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Jean-Marie Saint-Lu (Traducteur)
ISBN : 2264025956
Éditeur : 10-18 (23/06/1999)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Histoire d'un amour fou, trompé mais aussi loufoque et dérisoire, L'Amant bilingue nous fournit un instantané pertinent, sous forme de comédie douce-amère, de la Barcelone de l'enfance et de l'adolescence de l'auteur à travers la difficile reconquête par son héros Joan Marés - de l'épouse qui l'a abandonné, la " bellissime " Norma Valenti.
Ce superbe délire romanesque est avant tout un moment de lecture éblouissant et jubilatoire.
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
nadejda
10 mars 2012
«Par un après-midi pluvieux du mois de novembre 1975, en rentrant chez moi à l'improviste, je trouvai ma femme au lit avec un autre homme.» Ainsi débute «L'amant bilingue». Quand Joan Marés pénètre dans la chambre ce qu'il note alors qu'il pousse la porte, c'est la vision de son reflet dans la glace de l'armoire. Ce jeu de miroir va réapparaître tout au long du roman.
Trompé et abandonné par Norma qui appartient à la haute bourgeoisie nationaliste catalane mais aime beaucoup se frotter aux «charnegos», qui l'excitent, il en demeure passionnément amoureux. («charnegos» = nom méprisant que les Catalans donnent aux émigrants surtout andalous et à leurs descendants qui ne parlent pas catalans)
Bien que désespéré et devenu un marginal méconnaissable, un musicien des rues, il va continuer à essayer de l'apercevoir, de lui parler en changeant sa voix au téléphone. Ses deux compagnons d'infortune, le peintre Cuxot et le bossu Serafin, essaient de le convaincre d'abandonner, de ne plus songer à Norma.
Mais obsédé par des rêves récurrents, il va progressivement tenter en se grimant, de reconquérir sa femme. Déguisé en cireur de chaussure, un soir de carnaval, il va pouvoir tester l'efficacité de ce travestissement sur Norma, dans un bar où il pénètre par hasard et où elle se trouve également.
«Norma ne prêta pas attention au cireur d'allure gitane qui réclamait sa barreja d'une voix rauque. (...) Marés réussit à se faire une place au bout du comptoir, à côté de Ribas et de Norma, et il se regarda dans le miroir moderniste qui le répétait à l'infini dans un autre miroir frontal : un type méprisable, tapi près de Norma, qui respirait le mensonge avec son air farouche de Charnego à longs cils, un peu canaille.» p 107
Progressivement l'imposture va alors prendre de l'ampleur et en usurpant la personnalité d'un de ses amis d'enfance Faneca, «charnego» lui-aussi, il va réussir à renouer passagèrement avec Norma.
Le dédoublement de personnalité que vit Marés n'est pas seulement physique. Il ne sait en définitif plus qui il est et va aboutir à la perte totale de son identité.
Ce roman plein d'un humour caustique mais non dénué de tendresse est une fable baroque un peu folle, dans laquelle Juan Marsé se joue de son personnage qui lui permet au passage de dénoncer le nationalisme borné de certains catalans mais aussi le côté un peu lâche des «charnegos».
A noter que le personnage de Marés-Faneca emprunte les deux noms de Juan Marsé qui est né sous le nom de Juan Faneca Roca. Adopté suite à la mort de sa mère, il a pris le nom de Juan Marsé Carbo et Marès est l'anagramme de Marsé.
De plus, Juan Marsé, qui se sent catalan et parle cette langue, écrit en castillan. Il dit au cours de son discours de réception du prix Cervantès en 2008, qu'il n'y voit rien d'anormal et qu'il croit que, bien que l'immense majorité partage son opinion, certains pensent que c'est une anomalie, un désaccord entre ce qu'il est et ce qu'il représente. Il conclut cette remarque en ajoutant qu'il n'a jamais souhaité représenter que lui-même.
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Beatrice64
26 mai 2012
Vous avez envie d'une histoire d'amour loufoque ? Je vous conseille l'amant bilingue, avec un personnage central rêveur, nostalgique et déjanté, roman aussi touchant que burlesque où un mari éconduit s'invente un double pour reconquérir sa femme. L'écriture de Marsé est splendide : vive, charnue, imagée, surprenante, et en filigrane de dessine une réflexion sur la langue et l'identité (la schizophrénie du personnage faisant écho à la schizophrénie linguistique de la Catalogne d'après guerre).
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Apoapo
05 février 2016
Le personnage principal, Juan Marés (anagramme transparent du nom de l'auteur), trompé et abandonné par sa femme, une bourgeoise nationaliste catalane attirée par des aventures avec la canaille (sociolinguistiquement connotée par les migrants andalous et autres méridionaux ne parlant pas le catalan), dont il demeure maladivement amoureux, se retrouve 10 ans après la séparation dans la déchéance morale et la mendicité. Il conçoit alors l'idée de reconquérir son ex femme en se créant pour lui-même un personnage canaille qui va la séduire. Mais progressivement ce dédoublement de personnalité va le conduire à une schizophrénie hallucinatoire, au bout de laquelle la personnalité fictive va totalement remplacer voire expulser l'autre, dans une catharsis qui le "sauve" de l'aspect maladif de son attachement pour son ex-femme; quitte à le détourner du visible.
Personnellement, j'y trouve un lien avec le film Fight Club (qui lui est successif de 9 ans), mais où la violence est absente, remplacée par l'amour.
En plus, en toile de fond, les connotations sociolinguiques sont omniprésentes, concernant l'écart entre l'espagnol lettré, l'accent des migrants du sud et le catalan, clairement perceptibles dans les dialogues de l'édition d'origine, néanmoins probablement pas entièrement compréhensibles pour les non Espagnols (comme moi).
Trad. fr.: L'amant bilingue, éd. 10/18, 1999, ISBN 978-2264025951.
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Citations & extraits (2) Ajouter une citation
nadejdanadejda09 mars 2012
Marés était un homme de cinquante-deux ans, mais il faisait moins, grâce à la caresse du feu, depuis qu'un groupe de nationalistes catalans exaltés qui parcouraient les Ramblas, lors d'une manifestation, trois ans plus tôt, alors que lui-même était assis à ce même coin de la rue Sant Pau, avaient si malencontreusement lancé un cocktail Molotov fabriqué avec une bouteille de Tio Pepe qui avait explosé sur le trottoir devant lui et lui avait laissé un visage et des mains de soie. Le feu avait dessiné sur la peau de ses joues un sourire éternel et moqueur, une ironie rêveuse.
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nadejdanadejda08 mars 2012
Epigraphe
"L'essentiel, dans le carnaval, ce n'est pas de mettre un masque, mais d'ôter son visage." Antonio Machado
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Video de Juan Marsé (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Juan Marsé
El embrujo de Shanghai (trailer) film de 2004 de Fernando Trueba. Adaptation du roman Les nuits de Shanghai
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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