AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1090424876
Éditeur : Lunatique (25/08/2017)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Fabien Maréchal imagine une société soumise à la peur (ici, née d’un chômage de masse), une société où la question de la sécurité en vient à saturer l’espace social. Pourquoi s’opposer au renforcement de l’arsenal protecteur ? Sauf, bien sûr, à avoir soi-même quelque chose à se reprocher... On devient vite suspect aux yeux des tenants de l’ordre, y compris à ses propres yeux !
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
zazimuth
  27 septembre 2017
J'ai reçu ce court roman dans le cadre de la dernière Masse Critique Babelio et je remercie les éditions Lunatique de me l'avoir fait parvenir.
J'ai pensé qu'il s'agissait d'un livre pour la jeunesse mais je ne croit pas qu'il soit destiné à des adolescents.
Il m'a fait pensé bien sûr à "Matin Brun" mais aussi au film "Brazil" de Terry Gilliam.
L'atmosphère et les thèmes sont kafkaïens par leur absurdité calme qui amène l'héroïne à douter de sa santé mentale.
Tout débute avec l'annonce que sa maison où elle vit avec son mari, va être réquisitionnée (le sous-sol en tout cas) pour l'implantation d'une annexe de la Police dans le quartier. Elle perçoit cela comme une invasion qui empiète sur sa vie privée et sa liberté alors que son mari ne jure que par le surcroît de protection et de sécurité que cela va leur apporter.
Cela amène à une réflexion générale sur les limites d'intervention de l'administratif et du public dans la vie des citoyens mais finalement ce qui m'a le plus dérangé c'est le personnage du mari et sa façon de traiter sa femme, l'évolution que cela entraîne dans leurs relations et leur couple.
C'est une nouvelle intéressante qui pousse à s'interroger.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Tmor
  31 juillet 2017
Bienvenu dans un futur proche en mode comédie grinçante. le dispositif de la comédie est assumé, respecté et parfaitement adapté. Une femme narratrice décidée à ne pas se laisser faire. Un mari soumis à l'autorité de l'uniforme. Et un chef de police réquisitionnant leur garage pour installer un centre de police. Forcément ça prend de de plus en plus de place. Les moeurs, l'entendement, l'humanité sont plus que malmenés pour notre plus grand plaisir. Les dialogues sont savoureux. L'histoire est savamment bien menée. le dénouement n'est pas attendu car l'auteur place très astucieusement de la nuance et arrive à presque nous faire basculer la tête "Non ils vont finir par s'opposer !" Eh bien... Lisez le livre ! Cela m'a rappelé "Matin Brun" de Franck Pavloff et "Les jardins de l'horreur" pour le côté pièce de théâtre malgré soi. Bref une lecture que je recommande vivement.
Commenter  J’apprécie          10
Etsisite
  25 août 2017
Dans ce nouveau livre (court roman ou longue nouvelle ?), Fabien Maréchal invente une société de chômage massif et donc… hyper-sécuritaire. La narratrice et son mari se voient imposer une annexe du commissariat dans leur cave ce qui réjouit le second tout en angoissant la première.
Le plus curieux dans ce livre, c'est le ton et l'ambiance finalement plutôt légère… drôle. Comme si toute cette folie allait de soi, au point que même la narratrice ne sait plus quoi penser… et nous non plus. Ils ne nous reste alors que cette sensation de malaise diffus. Je remercie, à ce propos, mon inconscient de m'avoir fait placer l'intrigue dans une rue et une maison londoniennes. Oui, il y a de l'humour british dans ce livre : du détachement et de l'absurde pour cacher l'horreur.
Sachez enfin que la cave n'abrite pas seulement une annexe du commissariat mais également une curieuse machine dont je ris encore tant elle m'a semblé illustrer avec humour toute l'absurdité de notre monde.
Lien : https://etsisite.wordpress.c..
Commenter  J’apprécie          10
Charybde2
  03 septembre 2017
Société à vau-l'eau et police de (grande) proximité. Glaçant et hilarant.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/09/03/note-de-lecture-protection-rapprochee-fabien-marechal/
Lien : https://charybde2.wordpress...
Commenter  J’apprécie          00
Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   03 septembre 2017
À l’instant où je pousse notre portillon, un petit flic bourrelé surgit d’entre les thuyas de la haie et tend un bras en l’air comme pour un salut fasciste. J’en lâche mon sac à main.
« Vous m’avez fait peur.
– Papiers, madame !
– Mais… Je suis chez moi ! «
J’attends que le flic ramasse mon sac. Il se contente de baisser le bras.
« Je ne connais pas encore tout le monde ici. », explique-t-il.
Je vais pour le contourner, mais il s’interpose à nouveau, bras en ailes d’avion.
« Qui me prouve que vous habitez là ? Vos papiers ou je vous embarque. »
Je ne tiens guère à passer la soirée dans mon sous-sol. Je lui colle ma carte d’identité sous les yeux. La porte de la maison s’ouvre au même instant.
« Te voilà enfin !, fait Marc depuis le haut des marches. Laisse donc monsieur travailler. »
Le policier s’écarte avec un sourire de détraqué sexuel. Je monte l’escalier extérieur, claque la porte derrière moi et envoie promener mon sac sur le canapé du séjour.
« Nous avons un garde en permanence, jubile Marc en me collant une main aux fesses. n’est-ce pas formidable ? Bien sûr, si tu le distrais tout le temps…
– Il refusait de me laisser passer.
– Je me disais bien qu’il avait l’air particulièrement consciencieux. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Charybde2Charybde2   03 septembre 2017
« Entrez, c’est toujours ouvert. »
L’uniforme jaune et bleu pousse le portillon, et grimpe la douzaine de marches jusqu’à moi. Nous avons un facteur philosophe : « Je colporte heurs et malheurs plein la sacoche, aime-t-il à dire, mais ne choisis pas à qui je les distribue. » Toutefois, aujourd’hui, il arbore un visage étrangement fermé et me salue à peine. Il me tend une enveloppe frappée d’un drapeau tricolore.
À défaut de choisir, me dis-je, il doit parfois deviner la nature de ses augures : le plus gros expéditeur de courrier du pays est l’Agence nationale du travail.
Si mon mari avait reçu le pli officiel à ma place, il se serait débrouillé pour l’égarer dans un coin du salon. Un homme, ça fait semblant de ne pas avoir marché dedans tant qu’il ne sent pas l’odeur. J’arrache le haut de l’enveloppe avec les dents.
« Et moi qui voulais installer une alarme ! », s’écrie Marc, avachi en jogging devant une émission de téléréalité qui promet un emploi de veilleur de nuit au gagnant. Cécile, tu effraierais un cambrioleur ! »
La lettre porte l’en-tête du ministère de l’Intérieur. J’en termine la lecture à haute voix en m’approchant de Marc :
« …que votre sous-sol a été désigné pour abriter une annexe du commissariat central de la Police nationale.
– Pas étonnant, dit Marc sans quitter la télévision des yeux, vu qu’il est vide. »
Vide, notre sous-sol ? Mais j’y ai entreposé mille projets ! Un atelier pour me mettre à l’aquarelle ; une salle de sport pour que Marc élimine son bedon naissant de quadragénaire ; un dressing…
Je coupe d’autorité le son de la télévision.
« Une annexe du commissariat, moi, je ne me plains pas, grogne Marc. Ça aurait pu être un centre de réinsertion pour chômeurs délinquants. »
Mon mari a toujours eu un faible pour les uniformes. Il regarde passer les camions de pompiers comme un gosse et, l’an passé, est allé voir le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées.
« De toute façon, ça aurait fini par arriver, soutient-il en m’attrapant la taille sans bouger de son fauteuil. Les emplacements libres sont devenus rares dans le quartier. »
Une demi-douzaine d’annexes du commissariat y ont déjà élu domicile. Sans marcher plus de dix minutes, nous avons accès à une sous-sous-préfecture, à deux tribunaux correctionnels, à une cour d’assises et, bien entendu, aux multiples bureaux de l’Agence nationale du travail et des services de recrutement interarmées, de la Police nationale et de la magistrature.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
EtsisiteEtsisite   25 août 2017
Pour être franche, on se fait à la vidéosurveillance comme aux trains quand on habite à côté d’une voie ferrée. Le temps dissout tout. Il suffit de ne pas penser qu’un policier indélicat, quand le lieutenant est absent… Que les enregistrements sont détruits… Qu’une machine ne les duplique pas pour le cas où… Il suffit d’oublier. L’oubli peut devenir une habitude que l’on prend, comme des gens finissent par aimer les conditions de leur malheur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
fabienmafabienma   18 septembre 2017
C’est juste une annexe du commissariat, dit Marc d’une voix caressante. Et puis, pourquoi n’aurions nous pas droit à la nôtre ?
— Peut-être parce que nous n’en voulons pas ?
— Nous ? »
Marc lâche mes hanches.
« Tu as déjà pensé à ce que ça représente, pour un homme, de savoir son foyer en sécurité ?
— Je ne suis pas en sécurité, avec toi ?
— Avec ce chômage, tous ces gens qui ne fichent rien de leurs journées, je ne suis pas rassuré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
zazimuthzazimuth   27 septembre 2017
Je m'effraie à l'idée qu'il existe des générations spontanées de machines. Des machines inventant des machines à manger du papier pour des machines inventant des machines à produire du papier pour des machines qui... Je frémis. (p.29-30)
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Fabien Maréchal (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fabien Maréchal
Les Voisins - extrait de "Nouvelles à ne pas y croire"
autres livres classés : chômageVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle






Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
12983 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre