de sa hauteur de vues, de sa rigueur spéculative. Il met aussi en œuvre une érudition sans faille, des batailles de l'Antiquité et du Moyen Age jusqu'aux guerres de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Luniver
  25 septembre 2013
« Stratégie ». Difficile de faire plus court et plus clair pour exposer l'objectif de l'auteur : revisiter toutes les grandes campagnes militaires de l'histoire pour en dégager des conditions de victoire. Après cette étude, Hart en est convaincu : seule l'approche indirecte permet la victoire. Il faut toujours surprendre l'ennemi, l'attaquer là où il se pensait en sécurité, couper ses lignes de ravitaillement jusqu'à la « dislocation de l'équilibre psychologique et physique de l'ennemi ». D'Hannibal, traversant les Alpes à dos d'éléphant, aux divisions blindées allemandes, coupant par les Ardennes pourtant réputées infranchissables, c'est toujours la même histoire qui se répète.
Hart nous promène donc à travers 2000 ans d'histoire pour nous présenter ce constat : à chaque fois qu'un général prend l'armée adverse par surprise, il obtient des résultats rapides pour un coût très faible. À l'inverse, à chaque fois qu'il attaque l'ennemi précisément où celui-ci l'attend, ses pertes matérielles et humaines sont sévères, pour un coût nul.
Je déplore l'absence totale de cartes dans ce livre, absence qui se fait cruellement sentir. Comme le lecteur passe des campagnes byzantines en Asie Mineure à la guerre de Sécession, en passant par les guerres du Péloponnèse, il devient impossible de visualiser clairement les mouvements des armées que l'auteur nous présente. On peut aussi reprocher à Hart son chauvinisme qui transparaît dans certaines considérations. Néanmoins, son ton didactique compense ces défauts.
Sa vision de la stratégie est très complète et aborde également l'après-guerre : « le véritable objectif national en état de guerre comme en état de paix, est une paix encore plus parfaite ». Dans cette optique, un chef d'armée doit penser à éviter les bains de sang inutiles ou les conditions de reddition absurdement sévères : obliger l'adversaire à reconnaître son impuissance et le laisser déposer les armes sans combattre sera toujours la meilleure solution.
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POY1
  05 juillet 2020
Stratégie de Sir Basil Liddel Hart est un livre référence pour tous ceux qui suivent une formation en sciences militaires, politiques ou historiques. C'est un essai ardu à lire qui apportera pourtant des éclairages pertinents aux personnes qui s'intéressent aux faits de guerre.

Pour ce qui est de la lecture, je l'ai précisé précédemment, elle est difficile pour des raisons bien détaillées par le billet de Luniver, que je ne reprendrai pas.

Hart, décédé en 1970, a écrit cette oeuvre majeure en analysant toutes les batailles décisives de l'Antiquité à la Seconde guerre mondiale. Sa pensée et la pertinence de ses remarques sont aujourd'hui toujours appliquées par les Etats modernes. Il s'oppose à Clausewitz, autre théoricien de la stratégie. Clausewitz promouvait la bataille frontale, de masse et de puissance comme l'élément décisif qui ferait gagner un conflit. Au contraire, Hart estime que la force est celle de l'intellect. Car seule l'intelligence permet l'analyse de la situation, des forces et des faiblesses de l'ennemi et donc favorise la réussite des actions militaires.

Hart le rappelle, l'action militaire ne s'inscrit pas seule. Elle est un moyen pour un gouvernement, non pas de gagner la guerre mais de conserver la paix.

L'action politico-militaire se décompose en trois ensembles dépendants. D'abord, la grande stratégie. Dirigée par les politiques, elle définit le but politique recherché et fixe les objectifs généraux à atteindre. Ensuite, la stratégie qui est la planification des actions militaires possibles contre l'adversaire et qui permet d'atteindre les objectifs définis par le politique. Enfin, la tactique qui correspond à la mise en oeuvre de la stratégie sur le terrain.

Hart tire la conclusion que seule la stratégie indirecte porte ses fruits. Elle appuie sur les faiblesses de l'ennemi, en un lieu et un moment où il ne s'y attend pas. S'appuyant sur la désinformation de l'adversaire, elle ne se veut pas destructrice mais surtout paralysante par ses effets et elle est bénéfique par l'atteinte des objectifs recherchés. Car Hart rappelle que la guerre n'est pas une fin en soi, mais, notre naïveté ne doit pas nous faire admettre qu'elle n'est, parfois, pas la solution pour conserver la paix.

Les Etats modernes, démocratiques ou pas, partagent tous la pensée que le conflit apporte toujours plus d'instabilités et de désavantages que de gains. La Guerre Froide et le contexte actuel le prouvent, il n'y a plus de conflits « à l'ancienne ». « La grande stratégie [définie par les politiques] doit envisager des perspectives plus lointaines, car son problème consiste à gagner la paix [p.565] ». La destruction de l'autre n'a aucun intérêt.

La difficulté surgit lorsque l'Etat lutte dans une guerre asymétrique, où l'équilibre des forces n'existent pas et ne permet pas un affrontement direct sur champ de bataille, éléments que n'a pas analysés Hart. Ce fut le cas lors des guerres de décolonisation mais c'est également le cas quand l'adversaire est aveuglé par le fanatisme et qu'il n'envisage pas autre chose que la destruction de l'autre comme objectif. le principe de la stratégie tel que l'envisageait Hart devient alors pour partie caduque, la lutte contre l'Etat islamique est un parfait exemple de la nécessité d'adapter la pensée stratégique à cette nouvelle forme d'agression et d'insécurité.
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SCOman
  06 novembre 2013
Attention, ceci est plus qu'un ouvrage de référence, c'est un livre culte !

On ne présente plus le Britannique Basil H. Liddell Hart, l'un des plus grands stratégistes du siècle passé. Rappelons seulement que celui-ci, après avoir servi dans l'armée britannique au cours de la 1ère Guerre Mondiale, a été à l'instar de De Gaulle un des premiers à déceler le formidable potentiel de l'arme blindée (notamment dans son étude La guerre blindée et son avenir) et a durablement influencé la pensée stratégique militaire du XXe siècle. Des généraux comme Guderian et Rommel en Allemagne, MacArthur aux États-Unis, ou encore Radek et Toukhatchevski en URSS, ont par exemple revendiqué l'importance que revêtaient à leurs yeux son travail théorique.
Dans Stratégie, Liddell Hart tente un spectaculaire panorama de la stratégie militaire depuis la nuit des temps. Il aborde dans une première partie la stratégie du Ve siècle avant J.-C. au XIIe siècle avant J.-C., pour ensuite consacrer une partie entière à la 1ère Guerre Mondiale et une autre à la 2de Guerre Mondiale. Enfin, il développe dans un quatrième et dernier chapitre ce qu'il considère comme « les bases de la stratégie et de la grande stratégie ». Pour autant que mes précédentes lectures me permettent d'en juger, peu d'auteurs ont cette (...)
Lien : http://leslecturesdares.over..
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jsgandalf
  07 mai 2012
Contrairement à Clausewitz, considérer comme le plus grand théoricien de la guerre ; la pensée de Liddell Hart est pénétrante, claire et simple. En s'aidant de d'exemples pris tout au long de l'histoire, il développe ses principes. Les derniers conflits ont montrés la pertinence du raisonnement.
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johaylex
  09 août 2011
On craint d'abord l'ennui, on craint ensuite de le finir trop vite, ou la stratégie qui ressemble à un roman d'aventure.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   21 septembre 2013
L'homme invoque deux fidélités suprêmes : à sa patrie et à sa famille ; et la seconde est plus forte que la première, parce que plus personnelle chez la plupart des hommes. Ils défendront leur patrie aussi longtemps que leur famille sera en sécurité, pensant que leur sacrifice contribue à préserver également leur famille. Mais lorsque celle-ci est menacée, les liens noués par le patriotisme, la discipline et la camaraderie se défont.
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LuniverLuniver   20 septembre 2013
Paradoxalement, les nouveaux moyens de transport eurent pour effet de diminuer la mobilité au lieu de l'augmenter. Le chemin de fer renforça la tendance des armées à l'expansion puisqu'il permettait de transporter toujours plus d'homme, et d'en nourrir un nombre bien supérieur aux effectifs consacrés à la bataille proprement dite. Il accrut leurs besoins, et elles furent liées désormais aux gares ; et derrière elles la mince voie ferrée étant très vulnérable, leur vie matérielle ne « tenait qu'à un fil ».
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LuniverLuniver   19 septembre 2013
[L]a décision est produite plus encore par la dislocation mentale et morale du commandement que par la dislocation physique, matérielle des forces dont il dispose. Et ces données psychiques dépassent infiniment, dans leurs effets, les considérations géographiques et les calculs statistiques qui remplissent les neuf dixièmes des ouvrages classiques consacrés à l'histoire militaire.
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LuniverLuniver   24 septembre 2013
En vérité, renoncer à un jeu qui n'en vaut pas la chandelle, voilà ce qui distingue la grande stratégie de la grandiose stupidité.
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POY1POY1   03 juillet 2020
Une force peut toujours dominer une autre force, pour peu qu'elle montre une supériorité adéquate de valeurs ou d'audace. Par contre, elle ne peut vaincre les idées qui sont invulnérables parce qu'intangibles et qui, grâce à leurs effets de pénétration psychologique et à leur solidité, ont défié les nombreux fanatiques de la force. [p.389]
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>Administration publique>Art et science militaires>Opérations militaires. Batailles (11)
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