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Emmanuelle Davidov (Autre)
ISBN : 2859561919
Éditeur : Ramsay (01/09/1979)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Les belles âmes professionnelles ont la charité ponctuelle et sélective. Elles ne s'intéressent, la plupart du temps, qu'aux dissidents célèbres. Mais, une lois réfugiés dans l'un ou l'autre des pays du monde "libre", les exilés tombent dans l'oubli et parfois, lorsque des compatriotes ne viennent pas à leur aide, dans
la misère. L'envers de la liberté, les coulisses de la dissidence : tel est le monde que raconte Limonov.
Poète russe, Limonov débarque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Renod
  02 mars 2015
Je débute cette critique en saluant la fantaisie des éditeurs français. le titre russe du roman est "Это я, Эдичка", littéralement "C'est moi,Editchka", ce qui donne en anglais "It's me, Eddie" et en français...."Le poète russe préfère les grands nègres". Voilà un titre qui a l'avantage d'être explicite mais qui présente deux inconvénients : 1/ le livre est difficile à commander auprès de sa libraire de quartier et 2/ si oui, il y a des scènes très imagées, le roman ne s'y limitant pas, le titre me semble réducteur. Je m'interroge aussi sur l'utilisation du mot «nègre », le terme n'étant utilisé à aucun moment dans le texte. Ce premier roman de Limonov est un récit autobiographique. L'auteur raconte ses errances dans New-York au milieu des années 70, après son expulsion d'Union Soviétique. Arrivé depuis peu en Amérique, Limonov fait part de sa « désillusion ». C'est d'ailleurs le titre d'une tribune qu'il adresse au journal de l'émigration soviétique aux Etats-Unis « la Cause russe ». Il y écrit que le monde occidental ne justifie pas les espérances de ceux qui émigrent de Russie, et que par certains de ses aspects, ce monde occidental s'avère pire que le monde soviétique. En URSS, Limonov était une icône de l'underground soviétique, un poète reconnu comme tel qui parvenait à diffuser ses textes sous le manteau à un public d'amateurs. Aux Etats-Unis, il n'est plus personne, tout le monde se fout de ses écrits, il n'est plus qu'un dossier parmi d'autres de l'assistance sociale. A ses yeux, le monde refuse de lui donner ce qui lui revient de droit de par son talent, il se retrouve démuni quand tant d'autres, l'apparatchik en Russie, le businessman en Amérique, se voient distribuer les plus belles parts du gâteau. Il exprime sa haine d'une civilisation qui a produit des « monstres d'indifférence ». Limonov souhaite l'avènement d'une révolution mondiale et fréquente les cercles des militants trotskystes. S'il y satisfait en partie son goût du danger et son besoin de fraternité, il s'étonne du cloisonnement de ces intellectuels gauchistes effrayés par les quartiers défavorisés de Brooklyn, alors que pour le poète, tout doit partir de là, de ces démunis qui partagent cette injustice qui le ronge. Limonov est détruit par une rupture amoureuse. Son Elena l'a quitté pour un vieil homme plein aux as, ce qui décuple son sentiment de vivre dans un monde injuste. Profondément marqué par cette séparation, il va exprimer une grande détresse et un besoin d'amour. Il est terrifié à l'idée d'être condamné à la solitude qui est pour lui un véritable enfer. Dégoûté par les femmes pour lesquelles il éprouve une vive répulsion depuis le départ d'Elena, il voit dans l'homosexualité un recours, il pourra ainsi rencontrer quelqu'un qui l'aime, le désire et prenne soin de lui. Car si Limonov aime passionnément, il rêve avant tout d'un amour réciproque. Après une recherche de partenaire auprès de ses amis, il va faire une rencontre fortuite dans un terrain vague qui va le combler et briser un temps le silence et la solitude qui l'empoisonnent. Mais il reste fou amoureux d'Elena, sa « petite fille » perdue dans cette grande ville entre drogues, coucheries et illusions brisées. C'est aussi un roman sur New-York, ville que Limonov parcourt à pied en permanence, il évoque ses nombreuses rencontres, qu'elles soient liées à l'émigration, la politique, au monde de l'art, à la rue, aux petits boulots qu'il réalise … A la fin du récit Limonov fera ce constat : « Et c'est ainsi que je marche à présent : à nouveau je n'ai rien ; ma destinée poétique est commencée, il n'est pas très important de savoir si elle se poursuivra ou non, elle existe ; en Russie, j'ai déjà transformé ma vie en légende et à présent je suis libre, je marche dans cette Grande Ville vide et terrifiante en me distrayant, en me sauvant moi-même et en m'amusant dans ces rues, à la recherche de la rencontre qui sera le point de départ d'une vie nouvelle. »
Je précise que je n'ai pas lu le livre d'Emmanuel Carrère. Mais écrire une biographie sur un auteur qui livre de telles confessions a dû être un sacré défi à relever. Car Limonov dans ce roman d'une très grande qualité littéraire se met à nu et se montre extrêmement lucide sur les raisons de sa détresse. Il exprime clairement son sentiment de solitude qu'il cherche à combler par une relation amoureuse étouffante et par un engagement politique exalté. Je comprends mieux la destinée de celui qui est devenu le président du parti national bolchévique.
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jack56
  14 septembre 2013
J'ai trouvé peu d'intérêt à ce livre dans lequel l'auteur nous parle de sa vie new-yorkaise, avec une part importante sur le sexe dans des termes crus, ce qui devient vite lassant.
Par contre je conseille sa biographie d'Emmanuel CARRERE que j'ai trouvée extraordinaire.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   09 mai 2013
En marchant dans les rues de New York je rongeais mon frein et je rêvais, je pensais au monde, à des problèmes de sexe, aux hommes et aux femmes, aux riches et aux pauvres. Pourquoi y a-t-il des enfants qui naissent dans des familles riches et qui reçoivent tout ce que l’argent peut apporter, alors que d’autres… j’imaginais les autres comme étant des gens comme moi, pour qui le monde est une injustice.
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rkhettaouirkhettaoui   09 mai 2013
Je suis venu chercher de l’attention, de l’amour et de la tendresse. Comment allons-nous faire ? J’étais perdu. Si je suis obligé de lui donner de l’amour, je ne veux pas, non, je ne veux pas, un point c’est tout ; je veux être aimé, sinon ça ne marche pas. En fonction de l’amour qu’il aura pour moi, s’il en a, je l’aimerai par la suite, je me connais ; mais que ce soit lui qui commence.
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rkhettaouirkhettaoui   09 mai 2013
Nous ressemblions, dans notre désir de vider l’odieux magnum, à des sportifs se ruant vers la victoire. En plus, j’avais la mauvaise habitude de faire des mélanges. Pour être plus en forme, du moins c’est ce que je prétendais, je bus, entre mes verres de vin rouge, plusieurs petits verres de vodka. C’est pourquoi il n’y eut rien de surprenant à ce que le temps devînt comme un tunnel noir et à ce que nous nous soyons réveillés,
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rkhettaouirkhettaoui   09 mai 2013
J’ai toujours haï le passé au nom du présent. Bon, j’étais poète, oui, poète, puisque vous voulez savoir, pas un poète officiel, un poète clandestin, mais c’est fini ; maintenant je suis des vôtres, je suis un minable, je suis celui que vous nourrissez de soupe aux choux, que vous abreuvez de vin californien dégueulasse, à 3,59 dollars le magnum, et qui vous méprise quand même.
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jack56jack56   16 septembre 2013
Pour vous, journalistes de province, étudiants sans diplômes, parvenus à la tête d'un Etat immense grâce à la révolution, la révolution fut une réalité. Mais pour les travailleurs ? Pour les travailleurs, il n'y en a pas eu. Sous tous les régimes les ouvriers sont forcés de travailler. Vous n'avez rien su leur proposer d'autre. La classe qui a fait la révolution ne l'a pas faite pour elle, mais pour vous. Et jusqu'à aujourd'hui personne n'a rien proposé d'autre, personne ne sait comment changer le principe du "travail"; il faut s'attaquer aux bases, et alors il y aura une véritable révolution, quand la signification du mot "travail" c'est-à-dire du travail pour gagner de l'argent pour vivre, aura disparu.
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Videos de Edward Limonov (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edward Limonov
C'est ce destin hors du commun qu'Emmanuel Carrère relate dans son livre "Limonov" qui a obtenu le prix Renaudot. Edouard Limonov a reçu l'AFP dans un appartement de Moscou, jeudi 3 novembre. Il raconte sa joie d'être mieux reconnu en France et regrette les clichés qui circulent sur lui. Il dit également continuer à combattre pour des élections libres dans son pays.
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