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EAN : 9782918541677
L'Homme sans nom (09/11/2019)
3.64/5   14 notes
Résumé :
Le Grand Bleu nous a menacés d’extinction. Un millénaire plus tard, cinq mégalopoles sont sorties de terre. Numéris, fief du progrès technologique, cristallise toutes les ambitions. Vengeance, idéalisme et pouvoir alimentent le cyclone qui s’abat sur ses plus hautes instances. Dans son oeil : Thomas Milas. Fervent défenseur de la cause androïde, il se bat pour développer l’intelligence artificielle au risque de lui faire surpasser celle de l’homme. Or, il est des ex... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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J'avais eu un énorme coup de coeur pour Seconde Humanité, premier roman de l'auteur, et je n'ai donc pas hésité une seconde à commander celui-ci, qui se déroule dans le même univers, mais un siècle plus tard. Les deux romans sont d'ailleurs étroitement liés, avec des éléments qui font écho à d'autres, d'un côté comme de l'autre. Ayant déjà lu Seconde Humanité, j'ai du mal à dire si Prototypes fonctionne bien sans l'avoir lu auparavant, mais dans tous les cas, je vous recommande de lire les deux, d'affilé si possible ! 😀

Nous sommes à Numéris, une des cinq mégalopoles s'étant développées après l'extinction de masse due au Grand Bleu. Nous allons suivre deux personnages : Frank et Thomas Milas, père et fils et pourtant opposés dans leur vision du monde et plus particulièrement dans leur rapport à l'intelligence artificielle. le roman est construit en deux parties, la première suit le point de vue du fils et le début du récit, la seconde celui du père, haut placé dans les forces de l'ordre de Numéris, et le dénouement. Les deux joueurs vont se battre, ruser, bouger leurs pions, voire tricher, pour mettre l'autre en échec. Qui gagnera finalement la partie ?

Le sujet central de réflexion de ce roman est donc l'intelligence artificielle : jusqu'où pouvons-nous aller dans la création ? Quelles libertés, choix, pouvoirs pouvons-nous céder à nos créations ? Quelles sont les limites à ne pas dépasser ? de quels dangers cela pourrait-il nous protéger ou nous menacer ? Thomas implémente un lien fraternel entre lui et son androïde à l'intelligence supérieure proxY. Une expérience illégale qui ira bien au-delà de ce qu'il espérait.

Frank est quant à lui tiraillé entre ses convictions, la volonté de sauver son fils de son idéalisme, sa fonction de potentiel futur dirigeant de l'AN (Autorité de Numéris) et son amour pour sa famille. Il va devoir faire des choix, et Thomas ne lui facilite pas la tâche. Il va aussi être contacté par une faction secrète qui se fait appeler les Érudits, et ce qu'elle va lui révéler va changer le cours des choses…

Le décor est toujours aussi étonnant. Les mégalopoles ont du s'adapter à la montée des eaux sur Terre grâce à divers stratagèmes. La ville de Numéris est toute en verticalité, des immeubles gigantesques reliés entre eux, des voies rapides multiples… Un paysage qui colle bien à la modernité et aux technologies présentées, avec une part de rêve/magie, quand on voit certains espaces créés grâce aux procédés technologiques.

Comme j'avais adoré Seconde Humanité, j'ai beaucoup aimé les clins d'oeil, les références, voire les liens directs, dans ce récit. Entendre le nom Sefria me fait toujours un petit pincement au coeur, car je m'étais énormément attachée à ce personnage. Ce m'a presque donné envie de relire ce premier roman pour voir tous les parallèles entre eux. (même si au vu de ma Pile à Lire, il vaut mieux que je lise mes livres encore non lus xD)

L'intrigue est parfois un peu complexe à suivre : si l'auteur explique certaines choses, d'autres doivent être élaborées par le lecteur. Cela fait plaisir d'avoir une lecture dans laquelle tout n'est pas donné sur un plateau, durant laquelle il faut réfléchir et tisser nous-mêmes certains liens. Et en lisant la fin de ce livre, je me dis qu'un troisième roman dans cet univers serait plus que bienvenue, pourquoi pas encore un siècle plus tard !

Dernier petit point, mais non négligeable : l'objet-livre, comme toutes les dernières sorties de l'Homme Sans Nom, est super soigné : magnifique illustration de couverture, filigrane argenté, rabats perforés, mise en page originale… Un plaisir à lire !

Un roman à double face, entre idéalisme et réalisme, dans lequel les apparences sont souvent trompeuses. Une narration double, avec des personnages partagés entre leur famille et leur volonté de sauver/changer la société dans laquelle ils vivent. Un univers dystopique fascinant. Une réflexion intéressante sur les intelligences artificielles et les créations de l'homme. Un bel objet-livre que j'ai beaucoup aimé lire !


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Tout d'abord merci à Babélio et aux éditions l'Homme sans nom pour m'avoir permis de lire ce roman dans le cadre d'une masse critique. Prototypes est le deuxième roman D'Adrien Mangold après Seconde humanité que je n'ai pas lu.

Dans un premier temps je vais essayer de vous résumer le début de l'intrigue, ce qui n'est pas forcément évident car l'histoire, sans être complexe, est racontée avec de nombreuses ellipses laissant le lecteur un peu dans le flou. L'histoire débute par une tentative d'assassinat sur Thomas Milas, un des deux protagonistes du livre et philosophe pro-androïde. Il est sauvé par sa "soeur", l'androïde proxY. En effet Thomas a initié une expérience en intégrant un lien de fraternité entre un robot doué d'une intelligence très élevée, proxy, et lui. Cette expérience est illégale dans la mégalopole de Numéris où les robots ne doivent pas être plus intelligents que leur maître. le père de Thomas, Franck, est un des responsables de l'Autorité de Numéris (l'AN) qui s'intéresse très rapidement à proxY et demande donc à Thomas de l'amener à se rendre car, selon l'AN, l'androïde prendra forme humaine afin d'infiltrer cette administration. Thomas refuse de coopérer, il s'ensuit alors de nombreux évènements que je vous laisserai lire. Il faut savoir qu'une secte, les érudits, travaille dans l'ombre afin de prendre le pouvoir de Numéris grâce à leurs avancées technologiques en matières de prototypes d'androïdes.

Un autre personnage important de ce roman est la ville de Numéris, que l'auteur a imaginé toute en verticalité avec des immeubles de plusieurs kilomètres de haut, avec des voies de déplacement à différents niveaux des bâtiments. Les immeubles ont des formes de pièces d'échec ou d'arbres et la mégalopole semble tellement immense et froide que la population humaine y parait inexistante.

Mon ressenti après la lecture de ce roman futuriste est très mitigé. le fond de l'histoire pourrait être intéressant et de nombreux rebondissements attendent le lecteur, mais le découpage de l'histoire, avec un manque de lien entre les différents chapitres me perdant un peu, et le manque d'empathie que j'ai ressenti pour les deux personnages principaux que sont le fils et le père ont faits que j'ai trouvé que l'histoire ne prenait pas.

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Note : Prototypes se situent chronologiquement après Seconde Humanité. Cependant, les deux peuvent se lire indépendamment sans problème.

« Ni d'acier ni de chair »

Alors que Thomas Milas donne son cours, proxY fait irruption dans l'amphithéâtre et le somme d'évacuer ses élèves avant de l'assommer. À son réveil, il est entouré par trois cadavres et les enquêteurs dépêchés par les Autorités de Numéris (AN). Embrigadé malgré lui dans une lutte entre l'État et la secte des Érudits, il devra choisir son camp.

Le roman repose sur le questionnement de la relation androïde — humain. Dès les premières pages, on apprend que l'AN veut voter la loi QI afin d'empêcher les lois d'Asimov d'être brisées par les robots eux-mêmes.

« Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;

Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ;

Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi. »

Source : Wikipédia.

Cette loi vise à empêcher le développement de l'intelligence artificielle. Elle doit rester strictement inférieure à celle de son inventeur. Or, proxY programmée pour être la soeur de Thomas surpasse largement son QI. Les liens qui les unissent pourraient être la clé d'un monde où la hiérarchie esclavagiste n'existerait plus, mais à quel prix ? Peut-on réellement vivre en harmonie sans asservir l'autre ?

« Le remède à la discrimination n'est pas le favoritisme, mais l'indifférence ».

Thomas prêche pour la liberté des androïdes. Pour lui, les citoyens de Numéris reproduisent les erreurs du passé comme au temps de la traite des noirs où les gens de couleurs n'étaient pas considérés comme des hommes, mais comme des créatures sans âmes. le parallèle est intéressant et aide à comprendre cette transposition dans ce futur fictionnel en questionnant la pyramide terrestre au sommet de laquelle l'humain (surtout blanc) domine pour des raisons d'intelligence définie par lui seul. Bien que notre protagoniste soit pétri d'idéaux, il reste quelqu'un de prudent. Il conçoit l'évolution par l'expérimentation en vase clos et non dans les avenues de la mégalopole, Numéris. On comprend son désarroi lorsqu'il est propulsé dans le combat qui se joue depuis des années pendant la première partie du roman.

Le second épisode prend la voix du père de Thomas : Franck. Haut gradé de l'AN, son destin à la tête de l'État est compromis par son propre fils. Je ne vais pas détailler les événements de cette deuxième partie qui contrebalance la première et met en scène un regard à la fois différent et identique. En effet, Franck et Thomas sont semblables malgré les apparences. de ce fait, la narration change peu entre les deux chapitres alors qu'elle est interne.

La plume de l'auteur ne s'efface pas derrière la personnalité de ces personnages, ce qui m'a un peu dérangée vu l'opposition entre le père et le fils explicitée au début. L'écriture d'Adrien Mangold est sans doute l'élément qui contribue le plus à l'originalité de ce titre tant elle est atypique et personnelle. Tour à tour poétique, philosophique, métaphorique, simple, elle déroute par moment, surtout quand le style fleuri et soutenu est utilisé dans les scènes d'action, ce qui m'a valu quelques relectures de paragraphes, car j'avais des difficultés à suivre le déroulement par moment. Malgré cela, j'ai adoré les tableaux vivants et visuels ainsi que l'originalité des noms des bâtiments à l'architecture époustouflante. Noms qui participent à la description de l'esprit de Numéris.

Si le style m'a impressionnée, je n'ai cependant pas adhéré à l'histoire que j'ai trouvée trop légère pour le sujet de base. le principe repose sur l'attachement entre humain et androïde et ces impacts sur la société. Pourtant, je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages. En fait, les liens ont finalement peu d'importance et se retrouvent supplantés par les courses-poursuites et les fusillades. Je ne réfute pas l'horreur du passé des Érudits, de leur secret ou les relations qu'entretiennent Thomas et Franck avec leur robot respectif, mais je n'ai pas été touchée par ça.

En bref, Prototypes s'est révélé une lecture atypique. L'écriture sans pareil d'Adrien Mangold dépeint un monde futuriste qui questionne notre avenir en se basant sur le passé. Toutefois, la réalisation qui favorise le déroulement de l'action plutôt que l'interaction relationnelle, m'a laissée de marbre, d'autant plus que de nombreuses questions restent ouvertes, ce qui lui confère un classement dans la science-fiction philosophique.


Lien : https://uneloupiotedanslanui..
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Un OVNI.

On échoue à dire s'il s'agît simplement d'un récit onirique, d'un essai prospectif, d'une critique d'un monde digital, d'une odyssée poétique vertigineuse...

Ce livre est surprenant à bien des égards. Agaçant parfois, prophétique sans doute, l'auteur joue avec nos nerfs. Son écriture parfois alerte, parfois lascive sert un récit bicéphale. L'affrontement du père et du fils, de l'ancien et du moderne, du conservateur et du progressiste.

Il semble que l'auteur ait choisi son camp, non s'en s'effrayer toutefois de l'avènement inéluctable de cette intelligence artificielle toute puissante. Éternelle question du Golem.

La dernière page tournée(mais est-ce bien la dernière ?), je doute encore de mon sentiment . Ais-je aimé ? Ais-je détesté ? Toujours est-il que ce livre, au-delà d'une histoire qui a ses fragilités, fait réfléchir sur cette société qui fait du "possible technologique", son saint Graal. Sans doute était-ce ce que voulait l'auteur. de ce point de vue-là, le pari est réussi.

Une lecture que je réserverai à un public adulte ou à des grands ados pour pouvoir en rediscuter avec eux.

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Il s'agit du deuxième livre que je lis de cet auteur et je ne fus pas déçue (comme c'était déjà le cas pour Seconde Humanité). On a envie d'enchainer les chapitres et y'a aussi des chances que comme moi, vous ne voyez rien venir et vous vous retrouvez sur le cul 5-6 fois pendant votre lecture.

Commençons par la plume : elle est très belle et le niveau de langage est assez élevé. J'ai beaucoup aimé, même si j'ai dû relire 2-3 fois certains passages et que d'autres resteront à jamais flous pour moi (j'ai pas la fibre poétique, m'voyez). Et puis faut dire que je l'ai lu au milieu de ma session d'examen, bref mon cerveau n'était pas dans les meilleures conditions.

L'univers est très bien travaillé, rien à redire de ce côté-là. D'ailleurs y'a des petits clins d'oeil à Seconde Humanité qui font plaiz (même si pas besoin d'avoir lu SH pour comprendre Prototypes, c'est juste un plus).

Dans ce livre qui parle donc de robots, comme vous l'aurez compris en voyant la couverture car vous êtes de fins observateurs, on suit deux personnages qui ont des avis diamétralement sur la question des robots et du transhumanisme (entre autres). Cette dualité de point de vue est ultra intéressante, de même que toute la réflexion qu'elle induit. Honnêtement, impossible de prendre parti : en lisant la partie 1, j'étais d'accord avec le narrateur 1, puis en lisant la partie 2 j'étais d'accord avec le narrateur 2. Bref, c'est très bien fait ! Et la fin, bon dieu, ça me travaille encore !

En bref, une lecture très appréciée et intelligente, parfois un peu compliquée, mais qui nous sort des schémas SF à la mode pour le moment (Divergente, Hunger Games, tmtc).

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critiques presse (1)
eMaginarock
25 novembre 2019
Un bon roman c’est comme une recette de cuisine : il faut équilibrer à la perfection chaque élément pour que la sauce prenne et que l’ensemble se révèle délicieux. Et ici, même si deci-delà on retrouve quelques petits défauts, il n’empêche que le plat est parfaitement réussi par le chef Mangold, le tout servi dans une édition de qualité par les éditions HSN.
Lire la critique sur le site : eMaginarock
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation

Aucune main ne communique son intention au marteau qu’elle porte. Un marteau cependant capable de frapper sans main pose des problèmes plus délicats. Tout le danger tient dans la conscience prodiguée à des armes en puissance. Tout le danger tient dans le fait de créer une vie que nous savons potentiellement supérieure à la nôtre. Rejeter la loi QI, ce n’est pas tant sortir les machines d’une déficience mentale que remettre le sort de l’Homme entre les mains du hasard.

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Quelques minutes perdues gâchent un culte à l’immédiateté pour qui le progrès consiste à vivre avec son temps plutôt qu’avec les siens. Le progrès… Cette marée qu’on croit pouvoir contenir dans des douves de châteaux de sable. Or, quand l’eau monte, les phares manquent, et les explorateurs nés laissent pour compte des naufragés. A qui profite le crime?

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– Est-ce qu’un androïde peut vraiment être considéré comme un esclave si c’est nous qui définissons son intelligence? interroge un étudiant.

– C’est à dire ?

– Ils sont créés pour remplir un rôle, ni plus ni moins.

– Dans intelligence artificielle, il y a certes artificielle, mais il y a d’abord intelligence. Pourquoi donc leur en donner une si c’est pour les avilir ? La liberté de penser ne doit-elle pas aller de pair avec une certaine liberté d’agir ?

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La bêtise serait-elle un trou noir sans gravité lorsqu'elle éteint jusqu'aux étoiles dans les yeux ? Y a-t-il dans les cons diffus comme une logique, une lumière aussi primaire soit-elle ?

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– T’as conscience de ta situation ?

– Je ne suis pas un grand esprit, oui. Je le sais.

– Tu pourrais l’être.

– Pour quoi faire? L’intelligence n’est pas une fin en soi.

– Tu ne serais pas un peu plus… heureux ? de savoir qu’on ne te bride pas simplement par jalousie de ce que tu pourrais être ?

– Heureux ? Je crois l’être plus que certains qui réfléchissent mieux.

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