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EAN : 9782262024192
576 pages
Perrin (26/01/2006)
4.23/5   11 notes
Résumé :
Spécialiste renommé de l'histoire militaire, John Keegan retrace ici leur ascension et analyse leurs combats, leurs stratégies et leur psychologie. II montre ainsi que ces quatre personnages à l'envergure et aux charismes différents incarnent quatre grandes familles de commandement militaire qui illustrent autant d'âges successifs des conflits : Alexandre en représente l'âge héroïque ; Wellington, le " duc de fer ", est, lui, l'antihéros par excellence ; Grant symbo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
POY1
  06 novembre 2021
Dans cet essai, de très haut niveau, John Keegan, analyse l'évolution de la posture du chef de guerre à travers les époques. Pour cela, il illustre son étude en présentant les comportements d'Alexandre le Grand, du duc de Wellington, le vainqueur de Napoléon à Waterloo, du général nordiste Grant qui gagna la guerre de Sécession et enfin d'Adolf Hitler.

Si les trois premiers personnages étaient à proprement parlé des guerriers et des soldats formés à faire la guerre, j'ai été assez surpris par le choix d'Adolf Hitler. Excepté son expérience dans les tranchées, ce n'est pas un soldat de métier. Je pense que Keegan aurait pu choisir un général allemand de la Première guerre mondiale pour être un exemple de commandement plutôt que le Führer.

Keegan estime qu'un chef de guerre agit différemment selon les époques, de part l'esprit qui anime les membres de la société qu'il commande et d'autre part par la technologie dont il dispose. Pour chacun de ces exemples, Keegan pose la question suivante : faut-il, pour un chef, être au coeur de l'action, tout le temps ? Parfois ? Jamais ?. Ce questionnement sera le fil rouge de cet essai.

En fait, ce qui est important pour un chef, d'après l'historien, c'est de respecter cinq impératifs. L'affinité, être proche de ses hommes. L'éloquence, savoir leur parler, les galvaniser, leur donner des ordres clairs et directs. La sanction, pour conserver le respect et la discipline des troupes. L'action, le chef donne sens par les faits, en cohérence avec ses dires. L'exemple, le chef ne peut exiger de ses hommes quelque chose qu'il ne peut pas donner ou qu'il ne s'applique pas. Alors selon les époques et les technologies, le chef de guerre doit adapter ses postures pour respecter ces impératifs (d'où le titre anglais qui est « The mask of command »).

Excepté Hitler, les trois autres chefs de guerre décrits par Keegan vont être au plus près de la bataille, si ce n'est dedans. Ils galvanisent leur troupe par leur présence et prennent les éléments d'ambiance nécessaires pour adapter les mouvements des troupes et remporter la victoire. En dehors de la bataille, ils se forgent un masque qu'ils endossent pour renforcer leur crédibilité, la confiance et finalement l'abnégation que leur porte leur armée. C'est pour cela que le personnage d'Hitler ne colle pas à la démonstration. le Führer n'a jamais été au coeur des combats. Il a opté pour des quartiers généraux trop loin des batailles, comme le faisaient les généraux allemands du premier conflit. Comportement qu'il a fustigé pourtant, il n'était pas à une contradiction près. Adolf Hitler n'a jamais fait la preuve de sa capacité de stratège, bien que disposant d'une excellente mémoire et d'être un autodidacte. L'image d'Hitler montrée sous son plus beau jour par la propagande n'a fait qu'écran de fumée tant que les victoires étaient là. Enfin, le chef Nazi n'a pas non plus utilisé les nouvelles technologies, comme un Rommel ou un Guderian, pour employer au mieux son commandement.

En fait, Keegan utilise Hitler pour préparer sa conclusion, écrite en pleine Guerre froide. le développement de l'armement nucléaire et la rapidité de transmission des informations ne permettent plus d'avoir des commandants en chef sur le terrain. Ils doivent se protéger des attaques adverses en se cachant dans des bunkers. La guerre nucléaire rend ainsi caduque les cinq impératifs. Il n'y a plus de place à l'humain. Ce n'est plus à un chef militaire que la nation confie les armes directes mais au chef de l'État. de Gaulle l'avait compris et c'est pour cela que le Président de la république est aussi chef des armées. Sauf que De Gaulle était un militaire et ce n'est plus le cas aujourd'hui de notre président ou Obama et Trump, aux Etats-Unis. Ainsi, nos chefs d'état sont-ils capables de réagir et prendre les bonnes décisions face à une attaque nucléaire ? Surtout si elle vient d'un homme à la Adolf Hitler. de même, dans un emploi plus conventionnel, les chefs d'état occidentaux décident d'attaques de drones ou de missile, mais ne déshumanisent-ils pas la guerre, comme pourrait l'être celle nucléaire ?
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Astroploukos
  20 novembre 2016
Nous retrouvons avec plaisir John Keegan dans cet ouvrage au titre un peu racoleur et au menu un peu anglo-centriste. John Keegan se propose de nous décrire l'évolution mais également les principes du commandement aux cours des âges, à travers la vie militaire de quatre grandes figures de l'histoire de l'humanité (Alexandre, Wellington, Grant et Hitler). le choix de ces quatre personnages ne paraît pas très judicieux au préalable. En effet, on peut être surpris de l'absence dans ce quatuor de personnages comme Charles XII de Suède, Frédéric II ou encore de Napoléon (qui pourtant est le nom propre le plus cité dans l'ouvrage, voir l'index). Mais Keegan est coutumier du fait (rappelons que c'est lui qui étudia la bataille de Waterloo sans dire un mot des prussiens et en faisant une étude sommaire et sentencieuse des troupes françaises).
Son parti pris mis de côté, il ressort néanmoins de son étude quelques traits et développements intéressants. Si le chapitre sur Alexandre est le moins passionnant, celui sur Wellington et Grant le sont davantage et les développements de l'auteur restent crédibles. Ce qui n'est plus du tout le cas quand il parle d'Adolf Hitler et de ses conclusions. le dernier personnage n'est pas traité équitablement par rapport aux trois autres et on a toujours l'impression que Keegan veut lui régler son compte sur le papier à défaut de n'avoir pu participer à la victoire allié sur le terrain. En ce qui concerne les conclusions, elles sont trop encrées dans la guerre froide pour en retirer un réel profit au regard de l'étude qui reste globalement d'une grande qualité. On retrouvera avec plaisir le style simple et cultivé de l'auteur. A lire "avec des pincettes". Certainement l'ouvrage le moins bon de l'auteur et le plus engagé politiquement (rapport de cause à effet?).
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SCOman
  07 novembre 2013
L'historien britannique John Keegan est une figure contemporaine incontournable de l'étude des conflits. Fait chevalier de l'Ordre de l'Empire britannique par Elizabeth II en 2000, on lui doit de nombreux ouvrages d'histoire militaire, qui témoignent de champs d'études extrêmement diversifiés : Barbarossa: Invasion of Russia, 1941 (1971), The face of battle: a study of Agincourt, Waterloo and the Somme (1976), The Second World War (1990), Fields of Battle: The Wars for North America (1997), The First Wolrd War (1999), The Iraq War (2004), entres autres… Aujourd'hui, il est toujours correspondant à la Défense au Daily Telegraph.

Dans L'art du commandement, il traite comme il le dit lui-même « non de l'art de la guerre à travers les âges, mais des techniques et des attitudes mentales qu'impliquent le rôle du chef et l'exercice du commandement militaire ». Pour ce faire, il choisit ici de se concentrer sur quatre stratèges de guerre qui opérèrent à des époques bien distinctes : Alexandre le Grand, le duc de Wellington, Ulysses Simpson Grant, et Adolf Hitler. Son objet n'est pas de détailler les différentes campagnes que chacun a menées, même si celles-ci sont largement abordées, mais de présenter les caractéristiques et capacités particulières de leur mode de commandement. Il démontre qu'un grand chef de guerre, au-delà de ses qualités tactiques et opérationnelles, se doit de posséder des facultés mentales extraordinaires, au sens premier du terme. Cette analyse psychologique de l'attitude et du charisme du général en chef lui permet de cerner des modes opératoires inédits. Si Alexandre représente l'âge héroïque par excellence, toujours placé en première ligne des combats, il considère à l'inverse que Wellington incarne l'antihéros raisonné, ce qui ne [...]
Lien : http://leslecturesdares.over..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
POY1POY1   24 octobre 2021
L'armée [...] est à l'image de la société dont elle est issue. Ses buts comme ses méthodes de guerre seront par conséquent déterminés [...] parce ce que la société attend de la guerre [et] aussi de ce que la société est prête à exiger de son armée pour parvenir à ces fins. [p.11]
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