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ISBN : 2253067083
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1994)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 1187 notes)
Résumé :

Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon.

Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meilleur enfoui en chacun.

La trop belle Anastasia, achetée cent mille roubles, retrouve la pureté, Gania Yvolguine le sens de l'honneur, et le sanglant Rogojine go... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  27 mars 2014
L'Idiot, l'une des quatre ou cinq oeuvres phares de Fiodor Dostoïevski, est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, c'est-à-dire avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles s'étageant des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de la très haute aristocratie comme chez Tolstoï) avec différentes identités constitutives assez complexes et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'oeil, etc.).
Le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits.
Le sujet du roman semble être l'effet produit par l'apparition dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux comme de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie.
Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé.
Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps.
Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation, ne sachant plus trop qui est le "con" du dîner.
Mais un roman russe du XIXème ne serait pas tout à fait un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour, dont une oeuvre comme Anna Karénine constitue l'un des fleurons du genre.
Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le coeur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée.
C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux, qui, selon moi, n'apportent pas forcément un élan, une grandeur supplémentaire au roman, mais semblent avoir été des expédients pour Dostoïevski, lui permettant à la fois d'aborder quelques notions connexes, mais surtout, de faire des pages, lui qui publiait ses romans en feuilletons et qui avait un besoin vital de se les faire payer comme qui dirait " au poids ".
D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui est toujours éminemment discutable sachant bien sûr que cela ne veut absolument pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture, et au fait, quel genre d'idiote suis-je pour donner des avis sur des oeuvres qui ont fait leurs preuves ?
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isajulia
  09 juillet 2013
Encore novice en littérature russe, il était grand temps que je m'y mette. Souhaitant découvrir Dostoïevski depuis un moment, c'est sur l'Idiot que mon choix s'est arrêté, je ne le regrette pas d'ailleurs.
L'histoire est celle du prince Muichkine, épileptique, qui après avoir passé une grande partie de sa vie en Suisse pour recevoir les soins adéquats à sa maladie, revient à Saint-Pétersbourg pour retrouver une de ses parentes éloignées, Elisabeth Prokofievna( la générale Epantchine). Grâce à son titre et cette parenté avec la générale, notre bon prince va accumuler les rencontres avec des personnages hauts en couleurs. Son immersion dans une société calculatrice et corrompue va entraîner cette âme pure vouée à faire le bien dans une spirale d'intrigues superficielles qui placeront le prince en position d'idiot, car lucide dans son analyse des choses et des gens qui l'entourent. Débordant de simplicité et de gentillesse, Muichkine va vite devenir l'agneau dans la meute de loups...
Magnifique, grandiose, phénoménal, ce roman ne m'a pas laissée indifférente, j'ai presque honte d'avoir fait un court résumé car cette oeuvre ne se lit pas, elle se vit page à page. Grâce à ses nombreux personnages,tous pourvus de caractères bien distinct, le récit offre un portrait intéressant de la société russe du XIXème siècle. le prince, catapulté au milieu de ces gens prêts à tout fait un peu office de ver dans la pomme, chamboulant les conventions, disant tout haut ce qu'il ne faudrait pas mentionner. Malgré tout, le prince n'est pas si idiot que ça, je l'ai trouvé irradiant de beauté, comme un ange descendu du ciel pour accomplir une mission, finissant par forcer l'admiration des hommes et la passion chez les femmes. Ce livre est fort, malgré son nombre conséquent de pages (900), il nous entraîne dans les abîmes de la folie humaine au fur et à mesure des événements. Tout comme son héros, Dostoïevski "sait raconter" et nous offre une intrigue vivante et haletante avec une fin magistrale à couper le souffle. J'ai adoré et je dirait aux lecteurs qui souhaitent découvrir l'Idiot de ne pas se laisser décourager par la taille du livre et certains passages relativement longs, il faut le lire avec le coeur, prendre le temps de le ressentir, il en vaut la peine!
A lire !
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Melpomene125
  27 mai 2017
La bonté existe-t-elle ? Y a-t-il une place pour elle dans ce monde ou n'est-elle considérée que comme une marque de faiblesse voire d'idiotie qui rendrait inapte à la vie sociale ? L'homme bon, s'il existe, est-il forcément voué à n'avoir qu'un destin tragique, ne connaître que les tourments de l'existence et jamais le bonheur qui est impossible à atteindre ?
Un lecteur Babelio écrivait, à propos des Frères Karamazov, qu'il était hermétique à la dimension métaphysique qu'on trouve chez Dostoïevski à cause du grand pessimisme sur le fond de la nature humaine que recèlent ses oeuvres. C'est au contraire la seule dimension qui me parle et qui fait que j'aime autant cet écrivain.
Il offre une découverte de la société russe du XIXe siècle et nous invite à nous poser des questions, même si elles n'ont pas forcément de réponses uniques, dogmatiques et immuables. C'est le propre de toute démarche philosophique. J'aime cette façon de mêler intrigue romanesque, philosophie, politique et de nous inciter ainsi à réfléchir sur nous-mêmes, autrui et le monde.
Dostoïevski le fait dans L'Idiot à travers l'évocation du destin tragique du prince Muichkine qui revient de Suisse où il était soigné pour épilepsie. Dès son arrivée à Saint-Pétersbourg, il apparaît comme un être différent, un homme infiniment pur dont la candeur est objet de curiosité, de moqueries et de fascination. Elle ne lui permettra pas de sauver la trop belle Nastassia Philippovna. Sa maladie fait qu'on le croit idiot mais il est en fait plus intelligent que ne le pensent les gens. Il perçoit avec une sensibilité et une acuité intolérables le drame que vit Nastassia et veut donc à tout prix l'aider, quitte à sacrifier son propre bonheur. Il ne supporte pas le mal sous toutes ses formes et fait figure d'inadapté social. Il n'accepte pas le fonctionnement classique de la société dont la majorité s'accommode fort bien.
Nastassia est une orpheline. Totski l'a recueillie et en a fait sa maîtresse, il veut désormais épouser une femme respectable et non une courtisane. Il entreprend de se débarrasser de Nastassia. Il propose cent mille roubles à Gania Ivolguine pour l'épouser. Révoltée, Nastassia préfère s'enfuir avec Rogojine qui la convoite mais la mènera au déshonneur et au malheur. le prince, qui est sous son charme, veut lui éviter ce sort funeste et prend le risque de provoquer la jalousie de Rogojine. Pour sauver Nastassia, il est prêt à renoncer à un mariage avec Aglaé que Nastassia voit pourtant comme une épouse idéale pour le prince.
Certains thèmes abordés dans ce roman restent d'actualité et ont même fait l'objet de nombreuses récupérations politiques : la peine de mort, le rapport à l'argent, la pauvreté, la redistribution des richesses.
Plusieurs personnages sont tragiques et émouvants. Nastassia a le sort funeste réservé jadis aux filles pauvres, sans famille mais belles et désirables, donc vouées à la prostitution de luxe. Hippolyte est mourant à cause de la phtisie alors qu'il n'a que dix-huit ans et, dans un ultime cri de désespoir, développe ses idées sur les pauvres qui se plaignent tout le temps, jalousent la fortune des riches car ils la voudraient pour eux et en oublient qu'ils ont la vie devant eux et la liberté de réaliser leurs rêves. Il raconte comment il a aidé, grâce à ses relations, un médecin renvoyé, tombé dans la misère avec sa femme enceinte, à retrouver un poste. Quant au prince Muichkine, malgré l'épilepsie, maladie qui touche le cerveau – le Grand Mal, à l'époque, était effrayant et ne se soignait pas – il apparaît comme un intellectuel. Sensible, philosophe et passionné, il a un avis sur de nombreux sujets, dont la peine de mort, acte cruel et froid, après avoir assisté à une horrible exécution en Europe. En Suisse, il parlait aux enfants et les guidait, il les a convaincus de cesser de persécuter une jeune fille que tout le monde maltraitait parce qu'elle avait été séduite par un homme avant d'être abandonnée. Ses efforts presque désespérés pour sauver la veuve et l'orphelin, rendre le monde, et surtout l'être humain, meilleurs semblent souvent vains, dérisoires mais néanmoins nécessaires, indispensables.
L'Idiot est, pour moi, un roman sombre et troublant qui donne l'impression que la bonté est minuscule face au Grand Mal qui finira inéluctablement par l'anéantir. Elle aura cependant laissé une trace infime sur terre et dans la vie de ceux qui l'auront croisée puis qui continueront leur paisible existence, à l'instar d'Aglaé, comme si de rien n'était.
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Eve-Yeshe
  01 février 2017
C'est très difficile de parler d'un tel roman car sa puissance perturbe le lecteur en profondeur.
Dostoïevski a choisi comme héros le prince Muichkine (ou Mychkine, ce « i » dur, presque nasalisé, n'existe pas dans notre alphabet) atteint d'épilepsie, maladie qu'il connaît bien car il en est atteint lui-même. Ce prince est considéré comme un idiot car la maladie l'a obligé à être soigné en Suisse. Il semblait en être guéri au retour.
Idiot au sens de naïf : le prince dit ce qu'il pense, sans enrober les choses derrière le langage civilisé et hypocrite qui sied en pareil cas. C'est un être d'une grande sensibilité, perdu dans cette société de petits nobliaux, généraux plus ou moins avines, ou autres croquants en tous genre. Tel un enfant, il parle sans les filtres qu'imposent l'éducation, la bienséance…
Dostoïevski nous livre une belle description de la société de l'époque, entre Saint-Pétersbourg, les maisons de campagne, l'importance du paraître, où chacun intrigue, pour berner l'autre, accéder à une meilleure situation, un meilleur mariage…
La psychologie des personnages a été bien étudiée, qu'il s'agisse du héros, des autres familles qui sont bien typées, parfois caricaturales, des généraux de l'époque, de la place des femmes dans la société, sans oublier la misère et la maladie, la religion…
L'auteur n'hésite pas à s'en prendre à la politique de l'époque (il a été lui-même emprisonné), les mouvements de contestation qui émergent. Il porte une réflexion sur l'amour : le prince ne sait pas qui il aime réellement : Nastassia ou Aglaé, et est-il amoureux d'ailleurs, dans le sens où on l'entend habituellement?
La notion du bien et du mal : le prince incarnant le bien, une figure presque christique en opposition avec Rogojine, le mal incarné intrigant, voulant à tout prix épouser Nastassia Philippovna comme un trophée de chasse.
L'écriture est très rythmée, l'intrigue centrée sur une période relativement courte, l'atmosphère particulière, la psychologie des personnages nécessite une vigilance particulière si l'on ne veut pas se perdre dans le récit.
Dostoïevski est un auteur exigeant, il faut vraiment s'immerger dans le roman qui compte près de mille pages, on ne peut se contenter de survoler, ou de lire seulement des extraits. Il a rédigé plusieurs moutures de « L'idiot », les a détruites et à la fin, il estimait n'avoir transcrit qu'un dixième de ce qu'il aurait voulu dire. le roman est publié en feuilleton en 1869.
Je l'ai beaucoup aimé et j'en suis sortie un peu sonnée ; j'ai lu deux autres livres avant de pouvoir rédiger ma critique, car j'avais trop de choses à dire, et d'ailleurs elle ne me satisfait toujours pas.
Challenge XIXe siècle
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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noor
  20 septembre 2013
Je pense que j'aurais pu beaucoup aimer ce livre s'il ne m'avait pas fallu 460 pages pour comprendre que la dizaine de personnages principaux portaient chacun deux noms de famille, un diminutif et un surnom.
(Je me disais bien que çà faisait beaucoup de personnages principaux..)
Le prince Mychkine et Nastassia Filippovna sont des personnages à la psychologie riche et attachante, et je ne voulais pas en rester là.
Après avoir baissé les bras une première fois, pour un motif aussi ridicule, je décidai de prendre mon courage à deux mains et de retenter l'expérience.
Afin de remettre mes idées au clair et de repartir sur de bonnes bases, j'eus la lumineuse idée de lire l'article concernant le roman sur Wikipedia, dont le résumé de l'histoire... jusqu'à ce que j'apprenne la fin.
Pour mon baptême de littérature russe, je crois que j'aurais pas pu faire un meilleur choix.
L'Idiot , par une idiote.
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Citations et extraits (154) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   16 février 2018
[...] ... - "Prince," dit Nastassia Philippovna d'une voix nette et sans bouger, s'adressant brusquement à lui - "voici mes vieux amis, le général et Athanase Ivanovitch lui-même, qui insistent beaucoup pour que je me marie. Dites-moi ce que vous en pensez : dois-je me marie, ou non ? Il en sera comme vous aurez décidé."

Athanase Ivanovitch pâlit ; le général semblait pétrifié ; toutes les têtes se tournèrent et tous les yeux se fixèrent sur le prince. Gania se figea sur place.

- "Avec ... avec qui ?' demanda le prince d'une voix qui s'éteignait.

- Avec Gabriel Ardalionovitch Ivolguine," dit Nastassia Philippovna de la même voix ferme, tranchante et nette.

Il y eut quelques secondes de silence ; le prince semblait s'efforcer en vain d'articuler un mot, comme si un poids énorme lui écrasait la poitrine.

- "N-non ... ne l'épousez pas !" chuchota-t-il enfin, en retrouvant péniblement son souffle.

- "Il en sera donc ainsi ! Gabriel Ardalionovitch Ivolguine," dit Nastassia Philippovna en s'adressant à ce dernier d'une voix autoritaire et avec une certaine solennité, "- vous avez entendu la décision du prince ? Elle contient aussi ma réponse, et que cette affaire soit réglée une fois pour toutes !

- Nastassias Philippovna !" proféra Athanase Ivanovitch d'une voix tremblante.

- "Nastassia Philippovna !" prononça le général d'une voix persuasive, mais inquiète.

Il y eut dans l'assistance un brouhaha et quelques mouvements d'émotion.

- "Eh bien, messieurs ?" dit Nastassia Philippovna, dévisageant avec surprise ses invités, "- pourquoi cette émotion et ces figures longues d'une aune ? ... [...]
+ Lire la suite
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WolandWoland   16 février 2018
[...] ... - "Si vous le savez vous-même," hasarda timidement le prince, "pourquoi alors avez-vous choisi une telle torture, sachant bien que soixante-quinze mille roubles ne la valent pas ?

- Il ne s'agit pas de cela," murmura Gania. "Mais, à propos, dites-moi ce que vous en pensez, je tiens à connaître votre opinion : soixante-quinze mille roubles valent-ils cette "torture", ou non ?

- Je pense que non ...

- Bien entendu. Et il est honteux de se marier dans de telles conditions.

- Oui, très honteux.

- Eh bien, sachez-le, je me marierai quand même, et maintenant encore plus sûrement. Tout à l'heure j'hésitais, mais maintenant c'est fini ! Ne dites rien ! Je sais ce que vous voulez dire ...

- Je ne voulais pas parler de ce que vous croyez. Je suis seulement très surpris par votre certitude ...

- De quoi ? Quelle certitude ?

- De ce que Nastassia Philippovna vous épousera sûrement, et que c'est un point réglé ; ensuite que, même si elle vous épouse, ces soixante-quinze mille roubles tomberont droit dans votre poche. Quoique, au fond, j'ignore bien entendu beaucoup de choses ..."

Gania se rapprocha vivement du prince.

- "Bien sûr, vous ne savez pas tout," dit-il. "Pourquoi alors aurais-je accepté tout ce fardeau ?

- Il me semble que cela arrive souvent : on fait un mariage d'argent, mais c'est la femme qui détient l'argent.

- N-non, il n'en sera pas ainsi pour nous ... Il y a là ... certaines circonstances ..." murmura Gania d'un air pensif et inquiet. " - Et quant à sa réponse, il n'y a plus aucun doute là-dessus," s'empressa-t-il d'ajouter. "Qu'est-ce qui vous fait supposer qu'elle me refuserait ?

- Je ne sais rien de plus que ce que j'ai vu. Barbara Ardalionovna elle aussi disait tout à l'heure ...

- Eh ! Elles le disent comme ça, ne sachant plus que dire. Et quant à Rogojine, elle se moquait de lui, soyez-en certain ; ça, je l'ai bien discerné. Cela se voyait. J'ai eu tout à l'heure un instant d'inquiétude, mais à présent je vois clair. A moins que vous ne jugiez d'après sa conduite envers mon père, ma mère et Varia ?

- Et envers vous. ... [...]
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HunterUrnamHunterUrnam   15 février 2018
Toute réalité, bien que soumise à des lois immuables, est presque toujours invraisemblable et incroyable. Et même plus elle est réelle, plus elle est parfois invraisemblable.
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PiertyMPiertyM   28 janvier 2015
Les gens prêts à renseigner sur toute chose se rencontrent parfois, voire assez fréquemment, dans une certaine classe de la société. Ils savent tout, parce qu’ils concentrent dans une seule direction les facultés inquisitoriales de leur esprit. Cette habitude est naturellement la conséquence d’une absence d’intérêts vitaux plus importants, comme dirait un penseur contemporain. Du reste, en les qualifiant d’omniscients, on sous-entend que le domaine de leur science est assez limité. Ils vous diront par exemple qu’un tel sert à tel endroit, qu’il a pour amis tels et tels ; que sa fortune est de tant. Ils vous citeront la province dont ce personnage a été gouverneur, la femme qu’il a épousée, le montant de la dot qu’elle lui a apportée, ses liens de parenté, et toute sorte de renseignements du même acabit. La plupart du temps ces « je sais tout » vont les coudes percés et touchent des appointements de dix-sept roubles par mois. Ceux dont ils connaissent si bien les tenants sont loin de se douter des mobiles d’une pareille curiosité. Pourtant, bien des gens de cette espèce se procurent une véritable puissance en acquérant un savoir qui équivaut à une véritable science et que leur fierté élève au rang d’une satisfaction esthétique D’ailleurs cette science a ses attraits.
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Melpomene125Melpomene125   16 juin 2017
Réfléchissez: prenons, par exemple, la torture; les souffrances et les blessures, la douleur physique, tout distrait du tourment de l'âme; on ne souffre que de ses blessures, jusqu'à ce qu'on en meure. Or, la principale douleur, la plus intense, n'est peut-être pas celle des blessures mais celle qui vient de la certitude que dans une heure, puis dans dix minutes, dans une demi-minute, enfin maintenant, tout de suite, l'âme va quitter le corps, qu'on cessera d'être un homme, que c'est certain, surtout que c'est "certain". C'est quand on met la tête sous le couperet et qu'on l'entend glisser au-dessus de soi, c'est pendant ce quart de seconde qu'on a le plus peur. Savez-vous que ce n'est pas seulement de l'imagination; beaucoup l'ont dit. J'en suis tellement persuadé que je vous dirai carrément ce que je pense. Tuer pour meurtre est une punition hors de proportion avec le crime même. Le meurtre d'un condamné est infiniment plus terrible que celui commis par un assassin. L'homme que tuent les assassins, qu'on égorge la nuit dans un bois ou ailleurs, il espère encore, jusqu'au dernier moment, se sauver. On cite des cas où, la gorge tranchée, l'homme espère encore, cherche à fuir, implore la pitié. Tandis qu'ici la dernière espérance, celle qui rend la mort dix fois plus supportable, vous est "sûrement" enlevée. Ici, ce sont la sentence et le fait même qu'il est impossible d'y échapper qui rendent le supplice terrible, et il n'est pas de torture plus atroce au monde, croyez-m'en.
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Videos de Fiodor Dostoïevski (61) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Sonya Hartnett "Finnigan et Moi" .FINNIGAN ET MOI (SURRENDER), un roman de SONYA HARTNETT en librairies le 19 FEVRIER 2009 (Le Serpent à Plumes) Les barjes (« the kooks »). Dans la bourgade australienne de Mulyan, tel est le nom qui colle à la famille d?Anwell depuis la mort accidentelle (mais l?est-elle vraiment ?) de son petit frère. À l?âge de 20 ans, à l?agonie, il raconte son histoire depuis son lit de mort, victime d?un mal inconnu. Sous forme de flash-backs, il raconte son enfance, bouleversée par sa rencontre avec Finnigan, son opposé, son idéal. Toujours accompagné de son chien Surrender, Finnigan n?est pas comme les autres : il n?est pas gentil et bien élevé, il ne va pas à l?école et, surtout, il est son seul ami. Les deux garçons passent un pacte : dès qu?il faudra mal agir, Finnigan s?en chargera. Anwell n?aura plus qu?à faire le bien. Comme un ange. Un archange, même : désormais, il s?appellera Gabriel. Plus le temps passe, plus Finnigan se charge du mal avec fougue. Lorsqu?une épidémie d?incendies ravage le village, la police locale est sur la sellette. La suspicion grandit et achève de diviser les habitants de Mulyan, jusqu?à ce que Gabriel convainque Finnigan d?arrêter? Mais qui est-il, cet ami mystérieux, dont Anwell ne peut parler à personne, qui apparaît et disparaît tel un fantôme, et dont la présence devient de plus en plus incontrôlable et malveillante ? Sonya Hartnett, d?une écriture précise, construit un récit à la narration habile (raconté alternativement par Gabriel et Finnigan), dont la polyphonie est rythmée par de nombreux rebondissements et flash-backs. Et livre, à la croisée du fantastique et du thriller, un suspense psychologique sur fond de schizophrénie meurtrière. « Son imagination est aussi sauvage que celle de Dostoïevski ou Emily Brontë et aussi gothique qu?une tête de mort? Si vous ne devez rien lire d?autre d?australien cette année, lisez Surrender [?] » (The Weekend australian)
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